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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 01:06

Des terres rares pour tous ?

Marina Forti

Traduit par Fausto Giudice

 

 

Elles ont un nom qui intrigue : « terres rares ». Elles pourraient devenir l’objet de nouvelles guerres commerciales, et la question est si chaude qu’elle sera sur la table du G20 qui commence aujourd’hui Séoul, en Corée du Sud. C’est aussi parce qu’il y a quelques jour les 20 chefs d’État ont reçu une lettre signée par les plus grandes associations industrielles du monde – des producteurs d’automobiles à ceux d’électronique, des confédérations patronales européennes, japonaise et de 33 autres groupes de par le monde -, qui lancent un appel : elles demandent au G20 de faire du libre accès aux terres rares « une priorité maximale ».

Terres rares, c’est un beau nom, mais qu’est-ce que c’est ? C’est le nom collectif de 17 éléments chimiques énumérés dans le tableau périodique sous des noms suggestifs comme scandium,yttrium, les quinze lanthanides ; le premier à être découvert, en 1787, fut un minéral noir, l’ytterbium, ensuite rebaptisé gadolinium. Ils ont en commun certaines propriétés géochimiques : magnétisme, luminescence etc. En dépit de leur nom, ces éléments se trouvent dans la croûte terrestre en concentrations plutôt élevées. Mais leur définition comme terres rares vient du fait que, de par leurs propriétés géochimiques, ces éléments sont concentrés dans des gisements de minéraux et cela rend leur extraction difficile et coûteuse.

Il en existe des gisements au Brésil et en Inde, exploités jusqu’aux années 50 du XXème siècle, lorsque l’Afrique du Sud a pris la relève, pour être ensuite dépassée par la Californie, qui, entres les années 60 et 80, a été le premier producteur mondial. Aujourd’hui, toutes sont surpassées par la Chine, qui produit 97% des terres rares consommées dans le monde, la plus grande partie des gisements se trouvant en Mongolie intérieure.

Il faut ajouter que la demande n’a explosé que récemment, depuis que ces éléments ont trouvé des applications technologiques qui en ont fait une matière première recherchée : hautes technologies, supraconducteurs, matériaux luminescents utilisés dans des applications d’optique électronique, fibres optiques ou technologies liées à la défense (vision nocturne, certains radars). Et les applications multiples se multiplient : dans leur petite missive aux dirigeants du G20, les associations industrielles font remarquer que « les éléments terres rares sont essentiels pour les énergies propres, la locomotion, le raffinage du pétrole, les industries chimiques et électroniques d’aujourd’hui et de demain ».
Avec une demande en augmentation, et un seul pays – la Chine – qui contrôle la quasi-totalité de la production, il est évident qu’il s’agit d’une question commerciale et politique. Il suffit que l’unique producteur décide de contingenter l’extraction ou de limiter les exportations, comme il fait en effet, pour créer une pénurie sur les marchés.

La Chine détient aujourd’hui un tiers des réserves connues de terres rares commercialement exploitables, et si elle a le quasi-monopole de la production, c’est le signe qu’elle a eu la clairvoyance d’en « cultiver » l’extraction (on peut être certain que les entreprises minières du reste du monde sont aujourd’hui à la recherche désespérée de gisements alternatifs).

En 2008 la Chine avait extrait 120 000 tonnes de terres rares ; cette année elle a diminué la quantité extraite car – explique-t-elle – au rythme actuel, ses réserves s’épuiseraient en quelques décennies. En conséquence, cette année, les exportations ont diminué de 40% par rapport à 2009. Et cela a créé des problèmes inévitables d’approvisionnement des clients, les industries du monde entier (le Japon en a ressenti les effets le premier). Donc, les industriels unis s’adressent aujourd’hui au G20 et demandent des terres rares pour tous.
 
NdT : il faut préciser que le gouvernement chinois vient d’édicter, le jour même de l'ouverture du sommet du G20 à Séoul,  des nouvelles règles  pour "réguler de façon stricte les exportations de terres rares". Les entreprises du secteur devront notamment, pour avoir le droit d'exporter, obtenir la certification de qualité ISO 9000 et remplir les exigences antipollution locales et nationales. Et que si la Chine s’s'est réservée la quasi-exclusivité du commerce de ces ressources, c’est grâce à ses faibles coûts salariaux, qui ont rendu l'exploitation de ces matériaux « non rentable » partout ailleurs.

Source : Le Monde Diplomatique, Novembre 2010





Merci à Tlaxcala
Source: http://www.ilmanifesto.it/archivi/terra-terra/nocache/1/pezzo/4cdc2287da6a3/
Date de parution de l'article original: 11/11/2010
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=2400

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Published by Eva R-sistons - dans Le Futur
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