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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 00:13

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Le monde selon Picsou

septembre 18th, 2010

  
Les TGE (très grandes entreprises) européennes et américaines sont aujourd’hui confrontées à un grave problème : leurs liquidités sont trop importantes et elles ne savent pas comment les employer.
  
Pour reprendre la formule du quotidien altermondialiste Les Échos en date du 14 septembre, « les sociétés américaines sont assises sur des montagnes de cash ». Combien ? 843 milliards de dollars, selon la dernière estimation de Standard & Poors. 843 milliards placés en banque, bien au chaud dans un bas de laine. À titre de comparaison, ce montant représente un peu plus de deux fois le budget de la France, ou 2 600 Airbus A380 (le plus gros avion commercial du monde), ou 250 centrales nucléaires qui pourraient être payées comptant, comme le pain chez le boulanger.
  
  
Le « casse du siècle »
  
Nous avons eu souvent l’occasion, dans plusieurs billets (voir notamment À la Une et 2010 : le temps des perspectives) de souligner l’écart grandissant entre la fortune des TGE d’une part, l’endettement croissant des États et l’appauvrissement de l’immense majorité des salariés, notamment occidentaux, d’autre part.
  
Que nos lecteurs réguliers nous pardonnent de revenir une nouvelle fois sur ce sujet mais c’est un élément-clef pour comprendre l’évolution de notre société : d’un système politico-économique « républicain » où l’étude puis le travail permettaient progression sociale et amélioration du niveau de vie, nous sommes passés à un système politico-économique « capitaliste » où seule la détention d’un capital (en général hérité) permet de maintenir sa position sociale et son train de vie.
  
Cette « contre-révolution » s’est effectuée à notre insu et sa réalité nous a été et nous est encore constamment dissimulée ou travestie. Il s’agit cependant d’un gigantesque hold-up, d’un « casse du siècle » aux montants faramineux, où nous tenons le rôle de « caves ».
  
  
Que faire du pognon ?
  
Comment va s’employer tout cet argent ? En premier lieu, augmenter le montant des dividendes versés : « le rendement des dividendes dépasse celui des obligations d’entreprises », « les analystes attendent une progression à deux chiffres des dividendes l’an prochain ». Ceux-ci devraient atteindre 228 milliards d’euros en 2011 pour les entreprises du Stoxx 600 (600 sociétés européennes, pas forcément les plus importantes).
  
En d’autres termes, avoir de l’argent n’a jamais rapporté autant d’argent. Le phénomène des vases communicants fonctionne à plein : alors que les revenus du travail stagnent ou régressent, ceux du capital s’accroissent un peu plus chaque année.
  
En second lieu, compte tenu de la masse de liquidités disponibles, on peut d’ores et déjà prévoir la formation de bulles spéculatives dans divers secteurs : immobilier, actions, matières premières, crédits carbone… ou devises.
  
Conscientes de la faiblesse structurelle du dollar, les sociétés américaines (mais aussi les européennes et les asiatiques) pourraient décider de convertir massivement leurs « montagnes de cash », détenues aujourd’hui essentiellement en dollars, soit dans d’autres devises, soit en achats d’entreprises et investissements hors du territoire des États-Unis, précipitant un scénario du type Le jour où le dollar s’effondrera que nous avons envisagé dès mars 2009.
  
  
Picsou au pouvoir
  
Quel que soit le type de bulle qui gonflera puis éclatera, une donnée restera constante : comme lors de la « crise financière » de 2009, ce sera aux États – donc en définitive à nous, les citoyens – de payer les pots cassés et de réparer les dégâts de ce que l’on appellera pudiquement un « tsunami » ou une « panique » sur le blé, l’acier ou le dollar, en fait un nouvel épisode de spéculation à l’échelle mondiale.
  
La « crise » de 2009 n’était probablement que le premier volet d’une série de soubresauts qui, d’ici quelques années ou dizaines d’années tout au plus, auront totalement transféré le pouvoir (le pouvoir réel en tout cas, les fantoches politiques pouvant continuer leur numéro de commedia dell’arte pour distraire le public) à quelques TGE ou groupes de TGE. Comme les princes du Moyen-Âge, elles choisiront alors de s’opposer ou de s’allier, au gré des circonstances, du profit envisagé ou de l’ego de leurs dirigeants.
  
Fantasme ou délire paranoïaque de World Company ou de Big Brother ? Sans doute pas sous la forme imaginée par Orwell mais une chose est certaine : le nom de nos futurs maîtres est déjà listé à la bourse de New-York ou de Shanghai.
  
  
Lundi
© La Lettre du Lundi 2010

 

http://lalettredulundi.fr/2010/09/18/le-monde-selon-picsou/

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