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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 05:12

Derrière l’affaire Lagarde, une nouvelle affaire… Sarkozy

POLITIQUE. Une enquête a été ouverte à l'encontre de la directrice générale du FMI pour "complicité de faux" et "complicité de détournement de biens publics" dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais. Et si le président était lui aussi impliqué dans cette affaire ?


Sélectionné et édité par Amandine Schmitt

Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes

Depuis que la Commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR) a décidé jeudi 4 août d'ouvrir sur elle une enquête pour "complicité de faux et de détournement de fonds publics", il y a une affaire Lagarde. Mais derrière, il y a une nouvelle affaire Sarkozy qui vient s'ajouter aux précédentes.

 
Christine Lagarde / New York le 26 juillet 2011 / Richard Drew/AP/SIPA

 

 Christine Lagarde, le 26 juillet 2011 à New York (Sipa).

 

Lagarde : "Est-ce que vous croyez que j'ai une tête à être copine avec Bernard Tapie ?"

 

La meilleure défense de Christine Lagarde, dans l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais c'est cette phrase prononcée un jour de juillet 2008 : "Est-ce que vous croyez que j'ai une tête à être copine avec Bernard Tapie ?". Sur ce point, elle avait évidemment raison. La grande bourgeoise Lagarde avec "Nanard", l'affairiste multicartes, ce serait le mariage de la carpe et du lapin.

Mais elle ajoutait : "Est-ce que vous pensez que j'ai reçu des instructions pour le protéger ?". Et là, la réponse est moins assurée. Tapie a utilisé tous les pouvoirs successifs et a été utilisé par eux, de Mitterrand à Sarkozy. Deux journalistes, Denis Demonpion du Point et Laurent Léger ont écrit un livre instructif sur les rapports de l'actuel président et de l'ancien patron d'Adidas, Tapie-Sarkozy, les clefs d'un scandale (Pygmalion), qui montre que Sarkozy n'est pas totalement étranger à sa bonne fortune et que dans cette affaire, si la procédure aboutit, Lagarde risque de prendre pour Sarkozy, comme autrefois Roussin et Juppé ont pris pour Chirac. Car les deux hommes se connaissent depuis très longtemps et Sarkozy, lui, a vraiment une tête à être copain avec Tapie : même volontarisme, même rentre-dedans, même attirance pour ce qui brille.


Claude Guéant : "une médiation entre les parties plutôt qu'une bataille judiciaire".

 

Très vite, Tapie frappe à la porte de Bercy, occupé par Sarkozy. Claude Guéant confirme : "J'ai eu l'occasion de rencontrer Bernard Tapie. Le ministre de l'Économie de l'époque n'a jamais caché qu'il lui semblait judicieux d'engager une médiation entre les parties plutôt que de laisser se poursuivre une bataille judiciaire dont nous avions tout lieu de penser qu'elle serait sans doute plus coûteuse pour l'Etat." Car une note du procureur général de Paris, assurait que dans le conflit entre le Crédit Lyonnais, représenté par le CDR, Tapie avait "de bonnes chances de perdre ce procès". L'affaire, à ce moment là, n'aboutit pas. Arrive la présidentielle. Tapie appelle à voter pour le candidat Sarkozy. Il rêve de jouer un rôle dans ce nouveau dispositif. Entre les deux tours, il jubile, "donnant le sentiment que ses affaires iront mieux grâce à Nicolas Sarkozy". Il l'entend même dire à propos du candidat arrivé en tête : "C'est un peu mon meilleur ami".

 
Bernard Tapie / Salon des entrepreneurs 4 février 2010 / MEIGNEUX/SIPA
Bernard Tapie au Salon des entrepreneurs, le 4 février 2010 (Sipa).


"Le président assume sa relation avec Bernard Tapie"

 

Alors que l'affaire continue de traîner, Tapie rend des visites régulières à l'Elysée. Avec, cette fois, un résultat. Christine Lagarde, plutôt que de faire confiance à la justice de son pays, décide d'une autre procédure : le recours à un tribunal arbitral, une juridiction privée, chargée de trancher les litiges commerciaux par la recherche d'un compromis entre les parties. Ce tribunal a finalement condamné la structure publique gérant le passif du Crédit Lyonnais, à verser à Tapie 285 millions d'euros d'indemnités, soit 400 millions d'euros avec les intérêts. Interrogé par les auteurs du livre déjà cité, après ce fameux arbitrage, pour savoir si c'est Nicolas Sarkozy qui avait pris la décision, un "influent collaborateur" du chef de l'État a répondu : "J'imagine. Le président assume sa relation avec Bernard Tapie".

 

45.000 euros pour une victime du cancer de l'amiante et 45 millions d'euros pour Tapie. Mille fois plus.

 

Or, en plus des 285 millions d'euros, ces arbitres lui accordent 45 millions au titre de "préjudice moral" ! Hommage de la vertu au vice ? La meilleure analyse de cette bizarrerie, on la doit à François Bayrou : "On donne 45 millions d'euros à Tapie pour préjudice moral ; et il suffit de regarder le pedigree de Tapie, comme on dit pour les chevaux, pour avoir une idée de ce que 'moral' en l'occurrence signifie. (...). J'ai regardé ce qu'on donne pour une victime du cancer de l'amiante (...) On donne 45.000 euros. La mort à son conjoint. Et pour Tapie, on donne 45 millions d'euros. Mille fois plus. Est-ce que ça ne vous donne pas envie de casser cette espèce d'injustice perpétuelle dans laquelle on vit."

 

"C'est une question d'éthique personnelle. Un ministre de la République doit être au-dessus de tout soupçon." (Alain Juppé)

 

Si elle est traduite, dans plusieurs années, devant la Cour de Justice de la République, elle risque, pour "complicité de faux" et "complicité de détournement de biens publics", dix ans de prison et 150.000 euros d'amende. En bon petit soldat, elle a laissé faire, faisant même du zèle puisqu'elle donné des instructions écrites, après que la sentence a été rendue, pour qu'aucun recours ne soit introduit contre cette décision de juridiction privée, alors même que plusieurs conseils consultés par l'Etat recommandaient vivement un tel recours contre cette sentence.

Dans la première phase, elle aurait du, pour le moins, récuser un arbitre ayant déjà travaillé avec un des avocats de Tapie. On comprend mieux sa candidature-surprise au FMI : c'est pour fuir ce scandale, pour s'éloigner de Paris qu'elle a fait acte de candidature au FMI, pensant que, intronisée directrice générale du FMI, elle serait alors hors de portée de la justice française. Qui, à propos de Georges Tron, avait dit : "C'est une question d'éthique personnelle. Un ministre de la République doit être au-dessus de tout soupçon." ? Alain Juppé.

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/179614;derriere-l-affaire-lagarde-une-nouvelle-affaire-sarkozy.html

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Et pour les plus pauvres,

pour la France d' En-Bas,

 

Bertrand annonce la création d'un fichier des allocataires sociaux

Publié le 08-08-11 à 07:50    Modifié à 07:53     par Le Nouvel Observateur avec AFP     56 réactions

Le ministre du Travail répond ainsi à une proposition de son collègue Thierry Mariani, fondateur de "La Droite populaire", pour "renforcer la lutte contre les fraudes sociales."

http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/politique/20110808.OBS8246/bertrand-annonce-la-creation-d-un-fichier-des-allocataires-sociaux.html

 

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