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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 02:16

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http://boulesteix.blog.lemonde.fr/2008/10/page/3/

 

LES CRISES FINANCIÈRES EN EUROPE : Faut-il sauver les banques ou les peuples?

« Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom) Capable d’enrichir en un jour l’Achéron, Faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.»
Jean de la Fontaine (Les animaux malades de la peste)

 

 

Ce mal qui ronge les économies européennes est du à une financiarisation de
l’économie qui ne correspond pas à l’économie réelle.
S’y ajoute l’assujettissement des Etats aux banques qui doivent être sauvées à tout
prix quitte à laisser péricliter les solidarités sociales.
Cette fois-ci, la  victime est l’Irlande, obligée de passer à travers les fourches caudines de
l’ajustement du FMI et du Fonds européen.

«Pour rappel, la Grèce écrit l’éditorialiste du site Attac, est le
premier cochon dégraissé. Sous le poids de ses déficits, la Grèce vient de
solliciter l’activation du mécanisme d’aide du Fonds monétaire
international et de l’Union européenne. En échange, des conditions
drastiques devraient lui être imposées : le gouvernement grec a déjà
augmenté les taxes sur la consommation, repoussé de deux ans l’âge de la
retraite, baissé les salaires des fonctionnaires, arrêté de remplacer ceux
qui partent à la retraite,...(...) La crise grecque est la première grande
démonstration, face à la crise économique, de l’échec de l’Union
européenne et de la zone euro. Elle découle de l’incapacité pour les pays
européens d’accéder à des prêts de la Banque centrale européenne, les
condamnant à emprunter à des taux exorbitants sur les marchés financiers.
(...) C’est pourtant la seule solution pour sortir de l’impasse de la zone
euro et pour réduire les déséquilibres entre des pays comme l’Allemagne,
avec une faible demande intérieure et d’énormes excédents d’exportations,
et les fameux /pigs/ (ou cochons, c’est-à-dire la Grèce et les soi-disant
mauvais élèves de la zone euro), qui absorbent ces excédents grâce à une
forte consommation interne. Demain, l’Espagne, puis le Portugal, la Grèce,
l’Irlande voire la France, devraient se retrouver dans la même situation que
la Grèce. Mais, les perdants ne sont pas que les Grecs aujourd’hui ou les
Irlandais demain : c’est l’ensemble des citoyens européens, qui paient au
prix fort la crise économique. (...) Nous devons changer le modèle européen
aujourd’hui en échec, et construire une Europe solidaire, sociale et
écologique.»(1)

Cette contribution date d’avril. De quoi s’agit-il cette fois? On nous dit
que l’Irlande est sur le point d’être en faillite! «Après la Grèce,
c’est le tour de l’Irlande. Les investisseurs internationaux n’ont plus
aucune confiance dans les Etats d’Europe du Sud, ni dans l’Irlande. Les
investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de
ces cinq Etats à rembourser leurs dettes. Leurs taux d’intérêt explosent.
Plus les jours passent, plus ces cinq Etats empruntent à des taux d’intérêt
de plus en plus exorbitants.(2)

Un langage d’épidémiologiste

Selon les médias irlandais, le plan de sauvegarde de l’Irlande devrait
atteindre 85 milliards d’euros. C’est «20.000 euros» par Irlandais, a
calculé l’Irish Sun. (...) En compensation de cette aide, les banques du pays
se verront imposer une nouvelle taxe. La Banque centrale européenne et une
majorité de pays de la zone euro font pression sur le gouvernement portugais
pour qu’il sollicite à son tour une aide de l’UE et du FMI, selon le
Financial Times Deutschland du vendredi 26 novembre. Les pressions pour que le
Portugal demande une aide rapidement, auraient pour arrière-pensée d’éviter
à l’Espagne de se retrouver dans une situation difficile, poursuit le FTD.
(...) Lisbonne ´´dément toute pression de la BCE ou des pays européens (...)
José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement socialiste espagnol, a
précisé, vendredi, sur la radio catalane RAC1 qu’il écartait «absolument»
l’éventualité d’un plan de sauvetage financier de l’Espagne.(3)

L’UE accorde 90 milliards d’euros pour racheter les dettes de l’Irlande
(...) Toute l’Union européenne s’exprime désormais, dans le langage des
épidémiologistes, on entend les termes «maladie contagieuse»,
«quarantaine», «cordon», suivis des noms des patients : la Grèce,
l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, l’Italie...La dette nationale réelle
du Portugal atteint 112% du PIB, et le déficit budgétaire 9,5% du PIB. La
Grèce avait une dette de 94,6% du PIB, et le déficit de 9,8%. (...) Lisbonne
ne tiendra donc pas longtemps. L’Espagne devrait être la prochaine. (...) En
fait, toutes les carences de la famille européenne pourraient profiter à
l’Allemagne. La chancelière Angela Merkel a déjà obtenu le renforcement de
la discipline financière dans l’Union européenne. (...) Désormais, Berlin
exige encore plus. Le journal britannique The Guardian a eu connaissance d’un
document spécial préparé par le ministère des Finances d’Allemagne.
Aujourd’hui, Berlin propose d’adopter en tant que standard européen quelque
chose d’inédit : le partage des pertes entre les débiteurs et les
créanciers. Le plus surprenant est qu’Angela Merkel pourrait parfaitement
réussir. Le directeur du Centre britannique des réformes européennes, Charles
Grant, estime que les Européens n’ont pas d’autre choix que de transformer
l’UE en une sorte de version agrandie de l’Allemagne. (...) Dans le cas
contraire, Berlin tournera le dos à l’UE et se tournera vers la Russie et la
Chine, et elle le fait déjà. De cette manière, l’Europe se retrouvera
esseulée.»(4)

Le domino Irlande qui vient de tomber est annonciateur de nuages pour
l’Europe. Il n’y a pas si longtemps, l’Irlande était qualifiée de
paradis de la libre entreprise et de la réussite. Polly Toynbee déconstruit ce
mythe d’une façon sévère. Ecoutons-la : «Grâce à un très faible taux
d’imposition sur les sociétés, l’Irlande est devenue un haut lieu du
dumping fiscal en Europe (...)
Quelles leçons tirer de la crise irlandaise? Bill Cash, membre europhobe du
Parlement, se déchaîne, ulcéré par le plan de sauvetage, tandis que les
eurosceptiques, à gauche comme à droite, se frottent les mains en ricanant,
l’air de dire ´´on vous avait prévenus´´. (...) C’est nous, les
Britanniques, qui offrons à l’Irlande la deuxième plus grande somme pour son
renflouement parce que nous sommes particulièrement exposés à une faillite de
ses banques : (...) »(5)

(..)  ´´Les capitaux iront toujours là où il  est plus intéressant d’investir.
La fiscalité irlandaise sur les sociétés  est de seulement 12%, tandis que celle
de la Grande-Bretagne est en train  d’atteindre l’un des taux
les plus élevés du monde [28%].´´ Une faible fiscalité, voilà la solution,
assurait Osborne. (...)  L’Irlande joue le jeu
du chacun pour soi et du dumping fiscal depuis bien des années. (...) Le
véritable déshonneur de l’Irlande n’est pas d’avoir pris son boom
immobilier pour un intarissable pactole. Ce qui est impardonnable, c’est son
statut honteux de plus grand paradis fiscal européen, qui depuis
des décennies  aide les entreprises à se soustraire aux administrations
fiscales du monde entier. C’est ce qu’on appelle le ´´double irlandais´´,
souvent combiné au ´´sandwich hollandais´´.»(5)

«(...) Alors pourquoi n’exige-t-on pas de l’Irlande qu’elle remette de
l’ordre dans sa fiscalité et cesse d’escroquer tous les pays voisins qui
viennent aujourd’hui à son secours? (...) Le purgatif du FMI est un remède
idéologique ; il ne permet de tirer aucune leçon. Lorsque l’état du patient
s’aggrave et frôle la mort, comme c’était le cas pour l’Irlande après
sa première vague d’austérité, le FMI augmente la dose de sangsues, de
mercure et d’arsenic. L’Europe va-t-elle réellement signer un chèque à
l’Irlande sans lui demander de mettre un terme à ses pratiques de piraterie
fiscale ni de rejoindre le monde civilisé?»(5)

L’austérité au menu

«L’Irlande, écrit Attac, faisait figure, pour les marchés financiers, de
bon élève de la zone euro, illustrant le triomphe d’une politique
ultralibérale, basée sur des impôts réduits, des excédents budgétaires,
ainsi que sur un secteur financier débridé. Pourtant le «tigre celtique» a
fini par payer le prix de ses «vertus». Après l’éclatement de la bulle de
spéculation immobilière, les banques irlandaises se sont rapidement
retrouvées au bord de la faillite. Le gouvernement est alors passé à la
caisse, et les excédents budgétaires se sont transformés en gouffre : 32% de
déficit en 2010. Plus dure sera la chute, non pour les banques mais pour le
peuple irlandais. En effet, le plan de «sauvetage» lancé par l’Union
européenne et le FMI vise avant tout à sauver les banques...étrangères,
surtout allemandes, britanniques, françaises, italiennes, qui avaient prêté
massivement aux banques irlandaises pour profiter du «miracle irlandais». En
contrepartie des sommes débloquées pour refinancer le secteur bancaire, le
peuple irlandais doit pour la seconde fois remettre le couvert de
l’«austérité», de manière encore plus drastique : au programme, plus de
100.000 suppressions d’emplois publics, des coupes dans les allocations
chômage et familiales, ainsi qu’une réduction du salaire minimum. Des
mesures d’autant plus drastiques que le gouvernement refuse d’envisager
toute augmentation de la fiscalité sur les sociétés (12,5% contre 28% en
Europe).»(6)

Dans une contribution remarquable Ellen Brown pense que «les petits pays
d’Europe accablés de dettes pourraient suivre l’exemple de l’Argentine et
ignorer leurs dettes. (...) La ruine financière totale, autrefois un problème
réservé aux pays en développement, frappe maintenant l’Europe. Le FMI
impose ses «mesures d’austérité» aux pays périphériques de l’UE, la
Grèce, l’Islande et la Lettonie étant les plus touchées. (...) Des dizaines
de pays ont été dans l’incapacité de payer leurs dettes au cours des
récentes décennies, le dernier étant Dubai, qui a demandé le 26 novembre un
moratoire sur sa dette. (..) Les problèmes de la Grèce ont commencé quand de
faibles taux d’intérêts inadaptés à la Grèce ont été maintenus pour
sauver l’Allemagne de l’effondrement économique. La Grèce pourrait être
le premier des pays périphériques à se révolter. (...) Le Premier ministre
Papandhréou a déclaré le 11 décembre : «Les salariés ne feront pas les
frais de la situation : nous n’allons pas procéder à un gel ou à une baisse
des salaires. Nous ne sommes pas venus au pouvoir pour démanteler l’Etat
social.» Evans-Pritchard note que «M.Papandhréou a de bonnes raisons de
défier l’UE.»(7)

« (...)Prenant l’exemple de la Lettonie (..)
Comme dans les autres pays saignés à blanc par les restrictions
néolibérales de productivité, l’emploi et la production sont paralysés, ce
qui met l’économie à genoux.(..) (7)

Ellen Brown cite Evans-Pritchard qui a la solution pour contrer le FMI :
suivre l’exemple de l’Argentine : «Evans-Pritchard suggère un remède
similaire pour la Grèce qui pourrait lui permettre de faire sauter le carcan
mortel où elle se trouve en suivant l’exemple de l’Argentine. Elle pourrait
´´rétablir sa monnaie, la dévaluer, adopter une loi transformant les dettes
en euro en monnaie locale et en restructurant les contrats avec
l’étranger´´. Résister au FMI n’est pas un moyen très utilisé, mais
l’Argentine a montré la voie. En 2001, au vu des pronostics désastreux selon
lesquels l’économie pourrait s’effondrer en l’absence de crédits
étrangers, elle a défié ses créanciers et s’est détournée de ses dettes.
A l’automne 2004, trois ans après un défaut de payement record de plus de
100 milliards de dollars, le pays était sur la voie du redressement et il avait
réussi cette prouesse sans aide étrangère. La croissance économique fut de
8% pendant deux années consécutives. Le volume des exportations augmenta, la
monnaie était stable, les investisseurs revenaient et le chômage diminua.
Selon l’économiste Mark Weisbrot interrogé en 2004 par le New York Times,
«c’est un événement historique remarquable qui remet en cause 25 ans de
mauvaise politique. Alors que d’autres pays avancent cahin-caha, l’Argentine
vit une croissance très saine dont rien ne permet de penser qu’elle ne durera
pas, et elle l’a réussie sans faire aucune concession pour attirer des
capitaux étrangers.» Weisbrot est le codirecteur du laboratoire d’idées
«Center for Economic and Policy Research» qui a publié en octobre 2009 une
étude sur les 41 pays débiteurs du FMI. Selon cette étude, les politiques
d’austérité imposées par le FMI, notamment la réduction des dépenses et
le resserrement de la politique monétaire, risquaient de faire plus de mal que
de bien aux économies de ces pays. (...) Tandis que l’Argentine faisait bande
à part, la Turquie suivait les conseils du FMI. Le résultat final a été que
l’Argentine a rebondi alors que la Turquie connaît encore la crise
financière.(...)»(7)

Fautil sauver les peuples ou les banques ?
C’est en réalité en ces termes
que les termes du débat se présentent.
On l’a vu avec le sauvetage des  banques américaines
et europénnes , qui une fois sauvées , distribuent
d’une façon ostentatoire les dividendes aux actionanires et autres traders.
Et comme le dit si bien Stiglitz prix Nobel d’économie : « les banques
mutualisent leurs pertes mais privatisent leurs bénéfices ». On pensait, à
tort, que le FMI ne s’attaque qu’aux pays en développement, on avait tort ;
le FMI s’attaque à toutes les petites économies quelles que soient leur
latitude. Le feuilleton européen né, il faut le dire, du feuilleton américain
des subprimes 2008, qui a donné le «la» de la débâcle qui, de proche en
proche, a gagné l’Europe. Les décennies 80 et 90 furent consacrées à
l’ajustement structurel des PVD, l’Algérie en sait quelque chose, quand
Michel Camdessus venait à Alger, on se tenait le ventre, car il y avait
toujours une mauvaise nouvelle à la clé. On a appris bien plus tard, qu’il
devint conseiller du pape! Drôle de charité chrétienne! Les premiers à
trinquer sont les petits pays Grèce, Irlande, Portugal, ces trois pays
n’excèdent pas les vingt millions et les autres sont pour le moment «big
tall to fail». A qui le tour?

1.Attac France, La Grèce, premier cochon dégraissé
http://www.france.attac.org/spip. php?article1117823 avril 2010

2.Cinq Etats en plein naufrage : bellaciao.org.fr 25.11.2010

3.Après l’Irlande, le Portugal inquiète l’Europe Le monde.fr, AFP,
Reuters 26.11.10

4.L’effondrement du domino européen. La Grèce, l’Irlande, le Portugal...
25 11 2010 http://fr.rian.ru/ Jeudi 25 Novembre 2010

5.Polly Toynbee : Pas un penny pour ce paradis fiscal! The Guardian 25.11.2010


6.Attac France, http://www.france.attac.org/ spip.php?article11925.24.11 2010

7.Ellen Brown Révolte contre l’UE et le FMI
http://www.mondialisation.ca/index.php? context =va&aid = 17522 9022010

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


Mardi 30 Novembre 2010
http://www.alterinfo.net/LES-CRISES-FINANCIERES-EN-EUROPE-Faut-il-sauver-les-banques-ou-les-peuples_a52208.html ...*  

 

 

L'opinion d'eva sur la crise de l'Irlande et de l'U.E.

 

L'ultralibéralisme financier a besoin de faire du profit. A tous prix. Il n'y a plus de croissance, on n'augmente pas les salaires des travailleurs. Donc, on favorise l'endettement, et même le sur-endettement, voire l'endettement fou: Des citoyens comme des Etats. Avec au bout, nécessairement, l'abîme...   

 

Et les intérêts PRIVES des banques sont favorisés au détriment de l'intérêt national. Voilà deux sources de catastrophes...  Enfin, le FMI, avec l'imposition de politiques d'austérité, a mis en difficulté les pays du Sud. Maintenant, il s'attaque à un gros morceau: L'Europe !

 

Il faut, comme il y a quelques années l'Argentine de Kirchner, refuser de rembourser les dettes ruineuses avec leurs taux usuriers... et bien sûr sortir de la zone euro, revenir aux frontières, rétablir les souverainetés, le primat de la Nation, et l'Etat protecteur, redistributeur !   

 

NB d'Eva: J'ai écrit ces quelques lignes avant de lire l'article ci-dessus. Avec surprise, je vois que mon idée de faire comme l'Argentine... est finalement réaliste !

 

 

 

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Published by Eva R-sistons - dans La crise
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