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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 03:41

Agoravox

Titre original: Le nucléaire a déjà un pied dans l’agroalimentaire

 

Les poulets

L’irradiation des aliments est une pratique de conservation des aliments qui progresse depuis une dizaine d’année. Pour autant, elle reste difficile à identifier pour le consommateur. 


Officiellement appelée « ionisation » (moins péjoratif), l’irradiation des aliments est l’une des trouvailles de l’industrie nucléaire pour les applications civiles de l’atome. Cette technique utilisée par l’industrie agroalimentaire depuis une cinquantaine d’année a pour objectif d’augmenter la durée de conservation des aliments en leur infligeant une dose radioactive « légère ». Cette dose ne produit pas d’aliments « contaminés », c’est-à-dire radioactifs. Mais est-ce vraiment une garantie d’innocuité ? La question, qui fait débat depuis le début de cette pratique, a été évacuées par les agences sanitaires. Les consommateurs, eux, se montrent beaucoup plus méfiants.


En Europe, l’irradiation est autorisée, en principe, pour un nombre limité de denrées : les herbes aromatiques séchées, les condiments et les épices (directive 1999/3/CE du Parlement européen et du Conseil du 22 février 1999). Dans les faits, chaque État membre est libre de maintenir les autorisations qui lui sont propres. La libre circulation des marchandises fait le reste. Ainsi, dans la pratique, l’irradiation de nombreuses denrées est autorisée partout en Europe : abats de volaille, ail, oignon, échalote, blanc d’œuf, céréales, condiments végétaux, crevettes, cuisses de grenouilles congelées, farine de riz, flocons et germes de céréales pour produits laitiers, herbes aromatiques, légumes et fruits secs, viandes de volailles, etc.1.


Le Codex Alimentarius (le code alimentaire international, lire notre précédente édition) a par ailleurs donné son feu vert à l’irradiation de tous les aliments en 2003. Les États, eux, restent néanmoins plus restrictifs, sans doute du fait de l’impopularité de l’irradiation. Mais pour combien de temps ? On sait que les litiges commerciaux internationaux sont souvent réglés par l’OMC sur la base du Codex. Le conflit commercial autour du bœuf aux hormones peut se reproduire pour les aliments irradiés, et l’Europe se voir accusée de « protectionnisme ». En clair, les consommateurs ne sont pas à l’abri d’une arrivée forcée de produits irradiés en provenance des pays non membres de l’UE, ou de pénalités financières pour entrave à la liberté du commerce mondial.


logo_ionisation.jpg
Logo signalant que les produits ont été "ionisés".


La France approuve l’irradiation


« La littérature scientifique récente n’apporte pas d’éléments nouveaux qui permettraient, sous l’angle toxicologique notamment, de remettre en question les conclusions des évaluations conduites jusqu’à présent concluant à la sécurité des aliments traités par ionisation », explique l’Afssa2. L’agence française pour la sécurité sanitaire des aliments se veut rassurante pour le consommateur (elle rassure aussi, de fait, l’industrie agro-alimentaire...). Mais peut-on vraiment faire confiance à ses conclusions ? Le Collectif français contre l’irradiation des aliments s’est livré à un décryptage des derniers avis sanitaires de l’Afssa. Pour lui, l’agence « donne des informations fallacieuses parce qu’incomplètes, concernant notamment les quantités irradiées dans l’Union européenne, la recommandation de la norme Codex ou la réalité des contrôles, déformant ainsi les faits  ».


Depuis 2001, le droit français a mis en œuvre la directive cadre européenne 1999/2/CE, par le décret n°2001-1097 du 16 novembre 2001 relatif au traitement par ionisation des denrées destinées à l’alimentation de l’homme et de l’animal. L’arrêté du 20 août 2002 a fixé la liste des catégories de denrées pour lesquelles le traitement par irradiation est autorisé.


Grâce à l’autorisation prévue par la directive européenne et forte des avis favorables donnés par le CSAH, la France continue d’autoriser l’essentiel des produits précédemment agréés : les herbes aromatiques, les épices, les condiments, l’oignon, l’ail, l’échalote, les légumes et fruits secs, les flocons et germes de céréales pour produits laitiers, la farine de riz, la gomme arabique, la volaille, les cuisses de grenouilles congelées, le sang séché et le plasma, les crevettes, l’ovalbumine (additif alimentaire), la caséine et les caséinates (additifs alimentaires). Seuls le camembert au lait cru et les fraises ont disparu de sa liste. Ces ingrédients se seraient-ils montrés trop sensibles au traitement ? Il semble que ce soit bien le cas du camembert, les lipides animales ayant tendance à rancir à la suite de l’irradiation...


Laxisme. En France comme en Europe, l’étiquetage est obligatoire3, mais les contrôles sont tellement peu fréquents, surtout en France, que le laxisme pourrait bien être la règle... Dans l’hexagone, au niveau de la commercialisation, seuls 216 échantillons ont été contrôlés en 2006, avec un taux de fraude de 14,8 % (crustacés et mollusque surtout) ! En 2007, seulement 117 échantillons (taux de fraude : 5,13 %) ont été examinés. Non seulement ce faible échantillonnage ne permet pas de juger de la situation correctement, mais il est aussi à comparer avec les 3 744 échantillons allemands (qui irradient dix fois moins que les Français), bien plus représentatifs (avec un taux de fraude de seulement 1,47 %)4. On mesure, à cet écart, le professionnalisme de l’État français qui devrait plutôt s’inspirer de la rigueur germanique avant de délivrer des avis sous forme de « tranquillisants sanitaires » pour faire face à l’anxiété des consommateurs devant leur assiette.


L’inquiétude est visiblement justifiée : certains pays n’ont pas réalisé de contrôles (Chypre, Danemark, Espagne) ou n’ont transmis aucune information (Bulgarie, Portugal, Pays Bas, Lettonie (en 2006), Estonie, Roumanie (en 2007)... « De façon générale, les contrôles au stade de la commercialisation sont incohérents, disparates, variant d’une année à l’autre et d’un pays à l’autre, et sans règles communes, ce qui rend une réelle évaluation quasiment impossible. De plus, comme le rappelle clairement la directive 1999/2/CE, ’’le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux est assurée’’ », rappelle le Collectif contre l’irradiation des aliments. Ce collectif français regroupe une vingtaine d’associations5 et demande l’interdiction pure et simple de cette pratique.


Conclusion, même si l’étiquetage est obligatoire, le consommateur a peu de moyen de savoir si un aliment a été irradié et ne peut connaître la quantité exacte de denrées alimentaires commercialisées en Europe. Cependant, à l’heure actuelle, cette pratique semble assez limitée. D’une part parce qu’elle passe assez mal auprès des consommateurs, d’autre part parce qu’elle coûte finalement très cher (lire notre interview de Roland Desbordes).


Dans son avis de 2001, l’Afssa indique en guise d’argument sanitaire : « De plus, les aliments ainsi traités ne constituent pas la source principale de nutriment dans le régime alimentaire français.  » Jugé « scandaleux » par le président de la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité, cet argument ne figure plus dans le dernier rapport (2007). « Faut-il comprendre qu’il devient envisageable que des aliments irradiés constituent la source principale de nutriments dans le régime alimentaire français ?  », demande non sans ironie le Collectif contre l’irradiation des aliments... Cela pourrait-il un jour arriver ? Donnée inquiétante pour le consommateur dans un marché mondialisé : la chine est passée de sept unités d’irradiation en 2003 à cinquante en 2006.


Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?


« Comment prétendre utiliser le feu nucléaire, par essence destructeur, pour traiter des aliments qui sont constitutifs des forces de vie ? Irradier, c’est tuer les micro-organismes qui accompagnent nos aliments », s’exclame, avec son bon sens paysan, Jean-Louis Meurot, un agriculteur installé dans la Drôme6.


C’est du côté du dogme de l’hygiénisme qu’il faut chercher l’alibi d’une telle pratique, également appelée pasteurisation à froid... Version extrémiste de l’hygiène, l’hygiénisme fait la chasse aux microbes (bactéries, virus, champignon) en oubliant que ces derniers font aussi partie de la vie et qu’ils ne sont pas tous pathogènes. Avec la ionisation, il s’agit, nous dit-on, de protéger notre santé en assurant notre sécurité alimentaire. Nos aliments seraient-ils à ce point malades ou dangereux ? Listéria, salmonelles7, ces bactéries toxiques très médiatisées justifient-elles une telle pratique ? Non, dans la mesure où de simples mesures d’hygiène permettent déjà d’éviter les intoxications (cuisson, choix d’aliments frais, respect des dates de consommation).


Pratiques frauduleuses. La vraie raison de l’irradiation semble plutôt résider dans la course au profit, qui s’intègre dans le cadre de la mondialisation de l’agriculture. Les aliments, cultivés sur des substrats peu vitaux et gorgés de chimie, ne possèdent plus les défenses naturelles nécessaires pour parcourir des milliers de kilomètres avant d’être transformés. Leur état sanitaire les rend vulnérables aux maladies. L’irradiation (progressivement autorisée dans le monde depuis les années 1960, mais en plein décollage depuis 1999) vient donc opportunément pallier l’hygiène déplorable de nos denrées alimentaires.


Revers de la médaille : « Ce procédé peut favoriser les pratiques frauduleuses, en permettant de masquer des signes d’altération de nos aliments résultant de mauvaises conditions sanitaires lors de la production. Ces avantages, ainsi que son efficacité multi-usages (conservation, décontamination, ralentissement du mûrissement, inhibition de la germination) en font une technologie particulièrement appropriée pour l’économie moderne mondialisée », explique le Collectif contre l’irradiation8.


Quelles conséquences sur notre santé ?


Incertaines. L’irradiation est suspectée de provoquer sur les aliments des mutations moléculaires toxiques, plus particulièrement dans les graisses, qui supportent mal ce traitement. « Si un aliment irradié ne devient pas radioactif, sa nature est cependant profondément altérée par la formation de radicaux libres très réactifs et par des recombinaisons chimiques donnant naissance à des molécules nouvelles comme le cyclobutanone dans les lipides, dont plusieurs études montrent la toxicité », explique Brigitte Zaccaria, consultante pour l’association de consommateurs Food and Water Watch Europe9.


L’irradiation entraîne donc la formation de 2-alkylcyclobutanone dans les aliments contenant des matières grasses. Cette substance est fortement soupçonnée d’avoir des effets nocifs sur la santé des êtres humains (génotoxicité, cytotoxicité et cancer du colon notamment). Les études alimentent la controverse10. Dans une étude franco-allemande, des scientifiques soulignent le manque de données fiables pour évaluer le risque réel lié à la consommation d’aliments irradiés11.


D’après Brigitte Zaccaria, « ce procédé provoque également la destruction d’acides aminés et de vitamines (A, B1, B6, B12, C, E, K, PP et acide folique), la rupture des équilibres naturels, la possibilité de mutations chez les bactéries ou les insectes les plus pathogènes. Par ailleurs, l’irradiation détruit les bactéries mais pas les toxines qu’elles sécrètent, or ce sont ces dernières qui sont responsables des intoxications alimentaires.  »


Troubles neurologiques. Par ailleurs, « l’équilibre microbiologique de l’aliment étant fragilisé par l’irradiation, des agents pathogènes peuvent se développer plus rapidement et proliférer puisque leur « concurrents » ont été éliminés  », pointe le Collectif contre l’irradiation des aliments.


Fait anecdotique, mais pas forcément anodin : en novembre 2008, l’entreprise Champion Petfood Ltd a rappelé des produits d’alimentation animale vendus sous la marque Orijen (Australie) à la suite d’une enquête des inspecteurs du groupement de vétérinaires australiens, ce dernier ayant constaté des troubles neurologiques chez une centaine de chats nourris avec ces produits irradiés à des doses élevées (trente félins en sont morts). Le gouvernement australien a dû annuler l’autorisation d’irradiation pour les produits destinés à nos amis domestiques12. Pauvres bêtes... Mais sommes-nous mieux lotis ?


Collusion et désinformation des agences internationales


Lorsqu’on sait que, depuis 1959, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) gère toutes les questions relatives à l’irradiation des aliments en étroite relation avec l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, on ne peut s’empêcher d’avoir des doutes... L’AIEA, dont le but est d’empêcher la prolifération des armes nucléaires, a pour vocation de promouvoir les applications nucléaires civiles « à des fins pacifiques ». Elle fera assurément le nécessaire pour faciliter l’irradiation de tous aliments, mais la santé ne fait pas partie de ses premières préoccupations...


« 1999 [a été] l’année de la renaissance de cette technologie controversée depuis ses origines. L’OMS, toujours sous l’influence de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, a conclu sur la base de plusieurs rapports d’experts que ’’ l’irradiation peut s’appliquer à tout produit alimentaire à quelque dose que ce soit ’’ », rappelle l’ancien député européen belge Paul Lannoye, par ailleurs co-auteur du livre Aliments irradiés, non merci13.


Experts de l’atome. « Aussi choquant que cela paraisse, l’Agence chargée de ces activités à risque est en même temps chargée de les réglementer », précise Roland Desbordes, physicien, président de la Criirad, la Commission de recherche et d’informations indépendantes sur la radioactivité (voir également notre interview). « L’AIEA a été au centre des études et groupes de travail qui ont conduit, dans les années 1970, à l’acceptation et à la réglementation de cette technique de traitement. Les experts de l’atome ont joué un rôle central dans le Comité sur la salubrité des aliments irradiés (qui est un comité mixte FAO-AIEA-OMS) ». Tout s’explique... Et de conclure : « Tant que ces conflits d’intérêt ne seront pas résolus, le citoyen ne pourra pas — ne devra pas — faire confiance aux évaluations officielles en matière de toxicologie et d’épidémiologie  ».


Moralité, nous nous retrouvons bien seuls face à notre assiette pour évaluer la salubrité et la qualité nutritionnelle de son contenu. Heureusement, à la différence des oies qu’on gave, nous avons tout de même le choix : celui d’avaler ou pas...


1Liste exhaustive disponible sur irradiation-aliments.org.

2www.afssa.fr/Documents/AAAT-Ra-Ionisation.pdf  : « Revue des données récentes relatives à l’ionisation des denrées destinées à l’alimentation humaine », avril 2007.

3Art. 7 du décret du 16 novembre 2001. L’étiquetage des denrées traitées par ionisation susceptibles d’être destinées à l’alimentation humaine doit respecter les dispositions suivantes : « Si les denrées sont vendues sous conditionnement individuel, la mention « traité par rayonnements ionisants » ou «  traité par ionisation » doit figurer sur l’étiquetage, en complément de la dénomination de vente. Pour les denrées vendues en vrac, cette mention figure, avec la dénomination de la denrée, sur une affiche ou sur un écriteau placé au-dessus ou à côté du récipient qui les contient ;
Si une denrée traitée par ionisation est utilisée comme ingrédient, la même mention doit accompagner sa dénomination dans la liste des ingrédients.

4 Source : rapports de la Commission sur le traitement des denrées alimentaires par ionisation (2006 et 2007). « Rapport de la Commission sur le traitement des denrées alimentaires par ionisation pour l’année 2007 », (2009/C 242/02)

5Action Consommation, Agir pour l’environnement, les Amis de la Terre, ATTAC, le réseau Biocoop, la Confédération paysanne, la Criirad, etc.

6Dans le magazine Campagnes solidaires, de septembre 2007.

7 Salmonellose : maladie provoquée par les salmonelles (2 200 souches) principalement S. enteritidis. Prophylaxie : hygiène, cuisson à plus de 56o C pour la viande, œufs cuits durs, réfrigération des aliments cuits.

Listériose : listeria monocytogenes : se développe à la température du réfrigérateur, survit à la congélation, détruite par la cuisson. Se trouve dans les fromages à pâte molle à base de lait cru (brie, camembert...), fromage vendu râpé, charcuterie cuite (rillettes, pâtés, produits en gelée...), aliments crus d’origine animale (viande hachée, poissons fumés, coquillage, surimi...), graines de soja crues. Se traduit par des infections du système nerveux ou des septicémies. Prophylaxie : cuire les aliments d’origine animale, enlever la croûte des fromages, laver soigneusement légumes et herbes aromatiques ; règles d’hygiène.

Toxines naturelles : les aliments d’origine animale et végétale peuvent être contaminés par des toxines chimiques produites naturellement [exemple : certaines moisissures de graines, de fruits et des fruits amandes secrètent des mycotoxines toxiques à long terme].Certaines espèces de poissons et de coquillages peuvent être contaminées par des toxines produites en mer par des algues et des bactéries. Effets : atteinte neurologique, paralysie, troubles digestifs. Source  : aliments.org (d’après quid.fr)

 

8Irradiation des aliments : atome, malbouffe et mondialisation, Collectif français contre l’irradiation des aliments, Golias, 2008, p.18.

9Dans le magazine Campagnes solidaires, septembre 2007. Pour connaître les études scientifiques sur les aliments irradiés, tapez « Études sur l’impact pour la santé de la consommation d’aliments irradiés » dans votre moteur de recherche.

11 « Étude toxicologique transfrontalière destinée à évaluer le risque encouru lors de la consommation d’aliments gras ionisés », Burnouf D., Delincée H., Hartwig A., Marchioni E. Miesch M., Raul F. et Werner D., Rapport final, 2001.

12« Cat-food irradiation banned as pet theory proved », The Sydney Morning Herald, 30 mai 2009.

13Avec Maria Denil, coédition Grappe, Fugea, Réseau Sortir du nucléaire et Public Citizen, mars 2005.

 


L’irradiation en bref


Combien ? Avec plus de 3 100 tonnes en 2005 et 2 139 en 2007, la France est le troisième pays de l’Union Européenne à traiter des aliments par irradiation derrière la Belgique (7 279 tonnes en 2005 et 2 799 en 2007) et les Pays Bas (3 299 tonnes en 2005 et 2 323 en 2007), d’après les chiffres (en baisse) de l’Afssa1 et la Commission européenne2.


Où et comment ? Ces rayonnements ionisants peuvent être générés soit par un accélérateur de particules, soit par une source radioactive. Il existe en France six unités d’irradiation agréées. Trois procèdent à l’irradiation par rayons gamma (cobalt 60). Elles sont situées à Marseille, Dagneux, et Sablé-sur-Sarthes. Les autres procèdent par électrons accélérés : Chaumesnil, Orsay (aujourd’hui fermée), Berric. L’entreprise Ionisos SA, détient quatre des six unités. Gammaster Provence SA et Radient Ouest gèrent les deux autres. Les unités sont contrôlées chaque année par les autorités compétentes.


Quoi exactement ? En 2007, la France a irradié 1 239 tonnes de volailles, 687 tonnes de cuisses de grenouilles congelées, 131 tonnes de gomme arabique, 60 tonnes de fines herbes/épices/légumes déshydratés et 22 tonnes de caséine. En Europe, les cuisses de grenouilles représente 31 % des aliments irradiés (2 551 tonnes), les fines herbes et épices 22 % (1 789 tonnes), la volaille 21 % (1 696 tonnes), les légumes 12 % (994 tonnes), la viande 5,5 % (445), les poissons et coquillages (3,7 %), sur un total européen de 8 154 tonnes en 2007, sachant que certaines unités européennes n’ont pas transmis d’information (comme au Portugal, en Bulgarie). Au final, on ne sait pas précisément quels aliments : « secret commercial ». Le consommateur doit donc se fier à l’étiquetage.


1Source : voir note 2 de l’article principal.

2« Rapport de la Commission sur le traitement des denrées alimentaires par ionisation pour l’année 2007 », (2009/C 242/02)

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TROIS QUESTIONS A Roland Desbordes Président de la Criirad1
 

« Tout le monde se renvoie la balle »
 

1 Il y a environ 3 000 tonnes d’aliments irradiés en France, et pourtant, il est bien rare d’en voir dans les rayons, comment cela se fait-il ?


Roland Desbordes. Cela représente un tonnage relativement faible, sans doute inférieur à 1 % de ce qu’on pourrait légalement irradier. C’est pourquoi il n’est pas facile de tomber dessus en faisant ses courses. Cependant, si on cible certains aliments, comme les « cuisses de grenouilles » ou « les crevettes grises » congelées, élevées en Chine ou au Vietnam par exemple, cela devient plus fréquent.


Dernièrement, nous avons pu repérer la mention « Pasteurisation à froid » sur certains jus de fruits vendus à la terrasse des cafés. Cette appellation (autorisée aux Etats-Unis) désigne clairement le traitement par « rayonnements ionisants » mais elle est illégale en France... Il s’agit visiblement d’une traduction de l’étiquette par des intermédiaires peu au courant de la législation. Le consommateur aurait dû lire « traité par rayonnements ionisants ». Nous avons alerté la DGCCRF (la répression des fraudes) à ce sujet, lors d’un entretien que nous avons eu avec eux début janvier. Cela n’avait même pas attiré leur attention et ils ont été totalement désarmés par notre interrogation !


2 La commercialisation des aliments irradiés peut-elle être en hausse à notre insu ?


Il est improbable, à mon avis, que la commercialisation d’aliments irradiés ait pu être multipliée par 10, 20 ou 50 ces dix dernières années. Pour une simple et bonne raison : l’irradiation coûte cher, et même de plus en plus cher, car les normes de sécurité sont importantes pour les centres de traitement qui sont, en fait, des installations nucléaires de base. Gérer une telle installation a un coût, qui se répercute sur le prix des aliments à irradier. Résultat, en Europe, le nombre de denrées ionisées semble plutôt en baisse.


En revanche, il n’est pas exclu de voir arriver dans les rayons ou sur les étals de plus en plus d’aliments irradiés, à cause du développement récent de l’irradiation en Chine, en Inde ou au Mexique. Étant donné la mondialisation des échanges, cela pourrait même aboutir à une forte augmentation des produits importés irradiés. L’avenir nous le dira.


Problème de taille, si nous sommes confronté au problème d’un afflux massif : il n’existe pas de méthode fiable pour savoir si un aliment a été irradié, quand et à quelle dose ? La fiabilité des analyses varie de 50 % à 90 %. Elles peuvent être très perturbées (et devenir totalement non fiable) si les produits ont subi d’autres traitements (chaleur, pression, produits chimiques...), ce qui est souvent le cas. De plus, une méthode ne marche pas pour tous les produits : entre une herbe et une cuisse de grenouille, on n’utilise pas les mêmes méthodes...


3 Quelles garanties pour le consommateur en cas d’afflux massif de produits irradiés étrangers ?


C’est un vrai problème. En Europe les installations sont tout de même aux normes, c’est-à-dire que les aliments n’en sortent pas contaminés. C’est déjà ça... Mais nous n’avons aucune garantie pour les installations étrangères chinoises par exemple. C’est d’ailleurs ce que rappelle un rapport de la commission européenne2 : aucune unité d’irradiation asiatique n’a reçu d’agrément européen. Selon ce rapport, « la Chine n’effectue pas de contrôle officiel des opérations d’irradiation ».


Sur ce point, on peut dire que l’Europe a identifié le problème et fait son travail, mais les contrôles, eux, incombent aux États. Or, qui va contrôler en France et avec quels moyens ? N’oublions pas que l’étiquetage « traités par rayonnements ionisants » n’oblige pas de mentionner le lieu et la date d’irradiation. Il est impossible de savoir où sont traités les aliments irradiés et en particulier si les installations sont aux normes sanitaires et environnementales.


Lorsqu’on évoque ces questions, tout le monde se renvoie la balle : la DGCCRF accuse les douanes, qui accusent les responsables européens, qui accusent le Codex Alimentarius. Finalement, on n’arrive jamais à savoir à quel niveau se situent les responsabilités... A l’heure actuelle, pour le consommateur, la seule manière de se prémunir des aliments irradiés est de consommer local. La traçabilité y est plus lisible et puis surtout, à ce niveau, l’irradiation n’est pas rentable...
 

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Une idée qui ne date pas d’hier

L’idée que l’on puisse irradier des aliments pour tuer des microorganismes pathogènes date de plus de cent ans.


Dès 1896, alors que Becquerel vient de découvrir la radioactivité, F. Minsch suggère cette possibilité. Bien avant le développement d’une industrie nucléaire (militaire ou civile) donc. En 1905, des brevet américains et britanniques relatifs à l’utilisation des rayonnements ionisants pour l’élimination des bactéries dans les aliments voient le jour.


En 1921, B Schwartz, chercheurs du ministère américain de l’agriculture (USDA) publie une étude sur les effets létaux des rayons X sur la Trichinella sporalis chez le porc. Un brevet américain est déposé pour la viande porcine. En 1943, l’armée américaine sponsorise une étude de faisabilité de l’irradiation alimentaire menée par le Massachusetts Institute of Technology, qui établit que le haché de bœuf peut être conservé par l’irradiation. En 1953, après les bombardements de Hiroshima et Nagsaki, le président américain Eisenhower lance le programme « Atoms for peace » (l’atome au service de la paix), avec pour objectif d’obtenir l’adhésion de la population à l’énergie nucléaire et ses différentes applications potentielles.


Cinquante ans de développement


En 1957, l’Allemagne autorise l’irradiation des épices (avant de la suspendre deux ans plus tard, interdisant même l’irradiation des aliments à cette occasion). En 1958, l’URSS est le premier pays à officiellement autoriser l’irradiation des pommes de terre pour en retarder la germination. En octobre 1961, des représentants de l’OMS, de l’AIEA (agence internationale de l’atome) et de la FAO (organisation de l’ONU pour l’agriculture et l’alimentation) sont alertés, lors d’une réunion à Bruxelles, par une recherche révélant des anomalies sanguines chez des rats nourris avec des aliments irradiés. C’est aussi l’année des premières constructions d’unités d’irradiation expérimentales aux États-Unis. En 1963, la FDA approuve néanmoins la demande de l’armée américaine d’irradier du bacon afin de le stériliser, puis autorise dans la foulée l’irradiation du blé, et des produits à base de blé. En 1964, la première unité d’irradiation pilote pour les fruits et légumes est créée en URSS.


Flottement dans les années 1970. En 1969, un comité mixte FAO/AIEA/OMS analyse les résultats des recherches menées avec du blé, des pommes de terre et des oignons irradiés. Il éprouve des difficultés à se prononcer et recommande une acceptation temporaire pour le blé en attendant de nouvelles études. En effet, les études menées sur les souris et leurs descendants nourris avec 50% de farine de froment irradiés à doses élevées (50 kGy) avaient relevé une fréquence accrue de tumeurs toutes du même type ainsi que certaines altérations chromosomiques. Le comité ne se prononce pas sur les pommes de terre et les oignons, les données étant jugées insuffisantes. 1979, plusieurs états américains interdisent l’irradiation des aliments.


Cadre réglementaire dans les années 80. Le comité mixte FAO/AIEA/OMS conclue en 1980 que «  L’irradiation de toute denrée alimentaire jusqu’à la dose globale de 10 kGy ne présente aucun risque d’ordre toxicologique. Par conséquent, l’examen toxicologique des aliments irradiés ainsi traités n’est plus nécessaire ». Cette position sera à nouveau confirmée en 1999. En 1983 : les règles pour l’irradiation des aliments sont définie à l’échelle internationale par la Commission du Codex Alimentarius. Dans le milieu des années 80, la France autorise un nombre élevé de substances susceptibles d’être irradiés (oignons, échalotes, aulx, volaille, légumes déshydratés, gomme arabique, flocons et germes de céréales). Elle autorise l’appellation « traités par rayonnements ionisants » en plus de la règle édictée en 1970 qui veut que l’étiquetage porte la mention « irradié » ou « traité par irradiation » (cette appellation sera même supprimée en 1991). En 1986, la FDA autorise l’irradiation des fruits et légumes frais, ainsi que des céréales.


Années 90 : la voie est libre... En octobre 1989, bien que le parlement européen adopte un texte de loi qui interdit l’irradiation des denrées alimentaires dans tous les États membres de la Communauté, il ne sera finalement pas appliqué du fait de la création du grand marché européen. La seule dérogation admise concernant les épices, aromates et herbes aromatiques sera donc immédiatement court-circuitée. Il faudra attendre 1997 pour que le Conseil européen adopte une position commune qui permet aux États membres de conserver leur liste d’autorisation d’irradiation, même si elle est plus large que celle autorisée en Europe.


mais les interrogations subsistent. En 1995, un rapport de l’OMS évoque pour la première fois le problème des produits de radiolyse « uniques », les 2-alkylcyclobutanone (2-ACB), qui n’existent que dans les aliments irradiés. 2001 : pour garantir un étiquetage correct ou détecter des produits « non autorisés », le Comité européen de normalisation (CEN) valide une série de méthode déterminant si une denrée alimentaire a été irradié. L’année suivante, la recherche des 2-ACB est même validée par le CEN comme une des méthodes pour la détection des denrées alimentaires irradiées. 2002 : la revue médicale indépendante Prescrire pointe que « plusieurs questions comme celles posées par la nocivité éventuelle des produits de radiolyse, la radiorésistance de certains microorganismes et la dégradation des plusieurs vitamines sont toujours étudiée » et que « des inconnues subsistent sur les effets à long terme d’une consommation à grande échelle d’aliments irradiés ».

Source : Aliments irradiés : atome, malbouffe et mondialisation, Ed. Golias (2008).
 

1Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité. www.criirad.org

2 « Extrait d’un rapport d’une mission de l’office alimentaire et vétérinaire effectuée en Chine du 24 février 2009 au 2 mars 2009 afin d’évaluer les unités d’irradiation des denrées alimentaires » sous l’égide de la Commission européenne. http://ec.europa.eu/food/fvo/act_ge...

Voir aussi « Décision de la commission du 7 octobre 2004 modifiant la décision 2002/840/CE portant adoption de la liste des unités agréées dans les pays tiers pour l’irradiation des denrées alimentaires ».

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Des centaines d’OGM issus de l’irradiation dans nos assiettes...

On recense déjà 3 000 variétés génétiquement mutées par... irradiation, issues de 170 espèces.


Les médias se focalisent beaucoup sur les OGM qui suscitent la controverse (comme le montre la récente polémique sur une variété de pomme de terre autorisée en l’Europe). Ce que le consommateur sait moins, c’est qu’il consomme déjà des milliers de variétés génétiquement modifiées par... irradiation !


Ces variétés, très nombreuses, n’ont jamais eu besoin d’autorisation de mise sur le marché ni d’évaluations d’impacts sur la santé et l’environnement. Il n’y a pas non plus pour elle la moindre obligation d’étiquetage mentionnant leur origine.


Ces plantes génétiquement modifiées issus des techniques de modification non naturelle du génome autres que la transgénèse (manipulation de gènes de plusieurs espèces) sont simplement exclues du champ d’application de la directive 2001/18, qui réglemente la culture des OGM en plein champ. Des discussions sont néanmoins aujourd’hui ouvertes au niveau européen pour faire revoir cette exclusion des variétés issues de la mutagenèse artificielle, hors du cadre législatif propre aux OGM.


On sait que l’irradiation peut provoquer des mutations génétiques : c’est une aubaine pour la recherche agronomique qui exploite ce filon depuis une cinquantaine d’année. Elle arrive à créer de nouvelles variétés obtenue par le biais d’une mutagenèse aléatoire (sans franchissement de la barrière des espèces), et non par transgenèse (comme c’est le cas pour les OGM de type Mon 810 qui défrayent la chronique). Ces nouvelles variétés sont issues de mutations forcées dont seules les plus prometteuses ont été sélectionnées. Or dans tous les cas, il s’agit bien d’organismes génétiquement modifiés. Et leurs effets sur la santé sont loin d’être correctement évalués.


"Nous consommons déjà à notre insu du blé et des légumes mutés", rappelle ainsi Guy Kastler, coordinateur du Réseau semences paysannes. Mais ce n’est pas tout. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) donne elles-mêmes de nombreux exemple : « En Italie, les pâtes sont faites à partir de variétés mutantes de blé dur et contribuent à hauteur de dizaines de millions de dollars par an aux revenus des agriculteurs ». «  La variété de pamplemousse Rio Star représente 75% de la production de ce fruit aux Etats-Unis »...


Inutile de se rebeller, semble nous dire l’agence de l’atome, car nous sommes déjà devant le fait accompli. Toutes les variétés y passent ou sont en train d’y passer : sésame, pois chiche, banane, orge, riz, poire, noix de cajou, etc1 ! Ainsi, la totalité des espèces naturelles peuvent être « mutées » artificiellement et mises sous propriété intellectuelle du semencier (ce qui interdit, de fait, tout échange ou revente de semences par les agriculteurs). Tout cela au nom d’une philanthropie qui, si elle est invoquée dans les communiqués de presse de l’AIEA, reste à établir dans les faits.


« Ainsi, comme le rappelle le site Combat-Monsanto2, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) appelait-elle pompeusement en novembre dernier (2008, ndlr) ’’ au réveil des technologies de sélection pour aider à endiguer la faim dans le monde ’’, offrant ses services pour aider à ’’ dévoiler le potentiel caché des plantes ’’. On l’ignore généralement, mais l’AIEA collabore depuis 1964 avec l’agence onusienne de l’agriculture et de l’alimentation (FAO), et recense déjà 3 000 variétés mutées par irradiation, issues de 170 espèces3. Dédouanement des pronucléaires : ’’ Nous ne faisons qu’accélérer considérablement le processus des mutations naturelles spontanées ’’ ». C’est vite dit, et cette affirmation à l’emporte pièce, sur laquelle repose la bonne conscience de la recherche agronomique actuelle, est loin d’être démontrée.

 

1D’autres nombreux exemples dans le communiqué de l’AIEA du 2 décembre 2008, « La science nucléaire au service de la sécurité alimentaire ». www.iaea.org/NewsCenter/Pres...

2Combat-Monsanto.org ; « Tournesols mutés, OGM cachés ! » d’après Politis, 21 mai 2009, par Patrick Piro. Lire aussi « La mutagenèse c’est quoi ? » d’après Guy KASTLER, Semons la biodiversité, septembre 2009.

3« Les scientifiques de l’AIEA utilisent les rayonnements pour produire des plantes améliorées à rendement élevé qui soient capables de s’adapter à des conditions climatiques difficiles comme la sécheresse ou les inondations, ou de résister à certaines maladies et insectes ravageurs. L’induction de mutations, c’est le nom de la technique, est sûre, éprouvée et rentable. Elle est utilisée depuis les années 20 », communiqué de l’AIEA du 2 décembre 2008.

 

source de cet article http://www.agoravox.fr/


Image: http://www.actionconsommation.org

 

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Voir le dossier CRIIRAD sur l'Irradiation des aliments 

 

Url de cet article:http://www.internationalnews.fr/article-le-plus-en-plus-d-aliments-irradies-a-notre-insu--53690587.html

 

 


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