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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 22:38

 

Mardi 8 mai 2012

Le message du ministre et les mots de Sylvine Thomassin

 

StB-ceremonie-8-mai-080512-002-T.jpgCe matin, avait lieu au monument aux morts de ma ville, Saint-Berthevin, la cérémonie commémorative du 67ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945.

 

J’ai écouté le maire Lire (voir ci-après) le message du secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants :

 

Nous sommes aujourd'hui réunis pour commémorer le 67ème anniversaire de la victoire remportée par les armées françaises et alliées sur la barbarie nazie.

Après plus de cinq longues années de guerre, le nazisme est anéanti. C'est la fin du cauchemar que l'Europe a enfanté, qu'elle a traversé, qu'elle a vaincu. A l'Ouest, les démocraties sont victorieuses. La liberté l'a emporté.

L'hitlérisme ne menace plus l'Europe et le reste du monde. Si l'humanité découvre l'enfer des camps de concentration et d'extermination, leur oeuvre de destruction monstrueuse a enfin cessé.

Tout au long de ce conflit, les Français ont vécu, ou survécu, entre crainte et espoir. En 1942, dont nous commémorons cette année le 70ème anniversaire, ces deux sentiments sont mêlés comme jamais.

1942, c'est en effet le temps de la honte, avec la mise en oeuvre de la Shoah, le port de l'Etoile jaune, les grandes rafles, les premiers convois vers Auschwitz. C'est le temps de la faim, de la peur, du mépris, celui des fusillades d'otages, de la Relève, de la conscription obligatoire – avant le S.T.0. – pour aller travailler en Allemagne.

Mais 1942, c'est aussi le temps des espérances : les premières ripostes alliées, l'arrêt de la pénétration allemande sur le front russe, et la lueur d'espoir qui naît dans le désert libyen quand, à Bir Hakeim, des soldats de la France libre enrayent l'avance ennemie ; c'est aussi le débarquement allié en Afrique du Nord, prélude à la reconstitution de l'armée d'Afrique. C'est enfin l'année où, dans l'ombre, se multiplient les contacts entre mouvements et réseaux clandestins qui vont renforcer la

Résistance intérieure.

Le 8 mai 1945, c'est la fin de ce temps de la crainte, l'aboutissement de ce temps de l'espoir, la Victoire.

En France, cette victoire est le fruit de l'effort, du courage, du sacrifice de toutes celles et de tous ceux qui n'ont jamais désespéré. A l'instar du Général de Gaulle, tous ont eu foi en notre pays, en sa capacité à mener le juste combat contre tout ce que le XXème siècle connaissait de plus absurde et de plus monstrueux.

Grâce à ces hommes et à ces femmes, différents par leurs origines, leurs histoires, leurs cultures, mais réunis par un idéal commun, la France a pu, après la guerre, retrouver pleinement son rang dans le concert des Nations.

Leur exemple a toujours valeur d'actualité. Car ils nous ont prouvé ce qu'une Nation riche de son histoire, portée par une même aspiration, unissant ses forces, est capable de réaliser pour surmonter l'insurmontable.

 

En complément, voici les mots adressés ce 8 mai 2012 à ses concitoyens par Sylvine Thomassin, maire de Bondy, conseillère générale de Seine-Saint-Denis, lors de la cérémonie. Voir 8 mai 1945 

 

8 mai 1945...Ce travail de mémoire que nous avons le devoir de transmettre...

Je suis heureuse de pouvoir commémorer aujourd’hui avec vous toutes et tous la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En 1981, François Mitterrand, alors nouveau président de la République, avait pris une double décision : il rétablit la commémoration du 8 mai 1945 et en fit un jour férié, ce qui n'était plus le cas depuis 1959, à l'exception de l'année 1965. Depuis la loi du 23 septembre 1988, le 8 mai est un jour férié célébrant la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le 8 mai…C’était il y a 67 ans, c’était hier… Grâce à l’union des Forces Françaises Libres, des mouvements de Résistance intérieurs, de l’Armée d’Afrique et avec le concours ô combien précieux des armées alliées, l’Europe obtenait la capitulation de l’Allemagne signée à Berlin et se libérait du joug nazi.

55 millions de victimes, 3 millions de disparus, 1,5 millions de personnes tuées lors des bombardements aériens, 30 millions de civils tués, 6 millions de juifs traqués, pourchassés, lâchement assassinés.

A cause d’une idéologie barbare, folle, destructrice, fondée sur la soi-disant supériorité d’une race, la race aryenne, et qui engendra la Shoah, entraîna l’Europe dans une spirale de l’horreur, où nos valeurs furent piétinées sauvagement.

Ce travail de mémoire que nous avons le devoir de transmettre, doit s’exercer au nom de toutes ces victimes, il doit également intégrer les raisons pour lesquelles le monde en est arrivé là. La misère sociale qui a asphyxié l’Allemagne dans l’entre deux guerres, la folie des possédants qui ont soutenu l’arrivée au pouvoir des nazis pour préserver et accroître leur richesse – ne disait-on pas « plutôt Hitler que le Front Populaire », la lâcheté des puissances européennes qui n’ont pas voulu, quand il était encore temps, choisir clairement l’opposition à cette dictature, ont également entraîné le monde dans ce cataclysme.

C’est aussi un immense espoir qui est né des idéaux de la résistance, matérialisé par le programme élaboré par le conseil national de la résistance, à l’origine de nos nombreux acquis sociaux, menacés jusqu’à présent et qu’il nous faut aujourd’hui défendre avec détermination, pour que les sacrifices de nos aînés ne soient pas balayés au simple profit des plus puissants.

Il faut le dire, peu nombreux étaient ceux au début qui entendirent le 18 juin et les jours suivants les paroles d’un général de brigade quasiment inconnu, du nom de De Gaulle.

Il y eut ceux qui entrèrent dans la milice, collaborant sans honte avec l’ennemi, pourchassant et tuant les résistants, traquant et déportant les juifs. Et puis il y eut ceux qui refusèrent d’aller en Allemagne, réfractaires au Service du Travail Obligatoire; ceux qui organisèrent des réseaux pour créer de faux papiers ; ceux qui cachèrent des enfants, des femmes, des hommes, parfois des familles entières de compatriotes pourchassés parce que nés juifs, et qu’on appelle du beau nom de « Justes ».

C’est à cette France combattante, cette France qui ne renonça pas, cette France résistante que nous rendons hommage. Je veux rappeler en cette occasion que rien n’est jamais définitif. Il suffit de peu de mots, de quelques phrases ou d’actes assassins pour que le poison du nationalisme, du négationnisme et de l’antisémitisme s’insinue. A nous tous d’être unis et vigilants pour condamner tout agissement contraire à nos valeurs.

Enfin, je ne pouvais pas terminer ce discours sans rendre hommage à Raymond Aubrac* qui nous a quitté le 10 avril dernier, ce grand homme, ce grand résistant. Raymond Aubrac soulignait dans ses mémoires que sa rencontre avec Lucie Aubrac avait été une étape décisive dans son itinéraire. Cette « union fut — et est toujours restée — heureuse et fondée sur une profonde connivence : il n'est pas de décision qui n'ait été prise en commun », disait-il…

Je veux donc lui rendre hommage en citant celle qui a partagé sa vie et qui a prononcé cette belle phrase pleine de sens et de vérité : « Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent. » Souvenons-nous toujours de ces idéaux portés et défendus par la Résistance, car ils sont le fondement et le ciment de notre République.

 Vive la Paix ! Vive la République ! Vive la France !

* Voir Raymond Aubrac, résistant, patriote républicain, est décédé à 97 ans -  11 avril 2012  

 Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

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Published by Eva R-sistons - dans Regard sur ...
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