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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 01:48

 

Edmond de Rothschild : «Nous aimons énormément investir sur le dollar américain, le dollar canadien et le peso mexicain»

Imen Hazgui

Publié le 16 Mars 2012



"L’accentuation du risque géopolitique serait également un élément favorable à la hausse du billet vert. «Pour beaucoup, l’attaque Israël contre l’Iran paraît de plus en plus probable. Celle-ci pourrait avoir lieu au printemps ou en été».

Pour jouer davantage le dollar américain, l’expert a également décidé de se positionner sur la devise émergente en dollar. «Ces pays émergents constituent la seule région du monde qui ne présente pas de problème de dette. Le trend de l’endettement est déclinant ou stable alors qu’il est explosif dans les pays développés»"

 

 

 

Edmond de Rothschild : «Nous aimons énormément investir sur le dollar américain, le dollar canadien et le peso mexicain»

(Easybourse.com) Pour Benjamin Melman, directeur du pôle performance absolue au sein d'Edmond de Rothschild Investment Managers, l'environnement actuel est propice à un investissement massif sur le dollar américain.

«Deux raisons majeures nous amènent à parier sur une poursuite de la tendance haussière sur le cours du dollar : la reprise de l’économie américaine permise notamment par une embellie sur le marché immobilier, et la divergence des politiques menées d’un coté par la Fed et de l’autre par la BCE. Alors que la première risque de s’orienter plutôt vers un durcissement de sa politique monétaire consécutivement à la multiplication des signaux d’amélioration sur le front macroéconomique, la seconde aura plutôt tendance à maintenir, si ce n’est à renforcer l’assouplissement de sa politique».

Du coté des Etats-Unis, certains analystes vont jusqu’à tabler sur une croissance de 3% cette année et sur une remontée du taux directeur bien plut tôt que prévu. La date initialement annoncée par la Fed étant de 2014. L’hypothèse d’une troisième phase d’injection massive de liquidité dans le système- par un processus de quantitative easing 3 (opération par laquelle la Fed achète des titres du Trésor ou des titres de crédit hypothécaire en circulation) ou par une opération Twist 2 (opération par laquelle la Fed vend des obligations de court terme pour acheter à la place des obligations de long terme)- tend de plus en plus à être écartée.

A l’inverse du coté de l’Europe, c’est une légère récession qui se profile et la crise de la dette n’est pas totalement résolue, loin s’en faut. La BCE pourrait bien de ce fait abaisser davantage son taux directeur. Certains vont jusqu’à ne pas exclure une troisième opération de refinancement de long terme des banques européennes (un troisième LTRO) le cas échéant.

Dans ces conditions, le mouvement sur l’euro dollar pourrait bien s’avérer monstrueux

«Dans ces conditions, le mouvement sur l’euro dollar pourrait bien s’avérer monstrueux» indique M. Melman. «On se souviendra qu’à chaque fois que la reprise mondiale a été tirée par les Etats-Unis, notamment en 1995 et 1999, le cours du dollar s’est fortement apprécié».

L’expert n’a pas souhaité donner pour autant d’objectif de parité. «Le jeu inversé des deux grandes banques centrales s’apparente à un rapprochement de deux plaques tectoniques. La parité euro dollar pourrait aller n’importe où».

L’accentuation du risque géopolitique serait également un élément favorable à la hausse du billet vert. «Pour beaucoup, l’attaque Israël contre l’Iran paraît de plus en plus probable. Celle-ci pourrait avoir lieu au printemps ou en été».

Pour jouer davantage le dollar américain, l’expert a également décidé de se positionner sur la devise émergente en dollar. «Ces pays émergents constituent la seule région du monde qui ne présente pas de problème de dette. Le trend de l’endettement est déclinant ou stable alors qu’il est explosif dans les pays développés»

Au-delà du dollar américain, l’expert aime également investir dans le dollar canadien et le peso mexicain. «Le Canada est un pays qui va très bien. Voyant la situation se calmer en Europe et aux Etats-Unis, il n’est pas improbable que la Banque centrale du Canada s’achemine vers une augmentation de son taux directeur. Le pays n’est pas confronté à une problématique d’endettement. En revanche, il doit faire face à une bulle du marché immobilier. Pour calmer la frénésie sur ce marché, il pourrait être opportun pour l’institution monétaire du pays de raffermir sa politique».

Pour ce qui est du peso mexicain, M Melman met en exergue la montée en puissance du Mexique sur la scène internationale, en particulier sur l’ensemble du continent latino américain grâce à l’accord de libre échange, l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). «L’entrée de la Chine à l’OMC a été un vrai cauchemar pour le Mexique. Le pays qui était l’antichambre des Etats-Unis a perdu beaucoup de parts de marché en raison de la concurrence des entreprises chinoises. Cependant le Mexique a tenu bon. Il s’est en quelque sorte ‘germanisé’. Il a maintenu des coûts compétitifs et a su se distinguer par l’absence de problématique de production. Par ailleurs le peso mexicain n’est pas cher. Une rémunération importante peut être escomptée en conséquence».

Au-delà des devises, M. Melman se montre particulièrement prudent sur les actions, les obligations d’entreprises et les matières premières. «Un retour des investisseurs

Un retour des investisseurs pourrait permettre au rallye des actions qui se dessine depuis janvier de se poursuivre

 

à la suite de la disparition manifeste des risques extrêmes qui pesaient sur le marché pourrait permettre au rallye des actions qui se dessine depuis janvier de se poursuivre. Des dangers persistent cependant, en premier lieu la hausse du cours du baril de pétrole qui pourrait grandement affecter l’activité des entreprises et la consommation des ménages et empêcher les banques centrales de donner la bouffée d’oxygène dont a besoin l’économie en raison d’une poussée de l’inflation».
Actuellement, le responsable d’EDRIM est exposé aux actions à hauteur de 6%. «Notre modèle quantitatif nous suggère d’aller jusqu’à 10%. Nous attendons de voir comment évolue la situation avant de le faire ». Cette exposition se fait exclusivement par les indices. « Pour jouer la différenciation géographique, nous avons opté pour un investissement sur des indices différents et non globaux».

Sur le crédit, les banques américaines sont privilégiées

Pour ce qui est du crédit (obligations), M. Melman juge le marché bien pricé. Les banques américaines sont privilégiées. «Ces banques sont sorties de la crise. Elles ont largement entamé leur processus de désendettement. Elles bénéficient du redémarrage de l’économie américaine. Et elles ne sont pas chères».

Enfin, l’expert affiche une certaine méfiance à l’égard des matières premières. «Si nous ne jouons pas directement ces actifs, nous sommes toutefois vendeur sur le dollar australien (ndlr : l’économie australienne est très dépendante des matières premières). Deux paramètres en particulier nous conduisent à cette méfiance sur les matières premières, au moins à court terme : l’essoufflement de l’économie chinoise et l’absence d’un quantitative easing 3 de la part de la Fed».


Imen Hazgui

Publié le 16 Mars 2012

 

http://www.easybourse.com/bourse/financieres/article/22393/edmond-de-rothschild-nous-aimons-enormement-investir-sur-le-dollar-americain-le-dollar-canadien-et-le-peso-mexicain.html

 

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