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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 00:43

Changer le monde

Au programme du Yéti (1), revenu minimum et partage des profits

http://blogs.rue89.com/yeti-voyageur/2009/03/23/au-programme-du-yeti-1-revenu-minimum-et-partage-des-profits-94748

 


Le Yéti
yetiblog.org
Images : http://www.famidac.fr/article3163.html
Publié le 23/03/2009 à 15h05

Rien n’y fait ! Face à une situation de plus en plus catastrophique, les tenants du système néolibéral continuent de ressasser à l’envie leur vieilles lunes désormais périmées. Et, par l’indigence de leurs propositions, voire leur absence totale de projet, « les oppositions » montrent qu’elles sont plus enclines à s’opposer à un ancien monde défait qu’à en proposer un nouveau.

Mais baste, la chienlit dans laquelle nous sommes irrémédiablement plongés permet toutes les audaces ! Dans ces conditions, pourquoi ne pas mettre soi-même la main à la pâte ? Voici donc le programme du Yéti avec un premier volet de choix : le partage des revenus et du travail.

La révision de l’échelle des revenus

Il est évident qu’une des mesures les plus urgentes à exiger est la révision drastique de l’échelle des revenus (salaires, mais aussi revenus non salariaux). Pourquoi ne pas se calquer sur les proportions adoptées en 1942 par le président Roosevelt dans des circonstances quasi similaires, et évoquées tout récemment par le président Obama : une échelle de 1 à 20 ou de 1 à 25. Elle est actuellement de 1 à 300 et même beaucoup plus !

Certains diront que le rapport de 1 à 20 est encore énorme. Mais prenons en considération deux facteurs incontournables : le facteur humain et le facteur moral.

Le premier facteur prend en compte la nature humaine et lie le sort des hauts revenus à celui des revenus du bas de l’échelle pour limiter les appétits des dominants. Vous voulez un revenu maximum plus élevé ? Compte-tenu de l’échelle adoptée (1 à 20 ou 25), vous devez augmenter les revenus d’en bas.

Le rapport jusqu’à 20 ou 25, pour exorbitant qu’il paraisse à certains, sert juste à calmer la voracité des goulus, un os pour les amuser, pendant qu’on s’occupe du second facteur. Le but d’une bonne politique économique et sociale n’est pas de vouloir changer la nature humaine, mais d’en réguler les excès.

Le second facteur, moral, impose qu’on prenne le revenu minimum garanti comme base de calcul. Le revenu minimum garanti du travail (actuel Smic pour les salaires) devrait être lui-même basé sur un revenu vital décent.

Le revenu vital décent (minimum versé à chaque citoyen majeur pour lui permettre de vivre décemment, qu’il travaille ou non) repose sur le calcul de trois critères : il doit permettre à chaque citoyen, travaillant ou non...

  • de pouvoir se loger (calcul de cette part en fonction des loyers basiques du moment)
  • de se nourrir et de s’entretenir correctement (calcul de cette part en fonction d’un panier mensuel de produits alimentaires et d’entretiens basiques)
  • de s’offrir un minimum de confort et de loisirs (suggestion pour le calcul de cette part : part confort = part loyer + part entretien divisée par deux). A titre d’exemple, un minimum vital décent pourrait aujourd’hui se situer aux alentours de 1 000 à 1 200 euros net (3 parts à 400 euros)

Le revenu minimum garanti du travail (salaires, mais aussi revenus non salariaux, car il y a quantité de travailleurs indépendants qui perçoivent aujourd’hui moins que le SMIC) peut alors se déterminer de la façon suivante :

revenu minimum du travail = revenu vital décent + part de rétribution minimum de l’effort-travail.

Cette dernière part serait évidemment à négocier entre les différents partenaires sociaux. Gageons que la contrainte de l’échelle des revenus favoriserait la bonne tenue de ces négociations.

Le partage équitable des profits de l’entreprise privée

La seconde tâche à laquelle s’atteler est le partage équitable des profits de l’entreprise privée.

Pourquoi ne pas reprendre à la lettre les suggestions de notre président ? Un tiers pour le travail, un tiers pour les dividendes, un tiers pour l’investissement. Bien évidemment, il s’agit d’une proportion de base susceptible d’évoluer en fonction de la conjoncture spécifique à chaque entreprise et à chaque époque (je pense notamment à l’investissement).

Mais il y a une garantie indispensable à apporter à tous les acteurs économiques : la part du profit réservé au travail (primes, participation...) doit être strictement égale à celle réservée aux actionnaires.

Enfin la répartition des primes au sein des différentes catégories de personnel devrait respecter les proportions établies par l’échelle des revenus. Le plus haut revenu global (salaire + part du profit) ne doit pas excéder de 20 ou de 25 fois le revenu global le plus bas.

Le traitement des dépassements

Nul n’étant parfait, il faut prévoir le cas où le seuil maximum fixé pour les revenus serait franchi par quelques inévitables malins ; ou dans des professions spécifiques limitées dans le temps (sportifs professionnels, danseurs...), cycliques (artistes, écrivains...) ou encore à risques (entrepreneurs indépendants).

Ceux-là comme les autres seront assujettis à la nouvelle échelle des revenus.

En cas de dépassement du seuil maximum des revenus une année donnée, l’excédent perçu serait immobilisé sur un compte spécial géré par la banque d’État (cf. volet 2 de ce programme). Avec possibilité les années suivantes, de compenser les manques éventuelles jusqu’à concurrence, bien évidemment, du montant maximum de l’année en cours.

Un seuil maximum de ces dépassements pourraient être lui aussi fixé, notamment concernant les droits de successions.

La question éventuelle d’une fuite à l’étranger de hauts revenus sera traitée dans un volet à venir sur la « politique étrangère ».

Le gendarme fiscal

Dans maints succédanés de programmes d’opposition, le fisc est souvent considéré comme le seul moyen de corriger les inégalités de répartition des revenus. Mais en intervenant après la réalisation de ces fossés inégalitaires, placé devant une sorte de fait accompli, il entérine de fait l’existence de ces inégalités.

Dans notre nouveau système, le fisc n’intervient qu’en ultime recours, après la barrière des mesures citées ci-dessus.

Les principaux domaines d’actions du fisc se situeront alors sur le patrimoine accumulé, sur les droits de succession, qui devront accompagner un transfert, certainement pas contribuer à creuser les inégalités de génération en génération.


A suivre : la « moralisation » du système financier

.

Annuler les dettes illégitimes, créer une société post-extractiviste

Le Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde vient d'écrire ce texte important, et qui résume bien la situation. Merci à Jocelyne, de Cap 2012, de m'avoir fait découvrir ce document.

Annuler les dettes illégitimes, créer une société post-extractiviste

28 avril par Nicolas Sersiron

L’organisation du monde repose sur quatre piliers : l’extractivisme, le productivisme, le consumérisme et les profits. Une sorte de plateforme est posée à leur sommet à la manière de celles qui servent à extraire le pétrole, l’énergie principale de ce système. Ni en pleine mer ni sur la terre, les piliers sont maintenant tellement hauts que la plateforme est au-delà des nuages. Là, une très petite partie de la population - que certains nomment oligarchie – vit comme dans un paradis (fiscal), totalement déconnectée des problèmes quotidiens de la majorité des habitants et des questions écologiques. Bien sûr, ce monde organisé par et pour ces gens vivant au-dessus, produit des déchets, des pollutions et du réchauffement. C’est le cinquième pilier, « l’alien », celui que l’on ne veut pas voir, celui des externalités négatives.
L’extractivisme est le plus imposant, celui sans lequel les autres n’auraient pu être érigés, ni la plateforme montée si haut. Il est constitué par le pillage des matières premières fossiles, minérales, agricoles, sylvicoles et halieutiques : l’appropriation, par quelques uns, des 4 éléments que sont l’air, l’eau, la terre et le feu (pétrole, uranium, charbon), des biens communs appartenant à tous. Il a été construit avec le pillage de la force de travail des esclaves et des peuples colonisés de l’ancien temps comme celui des employés et des petits producteurs d’aujourd’hui qui n’ont pas les moyens de nourrir, éduquer et soigner leur famille. A l’image de ces ouvrièr(e)s de Foxconn qui fabriquent les i phone, i pod, etc. en Chine. Ou, pire encore, celles du textile au Bangladesh qui travaillent - pour Zara et bien d’autres marques connues - plus de 200 heures, pour 30 ou 40 euros par mois. Des femmes, voire des enfants de moins de 15 ans, qui périssent trop fréquemment dans l’écroulement de leur usine mal construite ou dans l’incendie de ces ateliers dont les portes sont cadenassées afin de les contraindre à travailler devant leur machine , tard le soir.
Privatiser les ressources naturelles, sous payer le travail, et surtout ne jamais porter la responsabilité des pollutions et des désastres environnementaux, impliquait de trouver une solution de remplacement après la fin de l’esclavage puis la décolonisation de l’après dernière guerre. Alors l’endettement des pays et la corruption de leurs élites dirigeantes ont été soigneusement organisés par les gouvernements et les oligarchies du nord aidés par les institutions internationales à leurs soldes, Banque Mondiale, FMI, OMC pour assurer la continuité de l’extractivisme. La grande crise de la dette des années 80 a permis de parfaire le travail en imposant le libre échange à tous : une vraie concurrence faussée. Aujourd’hui les pays les plus riches en ressources naturelles ont les populations les plus pauvres. La malédiction des matières premières s’est abattue sur le Congo RDC avec une telle violence que selon le NY Times c’est près de 7 millions de congolais(es) qui sont morts assassinés depuis 15 ans dans l’est du pays, là où les sous sols sont les plus riches du monde, là où l’IDH (indice de développement humain) est un des plus bas au monde. Les PED (pays en développement) ont été envahis et conquis par les transnationales extractivistes. Elles laissent si peu de miettes que le remboursement de la dette publique, cet outil de l’asservissement des peuples, n’en finit jamais.
Au nord, l’extraction, par les actionnaires des plus values produites par les salariés, avait déjà fortement augmenté depuis la contre révolution conservatrice entamée dans les années 80. Mais la grande crise de la dette privée qui a débuté en 2007 avec les prêts « subprimes », conséquence de l’appauvrissement des salariés, a permis de renforcer encore ce processus. Pour sauver les banques privées, obèses et malades de leurs créances toxiques, les états les ont transformées en dettes à rembourser par les contribuables. La majorité des états associés en Europe à la BCE et au FMI, ont imposé ce transfert. Traduction, baisse des salaires et des retraites, détérioration et privatisation accélérée des services publiques, hausse de la TVA, baisse des impôts des plus riches, maintien des paradis fiscaux, augmentation de la dette publique sont quelques aspects de la croissance de l’extractivisme au nord au profit de l’oligarchie protégée par l’opacité des nuages qu’elle fabrique. Cela contre l’avis de grands penseurs de l’économie comme Paul Krugmann ou Joseph Stiglitz qui connaissent la spirale récessive que ces décisions créent.
Faire tomber la plateforme, un rêve ! Voyons plutôt comment nous, les 99%, pourrions déconstruire les piliers. D’un côté les ressources naturelles sont de plus en plus limitées, on commence à voir le fond de la corne d’abondance. De l’autre, l’emploi sera de plus en plus rare sous l’effet des gains de productivité issus de la techno-science et aussi des délocalisations. La fabrication de multitudes d’objets à la durée de vie de plus en plus courte, et surtout de plus en plus inutiles, est une mauvaise réponse pour l’emploi comme pour la planète. Car si l’extractivisme est le premier pilier, il est aussi le plus fragile. Il repose sur les monopoles et la centralisation du pouvoir qui sont en opposition aux principes démocratiques. Or le productivisme et les profits dépendent de nous, de notre consommation ! Alors ne faut-il pas imaginer une société post-extractiviste sans pilier ni plateforme ? Plus de temps à perdre !
En premier, il faut annuler la part illégitime des dettes du sud. Depuis 1985, en 25 ans, un transfert net au titre du remboursement de la dette publique de 700 Mds$ s’est produit, des populations pauvres du sud, en majorité à travers la TVA, vers les très grandes banques et les pays du nord. De même, il faut annuler les dettes illégitimes des états du nord qui opèrent le même type de transfert des 99%, vers les 1%, dont une bonne part de ceux qui les détiennent sont les grands actionnaires des banques. En France c’est près de 50 Mds euros par an qui sortent de la poche des contribuables pour enrichir le plus souvent de grands utilisateurs des paradis fiscaux.
Un mouvement très important pour des audits citoyens est en cours dans de nombreux pays européens : www.audit-citoyen.org. Comment accepter que des gouvernements dont les budgets sont volontairement en déficit chronique depuis plus de 20 ans, baissent chaque année les impôts des plus favorisés et des entreprises les plus profitables comme celles du CAC 40. Les « Merkosy » qui demandent à la population de se serrer la ceinture pour sauver les états endettés, en réalité les banques privées (voir la catastrophe Dexia) sont les complices de la grande hémorragie financière : l’escroquerie nommée dette. Roberto Lavagna, ex ministre des finances argentin en 2002, explique dans Libération du 22 fév. 2012, titré « On préfère sauver les banques que les gens », comment son pays, dans un état aussi catastrophique que la Grèce aujourd’hui, a été sauvé par la décision unilatérale de non remboursement de la dette et le décrochage de la parité peso-dollar. C’est ce que la Grèce fera, j’espère très vite, avant que les désastres ne soient irréparables, et surtout, que les banques du nord aient eu assez de temps pour se désengager, ce à quoi travaille le gouvernement non démocratique Papademos en complicité avec l’Europe du centre.
En second, nous savons que l’énergie à très bas prix - principalement le pétrole - est la base du développement de la société thermodynamique, capitaliste et centralisée qui privatise et marchandise tout. Or ce système est responsable du réchauffement, de la faim et des désastres environnementaux. Jérémie Rifkin, dans « La troisième révolution industrielle » (ed. Les liens qui libèrent) propose une sortie des énergies fossiles. « Grace à l’internet, l’énergie créée sera partagée de la même manière que l’information en ligne aujourd’hui. Quand des millions d’immeubles produiront localement une petite quantité d’énergie, ils pourront vendre au réseau leurs excédents et acheter ce qui leur manque grâce à ce partage coopératif et décentralisé. A long terme, l’énergie deviendra quasi gratuite et l’accès à ces services l’emportera sur la propriété pour devenir le moteur essentiel de l’économie. » Pour ne pas être coresponsable de cette catastrophe, nous devons dès maintenant résister au gâchis de l’énergie dans les transports, les bâtiments passoires et l’hyper consommation de biens matériels.
Pour finir, nous devons comprendre que c’est notre alimentation qui détermine le modèle agricole productiviste dans lequel 70% des terres, souvent à l’autre bout de la planète, sont consacrées à la production de protéines animales, car pour en produire une seule, il faut en moyenne 7-8 protéines végétales. Or, l’agro… industrie-chimie-distribution-spéculation, le plus puissant lobby du monde, est le premier responsable de la destruction de la biodiversité, des forêts, des eaux douces, et surtout de la pauvreté, de la faim et de la dégradation de la santé des peuples. Ainsi le combat pour remplacer les protéines animales par des protéines végétales dans notre alimentation permettrait de casser ce modèle alimentaire consuméro-productiviste responsable de 50% de tous les GES émis. En supprimant la pression sur les terres agricoles dédiées à l’élevage, tel le soja OGM d’Amérique, sur les grandes forêts tropicales, il ferait aussi disparaître la spéculation sur les denrées alimentaires et sur les gigantesques accaparements de terre, créateurs de misère en Afrique plus particulièrement.
La suppression du système dette, la relocalisation, l’agroécologie, la diminution de nos besoins alimentaires et matériels inutiles, la recherche d’autonomie coopérative, le partage et le retour à la gratuité des grands services publics sont des moyens de saper durablement l’assise des piliers en haut desquels dansent nos maîtres.

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