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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 02:17
Panorama du Mur occidental surmonté du dôme du Rocher et de la mosquée al-Aqsa
wikipedia.org

Jérusalem: Les vrais enjeux

Les affrontements entre la population palestinienne et les forces armées israéliennes ces derniers jours à Jérusalem ne sont pas accidentels. Derrière la cause immédiate, l'éventuelle goutte d'eau qui fait déborder un vase, il y a des causes profondes: elles sont à chercher dans une occupation coloniale qui dure depuis plus de 40 ans.

(Photo: Pourquoi volez -vous nos maisons?)

 

"Twenty years ago, Jerusalem was 70 percent Jewish and 30% Arab, which is the government's goal. Today, the relation is around 65% to 35%, which constitutes a strategic threat to Jerusalem." (Nir Barkat, Mayor of Jerusalem, 12 janvier 2010)

[Trad: Il y a 20 ans, Jérusalem était composé de 70% de Juifs et de 30% d'Arabes, ce qui représente le but du gouvernement. Aujourd''hui, le pourcentage est environ de 65% (de Juifs) et de 35% (d'Arabes), ce qui constitue une menace stratégique pour Jérusalem.]

 

En 1967, l'État d'Israël envahit la Cisjordanie et, de facto, l'est de Jérusalem. Annexant la partie orientale de la ville, Israël y joint 70 nouveaux km², pris sur la Cisjordanie. Dans la ville, aux frontières redéfinies, vivent alors 66 000 Palestiniens.

 

Ces 66 000 palestiniens vivent avec leur champs, leurs maisons, leurs écoles, leurs magasins sur des terres annexées qui font a présent partie de Jérusalem, qu'Israël considère comme sa capitale. En 1967, les Palestiniens représentent 25% des habitants et les Israéliens juifs 75%.

 

Jerusalem Master Plan 2000

 

La politique israélienne à Jérusalem est planifiée et répond à des objectifs précis. Les plans israéliens concernant la ville sont l'objet d'études, ils sont cités publiquement par la presse, le maire de Jérusalem ou le premier Ministre israélien.

 

Le dernier plan se nomme « Jerusalem Master Plan 2000 ». Il a été rédigé par un bureau d'urbanistes israéliens en septembre 2004 à la demande des autorités nationales israéliennes et municipales de Jérusalem. Il comprend divers objectifs d'aménagement « idéal » du territoire. Ces aménagements doivent, entre autres, permettre de maintenir une certaine proportion démographique en faveur des juifs israéliens. Précisément, il doit dessiner les contours d'une politique où les indigènes ne représenteraient pas plus de 30% de la population de la ville: 30% de Palestiniens, 70% d'Israéliens juifs sur 950 000 habitants que devrait compter la ville en 2020.

 

Aujourd'hui, la population palestinienne forme 34% de la population, et son taux d'accroissement est trois fois supérieur à celui de la population juive. Selon les auteurs du plan, si les tendances démographiques se poursuivent, il est raisonnable d'imaginer que les Palestiniens formeront 40% de la population de Jérusalem en 2020.

 

Si le plan propose des pistes pour maintenir une majorité juive dans la ville, le gouvernement devra, selon lui, prendre des mesures adéquates pour parvenir à l'objectif de 70-30 en « forçant les variables ». Le plan se contente lui d'expliquer comment développer et élargir les colonies existantes à l'est de la ville, transformer des quartiers palestiniens (comme le quartier Silwan) en parc archéologique juif (la cité de David).

 

Une lutte entre un peuple occupé et un État occupant


 

En vue de réaliser ce projet qui « force les variables » naturelles démographiques, différents actes sont commis à l'encontre de la population palestinienne : des destructions de maisons palestiniennes, des fermetures d'écoles palestiniennes, des confiscations de terres, des révocations de permis de résidences... La vie des 200 000 Palestiniens de Jérusalem est devenue presque impossible, 75%  d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté.

 

Si certains Palestiniens quittent Jérusalem, la majorité d'entre eux résistent. Ils organisant des concerts de musique, ils campent face à leurs maisons confisquées par des colons, ils organisent des activités para-scolaires pour leurs enfants, ils refusent de quitter la ville et, comme ces derniers jours, s'opposent physiquement aux forces d'occupation... Cette résistance palestinienne menace l'accomplissement du plan israélien et est donc réprimée par les forces de l'ordre occupantes.

 

La fermeture du local du Nidal Center (géré par HWC, partenaire d'intal à Jérusalem) par l'armée israélienne en juillet 2009 et la répression de ces derniers jours ne résultent pas d'une lutte entre deux communautés mais d'une lutte entre un peuple occupé et un État occupant.


 

Source: intal

Joaquim

http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=2613&option=com_content&Itemid=11




Alain Gresch:

André Brink, la Palestine et l'Holocauste



"Comment un peuple qui s'est relevé si difficilement de l'Holocauste peut-il infliger à d'autres ce qu'on lui a fait?"


Rien n’est plus exaspérant que la manière dont Nelson Mandela et les responsables de la lutte contre l’apartheid sont transformés en icônes (un bon exemple en est le film Invictus). On tente ainsi d’ôter à leur lutte son caractère révolutionnaire, de faire oublier que l’Occident a largement soutenu le régime de l’apartheid, que Mandela et ses camarades étaient dénoncés comme des terroristes. Que, lors de sa prise de fonctions comme président de l’Afrique du Sud libérée, Mandela a invité Fidel Castro (dont les troupes en Angola, dans les années 1970, ont contribué à la défaite du régime de l’apartheid) et Yasser Arafat.




On oublie aussi de mentionner la collaboration permanente d’Israël avec le régime de l’apartheid et l’engagement de nombre d’intellectuels et de responsables sud-africains, y compris juifs, aux côtés des Palestiniens. Et la condamnation par le gouvernement sud-africain actuel des politiques israéliennes, notamment à Gaza.

Récemment, un des plus grands écrivains sud-africains, André Brink, a publié ses Mémoires, intitulés Mes bifurcations (Actes Sud, Arles, 2010). Le livre a reçu, à juste titre, un accueil très favorable de la critique. Mais personne, à ma connaissance, n’a relevé ce passage.

« Mais l’expérience déterminante de ce voyage (de 2002) fut la visite à l’université palestinienne de Birzeit. J’avais beaucoup lu sur le conflit au Moyen-Orient ; à Salzbourg et ailleurs, j’avais eu de longues conversations passionnées avec des écrivains palestiniens. Je me rappelle encore ma discussion avec Hanan Mikhail-Ashrawi quand elle était venue au Cap des années plus tôt. En plusieurs occasions avant sa mort prématurée, j’avais aussi pu bénéficier de la grande sagesse et de la douce humanité d’Edward Said. Mais cette immersion dans la terrible réalité de cet endroit tragique, de cette terre et de son peuple, m’a éprouvé comme peu d’expériences l’ont fait dans ma vie. Je crus redécouvrir le cœur hideux de l’apartheid : la manière dont les Palestiniens, y compris certains des êtres les plus merveilleux que j’ai jamais rencontrés, sont soumis à l’une des oppressions les plus cruelles ici-bas, le tissu d’hypocrisie et de mensonges qui, du côté israélien, tente d’obscurcir et de déformer la vérité. Au cours de ce séjour se produisit un événement particulièrement choquant : la bicoque d’un vieux Palestinien fut rasée par les bulldozers de l’armée israélienne parce qu’il avait osé installer une citerne sur sa toiture afin de récupérer les quelques gouttes de pluie qui tombaient là. »

« J’ai vu le réseau d’autoroutes modernes construites pour les Israéliens et les misérables petites routes auxquelles les Palestiniens sont confinés ; j’ai vu les oliveraies, souvent seul moyen de subsistance des agriculteurs palestiniens, arrachées par les Israéliens ; j’ai vu la prolifération de nouvelles colonies israéliennes en plein territoire palestinien, établies là à l’encontre de tous les accords signés, simplement pour renforcer la présence et le pouvoir des Israéliens dans un territoire qui ne leur appartient pas. J’avais déjà vu cela, du temps de l’oppression des Noirs par les Blancs en Afrique du Sud. J’avais déjà entendu les mêmes excuses et explications pieuses. »

« Quand j’y repense aujourd’hui, je ne peux écarter de mon esprit le souvenir des terribles vestiges de Dachau et d’Auschwitz : si Israël ne s’est jamais lancé dans un génocide de l’ampleur de l’Holocauste, le nettoyage ethnique que cette nation inflige aux Palestiniens équivaut, moralement, à une version lente et en mode mineur des camps de la mort. J’ai du mal à comprendre comment un peuple pour lequel il a été si difficile de se relever des horreurs de l’Holocauste peut ensuite infliger à d’autres ce qu’on lui a fait. »

« Tout cela est projeté, concentré avec l’intensité d’un laser sur une confrontation spectaculaire entre un jeune écrivain israélien et une jeune femme palestinienne, belle et furieuse, lors d’une conférence au Shloss Leopoldskron à Salzbourg, où il se peut que j’aie passé, je crois, certains des moments les plus mémorables de mon existence. »

De telles déclarations prononcées par un intellectuel français susciteraient, sans aucun doute, un procès de Avocats sans frontières, l’organisation de Gilles-William Goldnadel, récemment élu à la direction du CRIF et qui symbolise la droitisation de cette organisation.

 

Source: Nouvelles d'Orient



http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2599:andre-brink-la-palestine-et-lholocauste&catid=8:lautre-histoire&Itemid=13 



Lire aussi, sur Michel Collon :

Hasan Abu Nimah -
La crise sur les colonies israéliennes est aussi irréelle que le processus de paix
Incident diplomatique avec Joe Biden : une tempête dans un verre d'eau ?



Commentaire lu sur un forum, MEDIAS:

Palestine

Les communautés arabes n'ont pas la cote dans le monde... On méconnaît la culture palestinienne et, on méconnaît les pratiques désastreuses du gouvernement israélien. Comme la plupart des citoyens d'Amérique sont rivés devant la télé, ils ne sont pas informés de la réalité dans le Monde, dont le sort du peuple Palestinien. Et comme les médias appartiennent à des investisseurs qui s'assurent de nous garder dans l'ignorance... Je me souviens lors de l'Anniversaire des 10 ans du génocide au Rwanda dont plus d'un million de morts: aux informations canadiennes, 2 minutes pour souligner le massacre vécu par un peuple en otage. Et ensuite, à l'émission spéciale, 30 minutes sur l'holocauste. Comme si on ne pouvait pas davantage informer sur ce qui se déroule dans le présent récent, et que rien n'est aussi horrible que ce qui est survenu il y a 50 ans. L'argent mène le monde; et il n'y en a pas en Palestine... Sort bien triste. La communauté internationale peu active...

http://www.france24.com/fr/20100323-netanyahou-rencontre-obama-israel-nouveau-logements-jerusalem-est-territoires-occupes#comments



Vers une « Troisième Intifada » ?
par Julien SALINGUE

Il y a tout d'abord eu ce mini-scandale diplomatique consécutif à
l'annonce par le Ministère israélien de l'Intérieur, en pleine visite du
Vice-Président des Etats-Unis Joe Biden, de la construction de 1600
nouveaux logements dans les colonies de Jérusalem. Il y a eu ensuite cette
journée du 16 mars où, à Jérusalem et dans plusieurs villes de Cisjordanie,
des manifestants palestiniens, pour la plupart très jeunes, se sont
affrontés aux forces israéliennes.

Et soudain, (...)

http://www.legrandsoir.info/Vers-une-Troisieme-Intifada.html




Dubaïgate : Londres expulse, Paris enquête


Suite à l’assassinat à Dubaï d’un dirigeant du Hamas, M. Mahmoud Al Mabhouh, par un commando du Mossad utilisant de « vrais faux passeports vrais », M. David Milliband Ministre britannique des Affaires étrangères a déclaré que la responsabilité d’Israël avait été établie dans l’utilisation de ces vrais faux passeports. En conséquence il a annoncé l’expulsion d’un diplomate israélien (et membre du Mossad) en poste à Londres. Cette information a été révélée par la BBC et Sky News ce 23 mars.

De son côté, la justice française a ouvert le 12 mars une enquête sur l’utilisation de 4 passeports français falsifiés lors du même assassinat (Libération, 24 mars 2010). On remarquera que la réaction de la France dans cette affaire est beaucoup plus « modérée » que celle de la Grande-Bretagne. En effet, à Paris on ouvre une enquête (sans doute afin de gagner du temps et étouffer l’affaire), alors qu'à Londres on expulse un diplomate en disant clairement que la responsabilité de l’état sioniste est établie dans cet assassinat.

Peut-on en déduire que l’influence du Lobby sioniste est moins forte à Londres qu’à Paris ?

Nous connaissons l’alignement total de la politique anglaise sur l’Usraël, sa participation aux guerres contre l’Irak et l’Afghanistan, son acharnement à maintenir l’embargo à l’encontre de l’Iran. Tout le monde se souvient du rôle de caniche bien docile tenu par M. Blair (socialiste) auprès de George Bush. Pourtant Londres a réagi pour l’instant plus durement que Paris. On peut chercher la cause de cette fermeté apparente dans la politique intérieure anglaise. A la veille d’élections, données perdantes pour le parti travailliste, ce dernier cherche à gagner des voix d’électeurs britanniques musulmans. Cette communauté musulmane — originaire de l’Inde, du Pakistan et du Moyen-Orient anglophone pour l’essentiel — est infiniment mieux structurée que la communauté musulmane en France et affiche depuis longtemps une solidarité avec tous les peuples confrontés au sionisme, notamment la Palestine. Contrairement à la France, cette communauté a su se doter des moyens de se faire entendre, en particulier lors des élections. Il se peut que cet élément, nettement moins présent en France, ait pesé dans la décision.

Mais d’une façon plus générale, cet assassinat perpétré à l’aide de passeports européens (vrais ou faux ?) pose le grave problème du séjour des Européens (et Australiens) dans des nations en conflit avec Israël. Qui peut garantir depuis ce « Dubaïgate » que tel Français ou tel Anglais est réellement ce que dit son passeport et non pas un tueur du Mossad en mission ?  Que se passerait-il si nos hommes d’affaires en déplacement au Moyen-Orient faisaient l’objet de contrôles aussi longs que tatillons afin de s’assurer de leur réelle identité ?  Déjà certains pays ont renforcé leur contrôle aux frontières afin de se protéger des tueurs israéliens. C’est toute la relation politique et économique entre l’Europe et les pays musulmans qui est en jeu.

Une des caractéristiques essentielles du sionisme est de se croire au-dessus de tout droit international, et donc d’utiliser tous les moyens qui lui semblent bons, y compris les passeports de pays dont les gouvernements lui sont pourtant soumis depuis longtemps. Et tant pis si cela gène les véritables intérêts de la France et de la Grande-Bretagne !  D’autres régimes, dans le passé, utilisant également le cynisme et la brutalité se sont crus éternels. Ils ont pourtant disparu. Tel est le sort qui attend l’entité sioniste et son lobby mondial. Les réactions britanniques et françaises, même conjoncturelles et insuffisantes, sont les signes qui confirment un renversement de tendance...

Et si le meurtre de Dubaï avait été le meurtre de trop ?


Le Président,
Yahia Gouasmi.

 

 http://www.partiantisioniste.com/communications/dubaigate-londres-expulse-paris-enquete-0373.htm



Kouchner défend l'action des Européens dans la défense du peuple palestinien

ASSOCIATED PRESS
24 mars 2010 15:02
  
PARIS - Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a défendu mercredi, devant les députés, l'action menée par l'Europe dans la défense du peuple palestinien, confronté notamment à la colonisation israélienne en Cisjordanie.

"Je vous en supplie, entendez l'appel de la Palestine qui, depuis des années, subit l'injustice de l'histoire", lui avait auparavant lancé le député Nouveau Centre Hervé de Charette, lui-même ancien chef de la diplomatie françaises, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

"Qu'est-ce qu'on peut faire alors que, tout le temps (...) nous sommes en train non seulement de dénoncer mais de proposer, que nous avons à partir de la conférence de Paris mis au point avec Salam Fayad, Premier ministre palestinien, des projets qui se poursuivent jour après jour", s'est interrogé M. Kouchner.

Observant que "la situation a changé, même si elle est encore extrêmement difficile, en Cisjordanie" mais "ne change pas à Gaza", le ministre a rappelé que la France n'avait "jamais accepté l'annexion de Jérusalem-Est" et avait encore dénoncé "la poursuite de la colonisation" lors de la récente visite en Israël du vice-président américain Joe Biden.

"Nous avons fait tout cela (...), non seulement nous poursuivons mais nous essayons d'être présents sur place. Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre?", a-t-il lancé à son prédécesseur. "Est-ce que vous avez une idée sur ce qu'on pourrait opposer pour être efficace? Nous n'en avons pas beaucoup, alors que nous faisons -et l'Europe avec nous-beaucoup de choses."
 

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