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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 05:21

Deux types de stratégie pour tenter de sortir de la crise

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Nous sommes sans doute à la veille d'événements considérables...

 

La stratégie américaine

 

Les U-S ont opté pour un retour forcé à la situation économique prévalant avant la crise, c'est-à-dire pour une accélération de la consommation appuyée sur des taux d'intérêt pratiquement nuls et une injection de liquidité dans le système bancaire, (un nouveau plan de relance est à l'étude), ces deux éléments devant, dans leur esprit, inciter les consommateurs U-S à revenir à l'endettement "as usual".

Tous les économistes soulignent l'ampleur du risque que présente cette stratégie notamment en terme d'inflation.

 

Cette politique aurait des chances de réussite si elle pouvait effectivement susciter un dynamisme "consommateur" au sein de la population. Mais ce raisonnement est éronné.

 

J;K Galbraith a montré qu'il n'y a pas de relation directe entre les variations de taux d'intérêt et celle de la consommation, contrairement à une théorie convaincante, mais sans réalité rationnelle. Lorsqu'une entreprise emprunte, c'est parce qu'elle juge que l'argent emprunté va lui permettre de gagner de l'argent, et non parce que les taux d'intérêts sont bas. Il en est de même pour les particuliers.

 

Ce type d'erreur est courant en économie, la politique de "retour à la case départ" a donc toutes les chances d'échouer. D'ailleurs les dernières informations du terrain nous indique la proximité imminente de l'échec. (la vente de voiture neuve diminue sensiblement). Dans les derniers mois de 2007, les consommateurs dépensaient en moyenne 2,5% de plus que leur revenu. Dès 2008, ils ont commencé à épargner pour payer leurs dettes, totalement paniqués à la pensée de connaître le sort des acheteurs de maisons à subprimes : saisies et explusions.

 

Depuis un an, les consommateurs U-S se sont mis à épargner en moyenne 6 à 7% de leur revenu, bien que celui-ci se soit rétréci au fil des mois. Et pourtant les taux d'intérêt ne peuvent pas descendre davantage.

 

Cette politique d'abondance de liquidité ne va donc pas permettre aux E-U de sortir de la crise. Il va falloir trouver autre chose "on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif" c'est bien connu.

 

Parmi les indicateurs habituels tels l'emploi, la consommation, la construction immobilière et la balance commerciale des E-U un de ceux-ci ne semble pas retenir l'attention des économistes, il s'agit de la hausse des investissements. Au second trimestre 2010, l'investissement des entreprises dans les biens d'équipement a augmenté de 21,5% un record de 14 ans.Or la consommation est en baisse et la production stagne. Il est donc difficile de croire que les entreprises anticipent une augmentation future de leur production alors ?

 

Alors ces investissements ne peuvent se justifier que pour accroître, non la production, mais la productivité. Lorsque la consommation, et donc la production décroît, le marché voit ses dimensions se réduire et attise une concurrence qui s'applique notamment sur les prix. Et qui dit baisse de prix dit aussi baisse de coût, et baisse de frais de personnel, soit par une baisse des salaires soit par une baisse des effectifs.

 

Déjà les entreprises ont obtenu des sacrifices notable de la part de leur personnel, de sorte que ces investissements risquent de cacher une stratégie des entreprises dirigée vers la diminution encore plus importante de leurs effectifs dans les mois qui viennent, le temps de mettre en place les matériels acquis.

 

Nous allons sans doute assister à une nouvelle vague de licenciements d'ici la fin de l'année, suite à la mise en place d'une robotisation importante, et donc a la reprise de la progression du chômage. On pourra s'attendre à une nouvelle plongée de la consommation et un retour à la récession.

 

Nous sommes donc assez loin d'une reprise par la consommation.

 

La stratégie européenne.

 

Les européens testent une autre solution pour sortir de la crise. Les pays européens ont entrepris sagement de payer leurs dettes. Pour le moment ils réduisent drastiquement leurs dépenses budgétaires, derrière la Grèce, qui a bien failli trépasser sous une dette monstrueuse.

 

Suivant en cela la détermination allemande,mais fort loin des illusions cultivées de l'autre côté de l'atlantique, l'Europe choisit donc de mordre sa chique plutôt que de suivre une politique d'expansion monétaire qui la conduirait tout droit vers une situation monétaire analogue à celle de l'Allemagne de Weimar en 1933.

 

Cette politique entrainera beaucoup de sacrifice dans la population. Le revenu diminuant, la consommation diminuera également, car des restrictions de crédit interviendront. Il en résultera des pertes d'emplois dans les entreprises, s'ajoutant à la réduction des emplois de fonctionnaires.

 

Si cette situation n'est pas contrôlée avec rigueur, il est possible que la chute de l'économie européenne dans une dangereuse déflation, en réaction à la diminution du pouvoir d'achat des familles, pourrait se produire et perdurer longtemps. Si la population se résout à l'effort, tout devrait bien se passer. Si c'est le contraire, l'éclatement d'importantes crises sociales est vraissemblable dans certains pays.

 

Il est en effet à craindre qu'une telle conjoncture puisse dériver vers une sévère crise de l'emploi. Or, il faudrait à tout prix pouvoir sauvegarder ce dernier afin de préserver la possibilité de retrouver la croissance, après une période qui s'écoulera nécessairement avant qu'une situation financière plus saine puisse être rétablie.

 

Cet effort devant être soutenu par la plupart des pays composant l'U-E, il risque de déboucher sur des difficultés de cohésion des actions. Le renforcement des pouvoirs et de l'autorité du président de l'Union (Von Rompuy) ainsi que de la BCE devrait être envisagé.

 

Toutefois, la réaction négative de Londres, Paris et Berlin, à la proposition du Commissaire européen au Budget, (le polonais Janus Lewandowski), d'envisager la création d'un impot européen, fait craindre des difficultés sur point.

 

(Ce premier impôt européen s'appliquerait à l'ensemble de la communauté sous l'autorité de l'Assemblée européenne de Strasbourg, pour financer le budget de la Commission de Bruxelles).

 

Le rejet de ce projet par les trois principales capitales de l'Union s'explique par leur refus de transférer à l'U-E la moindre parcelle de la souveraineté des Etats composant l'Union. On est donc fort loin du consensus nécessaire pour sortir de la crise.

(Au moment de la crise grecque, on avait d'ailleurs déjà pu percevoir la mauvaise volonté de l'Union à pratiquer un politique de solidarité).

 

Le chacun pour soi va-t-il encore prévaloir?

On dirait qu'on est fort loin d'une véritable Europe, puissante et solidaire.

 

http://millesime.over-blog.com/article-deux-types-de-strategie-pour-tenter-de-sortir-de-la-crise-56373673.html

 

 

 

 


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Published by Eva R-sistons - dans La crise
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