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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 21:41

Destruction massive par la faim ! Jean Ziegler se livre pour nous..

 

L’entretien avec Jean Ziegler, l’ancien rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, ne cède aucune place au doute : chaque enfant qui meurt de faim dans le monde est un enfant assassiné. Et il n’y a aucune fatalité à ce que le scandale de la sous alimentation continue à être le premier fléau de l’humanité.


 

1) Voilà des années que vous dénoncez les crimes de la faim, notamment dans vos deux derniers ouvrages. Quel est le principal apport de Destruction massive ? Est-ce une nouvelle urgence par rapport à la situation du monde ? 

Le massacre annuel de dizaines de millions d’être humains par la faim est le scandale de notre siècle. Toutes les cinq secondes, un enfant âgé de moins de dix ans meurt de faim, 37 000 personnes meurent de faim tous les jours et 1 milliard – sur les 7 milliards que nous sommes – sont mutilés par la sous-alimentation permanente Et cela sur une planète qui déborde de richesses !

Le même rapport sur l’insécurité alimentaire dans le monde de la FAO qui donne les chiffres des victimes dit que l’agriculture mondiale dans l’étape actuelle de ses forces de production pourrait nourrir normalement (2 200 calories/ individu adulte par jour) 12 milliards d’êtres humains, donc presque le double de l’humanité actuelle.

Au seuil de ce nouveau millénaire, il n’existe donc aucune fatalité, aucun manque objectif. Un enfant qui meurt de faim est assassiné.
Pendant huit ans, j’ai été rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Ce livre est le récit de mes combats, de mes échecs, des mes occasionnelles et fragiles victoires, de mes trahisons aussi.

Vous me posez la question de la « nouvelle urgence ».

Le lien entre dette souveraine en Europe et meurtre collectif par la faim de millions de personnes dans l’hémisphère sud est évident : les États européens ont dû verser des dizaines de milliards d’euros à leurs banquiers défaillants et ont biffé, par contre, leurs contributions au PAM.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) est en charge de l’aide alimentaire d’urgence. Il ne peut acheter suffisamment de nourriture. Le PAM a perdu la moitié de son budget annuel qui n’est, aujourd’hui, plus que de 3,2 milliards de dollars contre 6 milliards en 2008.


Dans les 5 pays de la Corne de l’Afrique – Érythrée, Éthiopie, Djibouti, Somalie, Kenya (du nord) – 12 millions d’êtres humains sont actuellement au bord de la destruction par la faim. Une sécheresse durable ravage la région.

Depuis avril 2011, des dizaines de milliers d’enfants, d’hommes et de femmes sont morts de faim. Les 17 camps d’accueil d’urgence ouverts par l’ONU doivent refuser chaque jour des centaines de familles affamées qui sortent le matin de la brume après, souvent, des jours et des nuits de marche.


 

2) Une poignée d’entreprises multinationales contrôlent le marché de l’alimentation. Comment en finir avec ce système qui affame des peuples entiers ?

 

Une dizaine de sociétés transcontinentales privées dominent presque complètement le marché alimentaire. Elles fixent les prix, contrôlent les stocks et condamnent les pauvres puisque seul ceux qui ont de l’argent ont accès à la nourriture. L’année dernière, par exemple, Cargill a contrôlé plus de 26 % de tout le blé commercialisé dans le monde.


Ensuite, ces trusts disposent d’organisations mercenaires : l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Ce sont les trois cavaliers de l’Apocalypse. S’ils reconnaissent que la faim est terrible, ils estiment que toute intervention dans le marché est un péché. À leurs yeux, réclamer, par exemple, une réforme agraire, un salaire minimum ou le subventionnement des aliments de base pour sauver des vies est une hérésie.


Selon les grands trusts qui, ensemble, contrôlent 85 % du marché alimentaire mondial, la faim ne sera vaincue qu’avec la libéralisation totale du marché et la privatisation de tous les secteurs publics.


Cette théorie néolibérale est meurtrière et obscurantiste. L’Union soviétique a implosé en 1991.

Jusque-là, un homme sur trois vivait sous un régime communiste et le mode de production capitaliste était limité régionalement. Mais en vingt ans, le capitalisme financier s’est répandu comme un feu de brousse à travers le monde. Il a engendré une instance unique de régulation : le marché mondial, la soi-disant main invisible.


 

Les États ont perdu de leur souveraineté et la pyramide des martyrs a augmenté. Si les néolibéraux avaient raison, la libéralisation et la privatisation auraient dû résorber la faim. Or, c’est le contraire qui s’est produit. La pyramide des martyrs ne cesse de grandir. Le meurtre collectif par la faim devient chaque jour plus effrayant.

L’ONU devrait soumettre à un contrôle social étroit les pieuvres transcontinentales du commerce agroalimentaire.

 

3) Y a-t-il des raisons d’espérer ? La crise ne révèle-t-elle pas une vraie capacité d’indignation citoyenne et de réaction face aux excès ultra libéraux ?

(…)

Pour lire la suite, cliquer ICI


Auteur : Yannick BOUCHER


Source : www.lavoixeco.com partagé avec Sauve-La-Terre

 

http://lesmoutonsenrages.fr/2012/01/15/destruction-massive-par-la-faim-jean-ziegler-se-livre-pour-nous/#comment-54321

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RAVAGES DU LIBRE-ÉCHANGE

AU BURKINA FASO,

ZOOM SUR LES COOPÉRATIVES

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 15 janvier 2012.


Pour accéder à la vidéo réalisée lors de l’université d’automne du M’PEP, cliquez ici :
http://www.m-pep.org/spip.php?article2435


Avec la révolution conservatrice, le libre-échange a envahi le monde. En Afrique de l’Ouest, la Chine achète des terres cultivables, la culture du coton est gangrénée par Monsento, l’artisanat local et le textile sont concurrencés notamment par des acteurs chinois. Ce qui fut considéré comme la bouée de sauvetage par des coopératives – le commerce équitable – est désormais atone. Car la plupart des structures de commerce équitable, implantées dans les pays occidentaux, font eux aussi « jouer la concurrence »... Des coopératives, au Burkina Faso, tentent de se réorganiser pour ne pas sombrer. C’est le cas de la CFAM (Coopérative de femmes en arts ménagers).

La CFAM a été créée en 1975 par madame Angèle Konaté qui recevait chez elle des femmes désireuses de promouvoir l’artisanat féminin au Burkina Faso. Après plusieurs années de fonctionnement dans un cadre informel, le groupe s’est constitué en coopérative en 1983 pour un meilleur encadrement de ses activités et pour une commercialisation plus efficace de ses produits. La coopérative compte aujourd’hui plus de 60 membres.

(…)

 

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Pour voir la suite, cliquez ici : http://www.m-pep.org/spip.php?article2435

L’intervenante est Angèle Konate-Mevi, initiatrice de la coopérative CFAM (1975).

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