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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 02:24

Crise du capitalisme ou pulsion de mort ?


  Né de la rencontre des économistes Gilles Dostaler et Bernard Maris, Capitalisme et pulsion de mort (Albin Michel) synthétise les conclusions de Freud et Keynes sur l'économie moderne basée sur l'accumulation, la destruction... et la jouissance qui en découle ! Un brillant ouvrage sur les ressors profondément humains de la crise dont Bernard Maris nous livre un résumé.


Qui se souvient que dans sa célèbre Théorie générale de l'emploi, John Maynard Keynes recommandait « l'euthanasie des rentiers  ? Paru en 1936, sur le brasier de la crise économique, le livre de l'économiste britannique trouvait un étonnant échos, quelques années plus tôt dans le Malaise dans la culture de Freud : le capitalisme est une névrose de la société qui, d'accumulation en risque incontrôlés auquel succèdent d'inévitables crises, jubile dans la destruction de lui-même. Comme Néron jouant de la lyre pendant l'incendie de Rome. Comme les banquiers partant en séjour de luxe pendant la crise financière.


VIDEO

La merde du stade anal et l'argent du capitalisme

C'est dans ces lectures croisées du père de la psychanalyse et du pape de la nouvelle économie que se sont retrouvés Gilles Dostaler, historien des idées, et Bernard Maris, économiste et chroniqueur. Fruit de leurs recherches communes, Capitalisme et pulsion de mort plonge aux racines des mécanismes qui font du capitalisme un système qui cherche sans arrêt sa propre destruction. Invoquant la notion freudienne de pulsion de mort, les auteurs y expliquent ce goût du risque, de l'accumulation de l'argent, culminant dans le société de consommation qui brule tout ce qu'elle touche (selon le principe du « consumérisme ») où tout est sacrifié au « principe de plaisir », au détriment du « principe de réalité », contredisant le principe freudien de la raison « la civilisation, c'est le refoulement ».

Mais, expliquent Dostaler et Maris, le génie de la civilisation est de détourner la pulsion de mort pour la rendre « productive ». Peu importe dès lors l'utilité de ce qui est produit, tant que cela l'est en quantité exponentielles permettant l'accroissement du capital sous sa forme pécuniaire. Que ces montagnes d'or qui dorment dans les coffres fondent et les banquiers et toute l'économie s'affolent pour les reconstituer, au nom de ce « désir morbide de liquidité » que dépeignait Keynes d'un trait de psychologue, devenu entre temps un cliché de la crise économique.

Cette envie de la masse, c'est le stade anal théorisé par Freud, où le bébé espère satisfaire la mère en produisant la seule chose qu'il sait produire : des excréments. Pour les deux scientifiques, le mot n'est pas trop faible : l'argent, c'est de la merde !


Peut-on dépasser le système ?

Conté d'une plume curieuse et érudite, l'ouvrage explore autant le fond des théories que l'histoire qui les a vu naître : on y découvre Keynes, traducteur de Freud, et Freud avide de connaissances économiques. Les références y sont nombreuses qui renvoient aux disciplines de Freud (comme Ferenczi) dont les marxistes freudiens (où Marcuse s'impose) jusqu'au philosophe chrétien de la violence dans la civilisation, René Girard.

Les auteurs restent cependant sceptiques : face à ces crises systémiques, aux dégâts humains et écologiques de l'économie, l'homme est-il capable de retenir la leçon et de changer de cap ? « La question n'est pas de refonder le capitalisme, concluent-ils. Elle est de savoir si on peut dépasser un système fondé sur l'accumulation indéfinie et la destruction sans limite de la nature. » Sur ce point, Keynes entrevoyait l'Eden d'une civilisation d'honnêtes hommes vivant de culture, de vin et de partage. Freud, pessimiste, imaginait un cycle d'éternel recommencement de la destruction. En un demi-siècle de pensée économique, il serait peut-être temps de trouver une réponse !

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commentaires

UnionRevolte 18/12/2010 12:57


Les États ont toujours étés des outils pour que la classe dominante puisse asseoir sont pouvoir. Autrefois la classe dominante était nationale, elle est aujourd’hui mondiale. On constate que les
États nationaux sont de plus en plus vétustes et inutiles, en contre-partie, les instances internationales comme l’OTAN, le G20, le FMI, la Banque Mondiale et l’ONU prennent de plus en plus
d’importance dans les décisions économiques. Dans ce cas-ci, ce n’est plus du fascisme car ce n’est pas nationaliste, mais c’est une forme de fascisme mondial. Dans tout ce processus, l’action de
l’individu en tant que citoyen et le respect de son intégrité est totalement ignoré. Même si le capitalisme a joué un rôle éminemment révolutionnaire dans l’Histoire de l’Humanité, il démontre
maintenant ses limites : il n’arrive plus à distribuer convenablement les responsabilités, les tâches et les richesses. Il ne permet plus à l’Homme de s’épanouir et de s’émanciper en respect avec
l’environnement. http://unionrevolte.blogspot.com


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