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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 23:41
14 janvier 2011 - 18:40
http://ameriquelatinedespeuples.blogspot.com/2009/09/le-scandale-des-agrocarburants-dans-les.html
   

par Karel Vereycken

Tu la vois, toi, la reprise ? Non, mais je vois une spéculation folle ! Car en réalité, une bonne partie des milliards d’euros injectés pour « sauver les banques » se retrouve, non pas dans l’économie réelle, mais dans la spéculation effrénée des produits financiers dérivés, un marché de gré à gré à 92% opaque.

En pariant, via ces produits sur les denrées alimentaires, les marchés font exploser les prix, parfois même sans qu’il n’existe de réelle pénurie. Cependant, s’il faut organiser une pénurie pour faire monter les profits, on ne fera pas dans les sentiments ! Quoi qu’il en soit, aujourd’hui cette finance folle provoque de nouvelles « émeutes de la faim » potentiellement plus meurtrières que celles qui frappèrent une quarantaine de pays en 2008.

Selon les experts, pour les spéculateurs, 2010 représente une forme de rattrapage par rapport à 2009, marquée par le contrecoup de la crise des subprimes et le plongeon de la production industrielle. « Faire du blé », ils ne pensent qu’à ça, en surfant sur l’instabilité des prix des denrées alimentaires et des métaux de base.

Exemple ? En 2010, le volume moyen quotidien de produits financiers dérivés, échangés sur le « floor » à la criée et sur le système électronique de Chicago Mercantile Exchange (CME) Group, opérateur de référence sur les produits agricoles, s’est établi à 12,2 millions de contrats, soit un bond de 19% par rapport à 2009. Inversement, le volume d’actions, moins rentable à court terme, échangé sur la bourse de New York, était, lui, en baisse de 20,9%.

Prix en hausse, production en baisse

Pour la réalité de nos estomacs, tous les indicateurs virent au rouge. L’agence des Nations unies pour les questions alimentaires, la FAO, qui mesure les variations des prix d’un panier de 55 produits – céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre, entre autres – a annoncé le 5 janvier que son indice, établi à l’échelle mondiale, atteignait 214,7 points, en hausse de 4,22% et dépassant son précédent record de 213,5 points de juin 2008, année des émeutes de la faim. Ce qui inquiète aujourd’hui, c’est qu’il s’agit du sixième mois consécutif de hausse.

Dans un long entretien au quotidien économique Les Echos du 11 janvier, le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, confirme cette réalité, annonçant que les stocks mondiaux de céréales (toutes catégories confondues) ne seront plus que de 427 millions de tonnes en 2011, contre 489,8 en 2009.

Pour sa part, le 8 janvier, le département américain de l’Agriculture (USDA) a revu en baisse de 4,7 millions de tonnes (Mt) son estimation de la production mondiale de maïs en 2010-2011, à 816 Mt.

Résultat : quatre-vingt pays sont d’ores et déjà en situation de déficit alimentaire, avec la région du Sahel en première ligne. Olivier de Schutter tire donc la sonnette d’alarme : « Nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008 », affirme le rapporteur de l’ONU.

Aujourd’hui, après la Tunisie, l’Algérie, la Libye, la Jordanie et Égypte, c’est l’Inde, le Mexique, la Malaisie, l’Indonésie ou encore le Sri Lanka, qui sont dans la ligne de mire. « Les émeutes de 2008 peuvent se reproduire car localement, les importateurs ont augmenté leurs prix très rapidement. [Or], la facture alimentaire des populations pauvres constitue le gros de leur budget », avertit Jean-Denis Crola, d’Oxfam France.

A qui la faute ?

Premier grand coupable, la spéculation : « Le problème, c’est la spéculation sur les marchés dérivés. Au départ, elle permettait au producteur de vendre sa récolte à l’avance pour s’assurer contre un risque de prix trop bas et à l’acheteur d’acheter à l’avance pour s’assurer contre un risque de prix trop haut. Mais, depuis 2005-2006 et la libéralisation des marchés de produits dérivés aux États-Unis, les investisseurs ont changé de nature. Fonds d’investissement, fonds de pension et autres fonds spéculatifs, qui ont une force de frappe financière considérable, ne sont pas des spécialistes des marchés agricoles. S’est alors développée une sorte d’économie casino avec une logique purement spéculative » , affirme De Schutter.

Pour y remédier, il pense qu’il faut « encourager les pays à reconstituer des stocks alimentaires pour lisser les prix. La gestion de tels stocks est délicate, mais le problème n’est pas insurmontable. Si les réserves sont gérées avec les organisations paysannes, cela protégera producteurs et consommateurs contre des prix très volatils. Ces stocks pourraient être gérés au plan régional avec plusieurs pays qui s’assurent mutuellement contre le risque d’une soudaine mauvaise récolte. L’idée émerge en Amérique centrale, mais aussi en Asie du Sud -où existe une banque centrale du riz. L’idée est de couper l’herbe sous le pied de spéculateurs, qui, par nature, fuient la certitude ».

Avis partagé en France par Xavier Beulin, le nouveau patron de la FNSEA, pour qui il est urgent d’inventer « un encadrement des financiers qui investissent dans les matières premières agricoles ». Il constate qu’il n’est pas « dans l’air du temps de consacrer des moyens au stockage public. Mais peut-on travailler en flux tendus en agriculture comme dans l’industrie ? Je pense que non. Ne peut-on pas faire d’une pierre deux coups, réguler les prix et donner un coup de main aux pays du Sud en organisant le stockage dans ces pays-là ? » Lui aussi s’attend à un premier semestre 2011 « très difficile », en raison de la volatilité des prix.

Libré échange et agrocarburants

Deuxième coupable : le libre-échange britannique non maîtrisé. Xavier Beulin : « Le leitmotiv de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), c’est le démantèlement des barrières tarifaires. Si on les fait toutes tomber, on s’achemine vers des catastrophes d’une ampleur colossale. L’abandon des protections douanières, c’est le renoncement à la protection des produits de première nécessité en Afrique. C’est une insulte à ce continent. Ne nous trompons pas. Le Brésil n’a pas les moyens de nourrir la planète tout entière. »

Troisième coupable : les agrocarburants. Alors que les cours mondiaux du maïs ont augmenté de 48% depuis janvier 2010, les Etats-Unis consacreront cette année 38,3% de leur production aux agrocarburants, contre 30,7% en 2008. « Dans le contexte actuel, c’est complètement irresponsable de continuer ainsi ! » s’indigne De Schutter.

Ainsi, de l’autre côté du Rio Grande, au Mexique, le gouvernement de Felipe Calderon, confronté avant Noël à un doublement du prix des tortillas que pourraient imposer les producteurs, décide, fait inédit pour un pays, de se « couvrir » sur les marchés à terme de Chicago pour un volume de 2 millions de tonnes de maïs !

La hausse de la baguette

La France n’est pas à l’abri du danger. Le 11 janvier, Bruno Le Maire évoqua abruptement sur Canal+ l’hypothèse qu’il fallait limiter les exportations françaises de blé. Après un début de panique sur les marchés, le ministre fut rapidement obligé d’écarter publiquement cette hypothèse. N’empêche que les stocks français sont bien moindres que l’année dernière. Toutes céréales confondues, ils s’élèvent à 23,32 millions de tonnes, soit 5% de moins qu’en 2010. Nous sommes loin d’une pénurie, mais les prix grimpent. Si la tonne de blé se vend actuellement à 250 € la tonne à Rouen, elle pourrait atteindre les 300 €. Pour FranceAgriMer, « il restera encore deux mois avant l’arrivée de la récolte prochaine. Il faudra donc faire des arbitrages entre l’exportation et la demande intérieure… »

L’Association de la meunerie française (AMF) s’avoue « préoccupée pour l’approvisionnement » de son industrie. Selon Familles rurales, le prix de la farine nécessaire à la fabrication d’une baguette a augmenté de 18,6% en cinq ans. Avec la hausse du prix du blé, elle augmentera encore de 4 à 5 centimes supplémentaires.

Solutions

Il est donc urgent, à moins qu’on ne veuille la faire mourir de faim, de mettre la population mondiale à l’abri de la spéculation.

Pour Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade, cela commence par imposer un Glass-Steagall global (SIGNEZ la pétition), séparant rigoureusement les banques « normales », qui collectent les dépôts et l’épargne, des banques « d’affaires » spéculatives.

Ensuite, on procédera à une mise en faillite ordonnée du système financier mondial, effaçant les montagnes de dettes purement spéculatives.

En même temps, il faut immédiatement un « nouveau Bretton Woods » établissant des parités fixes entre les devises et une concertation entre banques centrales pour investir, grâce à un retour au crédit productif public, dans des grands travaux d’infrastructures utiles (eau, transport, énergie, santé et éducation) au niveau mondial, du type NAWAPA en Amérique et TRANSAQUA en Afrique. C’est notre combat, rejoignez-le !

 

 

http://www.solidariteetprogres.org/article7333.html

 

 



http://ameriquelatinedespeuples.blogspot.com/2009/09/le-scandale-des-agrocarburants-dans-les.html

 

 

Regard sur la hausse des prix des denrées alimentaires dans le monde, implications et nécessité de la solidarité internationale: «Ce sont les pauvres qui sont les plus touchés»


Regard sur la hausse des prix des denrées alimentaires dans le monde, implications et nécessité de la solidarité internationale: «Ce sont les pauvres qui sont les plus touchés»

par Karl Müller, Allemagne

Le film documentaire «Blé de septembre» fut présenté pour la première fois en 1980. Il montre, entre autre, à quel point les spéculateurs de la bourse du blé américaine déterminent le prix de ce produit alimentaire. Il ne s’agit pas de fournir les produits alimentaires indispensables au meilleur prix, mais bien du profit maximum à en tirer. Il y a de cela trente ans.
Le film documentaire «Le cauchemar de Darwin» n’est vieux que de quatre ans. Il démontre comment la Tanzanie, auparavant riche en poissons, fut précipitée sans aucun scrupule dans la pauvreté et la disette, entre autres par l’Union européenne. On y montre de quelle façon la nouvelle richesse en poissons, dont «bénéficie» le pays – une monoculture imposée de perches du Nil détruisant toutes les autres espèces de poisson – est transportée dans les pays riches de l’Occident. Et comment le pays est devenu, en compensation, la plaque tournante de l’armement pour les guerres en Afrique.
Quels sont les dessous et les implications des énormes augmentations de prix des denrées alimentaires au cours des deux dernières années? Est-ce que les 850 millions d’humains, qui souffrent déjà de malnutrition, doivent voir leur sort s’aggraver? Menace-t-on d’autres millions de gens de famine?
La ministre allemande de l’aide au développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, est très claire: «Lorsque les prix des produits alimentaires augmentent de 1%, la nutrition de 16 millions de personnes supplémentaires est en danger.»

Révoltes des affamés dans de nombreux endroits du monde

En fin de semaine dernière était prévu une grève générale en Egypte pour protester contre les augmentations exorbitantes du prix du pain (35% en l’espace d’un an). La police étouffa dans l’œuf les manifestations prévues. Le résultat en fut des morts et des blessés parmi les manifestants.
Dans ce pays, qui est, après Israël, l’allié le plus proche des Etats-Unis au Moyen-Orient, 30 millions de gens vivent dans la misère. Dans les quartiers miséreux du Caire, on fait la queue parfois pendant des heures pour obtenir quelques galettes de pain. Les pauvres ne peuvent se payer de la viande; s’estimant heureux quand ils peuvent glaner quelques restes d’os de poulets. La croissance économique de 7% ces derniers temps ne se répercute pas sur les pauvres. L’Egypte, qui fut un grenier à blé, en est réduite à importer ses denrées alimentaires. Quelques monopoles tiennent ce marché en main et dictent leurs prix.
En Haïti, dans les Caraïbes, au cours de manifestations contre les prix élevés des denrées alimentaires, trois personnes ont été tuées par des soldats de l’ONU qui tiennent le pays en main pour le gouvernement américain. Les protestations ne faiblissent pas et ont eu pour résultat la démission du gouvernement.
Dans ce pays, c’est le 80% de la population qui doit vivre avec moins de 2 dollars par jour. Les prix du riz, des haricots, des fruits et du lait condensé ont augmenté de 50% en l’espace d’un an, le prix des pâtes même de 100%. Le résultat en est que beaucoup de familles ne sont plus capables de se nourrir. Le commerce en libre-échange avec les Etats-Unis a eu pour effet que le pays fut inondé de riz à bas prix; à première vue ce fut bénéfique pour les citadins, mais les paysans des rizières durent abandonner et se réfugier en ville. Maintenant que le prix du riz s’est envolé, il n’y a plus personne pour planter cette céréale à bon prix.

Les prix des denrées alimentaires ont subi une hausse brutale dans le monde entier

Selon un rapport de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), les prix du blé, un des produits alimentaires les plus importants avec l’eau, étaient, en janvier 2008, de 83% plus élevés que l’année précédente. Les prix du riz, l’aliment de base en Afrique et en Asie, ont augmenté de plus de 40% dans les pays africains qui doivent importer le riz, cela en quelques mois. La Banque mondiale publie des chiffres qui montrent que «le prix d’exportation du riz thaïlandais a passé cette année, entre janvier et mars, de 365 dollars par tonne à 562 dollars.»
L’index des prix des produits alimentaires, calculé par la FAO, était en mars de 57% plus élevé qu’un an auparavant. En le comparant à la moyenne des années 1998–2000, on atteint même 220%.
Ce qui pour un revenu moyen dans les pays occidentaux est douloureux, voire alarmant pour les pauvres toujours plus nombreux dans ces pays, est pour les pays en voie de développement une menace existentielle, alors même qu’ils souffrent régulièrement de famines. Les révoltes de la faim se sont répandues un peu partout, au cours des dernières semaines notamment au Mexique, dans les Emirats arabes unis, au Yémen, en Indonésie, au Pakistan, en Inde, au Bangladesh, en Ouzbékistan, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Maroc, au Sénégal, en Mauritanie, au Burkina Faso, au Cameroun, en Mozambique, en Côte d’Ivoire.

Les projets d’aide aux populations souffrant de la faim sont compromis

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré le 20 mars qu’on avait besoin d’urgence de 500 millions de dollars en supplément, du fait de la forte augmentation des prix des denrées alimentaires. Il adressa alors fin février une demande d’aide à tous les gouvernements des Nations Unies. Si cet argent ne pouvait pas être récolté, il faudrait alors couper dans l’aide de denrées alimentaires. Depuis juin 2007, on avait dû dépenser 55% de plus pour les achats nécessaires de nourriture.
Les dépôts de céréales dans le monde sont au plus bas depuis les années quatre-vingts. Cela du fait que dans de nombreux pays on a réduit les surfaces cultivables et qu’en même temps les besoins en céréales ont augmenté considérablement du fait de la production de viande. Les dépôts fondent à vue d’œil.
Caritas International a fait savoir, fin février, que les augmentations des prix des denrées alimentaires mettaient en péril ses projets d’aide en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Du fait de ce développement sur les marchés mondiaux, il n’est souvent plus possible d’assurer le financement des cantines sco­laires, de l’aide alimentaire des réfugiés et de la nourriture complémentaire pour les malades du sida. Le chef de Caritas International a lancé un cri d’alarme: «Les céréales sont devenues un objet de spéculation et ce sont les malheureux qui en paient le prix.»

Causes de la hausse des prix

Le magazine autrichien «Südwind Magazin» a présenté dans son édition 2/2008 un premier aperçu:
•    Le déclin des prix des denrées alimentaires, depuis des années, l’industrialisation de l’agriculture et la politique d’exportation des produits agricoles des riches pays industrialisés ont détruit l’agriculture de proximité des petits paysans non seulement dans les pays industrialisés, mais plus encore dans les pays en développement. Le résultat en est que ces pays, qui étaient alors exportateurs de produits alimentaires, sont contraints maintenant d’importer, alors même qu’ils cultivent des produits alimentaires sous pression internationale. Mais ce sont généralement des monocultures pour l’exportation qui n’ont rien à voir avec les besoins indigènes. Ces pays sont contraints de payer les prix «du marché» imposés par l’industrie agroalimentaire.
•    La consommation grandissante de viande, même dans les pays émergents, a provoqué une nette demande de fourrage. Il en faut une grande quantité, ne serait-ce que pour un kilo de viande, et ainsi il manque par ailleurs.
•    La production dans le monde entier de soi-disant bio-carburants – «soi-disant» parce que ces carburants causent plus de dommages à l’environnement qu’ils ne lui apportent d’avantages – a modifié et détourné la production agricole de façon fondamentale. Aux Etats-Unis, 20% des terres arables ont été détournées en 2007 pour la production d’éthanol. L’économie allemande a passé une série d’accords commerciaux pour investir dans ce marché de l’éthanol en pleine expansion et en tirer profit. Cette façon d’utiliser les produits alimentaires se heurte à une critique grandissante. Caritas International vient de publier en allemand un ouvrage intitulé: «Réservoir plein – assiettes vides. Le prix des biocarburants: la faim, les expulsions, l’écocide.»
•    L’augmentation considérable du prix du pétrole a fait grimper les prix de transport des produits alimentaires. Cela revêt une grande importance au vu des transports incessants de ces produits dans le «marché mondial». En fait, les pays en voie de développement sont doublement touchés: par les fortes augmentations d’une part des prix des produits alimentaires et d’autre part de l’énergie.
•    Les prix des engrais chimiques à base de produits pétroliers ont pris l’ascenseur et coûtent environ le double des prix de 2005.

Profits considérables pour les spéculateurs

Le «Südwind Magazin» ne s’est pas encore attardé sur les spéculateurs des prix des denrées alimentaires, à la recherche de profits. La crise financière mondiale a pour effet que d’énormes sommes d’argent de spéculation sont détournées. On investit considérablement non seulement dans les marchés de l’or et de l’énergie, mais aussi dans ceux des produits alimentaires. Le journal suisse allemand «Neue Zürcher Zeitung» s’exprimait le 11 avril de la manière suivante: «Depuis que le commerce avec les papiers valeurs garantis manque de liquidité, les investisseurs et les «trader» banquiers se sont littéralement précipités sur les marchés des matières premières. Ils s’affichent dans les mouvements des prix des biens agricoles sensibles au niveau social de plus en plus comme des manipulateurs du marché, en attente spéculative.» L’hebdomadaire suisse Wochenzeitung (WOZ) communiquait le 3 avril que la banque néerlandaise ABM Amro publiait des annonces dans les journaux pour ses «produits financiers structurés» dans le secteur agricole: «Pour différentes raisons il est bon d’investir: les surfaces arables de blé qui stagnent, une population mondiale en augmentation, des habitudes de se nourrir qui se modifient dans les pays émergents, plus une demande croissante de biocarburants.» Donc: des conditions «rêvées» pour des augmentations de prix et des profits solides – sur le dos de l’humanité.

Un débat public manipulé

Par exemple: Le président de Nestlé, Peter Brabeck, propose comme solution une production étendue à la terre entière de produits génétiquement transformés; il en va de même du Premier ministre anglais Brown – comme Bush auparavant. Ce qu’on tait, c’est que cette façon de procéder mettrait les besoins alimentaires mondiaux dans les mains de la multinationale américaine Monsanto. On se garde bien, également, de parler des risques de graves dommages sur la santé, qui pourraient être causés par ces produits génétiquement modifiés.
Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, nommé par le président américain, semble lui aussi alarmé par ces augmentations mondiales des prix alimentaires et s’attend à une poursuite de ces augmentations au cours des années à venir. Il pense qu’une augmentation massive de la pauvreté est probable. Mais: Zoellick exige, comme solution, une extension du «libre-échange» des produits agricoles – une proposition dont le monde a déjà subi les conséquences désastreuses. De plus: La Banque mondiale veut, au travers de ses crédits, étendre son influence sur les pays en voie de développement, se concentrant sur les projets agricoles; cela depuis que bon nombre d’entre eux se sont mis à accorder leur confiance aux banques de développement régionales ou à la Chine, plutôt qu’à ceux qui grâce aux mesures structurelles les contrôlaient par leurs crédits. On sait maintenant dans la plupart de ces pays, ce que cela signifie d’être attaché au râtelier de la Banque mondiale.
On doit donc prendre patience avant de savoir dans quelle mesure la Banque mondiale et le FMI prendront au sérieux leur souci quant aux augmentations des prix des denrées alimentaires, comme ils le déclarèrent lors de leur réunion commune au printemps à Washington, et à quel point ils prendront des mesures pour y parer.

Tout le monde va être concerné

Les augmentations de prix ne connaissent pas de frontières. Même la Russie et la Chine sont touchées. L’agence de presse russe RIA Novosti annonça déjà en décembre dernier que les prix des denrées alimentaires pour 2007 avaient augmenté de presque 14%. En Chine, le prix du porc, denrée largement utilisée, a augmenté de 56%. L’ensemble des prix des denrées alimentaires en Chine a augmenté de 18%.
Finalement: il y a aussi chez nous une pauvreté dans le domaine alimentaire, par exemple en Allemagne. 800 000 personnes dans les grandes villes allemandes vivent des restes livrés par les grands magasins.

La solidarité plutôt que les conflits à propos de l’eau et de l’alimentation

Que faire? En premier lieu, veiller à ce que les populations ne se laissent pas mener les unes contre les autres dans des conflits et des guerres, notamment pour le pétrole, l’eau et les aliments. Les populations du monde entier ont un droit à l’alimentation. On ne peut sacrifier un droit humain au profit et à la volonté de pouvoir de quelques-uns. On comprend donc bien les protestations, car elles sont entièrement justifiées. Marquer réellement une opposition n’est possible qu’au travers d’une solidarité humaine qui englobe tous les pays de tous les continents, et dans la mesure où les solutions proposées respectent la dignité de chacun.

PS: Les dépenses militaires dans le monde ont atteint en 2007 plus de mille milliards de dollars, ce qui représente 2000 fois 500 millions de dollars. Voilà à quel point de folie est arrivé notre monde. Et ces 2000 fois 500 millions de dollars sont carrément une rapine pratiquée par les parlements et les gouvernements. Et cet argent manquera gravement.


Mercredi 23 Avril 2008

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http://www.alterinfo.net/Regard-sur-la-hausse-des-prix-des-denrees-alimentaires-dans-le-monde-implications-et-necessite-de-la-solidarite_a19062.html

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