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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 04:02

 

 

« Crise mondiale, reconfiguration géostratégique et impact sur les pays du Tiers monde »

 

Crise mondiale et reconfiguration géostratégique et impact sur les pays du Tiers monde


« Monsieur je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me
battrai de toutes mes forces pour que vous puissiez toujours le dire » un grand
philosophe  


Docteur Abderrahmane MEBTOUL Expert International professeur d’Université
en management stratégique (Algérie)


J’articulerai ma démonstration en cinq parties interdépendantes : 1.-Les
leçons de la crise économique d’octobre 1929 et d’octobre 2008 ; -2.-Crise
et accroissement de l’endettement des Etats ; -3.-Stratégie américano-
chinoise face à la cotation du dollar, fonds souverains et finance islamique ;
4.-Sans croissance, l’inflation est –elle la solution pour éponger la dette
publique, limite des politiques monétaires classiques et a t- on tiré toutes
les leçons de la crise d’octobre 2008 ; 5.-Et en conclusion l’urgence
d’un nouveau modèle de consommation énergétique au niveau mondial et
l’atténuation de la bipolarisation des inégalités Nord/Sud.


PREMIERE PARTIE  
Les leçons de la crise économique d’octobre 1929 et d’octobre 2008  

Simple coïncidence ou ironie de l’histoire c’est le même mois mais à
des dizaines de décennies d’intervalle.

1.-Les leçons de la crise économique mondiale d’octobre 1929

Le krach d’octobre 1929 est consécutif à une bulle spéculative, dont la
genèse remonte à 1927. La bulle fut amplifiée par le nouveau système
d’achat à crédit d’actions, les investisseurs pouvant acheter des titres
avec une couverture de seulement 10 %, le taux d’emprunt étant fonction du
taux d’intérêt à court terme et la pérennité de ce système dépendant
donc de la différence entre le taux d’appréciation des actions et ce taux
d’emprunt.
C’est le 24 octobre 1929 que la fameuse crise se déclencha aux Etats-Unis ;
on appela ce jour le « jeudi noir » ou Black Thursday. A la mi-octobre 1929,
l’annonce de la baisse des bénéfices des industries poussa les spéculateurs
à vendre leurs actions pendant que le cours de Wall Street était encore
élevé. Cette vente entraîna une chute encore plus rapide des actions, plus de
16 millions de titres seront bradés sur le marché, sans trouver toutefois
preneur. Les épargnants paniquent et se précipitent auprès de leurs banques
pour retirer leur argent. Bientôt des centaines de milliers d’actionnaires se
trouvèrent ruinés. Un grand nombre de banques n’ayant pas les moyens de
rembourser leurs clients firent faillites. Pour s’en sortir, le seul moyen des
banques furent de stopper les prêts à l’étranger et de réclamer le
remboursement de ceux déjà effectués. De plus les capitaux américains
cessèrent de circuler autour de la planète. La conséquence inévitable fut
l’expansion de la crise à l’ensemble des pays industrialisés. Entre le 22
octobre et le 13 novembre 2009, l ‘indice Dow Jones passe de 326,51 à 198,69
(39 %), ce qui correspond à une perte virtuelle de 30 milliards de dollars, dix
fois le budget de l’État fédéral américain de cette époque. Par un effet
de dominos, c’est l’ensemble de la Bourse qui s’effondre, et la chute de
1930 à 1932 est supérieure à celle de l’année 1929. Le 8 juillet 1932, le
Dow Jones tombe à 41,22, son plus bas niveau depuis sa création en 1896. La
baisse des prix fut générale et atteint environ 30% de1929 à 1932. Suite à
la hausse des taux d’intérêt en avril 1929, lorsque survient la première
stagnation des cours, le remboursement des intérêts devient supérieur aux
gains boursiers et l’économie réelle montre des signes de faiblesses dont
notamment la chute drastique de la production automobile qui était le levier de
la dynamique industrielle. Ce ralentissement est en partie dû à un phénomène
d’asphyxie : les capitaux disponibles accourent à la bourse plutôt que vers
l’économie « réelle ». La perte de confiance due à la crise boursière
affecte la consommation et les investissements lors des mois suivant le krach.
Les crédits se tarissant, la consommation, l’investissement et la production
continuent de chuter, le chômage explose (de 1,5 millions à 15 millions en
1933), et la crise bancaire devient une crise économique en 1931. Les mesures
protectionnistes, t- elles que la loi Hawley-Smoot de 1930 sur les droits de
douane, les différentes dévaluations des monnaies (les politiques de cette
époque privilégiant les Etats nations) favorisent la propagation de la crise
à toutes les économies occidentales à partir de 1931. Début 1933, les
profondes crises sociales et économiques favorisèrent les interventions
publiques. Début 1933 la crise était au plus haut aux Etats-Unis, le nouveau
président, fraîchement élu, Franklin D. Roosevelt, lança le New Deal
caractérisé par l’intervention accrue de l’Etat, les investissements dans
les infrastructures pour lutter contre le chômage et ce au moyen du déficit
budgétaire. La dépression recula un peu, mais c’est surtout l’entrée en
guerre des Etats-Unis grâce aux commandes dépenses militaires qui l’atténua
en 1941. En Allemagne et en France on adopta aussi les théories de Keynes : les
dépenses publiques devaient compenser le manque d’investissements privés.
Sur le plan politique, l’extrême droite française s’était renforcée,
mais le Front Populaire face à cette crise remporta les élections en 1936. En
Allemagne la situation ne se stabilisa pas vraiment et avec l’hyperinflation
la crise avait permis à un homme de parvenir au pouvoir, Adolf Hitler. Il en
fut de même en Italie avec l’arrivée de Mussolini. Aussi, l’histoire
économique des crises nous enseigne qu’existe un lien dialectique entre crise
financière, crise économique, crise sociale et crise politique, favorise des
réflexes protectionnistes néfastes à l’expansion de l’économie mondiale
et parfois des guerres.  

2- Crise d’octobre 2008 et impact sur la sphère réelle  

Il est utile au préalable de résumer l’origine de la crise des prêts
hypothécaires d’aout 2007, où des titres ont été adossés qu’à des
entrées virtuelles, qui s’est faite en en cinq étapes :
a- les banques ont fait des prêts immobiliers à des ménages insolvables ou
présentant peu de garanties, à des taux d’intérêts élevés ;
b- diffusion des mauvaises créances dans le marché : pour évacuer les
risques, les banques «titrisent» leurs créances, c’est-à-dire qu’elles
découpent leur dette en produits financiers pour la revendre sur le marché. La
mondialisation a fait le reste, en diffusant ces titres à risque dans les
portefeuilles d’investisseurs de toute la planète. Les fonds spéculatifs
(hedge funds) ont été de gros acheteurs de subprimes, souvent à crédit pour
doper leurs rendements (jusqu’à 30 % par an), et faire jouer l’effet de
levier, les hedge funds empruntant jusqu’à 90 % des sommes nécessaires ;
c- retournement du marché immobilier américain : vers fin 2005, les taux
d’intérêts américains ont commencé à remonter alors que le marché
financier s’essoufflait. Des milliers de ménages ont été incapables
d’honorer leurs remboursements entraînant des pertes pour les banques et les
investisseurs qui ont achetés les titres obligataires ont vu leur valeur
s’effondrer ;
d-crise de confiance : les banques se sont retrouvées dans une situation ou
comme dans un jeu de poker , elles savent ce qu’elles ont dans leur bilan ,
mais pas ce qui se trouve dans celui des autres car ces mauvais crédits
immobiliers ont été achetés un peu partout dans le monde et on ne sait pas
quelle est la répartition du risque d’où une grave crise de confiance et
cette situation paralyse le marché inter- bancaire, les banques ne se prêtant
plus ou très peu craignant que leurs homologues soient dans une ligne rouge ;  
e- intervention des banques centrales : face à la paralysie du marché, les
banque centrales sont intervenus début août 2007 en injectant plusieurs
centaines de milliards de dollars et d’euros de liquidités, les actifs
toxiques continuant de produire leurs effets comme en témoigne la récente semi
-faillite immobilière d’Abu Dhabi et la crise grecque démontrant que les
ondes de chocs ne sont pas encore terminés.



DEUXIEME PARTIE  
Crise et accroissement de l’endettement des Etats

1- Perspectives de l’économie mondiale  

Dans son rapport publié courant janvier 2010, la banque mondiale (BM)  note
que le pire de la crise financière est derrière nous et la reprise économique
mondiale est en cours, mais que cette reprise est fragile, l’ampleur globale
de la reprise et sa durabilité dépendant du redressement de la demande des
ménages et des entreprises sur les prochains trimestres 2010/2011. Selon le
scénario de base de la BM, la croissance mondiale devrait atteindre 2,7 % en
2010 et 3,2 % en 2011 après s'être contractée de 2,2 % en 2009. Les hausses
les plus marquées sont à signaler dans les pays en développement d’Asie de
l’Est, reflétant, du moins en partie, le programme de relance de 4 000
milliards de yuans (soit 12 % du PIB) mis en place par les autorités chinoises
jusqu’en 2010 (au titre duquel environ la moitié des dépenses ont déjà
été réalisées). Selon la BM, on ne peut cependant pas exclure l'hypothèse
d'une rechute en 2011, s’il advenait que la dépense publique se ralentisse
et que la croissance ne soit pas reprise par l’entreprise privée, et ce à
mesure de l’atténuation de l’impact des mesures de relance budgétaires et
monétaires sur la croissance. Certes, après leur stabilisation, les marchés
financiers se redressent mais ils restent fragiles. La liquidité interbancaire,
telle que mesurée par l’écart entre les taux d’intérêt appliqués entre
banques et ceux dont elles doivent s’acquitter auprès des banques centrales,
a reculé d’un sommet historique de 366 points de base sur les marchés en
dollars à moins de 15 points de base. Aussi, face à cette situation, la
reprise pour 2010  sera relativement molle en Europe et aux USA, et une reprise
beaucoup plus dynamique de la Chine est prévue. Pour preuve,  la faible reprise
de la sphère réelle, le nombre de sans-emploi dans le monde ayant atteint
près de 212 millions en 2009, en raison d’une hausse sans précédent de 34
millions par rapport à 2007, à la veille de la crise économique mondiale, a
annoncé le Bureau international du Travail (BIT) dans son rapport annuel sur
les tendances mondiales de l’emploi publié fin janvier 2010. S’appuyant sur
les prévisions économiques du FMI, le BIT estime que le chômage devrait
rester élevé en 2010, notamment dans les économies développées et l’Union
européenne où un surcroît de 3 millions de personnes pourrait grossir les
rangs des chômeurs en 2010. En outre, le nombre de jeunes au chômage a
augmenté de 10,2 millions entre 2007 et 2009, soit la plus forte hausse
enregistrée depuis au moins 1991. Le rapport souligne que, même si les mesures
de relance coordonnées semblent avoir éviter une catastrophe économique et
sociale bien plus grave, des millions de personnes de par le monde sont toujours
privées d’emplois, d’allocation chômage ou de toute autre forme viable de
protection sociale. Pour le BIT, la proportion de travailleurs en situation
d’emplois vulnérables dans le monde est évaluée à plus de 1,5 milliard,
soit plus de la moitié (50,6 %) de la main-d’œuvre mondiale. Et ce nombre
est susceptible d’avoir augmenté de plus de 100 millions entre 2008 et 2009.
Le rapport indique également que 633 millions de travailleurs et leurs familles
vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour en 2008, avec pas moins de 215
millions d’autres travailleurs vivant à la limite et courent le risque de
tomber dans la pauvreté en 2009. Ainsi, le taux de chômage mondial a atteint
6,6 % en 2009, en hausse de 0,9 point de pourcentage par rapport à 2007.
Cependant, il diffère considérablement selon les régions. Contre fin 2007 de
5,7%, le taux de chômage moyen dans la zone OCDE est à son «plus haut
niveau» depuis la Seconde Guerre mondiale selon le rapport de l’OCDE 2010
intitulé perspectives de l’emploi. Il a atteint 8,7% en moyenne avec des
disparités(le chômage en Espagne et l'Irlande explose alors qu'il recule en
Allemagne du fait de la reprise de la croissance) son plus haut niveau depuis
1945. «Le taux de chômage de la zone OCDE pourrait encore dépasser les 8% à
la fin de 2011. Etant donné la gravité du ralentissement du marché du travail
et les risques sociaux et économiques que cela implique, il est important de
continuer d'allouer des fonds appropriés aux politiques du marché du
travail», écrit l'OCDE. Même avec la reprise, «fragile», il manquera fin
2011 environ 15 millions d'emplois pour revenir au taux d'emploi d'avant la
crise, notamment dans certains pays comme l'Espagne, l'Irlande ou les
Etats-Unis.

Or, qui dit chômage seul indicateur de la reprise de la sphère réelle, dit
baisse de la demande solvable qui se répercute sur le niveau de l’appareil de
production et l’Espagne le pays le plus frappé de l’Europe avec près de
20% du taux de chômage est un exemple significatif. C’est pourquoi, le Forum
de Davos a clôturé le 31 janvier 2010 dans une ambiance loin d'être
euphorique. Le rapport final insiste  que que si la croissance est légèrement
repartie, les problèmes budgétaires d'Etats comme la Grèce suscitent
beaucoup d'inquiétudes, tandis que le directeur général du Fonds monétaire
international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a prévenu lors de ce forum que  le
rétablissement du système financier sur des bases plus saines et des finances
publiques serait l'un des principaux problèmes pour l'économie mondiale et
qu’il fallait rester prudent. Avis partagé par M. Neil Barofsky, inspecteur
indépendant du plan public de sauvetage de la finance aux Etats- Unis qui a
affirmé, dans un rapport publié dans le Waal Street Journal du 31 janvier
2010, qu'une nouvelle crise financière restait possible, sauf réforme
importante du système financier américain, étant donné sa faiblesse et les
risques qu'il prend. Aussi, selon bon nombre d’experts internationaux, on ne
peut malheureusement pas s'attendre à une reprise miraculeuse après une crise
aussi grave, car il faudra des années pour reconstruire les économies et
redresser la situation de l'emploi. Par ailleurs, au cours des 5 à 10
prochaines années, du fait de l'aversion accrue pour le risque, une
réglementation plus prudente et la nécessité d'adopter des pratiques de
prêt moins libérales que pendant la période d'expansion qui a précédé la
crise se traduiront probablement par une raréfaction et un renchérissement des
capitaux destinés aux pays en développement. Toutes les formes de financement
étant affectées par la crise, les sociétés mères seront moins en mesure de
financer le développement de nouveaux produits car leurs coûts d'équipement
vont augmenter. Il s’ensuit que selon une étude de l'assureur- crédit Euler
Hermes SFAC publiée le 11 juin 2009 que  la crise économique et financière va
durablement peser sur la croissance mondiale et la demande intérieure des pays
émergents reste trop faible pour compenser la récession des pays développés,
Je cite : « Depuis dix ans, la dynamique mondiale a été portée par la
demande des pays de l'OCDE, poussée par le crédit, et cette demande était
aussi le moteur extérieur des pays émergents, leur demande intérieure, encore
trop faible, ne pouvant pas servir de locomotive de la croissance mondiale à ce
stade ». Aussi, selon cette étude, la croissance mondiale devrait rester
inférieure à sa tendance de 4% pendant quelques années avant de revenir à
l’équilibre. Dans la même lignée, dans un rapport, publié le 2 juin 2009
à Londres, le Centre for Economics and Business Research (CEBR) indique que
l’Alena (Canada, États-Unis, Mexique) et l’Union européenne ne parviennent
plus à produire la majorité du PNB mondial. La communauté transatlantique
représentait 60 à 64 % de l’économie mondiale à son apogée, dans la
période 1995-2004. Elle ne représentera que 49,4 % en 2009. La chute devrait
se poursuivre, pour tomber à 45 % en 2012. Avis partagé  la déclaration en
date du 5 juin 2009 du président russe Dmitri Medvedev, lors du Forum
économique international de Saint-Pétersbourg qui pense que la crise
financière et économique internationale provoquera un "reformatage" du monde
et modifiera le peloton de tête du développement économique. « En fin de
compte, les leaders du développement économique changeront, tout comme le
modèle de comportement dans la sphère économique et les modes de
fonctionnement des marchés économiques. Il est vrai, les nouveaux modèles qui
verront le jour au cours des prochaines années, devront prouver leur
efficacité ».  

2- Risque de conjonction de bulles financières et de bulles budgétaires
2013/2015  

Souvent l’on ne différencie pas exactement ente le déficit budgétaire
(flux) de la dette publique (stock), le déficit budgétaire étant la situation
dans laquelle les recettes du budget de l’État sont inférieures aux
dépenses, donnant un solde négatif et pour financer son déficit, l’État
est obligé d’emprunter. La dette de l’État se définit quant à elle comme
l’ensemble des emprunts effectués par l’État, dont l’encours (montant
total des emprunts) résulte de l’accumulation des déficits de l’État.
Aussi, elle ne doit pas être confondue avec la dette extérieure, (là aussi à
ne pas confondre le principal qui est un stock avec le service de la dette qui
est un flux), constituée de l’ensemble des engagements des agents
économiques d’un pays (particuliers, entreprises..), et non seulement de
l’État, vis-à-vis de prêteurs étrangers. Ces deux données, bien que
différentes, sont liées : le flux du déficit budgétaire vient alimenter
l’encours de dette, qui en retour agit sur le niveau de déficit par
l’augmentation des intérêts versés, qui sont une charge (dépense)
budgétaire, la succession des déficits favorisant l’apparition de nouveaux
déficits. En effet, le gonflement de la dette provoque un effet "boule de
neige" selon un processus auto-entretenu, la charge d’intérêt qu’elle
produit conduisant à augmenter le déficit et donc à accroître encore
l’endettement de l’État et la charge des intérêts. Dans ce cadre, le
président de la Réserve fédérale Ben Bernanke déclare ( Reuters 03 juin
2009) que l'augmentation de la dette américaine contribue à faire monter les
taux d'intérêt à long terme et qu'il est temps de commencer à travailler
aux moyens permettant de réduire les déficits, rejoint par  la présidente de
la Banque de Réserve fédérale de Cleveland, Sandra Pianalto, à l'occasion
d'une conférence devant des investisseurs et chefs d'entreprise le 8 juin
2009, je cite : « l 'Etat américain, confronté à un important
déséquilibre budgétaire, ne pourra pas poursuivre indéfiniment son soutien
à l'économie. Il n'est ni possible ni souhaitable que les dépenses
fédérales se maintiennent à un niveau aussi élevé ». Mais cela n’est pas
propre aux USA comme en témoigne l’explosion des déficits budgétaires pour
l’ensemble des pays européens sans compter les déficits des pays émergents.
La reprise permettra t- elle d’absorber cette importante injection monétaire
sans précédent dans l’histoire du capitalisme comme le postule la théorie
keynésienne raisonnant au sein de structures élastiques et d’Etats Nations
(relance de la demande globale, consommation et investissement)  et le blocage
n’est –il pas mondial (fait nouveau -interdépendance des économies), donc
d’ordre structurel ? La  solution ne pouvant qu’être globale et  le risque
n’est-il pas de s’orienter vers une hyperinflation à la Weimar à
l’échelle planétaire, mais fait nouveau, conséquence à la fois de la
combinaison cette fois de bulles financières et de bulles budgétaires ?
C’est dans ce sens que les avertissements adressés aux banques centrales par
la chancelière allemande Angela Merkel, les alertant contre le danger d’une
politique inflationniste et surtout l’intervention de l’économiste Jacques
Attali,  connaissant fort bien le fonctionnement du système monétaire
international, montrent des signes d’inquiétudes qui contrastent avec les
déclarations rassurantes de bon nombre de dirigeants. Pour Jacques Attali
devant le Forum international économique et financier (FIEF),en avril 2009 à
Paris ,  le danger d’une hyperinflation semblable à celle de l’Allemagne en
1923 est réel . Je cite Attali : «Depuis que le Système de réserve
fédérale (la FED) a perdu, en 1971, l’étalon de change-or, la garantie de
l’Etat et tous les engagements relatifs à la masse monétaire qui leur sont
liés, ses propriétaires privés ont vu la masse monétaire se multiplier par
quarante en 30 ans seulement – alors que la croissance des biens n’était
que de quatre fois. Le scénario du pire est vraisemblable, celui d’une grave
dépression et d’une inflation importante. Je le dis comme je le pense : le
monde n’est pas loin de s’engager sur le chemin d’un Weimar planétaire.
Si le pire n’est pas certain, il n’en demeure que le scénario du pire est
le plus probable ». Selon cet économiste, la dette totale des Etats-Unis,
quand on additionne les acteurs privés et publics représentent en janvier 2008
l’équivalent de 350% du PIB américain, plus élevée qu’en 1929, quand
elle n’a jamais dépassé les 300%. Un an plus tard, en janvier 2009, cette
dette représente 500% du PIB et atteint 54.000 milliards de dollars. L’auteur
énonce un autre  chiffre inquiétant qui est le lien entre les encours et les
fonds propres des banques. Les encours montent à environ 84.000 milliards et
les fonds propres ne représentent que 4.000 milliards, c’est-à-dire un ratio
de vingt. Cette proportion ne doit jamais dépasser les 15%, alors que pour
certaines banques le ratio dépasse les 50.  C’est que les difficultés du
système bancaire s’expriment  par la différence entre la valeur des banques
en bourse et la valeur qu’ils affichent sur le papier, la valeur de certaines
banques occidentales étant  à peu près la moitié de leurs fonds propres,
possédant des actifs toxiques qu’elles refusent de faire apparaître dans
leurs comptes.  

Dans une intéressante contribution au journal financier les Echos en date du
07 mai 2010 Mathieu Delouvrier président de Swensee sous le titre « les
chiffres nous trompent sur l'endettement des Etats » je le cite : «
l'information est souvent incomplète et peu fiable alors que l'Etat est
chargé de tenir ses propres opérations et de tenir à jour les comptes de la
nation, identifier ses ressources afin de mobiliser pour rembourser sa dette. Il
s'agit principalement des impôts et taxes, excluant les revenus du secteur
privé, qui sont déjà taxés, mais aussi ceux des collectivités locales ou
des organismes de sécurité sociale. Dans la présentation budgétaire, les
nouveaux emprunts sont la plupart du temps présentés en net, c'est-à-dire
après déduction des remboursements. Cette analyse  de l’opacité de
l’information relative à la dette est argumentée pour les USA, dans une
étude fouillée de Onubre Einz dans http://criseusa.blog.lemonde.fr/2010/05/01/
sous le titre  « les Usa-sont insolvables ? ». Selon ct auteur, « les
chiffres concernant la dette souveraine américaine ont une particularité,
leurs citations s’accompagnant souvent des plus grandes confusions. La dette
fédérale souveraine des USA était de 12.311 milliards de dollars (Md de $) au
31-12-2009, soit 86 % du PIB, la dette de marché constituée de titres
négociables et non-négociables étant de 7.811 Md de $, soit 54% du PIB.
C’est souvent elle qui est utilisée pour calculer le poids dépenses publique
en % de PIB, alors que la part de la dette couverte par les excédents des fonds
sociaux (Funds et Trust funds américaines) était de 4.500 Md de $ soit 31 % du
PIB. Mal connue, cette partie de la dette souveraine étant souvent occultée,
il s’ensuit que la dette des administrations étatiques et locales » (state
and local governments) est de 2362 Md de $, soit 16 % et devrait être
intégrée à la dette souveraine des USA car elle est un élément de
l’endettement public du pays ». Et pour cet auteur de conclure : le chiffre
de l’endettement public est donc de 14.673 soit 103 % du PIB. D’autres
sources avancent pour éviter cette confusion que face à une dette extérieure
grecque de 300 milliards d’euros, mais inclus la dette interne des industries
et des institutions publiques envers les banques privée de l´ordre de 200
milliards €, celle des ménages de 400 milliards €, nous aurons 900
milliards d’euros soit plus de 1100 milliards de dollars, au moment du
déclenchement de la crise, alors que le produit intérieur brut n’est que de
290 milliards de dollars. Cependant, il faut comparer le comparable pour
calculer le niveau de la dette publique. Ainsi, en 2009 la France a cinq (5)
millions de fonctionnaires pour 64 millions d’habitants, contre en Allemagne 3
millions de fonctionnaires pour 83 millions d’habitants. Mais attention à ce
que l’on met dans la rubrique fonctionnaire du point de vue statistique :
exemple en Suède sont considérés comme fonctionnaires seulement l’Armée,
la police, la justice et une infime segments des services publics , tout le
reste étant externalisé, donnant la priorité à la flexibilité de l’emploi
, avec une exigence la qualité du service public du fait que le citoyen
considère que le fonctionnaire est rémunéré grâce à ses impôts à la
différence du modèle français où un fonctionnaire est supposé garder son
emploi à vie. Toujours en termes de comparaison le niveau de la dépense
publique varie selon que l’on externalise comme aux USA où l’épargne des
ménages est relativement faible (dominance des assurances privées et retraites
par capitalisation à travers les fonds de pension ) ou les internalise comme en
France (dominance du système de répartition) où l’épargne des ménages est
relativement élevée.

3- Risque d’ amplification de la crise mondiale par l’endettement public
des Etats  

Selon la Fed américaine dans son rapport de juin 2010, le déficit US
représentera 10% du produit intérieur brut (PIB) en 2010, se donnant pour
objectif de le ramener à 5% du PIB d'ici 2013. Aussi, les analystes
s'attendent à ce que la prévision de déficit soit légèrement inférieure
aux 1.560 milliards prévus. Mais, si le déficit est révisé à 1.450
milliards de dollars fin 2010, il restera supérieur au record de 1.410
milliards enregistré en 2009. Mais beaucoup d'observateurs jugent que ce
montant relève de la théorie compte tenu de l'ampleur de la récession dont
le pays sort avec difficulté. Pour l’Europe, à l’occasion de son
séminaire européen qui s’est tenu à Namur (Belgique) du 22 au 24 mai 2010,
pour l’organisation CADTM, la dette publique européenne serait passée de
7300 à 8 700 milliards d’euros entre 2007 et 2009. Le bloc des cinq pays
jugés fragiles de la zone euro - Portugal, Irlande, Grèce, Espagne, Italie -
souffre de difficultés financières aigües. Selon CMA DataVision, le G7, au 31
décembre 2009, totalise  30.000 milliards de dollars de dette publique depuis
la crise. Des déficits qui commencent à inquiéter les marchés, des marchés
nerveux, inquiets de la situation excessive de l’endettement public de
certains pays Au-delà de la question économique, le dossier est devenu, avec
le sauvetage en urgence d'Athènes, un enjeu politique majeur de la gouvernance
et un danger pour la cohésion tant européenne que mondiale. La Grèce, pays de
la zone euro, est devenue le deuxième pays le plus risqué au monde en matière
de dette souveraine en 2010, juste derrière le Venezuela. Selon les
statistiques données par le journal « Frankfurter Allgemeine début mai 2010,
le  ratio actifs / retraités est en forte baisse dans les pays industrialisés
et si rien n’est fait, (supposant le retour à une croissance solide), au
Japon, la dette publique représentera 300% du PIB en 2020, 200% au Royaume Uni,
150% en France, et pour des pays comme la Belgique, l’ Irlande, la Grèce,
l’Italie et pour les Etats-Unis atteindrait 500% du PIB en 2040. A court
terme, pour l’Organisation de coopération et de développement économique
(OCDE) dans son rapport de mars 2010, les trente pays les plus avancés du globe
verront leur dette grimper jusqu’à 100 % de leur richesse produite en 2010,
signalant le quasi-doublement de leur endettement en vingt ans, passant d’une
crise des banques à une crise de l’endettement des Etats. Pourtant à la
différence de bon nombre de pays, les USA peuvent monétiser leur dette «
faire tourner la planche à billets du fait du dollar comme monnaie
internationale expliquant les réticences à réformer le système monétaire
international. Alors que la BCE voit cette possibilité interdite par ses
statuts, encore que la dernière réunion du 11 mai 2010 consacrée à la dette
grecque permet à la BCE d’acheter la dette publique dans la zone euro, une
initiative sans précédent qui marque un revirement de la stratégie de la
Banque centrale européenne, jusqu'alors opposée à une telle mesure.  

Certes, pour toute comparaison fiable ,il faut relativiser en ramenant
d’abord le PIB sur la population totale , le produit intérieur global de
l’Europe étant de plus de 17.000 milliards de dollars moyenne 2009/2010 en
2010 contre 14.000 aux USA et qu’un taux de croissance se calcule à prix
constants par rapport  à la période antérieure donnant un taux de croissance
faible si le taux de croissance antérieur était faible devant raisonner à
prix constants et d’introduire un indicateur beaucoup plus fiable que le PIB ,
qui est l’indice du développement humain (IRH)( voir notre autre contribution
dans ce présent ouvrage). D’où l’importance d’éviter le mythe, du moins
à court terme  que la résolution de la crise mondiale proviendrait de la
Chine, en étant conscient d’un bouleversement géostratégique horizon
2015/2020, des pays émergents ( Brésil, Chine, Inde Russie ) qui ont misé sur
la maitrise de la connaissance pilier du développement du XXIème siècle, avec
une meilleure gouvernance. Certes, la Chine est devenue depuis fin juillet 2010
la deuxième puissance économique mondiale dépassant de peu le Japon
confronté à un nouveau ralentissement de sa croissance, alors  qu’en 2005 le
PIB chinois était équivalent à la moitié, seulement, de celui du Japon..
Mais attention aux illusions de court terme,  le PIB par tête d’habitant qui
avec 3 600 dollars (2 800 euros) en janvier 2010, représente moins de 10% de
celui des Américains avec 46 000 dollars (36000 euros) et l’indice du
développement humain donne encore un écart plus important . Le Quotidien du
Peuple, organe du parti communiste chinois, faisait observer en novembre 2009
que moins de 1% des familles chinoises disposaient d'un revenu équivalent ou
supérieur au revenu moyen des familles américaines, tandis que des dizaines de
millions d'autres sont encore sous le seuil de la pauvreté. La Chine, avec ses
1,3 milliard d'habitants, se retrouve avec le PIB par habitant du niveau des
pays pauvres de la planète, avec de profondes disparités de richesse : les
trois décennies de réformes économiques ont en effet creusé le fossé
social. Certes , la Chine a un marché intérieur potentiellement important mais
réellement encore limité avec un taux de croissance tiré par la dépense
publique dépendante fortement pour ses exportations d’une  reprise
économique de l’Europe et des USA. Donc, tout dépendra à l’avenir de
l’évolution du pouvoir d’achat (extension de la demande solvable) fonction
de l’extension des couches moyennes d’où l’importance face à la crise
d’analyser la stratégie américano-chinoise, la stratégie  des pays à fonds
souverains et de la finance islamique.

TROISIEME PARTIE  
Stratégie américano- chinoise face à la cotation du dollar, fonds
souverains et finance islamique


1.- Stratégie américano- chinoise face à la cotation du dollar

Outre les rivalités sino-américaines pour le contrôle des matières
premières notamment en  Afrique, sans parler de l’Europe, la cotation du
dollar influe effectivement sur le pouvoir d’achat des exportations chinoises
libellées en dollars. En effet, la cotation du dollar par rapport à l’euro
malgré une légère appréciation entre avril et aout 2010, cette  politique de
dépréciation du dollar  correspondant  à une politique volontaire de baisse
du dollar afin d'essayer de réduire le déficit commercial et de limiter la
valeur réelle des USA de leur endettement mondial libellé en dollars. Car, une
forte  remontée du dollar face aux principales monnaies mondiales, supposerait
une forte hausse des taux d'intérêts de la Fed et une baisse de la création
monétaire, en contradiction avec le programme du nouveau président US dans la
mesure où toute appréciation aurait pour conséquence le frein du  marché
immobilier (crédits inabordables du fait d'une hausse des intérêts sur les
ménages endettés à taux variables), la consommation américaine pouvant être
freinée avec le risque d’accélération des faillites des entreprises.
Cependant au vu des perspectives tant de l’économie mondiale que de
l’économie américaine, il est attendu que la Fed relève dans un proche
avenir son taux d'escompte mais d’une manière graduelle. En effet, selon le
président de la FED, dans un discours publié le 12 février 2010 reproduit sur
le site de la banque centrale américaine « sous peu, nous nous attendons à
envisager une hausse modeste du spread entre le taux d'escompte et le taux des
Fed funds. Cet écart, de 100 pb, a été ramené à 25 pb lors du
déclenchement de la crise financière. Les Fed funds sont aujourd'hui à
0-0,25% et le discount rate, taux auquel les banques commerciales peuvent se
financer directement auprès de la Réserve fédérale, à 0,50% ». Ce dernier
pourtant devrait donc augmenter, mais sans grande conséquences. La Fed peut
notamment augmenter le taux d'intérêt versé sur les réserves des banques,
ce qui amènerait ces dernières à accroître d'autant les taux qu'elles
demandent sur le marché monétaire ». Cette politique monétaire des USA est
intiment lié au fonctionnement actuel du système monétaire international.
Selon Hélène Rey professeur à la London Business School dans une
contribution aux échos parisien  le 22 mai 2009,  avant 1971, date à laquelle
ou existait une relations directe entre la parité du dollar et le stock d’or
(parité fixe contenu dans les accords de Breeton Woods) cette parité ayant
été  remplacée par des taux de change flexible par la suite , les
investissements américains à l'étranger étaient d’environ 10 % du PIB des
Etats-Unis, prêtant au reste du monde , sa position extérieure n'excédait
pas 4 % du PIB et les avoirs et dettes externes des Etats-Unis ne dépassent pas
15 % du PIB américain . Avec la crise des prêts hypothécaires d’août 2007,
les actifs étrangers détenus par les Etats-Unis s'élevaient à 122 % de
leur PIB en actifs étrangers et leur dette au reste du monde à 135 %.
L’endettement net extérieur a été  la résultante des déficits de la
balance commerciale américaine accumulés depuis les années 1980. Pour cet
auteur, je la cite : « les Etats-Unis d'avant la crise ressemblent à une
banque d'investissement qui se finance massivement en émettant de la dette et
investit de façon colossale en actifs risques étrangers (stocks,
investissements directs). Ce faisant, les Etats-Unis obtiennent un rendement
élevé sur leurs actifs et se refinancent à bas pris sur le marché de la
dette, ayant profité de l'engouement mondial pour les bons du Trésor
américain. Ils encaissent ainsi la différence de rendements. Mais lorsque les
prix des actifs et de la dette deviennent volatils, la valeur du portefeuille
externe des Etats-Unis devient encore plus volatile en raison de l'effet de
levier. C'est exactement ce qui se passe dans la crise actuelle ».. Justement,
concernant les bons de trésor représentant environ 45 % de la dette totale
externe des Etats-Unis, ils sont concentrés surtout au niveau de la banque
centrale de Chine. Au mois de juin 2010, sur 2450 milliards de dollars  de
réserves de change chinois  une grande partie est  libellée en dollars.
Malgré certaines déclarations contre l'hégémonie du dollar, la Chine
continue à être un gros acheteur de bons du Trésor. Ainsi, la crise a rendu
de facto l'économie américaine encore plus dépendante de la Chine des Etats
Unis et la Chine plus dépendante des USA car toute contraction de la demande
affecte les exportations chinoises. Mais est ce que cette situation pourra
continuer à l’avenir ? Tout dépendra de l‘attitude de la Chine, premier
créancier des Etats-Unis et tout le problème est le suivant, les chinois
continueront-ils à acheter des bons du Trésor des Etats Unis ? C’est que la
Chine veut renforcer sa lutte contre les fonds spéculatif selon
l’administration des changes (SAFE) ,  cette annonce d'un renforcement de la
répression contre les fonds spéculatifs faisant suite à la décision prise en
juin 2009 de restaurer une marge de 0,5% de la fluctuation de la monnaie
chinoise par rapport au dollar, autour d'un cours pivot fixé quotidiennement.,
cette appréciation du yuan risquant d’attirer davantage les fonds
spéculatifs qui alimenteraient l'inflation. L'Administration des changes a
enfin dévoilé qu'elle voulait étendre la diversification du placement pour
les réserves de devises en tenant compte de la baisse de la cotation du dollar.
Comme impact de cette dépréciation du dollar, le président brésilien estime
que son pays et la Chine vont parvenir à avoir des échanges bilatéraux dans
leurs monnaies respectives, sans passer par le dollar, selon la déclaration de
Luiz Inacio Lula da Silva le 19 mai 2009 à Pékin, rapporté par China Daily.
Mais paradoxalement si la Chine suspend l'achat de bons du Trésor, la valeur
de ses avoirs libellés en dollars baissera fortement affectant par ricochet sa
situation économique et donc ses exportations. Qu’en sera t-il si la
dépréciation du dollar devait continuer dans le temps et l’achat récent des
droits de tirages spéciaux (DTS) émis par le FMI par la Chine mais également
par l’Inde,  n’inaugure t –elle pas un changement de la politique
monétaire en rappelant que la valeur du DTS a été fixée initialement à
0,888671 gramme d’or fin, ce qui correspondait alors à un dollar EU et qu’
après l’effondrement du système de Bretton Woods, en 1973, la valeur du DTS
a été déterminée par rapport à un panier de monnaies, qui comprend
actuellement le dollar EU, l’euro, la livre sterling et le yen, représentant
donc une valeur d’un panier de monnaies , le dollar avec seulement 41% et les
autres monnaies 59%. Mais il faut être réaliste bien qu’en diminution
relative, le dollar continue  toujours d’être la monnaie internationale une
référence dans les transactions mondiales et à court terme il est utopique de
prédire son remplacement. C’est dans ce cadre de l’impact de la crise,
qu’il convient d’examiner les fonds souverains et l’extension de la
finance islamique dont les montants sont souvent libellés en dollars.

2.- La crise mondiale et les fonds souverains  
Le fonds souverain (sovereign wealth funds), dont le premier a été créée
au Koweit en 1953 ou fonds d'État, est un fonds de placements financiers
(actions, obligations.) détenu par un État. Les fonds souverains gèrent
l'épargne nationale et l'investissent dans des placements variés (actions,
obligations, immobilier, etc.). Dans une acception restreinte, les fonds
souverains désignent spécifiquement « les avoirs des Etats en monnaies
étrangères » et dans une acception plus large, « tous les fonds
d'investissement détenus par un État tirant leurs ressources des banques
centrales » (Chine), des réserves pour les retraites (Norvège) ou des
recettes des hydrocarbures ( Russie, et les pays du Golfe). L'envolée du cours
du pétrole surtout entre 2007/2008, a conduit à une remarquable aisance
financière qui s'est traduite pour les pays arabes  par d'importants
excédents de leurs balances des paiements, le désendettement, (Russie,
Algérie), le lancement de mégaprojets et l'accumulation d'énormes réserves
de change. Les fonds souverains sont devenus des acteurs importants de
l'économie, mondiale gérant par exemple deux fois plus d'actifs que les
hedge funds et leur nombre s'accroît d'année en année se répartissant
ainsi en 2007 : Emirats Arabes Unis : 27% -Arabie Saoudite 11% -Norvège 11%
-Singapour 15% -Koweït 8% -Chine 7% -Russie 5% Autres 7%. Plusieurs études ont
été réalisées sur les fonds souverains toujours avant la crise d’octobre
2008  portant sur l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Emirats Arabes Unis e tla
Norvège. Abu Dhabi avec deux fonds souverains l’ADIA (Abu Dhabi Investment
Authority avec 875 milliards de dollars  et accessoirement Mubadala Development
Company fugurent parmi le leader dans ce domaine sans oublier Saudi Arabian
Monetary Agency qui est le fonds d’investissement de la banque centrale
saoudienne avec 221 milliards de dollars d’actifs pour la même date qui est
appelé à se développer du fait des importantes réserves de change ce pays.
Rappelons la participation avant la crise par la Qatar Investment Authority de
20% du London Stock Exchange pour 1,36 milliard et l'achat, à la même date,
par la holding publique Borse Dubaï de 28% du London Stock Exchange et de 19,9%
du Nasdaq". la MubadalaDevelopment Co, créée par Abou Dhabi, l'achat pour
1,35 milliard 7,5% du Carlyle Group" et on peut citer d'autres exemples.
Citons le cas spécifique du fond norvégien (" Norwegian Wealth Fund ", NWF)
qui a été créé pour pallier la diminution de la rente énergétique à moyen
terme qui est l'un des plus importants fonds souverains au monde, ayant des
participations dans plus de 3000 entreprises dans plus de 40 pays possédant 1,7
% des actions européennes , 1 % de celles du monde entier ,ayant  des
participations dans plus de 8 000 entreprises, dont Shell, Nestlé, HSBC ou
Total et étant le premier investisseur du CAC 40, gérant également environ 13
milliards de dollars des dettes britanniques et américaines. Aussi, la
stratégie des fonds souverains cités, mais également de l'ensemble des fonds
souverains dont la Russie à travers la stratégie de Gazprom, les fonds chinois
s'orientent de plus en plus vers des investissements financiers, la
participation au capital d'entreprises occidentales voire leur prise de
contrôle. Mais contrairement à une idée faussement répandue, avec 3 300
milliards de capitalisation estimée en 2007, donc avant la crise, car ayant
perdu depuis  de leur valeur du fait des chutes des bourses mondiales,  selon le
rapport d’information du Sénat français n° 336 en date de mai 2008, ils
sont encore d’un poids assez réduit face au 190 000 milliards de capitaux
investis dans le monde en 2007 (chiffres établis par le FMI) et bien loin de la
capitalisation du NYSE (Wall Street) estimée à 15 000 milliards de dollars ou
des actifs gérés par les investisseurs institutionnels dans les pays
développés (environ 53 000 milliards de dollars en 2007) ou bien par les
banques (63 500 milliards de dollars.  
Pourtant, ces fonds ont joué le rôle de sous pape de sécurité après la
crise hypothécaires d'août 2007 en refinançant plusieurs banques
internationales en difficultés en mal de cash, comme Morgan Stanley, Barclays,
Merrill Lynch ou UBS et donc indirectement les fonds de la Chine et d’ Abu
Dhabi ont permis d’atténuer les chocs de Wall Street ou de la City de Londres
sans compter les nombreuses prises de participation dans différentes sociétés
mondiales. Parallèlement, ces fonds ont permis de rééquilibrer l'important
déficit de la balance de paiement américaine. Et en gardant leurs réserves en
dollars notamment les pays arabes avec d'autres pays comme la Chine contribuent
à éviter un dérapage, malgré le déficit budgétaire important américain,
du dollar par rapport à certaines monnaies clefs comme l'euro. Cependant face
à ces fonds souverains, les Etats-Unis ont adopté une législation visant à
empêcher ces fonds de contrôler des secteurs affectant leur sécurité
nationale. En Allemagne, en France et aussi en Grande-Bretagne, on envisage de
telles mesures de défense. Rappelons en 2005, les USA ont essayé d'interdire
à l'opérateur portuaire Dubai Ports World de mettre la main sur les cinq
terminaux  qualifiés de « stratégiques » et pour l’Europe la commission
économique évoque la possibilité de recourir aux actions préférentielles
pour protéger les entreprises stratégiques. Dans le cadre de règles mondiales
de gouvernance applicables aux fonds souverains, le FMI travaille à
l'établissement de codes de conduite pour les régir afin de garantir la
transparence de l'origine de ces fonds. En effet, en  octobre 2008, les pays
développés ont adopté une charte de bonne conduite sous l'égide du FMI,
baptisée " Principes de Santiago ", qui compte 24 règles concernant
notamment la transparence et l'audit externe des fonds souverains.  

3.-La crise mondiale et la finance islamique  

La finance islamique a bien résisté à la crise financière mondiale. Grace
à une véritable traçabilité de ses transactions et du fait de son
appartenance au compartiment des finances dites "éthiques ", elle  a pu
concilier le risque de spéculation et le risque systémique en jouant la carte
de la sécurité, essayant  à la fois de pallier les besoins de consommation et
ouvrir de nouveaux marchés pour l'assurance ou la banque de détail, brassant
des flux de 840 milliards de dollars avec une croissance annuelle d'environ 15
% en 2009 selon Anass Patel, président de l'Aidimm. Le marché de la finance
islamique mondiale pourrait atteindre les 1 000 milliards de dollars dès 2010
et beaucoup plus par la suite d'après les spécialistes. Plus de la moitié de
ce marché est détenue par les banques commerciales, le reste du marché étant
composé des boutiques de banques d'affaires pures comme les fonds de
capital-investissement ou immobiliers, des fenêtres islamiques des banques
conventionnelles internationales et des produits islamiques tels que le takaful
(assurance), des sukuk (titres d'investissement). Il faut dire que la finance
islamique promeut l'investissement dans des actifs tangibles : les
investissements doivent être adossés à des actifs réels. Au-delà de ce
premier critère discriminant, les financiers musulmans ne dérogent pas à une
règle d'or : le banquier n'est pas prêteur mais co-investisseur et donc
partenaire du projet financé, ses revenus correspondant à une quote-part des
résultats issus du projet financé. L'exigence d'un audit approfondi des
potentiels projets à financer ainsi que l'accompagnement des entrepreneurs
pendant les phases de recherche, de lancement et de vie de projet permettent
d'atténuer le risque selon le principe des 3P (Partage des Pertes et Profits)
conduisant de manière systématique le banquier (investisseur) à une vigilance
accrue quant à la pertinence du projet financé. La différence de comportement
entre l'investisseur "islamique" et l'investisseur "classique" en matière
de bourse pourrait être explicitée en deux points. Le premier est investisseur
à moyen et long termes, l'autre est, le plus souvent, spéculateur de court
terme, profitant des écarts de cours sur un titre. D'ailleurs certains savants
musulmans ont pu émettre l'idée de cycle d'investissement concernant
l'achat d'actions. La durée de détention d'un titre de société
intervenant dans le domaine agricole pourra par exemple correspondre au temps
nécessaire pour semer, récolter et commercialiser. La décision de vente du
titre sera alors justifiée par une véritable stratégie d'investissement
mesurée par le retour sur investissement post cycle de récolte.


QUATRIEME PARTIE  
Sans croissance, l’inflation est –elle la solution pour éponger la dette
publique, limite des politiques monétaires classiques et a t- on tiré toutes
les leçons de la crise d’octobre 2008  ?

1-Sans croissance, l’inflation est –elle la solution pour éponger la
dette publique ?   

 
Suite ici :

Docteur Abderrahmane MEBTOUL Expert International professeur d’Université
en management stratégique (Algérie) ademmebtoul@gmail.com


NB- Cette contribution est une légère synthèse d’un ouvrage en voie de
rédaction sur : « Crise mondiale, reconfiguration géostratégique et impact
sur les pays du Tiers monde »


Mercredi 15 Septembre 201

 

http://www.alterinfo.net/Crise-mondiale-reconfiguration-geostrategique-et-impact-sur-les-pays-du-Tiers-monde_a49893.html

 

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