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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 16:18

Lire aussi :

Imposture climatique, révolution verte eugénique, transgénique - Kokopelli

(..) Le danger extrême qui menace tous les pays “en voie de développement” (ou plutôt en voie d’occidentalisation) en Asie, en Afrique et en Amérique Latine: l’imposition d’une “révolution verte eugénique”, déguisée très ingénieusement en une seconde révolution verte, “transgénique” cette fois (..)

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Effet de "Serres" et Révolution Verte Eugénique

http://www.liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/eugenique.html

Dominique Guillet

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Premier article: Les caniculs-bénis, une nouvelle hystérie religieuse au service de l'ordre mondial?

Second article: "Carbone mon Amour"

Quatrième article "Les écolos-thermistes"

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Sous le parapluie du “réchauffement climatique anthropique”, les multinationales de l’agrochimie, de la pharmacie et de la semence, ainsi que les divers cartels pétroliers, banquiers, agro-alimentaires, automobiles, assistés de leurs complices dans les organisations internationales (ONU, FMI, Banque Mondiale...) et dans les instituts agricoles (CGIAR, IRRI...) et soutenus par les plus grosses fondations du monde (Fondation Rockefeller, Fondation Bill Gates...) lancent une seconde révolution verte transgénique - avec des variétés génétiquement manipulées - pour “refroidir la planète” par les nécro-carburants et pour accroître la production alimentaire industrielle. Tout cela sur fond de mensonges climatiques. Mais les mensonges climatiques de Mr Al Gore sont peu de choses eu égard au fait qu’il fut l’homme de Monsanto, de 1993 à 2000, et qu’il est l’un des principaux responsables de l’invasion planétaire par les OGMs. Les mensonges climatiques de Mr Kofi Annan sont peu de choses eu égard au fait que son organisation AGRA est l’un des principaux vecteurs de l’invasion actuelle de l’Afrique par les chimères génétiques. L’objectif non avoué de cette seconde “révolution verte”, et bien vaccinée, ne serait-il pas d’intensifier le processus de délestage démographique planétaire que les élites globalistes jugent présentement trop lent (à savoir 35 000 décès par faim tous les jours)?

********

Durant la saison 2008/2009, en Afrique du sud, ce fut la catastrophe pour les paysans qui cultivèrent trois variétés de maïs transgéniques de Monsanto sur 200 000 hectares: les plantes ne produisirent pas de grains, juste des tiges et des feuilles. [01] Monsanto s’est manifestement recyclé dans la production de bio-masse avec des variétés de maïs thermo-réactives!

En 2009, un météorite H1N1 nous arrive tout droit du cosmos et répand dans l’atmosphère une étrange pandémie, de caractère totalement bénin, [02] que les Autorités Onusiennes, sur les conseils éclairés des multinationales du Big Pharma (Novartis, Sanofi-Aventis, Baxter...) décident de combattre avec des milliards de doses de vaccins. En France, les medias à la botte tentent de semer la panique et les chiens-bergers des ministères montent en chaire pour exhorter le troupeau à se faire vacciner, de gré ou de force, puisque la commission d’experts indépendants (et représentant néanmoins les laboratoires pharmaceutiques) l’a ainsi “conseillé” à Madame la Ministre [107]: l’ardoise est d’1 milliard d’euros, soit 25 % de ce qu’est supposée rapporter la taxe-carbone. Aux USA, on évoque la loi martiale, des bracelets permanents à Boston, et la société Verichip voit ses cours flamber en bourse suite à l’annonce de la sortie de ses micro-puces H1N1. [106]

En 1974, la Fondation Rockefeller, dans son rapport annuel, [03] annonça un symposium dont l’intitulé était “Changement climatique, Production alimentaire et Conflit entre les nations”. Ce symposium interdisciplinaire allait rassembler des climatologistes et des scientifiques concernés par la production alimentaire afin d’examiner les implications futures de la tendance, en cours, au “refroidissement global” et ses effets sur la production alimentaire mondiale. Quelques années plus tard, après mûre réflexion, la Fondation Rockefeller, hissa le pavillon “réchauffement global” avec, aux rames de la galère, une cohorte de “scientifiques” généreusement subventionnés pour prouver une corrélation anthropique inéluctable entre le dioxyde de carbone et la fièvre climatique.

Quelle est donc, allez-vous dire, la relation entre ces trois phénomènes, au-delà du fait qu’ils seraient tous liés à une montée du thermomètre?

Dans mes précédents essais, “Les caniculs-bénis” [04] et “Carbone, mon Amour” [69], je me suis amplement exprimé sur l’imposture du réchauffement climatique anthropique, à la sauce CO2, et sur les dangers que cette arnaque fait courir à l’humanité de promouvoir la montée en puissance d’un Nouvel Ordre Mondial, une variante quelque peu globalisée de l’ancien, et surtout l’occultation de tous les méfaits commis, dans la biosphère, par la mafia des multinationales de la pétrochimie et de l’agrochimie.

Je souhaiterais, dans ce troisième essai, présenter un autre danger extrême, celui qui menace tous les pays “en voie de développement” (ou plutôt en voie d’occidentalisation) en Asie, en Afrique et en Amérique Latine: l’imposition d’une “révolution verte eugénique”, déguisée très ingénieusement en une seconde révolution verte, “transgénique” cette fois, sous l’égide des commissions de l’ONU et financée par de très grosses fondations avec la complicité des multinationales de l’agrochimie et des semences chimériques qui, par coïncidence, sont également les dispensatrices d’une pléthore de vaccins.

Et, faut-il le préciser, cet “Effet de Serres” des multinationales, et de leurs complices, se met bien gentiment en place sous le parapluie du réchauffement climatique anthropique! Les organisations paysannes, qui tentaient encore de résister aux chimères génétiques, sont totalement désemparées. Elles ne font pas le poids face aux multiples organisations de la “société civile” (ou prétendues telles) pour lesquelles l’argent coule à flot et qui, dans leurs croisades climatiques, brandissent le spectre des hécatombes de la faim, ou de la chaleur ou de la fièvre (porcine, aviaire, zébrée...).

Le réchauffement climatique anthropique est l’aubaine parfaite pour les multinationales de l’occident qui envahissent les territoires des pays les plus pauvres pour les vider de leurs populations paysannes traditionnelles et en faire de gigantesques réservoirs de production agro-industrielle d’aliments (pour l’export) et de nécro-carburants (pour l’export) et ce, avec des variétés supposément résistantes à la sécheresse. Et, peut-être même, avec quelques campagnes de vaccinations bien “ciblées” car l’agriculture moderne occidentale se pratique avec de la machinerie lourde, et non pas des humains trop légers, parce que sous-alimentés, dont elle peut aisément se dispenser!

Et tout cela pour refroidir notre bonne vieille Planète Terre et en diminuer l’empreinte carbone!

Global Worming: le Ver est encore dans le Vert

Il ne s’agit plus cette fois des bouffonneries pathétiques de quelques “écologistes” auto-proclamés en quête maladive de pouvoir ou de quelques organisations “environnementales” institutionnelles de la contestation, mais adeptes du consensus mou néanmoins, [70] cherchant à conforter leur fonds de commerce. L’infestation est beaucoup plus sérieuse: le Ver est dans la Révolution Verte, la première et la seconde.

Les origines de la première Révolution Verte - verte par la couleur du dollar - remontent à 1945 au Mexique. En février de cette année-là, la conférence panaméricaine de Chapultepec [05] définit les nouvelles bases de l’ordre mondial et met en place celles de l’hégémonie économique des USA. La Fondation Rockefeller - qui depuis le début du 20 ème siècle constitue, sur toute la planète, le poste le plus avancé de l’Empire US - y installa un centre de recherches agronomiques pour fomenter une révolution agricole, et ce avec l’aide de Henry A. Wallace [06], le fondateur de Pioneer Hi-Bred, la plus grande entreprise mondiale de semences de maïs F1 (qui fut ensuite rachetée par DuPont, le géant de la chimie). Mr Wallace fut également ministre de l’agriculture US de 1933 à 1940 et devint vice-président des USA en 1940. C’est sous son règne agricole que l’imposture scientifique des “hybrides F1” se mit en place: les agronomes qui ne croyaient pas en cette supercherie furent tout simplement évincés. C’est la plus grande arnaque agronomique du 20 ème siècle [07] mais elle génère un gigantesque marché captif: les variétés F1 sont stériles, ou dégénérescentes, et les paysans sont obligés de racheter des semences tous les ans.

La Fondation Rockefeller embaucha Mr Borlaug au Mexique afin de développer des variétés “améliorées” de céréales. Les technologies agricoles de Borlaug furent ensuite exportées vers l’Asie. En 1961, la Fondation Ford lança la “Révolution Verte” en Inde et la même année, l’IRRI aux Philippines (International Rice Research Institute), financé par la Fondation Rockefeller, constitua sa banque de semences (dont une partie littéralement volée au Professeur Richcharia, le grand génie du riz en Inde) afin de créer ses variétés de “riz miracle”.

L’année 1961 constitue une année-clé pour l’élite globaliste. Outre la main-mise de l’Empire US sur l’agriculture de l’Asie du sud-est, c’est également l’année de:

- la création de l’UPOV (Union internationale pour la protection des obtentions végétales) par la “Convention de Paris”. Cette organisation internationale met en place le cadre légal qui va permettre aux cartels de la pétrochimie et de l’agrochimie de racheter toutes les entreprises semencières de l’hémisphère nord en l’espace de trente ans.

- la restructuration du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences) qui lui permet de prendre le contrôle total de la semence en France. Le GNIS a été créé par le Maréchal Pétain en 1941.

- la création de l’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economique).

- la création de l’Alliance pour le Progrès de John Kennedy.

- la mise en place du Codex Alimentarius par la FAO et l’OMS, qui sera opérationnel en 1963.

- la création de la PAC (Politique Agricole Commune), l’un des principaux vecteurs de la déstabilisation des agricultures familiales et vivrières des pays pauvres, par le biais des subventions agricoles et du “dumping”.

L’année 1961 voit ainsi le triomphe de l’élite globaliste et l’accomplissement de son rêve de contrôler l’alimentation des peuples. Un seul petit grain de sable dans les rouages de la machine: John Kennedy se rebiffe contre ses parrains, exhorte la presse à être au service de l’information authentique, informe le peuple US qu’il est sous la dépendance du complexe militaro-industriel et, très influencé par le “Printemps Silencieux” de Rachel Carson, il commence à remettre en question la dictature des cartels de l’agrochimie.

Le témoignage de Roger Heim [71], président de l’Académie Nationale des Sciences en France, est à cet égard touchant:

«Le 22 octobre 1963, dans la Salle du Congrès à Washington, devant une assistance attentive et vibrante, lors de la célébration du premier centenaire de l’Académie Nationale des Sciences de Washington, le Président John Kennedy prononça un remarquable discours, qui fut sans doute le dernier avant le drame atroce qui devait éliminer des assises internationales l’un des esprits les plus pénétrants de notre temps. Dans cette allocution, le Président des Etats-Unis, livrant l’exemple à d’autres chefs d’Etat, aborda avec fermeté, avec précision, le thème majeur de la pollution par les corps chimiques répandus à profusion, de la destruction des équilibres naturels, de l’érosion des sols. L’immense assemblée qui l’écoutait savait déjà l’ampleur de l’enjeu. Indiscutablement, elle était éclairée et elle réagit à l’unisson dans une explosion frénétique d’acclamations. Le nom de Rachel Carson, sur chaque lèvre, s’imposait parmi ceux dont le poids ou la lutte étayait un tel propos. John Kennedy mettait l’accent en priorité, sur le problème peut-être le plus grave avec lequel notre siècle se trouve confronté. Ici encore, son intelligence et son courage achevaient de dessiner les contours de l’homme, j’entends de celui qui mérite son nom. Je sortis, de cette cérémonie émouvante, moins pessimiste: il y avait quelque chose de changé aux Etats-Unis.»

Les Autorités décidèrent cependant que rien n’allait changer: John Kennedy fut assassiné quelques semaines plus tard et tout rentra dans l’Ordre.

A savoir dans leur “ordre” car, en Asie, le Ver de la Révolution Verte commençait à miner irrémédiablement les fondements de la société traditionnelle:

- ruine de la petite paysannerie.

- destruction de la biodiversité (des 200 000 variétés de riz en Inde, il n’en reste plus que 50).

- destruction des agricultures vivrières et du rôle de la femme dans le tissu social traditionnel.

- destruction des sols, pollution de l’air, épuisement des nappes phréatiques.

- cancérisation des populations.

- hémorragie dans les campagnes: les paysans vont s’entasser dans les villes et les bidonvilles, une aubaine pour les multinationales qui vont progressivement “délocaliser” leurs industries occidentales vers les pays pauvres et les serfs corvéables à merci. Afin que les sociétés occidentales puissent succomber à la pathologie de l’avoir, à la consommation effrénée de “choses” à bon marché.

Les fondements “scientifiques” de la première révolution verte sont à l’image de la science climatique du GIEC Onusien, du vent, ou plutôt une gigantesque opération de marketing et de manipulation médiatique.

Norman Borlaug est acclamé comme le sauveur du Tiers-Monde avec ses variétés “miraculeuses”: il aurait en effet sauvé la vie d’1 milliard d’êtres humains. Des mensonges, du vent, rien que du vent. Les variétés de riz “miracles” de l’IRRI sont supposées produire 5 tonnes/hectare. Actuellement, en fait, en Inde par exemple, la moyenne de productivité n’est que d’1,9 tonne/hectare. [73] Il n’en fut jamais ainsi avant la révolution verte:

«Les descriptions de scènes rurales de l’Inde antique par les voyageurs Chinois Fa Hien (5 ème siècle) et Huang Tsang (7 ème siècle), par François Bernier (1656-1688) et par M. Le Tavernier (18 ème siècle) sont peut être colorées de romantisme mais il semble, néanmoins, que les inscriptions sur les temples de l’Inde du sud confirment leurs perceptions. On peut déduire de ces inscriptions (9ème au 12ème siècles) que les rendements de riz, par exemple, étaient remarquables. Elles mentionnent des rendements de riz à Tanjavur de l’ordre de 12 à 18 tonnes par hectare, de 13 tonnes par hectare à Coimbatore et de 14,5 tonnes par hectare dans le sud Arcot! (...) De nombreux rapports des officiels de l’administration Britannique, tels A. Walker (1820) et Dr. J. A. Voelcker (1893) mettent également en exergue des exemples surprenants de l’abondance en Inde. Un des rapports les plus détaillés émane de Thomas Barnard. Au 18ème siècle (vers 1770), Thomas Barnard, ingénieur Britannique, réalisa une enquête dans le district de Chengalpattu, près de Madras, qui couvrait 800 villages. Les résultats mettent en valeur une moyenne de productivité de 3600 kg par hectare pour les riz de rizières et de 1600 kg par hectare pour les riz cultivés en sec. Dans 130 villages, la productivité moyenne de riz de rizière était de 8,2 tonnes par hectare mais, dans de nombreux villages, cette productivité dépassait même les 10 tonnes par hectare. (...) En 1804, la productivité du blé en Inde était presque le triple de ce qu’elle était en Angleterre. En 1903, la production de blé dans la région d’Allahabad était aux alentours de 4 tonnes par hectare». [72]

Les mêmes commentaires émanent de l’administration coloniale Hollandaise [08]: la consigne, à tous les administrateurs coloniaux, depuis 1870, était de surtout oeuvrer à “améliorer” les systèmes agricoles traditionnels locaux déjà tellement performants.

En fait, en Inde - et cela a été habilement soustrait de l’histoire officielle - le grand génie du riz, le Professeur Richcharia travailla à redévelopper un nouveau centre de recherches sur le riz après qu’on lui eut volé toute sa collection de riz pour la transférer à l’IRRI aux Philippines, sous contrôle Fondation Rockefeller et Swaminathan, le “père” de la révolution verte en Inde, et très grand ami de Monsanto. De 1971 à 1977, il redéveloppa une collection de 17 000 variétés de riz à Raipur dans l’état du Madhya Pradesh (avec un budget de 2000 dollars par an!). Il travaillait avec des variétés traditionnelles qui produisaient jusqu’à 9 tonnes/hectare, quasiment le double de l’optimum supposé des riz “miracle” de l’IRRI. En 1977, la Banque Mondiale offrit une subvention de 3,5 millions de dollars pour un projet agricole dans le Madhya Pradesh, en échange de quoi le gouvernement Indien fermait le centre de Richcharia qui, avec ses vieilles variétés de riz, faisait de l’ombre à IRRI/Rockefeller. [17] Et tout cela alors même que dès 1972, les experts agronomes (ceux qui n’étaient pas vendus à Rockefeller ou à Union Carbide) remettaient en cause la révolution verte de par le fait que les paysans ne pouvaient pas se payer les fertilisants de synthèse et, bien sûr, les pesticides car les variétés “miracle” de l’IRRI étaient décimées par les insectes et les maladies: les paysans perdaient de 30 à 100% des récoltes.

Rockefeller, Banque Mondiale, Professeur Swaminathan, Union Carbide, IRRI: nous avons véritablement à faire à une mafia crapuleuse! Quant à Norman Borlaug, il fut récompensé, pour ses variétés supposément “miracles” d’un prix Nobel de la Paix, ce qui à notre époque est loin d’être une référence puisque même Henri Kissinger le reçut!

L’ironie climatique de l’histoire, c’est que Norman Borlaug, le père de la révolution verte, récemment décédé à l’âge de 95 ans, ne se priva pas de dénoncer l’imposture du “réchauffement climatique anthropique”. Norman Borlaug faisait partie de la liste déposée au Sénat des 700 scientifiques dissidents. [182] (une infime partie des 32 000 scientifiques qui ont signé une pétition dénonçant l’arnaque climatique). [183] Jusqu’à la fin de sa vie, il clama haut et fort que le danger pour l’agriculture planétaire, ce n’est pas une montée des températures, mais bien plutôt un refroidissement global. [74]

Le “Réchauffement Climatique Anthropique” à la rescousse des chimères génétiques

Greenpeace et son “déshabillez-vous pour le climat”, Avaaz et son blog à gogos d’alerte climatique, à 150 000 dollars, et tous les “urgentistes” qui s’égosillent à “sauver le climat”, sont-ils conscients que leur slogan, ou fonds de commerce, favori est l’alibi fatal qui permet aux multinationales de l’agrochimie de faire avaler des chimères génétiques (dites OGMs) à toute la planète, d’encore plus piller et terroriser le Tiers-Monde (dit “pays émergents”, à savoir émergeant des limbes de la non-occidentalisation) et de recouvrir les terres “aux barils dormants” de nécro-carburants (dits “biocarburants”)?

Peut-être que non pour certaines et sans doute que oui pour d’autres, et c’est bien là le drame. Le fondateur d’Avaaz ne se targue-t-il pas de ses “consultances” chez ONU, Fondation Rockefeller et Fondation Bill Gates? [108] En fait, une pléthore d’ONGs, très actives dans la lutte contre le “réchauffement climatique anthropique”, sont financées par les mêmes fondations qui non seulement ont financé les deux révolutions vertes mais qui en ont été les moteurs principaux. [187] [188] [189] [190] Le Nouvel Ordre Mondial est maintenant au grand jour et tous les joueurs de ce monopoly alimentaire planétaire ne se donnent même plus la peine d’occulter leurs liaisons intimes. La règle de base de ce grand jeu est simple et elle fut dictée par Henry Kissinger, en 1970, un acteur-clé du grand terrorisme mondial: “Contrôlez le pétrole et vous contrôlez les nations; contrôlez la nourriture et vous contrôlez les peuples”. Et ce mariage de l’alimentaire et du pétrole décrit, d’ailleurs, fort bien l’essence de la révolution verte, ainsi que de toute l’agriculture moderne.

Un drame humanitaire est en train de se dérouler, sous nos yeux, pendant que les caniculs-bénis attendent désespérément la chaleur infernale, la montée des eaux, la fonte des calottes polaires [10], tous signes annonciateurs (mais qui se font désirer, néanmoins!) de l’incarnation prochaine de leur nouveau Messie, l’Homme-Carbone-Zéro. Et les multinationales et leurs complices rigolent!

En 2008, Kofi Annan lança son Alliance mondiale pour “la justice climatique”. La FAO de l’ONU, dont Kofi Annan fut le secrétaire général, a été incapable depuis des dizaines d’années de lever seulement quelques dizaines de milliards de dollars pour garantir l’alimentation d’1 milliard d’affamés. En comparaison, rappelons-le, une nouvelle fois, afin de remettre tout en perspective, ce sont 1500 milliards de dollars chaque année pour les armements sur la planète, 75 milliards pour le “renseignement US” chaque année [80] [175] et récemment des milliers de milliards de dollars pour renflouer les bandits de la banque et de la finance. On pourrait multiplier les exemples de la gabegie occidentale. Justice climatique: on se demande fort bien ce que cette association de termes signifie réellement. Existe-t-il une “injustice climatique”?

Lors de son récent discours à New York, le 23 septembre 2009, Kofi Annan déclara que, selon Nicholas Stern, le coût de “modulation climatique”, pour l’Afrique seule, est de 30 milliards de dollars par année et allant jusqu’à 50 ou 100 milliards de dollars, par année, d’ici 2020. Kofi Annan, conscient que les finances font quelque peu défaut, proposa de générer cet argent à partir de sources nouvelles et novatrices, par exemple le marché du carbone! [09]

Le raisonnement est ici très simple: plus on brûle des combustibles fossiles, plus on génère des fonds avec le marché du carbone, et plus on peut lutter contre les émissions de CO2 afin de moduler le climat Africain. Si l’on résume ce bel exemple de “fraternité climatique”, il faut consommer plus de pétrole pour sauver le climat de l’Afrique! Ou n’ais-je pas bien compris?

L’Alliance mondiale pour “la justice climatique” s’inscrit dans les priorités de l’ONG créée à Genève par Kofi Annan, le “Global Humanitarian Forum”, dont le conseil d’administration comprend, par exemple:

- Michel Camdessus: ancien directeur du Fonds Monétaire International et membre de l’ONG “Africa Progress Panel” dont font également partie Tony Blair, Kofi Annan et Mr Robert E Rubin, l’ancien secrétaire du Trésor US, ainsi que divers membres de l’ONG “Commission for Africa”, créée par Tony Blair dont font partie Gordon Brown, Michel Camdessus, etc, etc). Un vrai jeu de poupées russes.

- Rajendra K. Pachauri, le président du GIEC, l’organe de l’ONU spécialisée dans “la science climatique à façon”.

- Ricardo Lagos, l’ancien président du Chili, et l’envoyé spécial de l’actuel secrétaire de l’ONU pour le Climat.

- Muhammad Yunus, le fondateur de la Grameen Bank, spécialisée dans les micro-crédits, qui abandonna son projet sulfureux de fusion avec Monsanto, en 1998, sous la pression des organisations paysannes indignées.

- James Wolfensohn, l’ancien président de la Banque Mondiale, pendant 10 ans.

- Catherine Bertini, du Programme alimentaire mondial des Nations Unies et ensuite à la Fondation Bill et Melinda Gates.

- Judith Rodin, la présidente de la Fondation Rockefeller, etc.

Arrêtons là cette première énumération qui nous permet de voir quelle est la nature des soutiens et alliances de Kofi Annan.

Sautons de Genève à l’Afrique pour aller voir maintenant du côté d’AGRA “Alliance for a Green Revolution in Africa”, “l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique”, dont Kofi Annan est le président. Les deux financeurs principaux d’AGRA sont la “Fondation Bill et Melinda Gates” et la “Fondation Rockefeller”. Le partenaire principal d’AGRA est le CGIAR, fondé en 1971 par la Fondation Rockefeller. Le conseil d’administration comprend Judith Rodin (Fondation Rockefeller), Strive Masiyiwa (Fondation Rockefeller), Sylvia M Mathews (Fondation Bill et Melinda Gates), Rudy Rabbinge (directeur du CGIAR Science Council), Mamphela Ramphele (ancienne directrice de la Banque Mondiale), Roy Steiner (Fondation Bill et Melinda Gates), Dr Akinwumi Adesina (Fondation Rockefeller), Dr Tesfai Tecle (anciennement Banque Mondiale et FAO), Dr Joseph DeVries (Fondation Rockefeller), Dr Bashir Jama (anciennement Programme des Nations unies pour l’environnement), Mr Kwame Akuffo-Akoto (CGIAR et IRRI), etc...

L’organisation GRAIN à Barcelone à fait une analyse en profondeur d’AGRA [129]. Quelques remarques: «L’une des premières étapes de l’AGRA cependant est de créer un réseau de “fournisseurs en agroalimentaire”, pour vendre les semences, les pesticides et les engrais. L’AGRA a déjà recruté une ONG étasunienne appelée Citizens’ Network for Foreign Affairs (Réseau de citoyens pour les affaires étrangères) pour effectuer ce travail au Kenya, en Tanzanie et au Malawi. (...) La fondation Rockefeller est le principal investisseur dans l’African Agricultural Capital (Capital agricole africain), un fonds d’investissement en capital-risque qui investit dans plusieurs petites entreprises de semences africaines qu’il contrôle en partie et qui sont aussi soutenues par l’AGRA. (...) Que ce soit l’ancienne ou la nouvelle révolution verte, les premiers perdants sont les agriculteurs, en particulier les petits. L’AGRA cherche à remplacer les semences que les agriculteurs africains ont soigneusement développées pour leurs fermes et leurs cultures, par des variétés adaptées aux monocultures industrielles. Ces semences ouvriront la voie à l’industrialisation des cultures alimentaires africaines, laissant le champ libre à l’introduction et à la domination de l’agrobusiness.

En attendant, en Afrique francophone, l’AGRA finance la recherche agricole nationale au Mali par des activités de recherche menées à l’Institut d’Economie Rurale (IER) sur le maïs, le sorgho et le riz. Un montant de 555 000 dollars (près de trois milliards de francs CFA) a été accordé à l’IER pour la période 2007-2010, et une somme de 208 000 dollars (plus de un milliard de francs CFA) a été accordée à l’organisation Faso Kaba pour la diffusion des variétés améliorées.

Ici la logique est ahurissante. L’idée est de financer les sélectionneurs publics pour qu’ils développent de nouvelles variétés (car le secteur privé ne veut pas le faire), de financer des entreprises privées pour qu’elles les vendent aux agriculteurs, et de fournir des crédits aux agriculteurs pour qu’ils achètent ces semences (car sinon, ils ne pourraient pas les payer).

L’AGRA se consacre entièrement à créer une demande effective pour son propre produit, prescrivant un modèle de développement incapable de survivre par lui-même.»


En fait, c’est sur le “Agro-Dealer Development Programme” d’AGRA qu’il faut se pencher très attentivement. Ce programme fournit les formations, les capitaux et les crédits pour établir un réseau de petits agro-distributeurs qui vont constituer le vecteur principal pour l’acheminement des semences, des fertilisants de synthèse, des pesticides et du suivi technique des petits paysans pauvres. AGRA a donc accordé à cet effet plus de 15 millions de dollars à l’ONG US, CNFA dirigée par John Costello. En octobre 2008, le CNFA de Costello établit un partenariat avec la Fondation CropLife et annonça qu’ils utiliseraient le réseau de petits distributeurs subventionnés par AGRA (au nombre de 1500 au Kenya et au Malawi) pour démontrer le potentiel de l’agrochimie. Le CNFA a obtenu un soutien technique et financier de Syngenta, Dow AgroSciences, Bayer CropScience, Du Pont et Monsanto.

Un autre des partenaires d’AGRA est le “International Centre for Soil Fertility and Agricultural Development” (IFDC) qui vient de recevoir 6 millions de dollars d’AGRA. L’IFDC vient également d’établir un partenariat avec la Fondation CropLife (BASF, Bayer CropScience, Dow Agrosciences, Dupont, FMC, Monsanto, Sumitomo et Syngenta ...) pour démontrer également le potentiel de l’agrochimie en Mozambique et au Ghana.

Certaines organisations paysannes Africaines (impliquées dans l’agro-écologie) ont dénommé la révolution verte d’AGRA [199] “la nouvelle alliance philanthropico-capitaliste en Afrique”. Don de 306 millions de dollars de la Fondation Gates en 2008, don de 150 millions de dollars de la Fondation Gates et de la Fondation Rockefeller en 2006... AGRA prétend, timidement, très timidement, sur son site internet, que son objectif n’est pas d’introduire des variétés transgéniques alors que tous ses partenariats indiquent clairement le contraire. Le 16 Janvier 2009, AGRA a signé un partenariat de 5 années avec “Earth Institute de Columbia University”, pour promouvoir des technologies agricoles au bénéfice des petits paysans. Par qui est dirigé cet institut? Par Jeffrey Sachs, le promoteur inconditionnel des chimères génétiques de Monsanto.

Ce qui, par un autre petit saut en Afrique, nous fait arriver au “Millenium Promise” créé par le-dit Jeffrey Sachs, l’ancien conseiller spécial de Kofi Annan et l’ancien directeur du Millenium Development Goals de l’ONU. “Millenium Promise” est une ONG dédiée au lancement de la Révolution Verte Africaine, en collaboration avec Ban Ki-moon, le présent secrétaire de l’ONU dont Jeffrey Sachs est le présent conseiller spécial. Histoire de brouiller les cartes un peu plus, le nom l’organisation de Jeffrey Sachs est très proche de celui du programme de l’ONU “Millenium Development Goals”.

Millenium Promise est soutenu par une kyrielle de fondations dont la Fondation Rockefeller, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation Novartis, la Fondation Merck, etc, et même Lehman Brothers, la plus grande faillite bancaire US de l’automne 2008.

Parmi les membres fondateurs de cette ONG humanitaire se trouvent: Monsanto, Novartis, Sanofi-Aventis, GlaxoSmithKline, Procter et Gamble, Merck, Mosaic, Pfizer, Sumitomo Chemical, Yara, toutes multinationales spécialisées dans les semences hybrides et génétiquement modifiées, dans les produits pharmaceutiques et dans les fertilisants de synthèse. Sanofi-Aventis, Novartis, Merck et GlaxoSmithKline sont, de plus, les fabricants ou distributeurs de vaccins contre la pandémie H1N1! [208]

De ces énumérations quelque peu laborieuses, mais cependant nécessaires, il ressort que pour l’Afrique, par exemple, la seconde révolution verte génétique est catapultée par:

1. Les institutions internationales: ONU, Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, CGIAR...

2. Les fondations, les principales étant la Fondation Rockefeller et la Fondation Bill et Melinda Gates.

3. Les multinationales de l’agrochimie, des pesticides, des semences et de la pharmacie, Monsanto en tête.

4. Certaines très grosses ONGs d’assistance agricole et pharmaceutique (AGRA, Millenium Promise, African Agricultural Technology Foundation, etc.)

Et tout cela sur un fond de réchauffement global anthropique, de “justice climatique” et de modulation climatique.

Le partenariat entre Monsanto et Millenium Promise/Jeffrey Sachs (considéré par le magazine Time, en 2004 et 2005, comme l’une des 100 personnalités de la planète) est clairement mis en exergue sur le site internet de Monsanto. [11] [12] [13] Jeffrey Sachs y explique qu’il n’y a qu’une solution pour sauver l’Afrique, ce sont les OGMs et en particulier les OGMs résistants à la sécheresse, à savoir au réchauffement climatique.

Et ce n’est pas Michael Taylor qui va le contredire, qui fut, et qui reste, le symbole des “plaques tournantes” entre Monsanto et l’administration US. Après de multiples aventures au service de Bill Clinton/Al Gore et de Monsanto, on le retrouve dans les conseils d’administration d’organisations tournées vers l’Afrique. “The Partnership to Cut Hunger and Poverty in Africa” et “Alliance to End Hunger”. Et, en fait, il semble avoir échappé à beaucoup de monde que Michael Taylor est intimement impliqué dans l’élaboration des politiques d’assistance agricole US en Afrique! En collusion avec la Fondation Rockefeller et la Fondation Bill Gates, Michael Taylor est de nouveau l’homme médian entre Monsanto et le gouvernement US, cette fois avec l’objectif d’ouvrir les marchés Africains aux pesticides et aux semences génétiquement modifiées.

Avant son rappel par le président Obama, Michael Taylor était un membre éminent du think tank “Resources for the Future”: il y publia deux études sur l’assistance US à l’agriculture Africaine, les deux études étant financées par la Fondation Rockefeller. Son étude de 2002 fut revisée par Robert Horsch, directeur chez Monsanto pendant 25 ans (qui faisait partie de l’équipe scientifique qui a développé les techniques YieldGard, BollGard et RoundUp Ready)«L’objectif ultime de ce rapport est de mettre en valeur comment une technologie de semences innovatrices, dérivée d’outils brevetés de biotechnologie, peut être développée et disséminée au bénéfice des petits paysans et de l’agriculture de subsistance». Son étude de 2005 “Investing in Africa’s Future: U.S. Agricultural Development Assistance for Sub-Saharan Africa,” [194] avait pour co-auteur le directeur de “Partnership to Cut Hunger and Poverty in Africa” (PCHPA), un consortium d’intérêts privés/publics (dont l’un des financeurs principaux est Bill Gates) qui inclut Halliburton (la société de Dick Cheney, vice-président de Bush), Monsanto, USAID, divers chefs d’état Africains...

L’objectif de Taylor est d’élargir le champ d’intervention du Millenium Challenge Corporation (MCC), une nouvelle agence du gouvernement US (créée par Bush en 2004) chargée de l’aide internationale (dont la moitié des fonds sont dirigés vers l’Afrique). En juin 2008, la Fondation Rockefeller publia un communiqué de presse, vantant la “collaboration historique” entre le Millenium Challenge Corporation et AGRA, l’ONG de Kofi Annan!

Une étude de Taylor intitulée “Beating Africa’s Poverty by Investing in Africa’s Infrastructure”, fait partie intégrante du “Renewing American Leadership in the Fight Against Hunger and Poverty: The Chicago Initiative on Global Agricultural Development.” Ce rapport fut remis à l’administration Obama dès qu’elle prit ses fonctions et il a été financé par la Fondation Bill Gates et co-écrit par Catherine Bertini (de la Fondation Gates et au CA de l’ONG de Kofi Annan “Global Humanitarian Forum”). Il déclare très précisément que : «Les USA devraient continuer de soutenir les recherches sur toutes les formes de biotechnologies modernes pour l’agriculture, par les scientifiques de l’Afrique sub-saharienne».

Le programme d’assistance agricole de l’administration Obama est clairement un soutien inconditionnel à Michael Taylor, à Monsanto et à la nouvelle révolution verte transgénique de Mr Kofi Annan et de ses ONGs. [194]

Les chimères génétiques à l’assaut des variétés paysannes traditionnelles

En 2006, toujours sur le site de Monsanto [13], Jeffrey Sachs se faisait le promoteur inconditionnel des OGMs pour toute l’Afrique citant l’exemple des courageux agriculteurs de l’Afrique du sud qui ont planté, en 2005, 500 000 hectares de maïs, de soja et de coton génétiquement modifiés. Il serait fort intéressant que Jeffrey Sachs s’explique aujourd’hui quant à la perte, durant l’hiver 2008/2009, de 200 000 hectares, en Afrique du sud, plantées avec trois variétés transgéniques de maïs de Monsanto: MON 810, NK 603 et MON 810 x NK 603. Rappelons que sur 200 000 hectares, les plantes de maïs ont poussé sans épis et n’ont produit que des feuilles et des tiges.

Le 11 novembre 2008, Monsanto affirma sur son site que ces variétés ne représentent aucun danger pour l’homme et qu’en plus elles ont été testées pendant 10 ans. [14] Le 2 avril 2009, sur son site, Monsanto invoqua une “erreur de laboratoire” pour expliquer la “variation de pollinisation”. [16] Quant à certaines organisations paysannes, en Inde, qui en ont également souffert, elles qualifient ces maïs transgéniques de Monsanto de “thermo-réactifs”, ce qui veut dire qu’ils réagissent très mal vis à vis de la chaleur et ne produisent pas de grains. Pour une multinationale qui fonde la seconde révolution verte génétique sur ses variétés résistantes au réchauffement global, cela fait un peu désordre, n’est ce pas? Qui plus est, ces maïs déficients ne sont pas une nouveauté puisqu’ils m’ont été signalés lors d’une mission au Sénégal en 2005, au nord, près du fleuve dans la région de Guédé: les maïs faisaient 4 mètres de hauteur mais ne portaient pas de grains. Les sacs de semences étaient distribués gratuitement (et en toute illégalité, puisque transgéniques) par le gouvernement Sénégalais sans mention de nom de variété, sans mention de la provenance des semences, sans mention du nom du semencier (et j’ai les photos des sacs sur lesquels il est mentionné “campagne 2003/2004”!).

Cela veut dire que depuis 2004, au moins, Monsanto sait que ses variétés de maïs transgéniques ne résistent pas à la chaleur et sont improductives. Cela veut dire également que Monsanto prend le risque sciemment de ruiner les petits paysans qui ne peuvent pas se relever d’un tel échec de culture.

Le seul avantage d’une telle situation, c’est que les variétés transgéniques de maïs déficientes en pollen contaminent moins les variétés traditionnelles. Mais, ne rêvons pas, il est déjà sans doute trop tard. L’Afrique du sud en 1999 n’avait planté que 2% de sa surface de maïs en chimères génétiques et en 2007, elle en était déjà à 60%. Quant à de nombreuses autres nations Africaines, les OGMs sont là depuis de très nombreuses années, illégalement. Monsanto cherche à tout contaminer. C’est ce qu’avait déclaré une de ses porte-paroles à un journaliste, il y a des années de cela: «le jour où nous aurons tout contaminé, vous ne pourrez plus rien faire».

Comme le dit Nicolas Hulot, le clown du Titanic Climatique, «il ne faut pas diaboliser les entreprises» [15]: elles sont gentilles les entreprises et les méga-entreprises, elles sont méga-gentilles! Donc c’est promis, pour le “Millenium Promise”, Monsanto va faire des efforts pour créer des variétés adaptées, pour de bon, à la sécheresse.

Des digressions en passant. Premièrement, lorsque l’on parle de désertification, de l’Afrique par exemple, il faut bien préciser que cela n’a rien à voir avec la teneur en CO2 de l’atmosphère. La désertification de l’Afrique a été très largement induite par des siècles de monocultures et de déforestations, les désastres de la colonisation. En 2005, lors de ma dernière mission au Sénégal, certains jours on n’y voyait pas à 10 mètres en plein jour en raison des tempêtes de sable dans la région du fleuve. Cette région du fleuve est une “forêt classée”, sans arbres, et les vieux paysans se rappellent encore du bon vieux temps de la forêt avec les lions et les hippopotames avant que les Blancs n’arrivent et ne coupent tout.

Ainsi que le rappelle l’organisation GRAIN: «Dans les pays africains francophones, les instituts de recherche français, comme l’IRAT, l’ORSTOM et le CIRAD étaient très actifs. Ces institutions donnaient la priorité aux cultures de rente pour l’exportation vers les pays du Nord: le café et le cacao au Ghana et en Côte d’Ivoire, le coton dans le nord du Bénin, au Burkina Faso, au Mali et au Tchad, les arachides au Sénégal, et le palmier à huile au sud du Bénin. Souvent, les pouvoirs coloniaux devaient avoir recours à la force pour expulser les agriculteurs de leurs terres et imposer leurs variétés et leurs systèmes agraires.» [129]

Secondement, lorsque l’on parle de variétés résistantes à la sécheresse, Vandana Shiva, en Inde, rappelle fort justement que les paysans ont créé au fil des millénaires des dizaines de milliers de variétés adaptées à tous les “changements climatiques” [196]: les paysans n’ont pas attendu les multinationales pour utiliser des variétés résilientes. Prenons l’exemple du maïs: c’est une plante C4, naturellement adaptée à la sécheresse, que les Indiens Hopis semaient dans les déserts du sud-ouest des USA, et parfois même à 30/40 cm de profondeur dans le sable. Mr Wallace avec sa compagnie Pioneer Hi-Bred, et tous les agronomes qui ont suivi ses traces, ont créé des variétés de maïs qui nécessitent 1500 litres d’eau pour produire 1 kg de grains secs. Et maintenant, ces mêmes multinationales veulent boucler la boucle en réinventant l’eau tiède, à savoir en proposant des variétés génétiquement manipulées pour résister à la sécheresse. Tout en confisquant les variétés traditionnelles et en plaçant des brevets dessus. Vandana Shiva a récemment créé une liste [196] “Biopiracy of Climate Resistant Crops” de plusieurs centaines de variétés ou espèces traditionnelles résilientes de l’Inde qui viennent d’être brevetées par les multinationales pour leurs “gènes de résistance au climat”.

Donc, après avoir désertifié et salinisé les terres agricoles par le biais des monocultures et des fertilisants de synthèse et après avoir détruit ou confisqué toutes les anciennes variétés traditionnelles et résilientes, les multinationales se présentent comme les grands sauveurs des pauvres petits paysans qui ne mangent pas à leur faim. Elles vont inonder le marché de variétés résistantes “à la sécheresse, au réchauffement et autres changements et stress climatiques”. Et elles ne lésinent pas: selon le rapport de mai/juin 2008 d’Etc Group au Canada, BASF, Monsanto, Bayer, Syngenta, DuPont et leurs partenaires ont déposé 532 brevets sur des “gènes climatiques”. [114]

Monsanto (le N°1 de la semence) et BASF (le N°1 de la chimie), à eux deux, contrôlent 49% des 52 “familles de brevets” et ont établi un partenariat d’1,5 milliard de dollars pour intégrer des gènes de résistance au stress dans les plantes cultivées. (D’ailleurs l’un des maïs de Monsanto/BASF, supposément résistant à la sécheresse, s’est avéré une catastrophe totale dans des conditions de culture “normale” [171] [172]).

Il semblerait que Monsanto et BASF renouent avec leurs amours d’antan puisque Monsanto était partenaire d’IG Farben après la dernière guerre. BASF, ainsi que Bayer et Hoesch, sont les “filiales” du monstre Européen de la chimie. Comme le disait Homer T. Bone, le sénateur US: «IG Farben était Hitler et Hitler était IG Farben». Les usines de IG Farben ne furent pas pillonées par l’aviation “alliée” parce que Rockefeller avait 15 % d’actions dans la maison. C’est une très grande famille “multinationale”.

On éprouve parfois quelques réticences à remémorer de tels faits parce que l’humanité a la mémoire courte, très courte. On comprend aisément que, pour se protéger, la mémoire collective occidentale ne veuille pas s’encombrer de deux mille années de théologie de l’annihilation. L’inconvénient d’une telle auto-amnésie est que l’on oublie un peu trop facilement que le réseau mafieux qui emprisonne présentement l’humanité de ses “serres acérées” était là il y a 20 ans, 50 ans, 100 ans et même bien avant. Et le Codex Alimentarius est l’héritier direct de ces monstres de la chimie.

Et ces monstres de la chimie (qui s’auto-proclament les “sciences de la vie”), Monsanto, Bayer, BASF, DuPont, Syngenta, Dow... sont ceux-là mêmes qui sont en train de terroriser l’humanité avec leurs chimères génétiques. Avec, comme cheval de Troie, la Fondation Rockefeller.

Et comme courroies de transmissions les inter-professions [111] et les organismes de recherche internationaux dont le mantra est “climat/sécheresse/transgénèse”: les CGIAR [110], Crop Life International [112], l’IRRI, l’International Rice Research Institute qui vient de signer un partenariat avec Syngenta en septembre 2009. [113] (Pour mémoire, Syngenta c’est Novartis, c’est le Paraquat [122], c’est le Cruiser tueur d’abeilles [123], ce sont les escouades de la mort qui exproprient et tuent les paysans au Paraguay, au Brésil [116] [121], etc).

En Afrique du moins, il ne prennent même plus la peine de mentir en prétendant que l’usage de leurs variétés transgéniques “écologiques” va permettre de diminuer le recours aux pesticides. Ainsi, Richard Shikuku, le directeur de “Agrochemicals Association” au Kenya a rassuré les vendeurs de pesticides qu’ils ne devaient pas craindre que l’introduction des OGMs élimine leur business. [18] (Les pesticideurs Africains commençaient à pâlir puisqu’il est stipulé dans de nombreuses études “scientifiques” que les OGMs permettent d’éliminer le recours aux pesticides!)

C’est ce que rapporte en juillet 2009 “African Agricultural Technology Foundation” [115] qui est financée par la Fondation Rockefeller, la Fondation Howard G. Buffett (seconde fortune au monde) et la Fondation Bill Gates (première fortune au monde) [20] et soutenue par Monsanto et BASF [19]. Monsanto et BASF confient des “transgènes” et du “matériau génétique” [21] à cette fondation qui vient de recevoir 47 millions de dollars, des deux fondations des magnats, pour créer des variétés de maïs résistantes à la sécheresse et au “changement climatique” dans les pays suivants [22]: Kenya, Mozambique, Ouganda, Tanzanie, et Afrique du sud. «La Fondation Africaine de Technologies Agricoles (AATF), organisation à but non lucratif basée à Nairobi, sera l’agence de mise en œuvre et supervisera les efforts pour s’assurer de la conformité légale du transgène de tolérance à la sécheresse de Monsanto dans les pays visés.» La Fondation Bill Gates aurait déjà investi près de 700 millions de dollars en Afrique pour développer des “technologies agricoles modernes” et se serait engagée à hauteur de 1,2 milliard de dollars. Bill Gates, ne l’oublions pas, a également investi beaucoup d’argent personnel dans des entreprises travaillant sur les biotechnologies et les nécro-carburants.

Une autre des principales courroies de transmission planétaires est l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications) [109], créé par la Fondation Rockefeller. Cette ONG est financée, entre autres, par Monsanto, Bayer, le Ministère de l’Agriculture US, CropLife International (BASF, Bayer CropScience, Dow Agrosciences, Dupont, FMC, Monsanto, Sumitomo and Syngenta ...), Vibha Agrotech (Inde: semences hybrides et transgéniques), JK Organisation (en Inde: pharmacie, biotechnologies, semences), Kilimo Trust (en Ouganda, centre de recherches agricoles financé par Rockefeller), Mahyco Research Foundation (en Inde, filiale de Monsanto), Bejo Sheetal Seeds (en Inde: semences hybrides). Elle a pour parrains: Swaminathan, l’homme de Monsanto en Inde, Dr. Richard B. Flavell (Ceres, biotechnologies, Californie, spécialisée dans les “gènes climatiques”) et Marc Van Montagu (OGMs, Belgique).

Un des documents 2008 de l’ISAAA “Tolérance à la sécheresse chez le maïs: une nouvelle réalité” stipule que: «La tolérance à la sécheresse apportée par les plantes biotech est perçue comme le caractère le plus important qui sera commercialisé durant la seconde décennie, 2006-2015 (...) Le maïs biotech/transgénique tolérant à la sécheresse est la plus avancée des plantes tolérantes à la sécheresse en développement. (...) Les plantes tolérantes à la sécheresse et à la chaleur auront un rôle de plus en plus important pour s’adapter à ces variations et à la tendance à long terme pour un environnement de production de plus en plus chaud et probablement sec. (...) Monsanto est considéré comme le chef de file dans la recherche pour la tolérance à la sécheresse chez le maïs. (...) Le niveau d’amélioration dépend du contexte génétique de l’hybride récepteur et varie, probablement, avec l’environnement. Il ne semble pas réduire les rendements dans des conditions sans stress, une condition importante pour que le transgène ait du succès en Amérique du Nord, étant donné que la grande majorité des transgènes testés ont un handicap de rendement. (...) Monsanto a récemment signé un accord avec BASF pour continuer à développer des germplasmes tolérants à la sécheresse et il semble que BASF distribue tous ces candidats de transgènes résistants à la sécheresse via le système de distribution des graines de Monsanto. (...) Pioneer Hi-bred a réalisé un programme de recherches actives pour la tolérance à la sécheresse basée sur des transgènes. Pioneer collabore avec Evogene, une compagnie israélienne spécialisée dans la génomique quantitative pour identifier des gènes putatifs ayant une tolérance à la sécheresse. (...) Syngenta fait un effort de recherche relativement similaire dans le domaine de la tolérance à la sécheresse. Ils ont réc

emment signé un accord de recherche avec Performance Plants Inc. pour avoir accès à leur technologie de protection du rendement (YYPT). (...) D’autres fournisseurs de gènes candidats comprennent BASF qui a un accord de recherche avec Monsanto. BASF a acheté la compagnie belge CropDesign en 2005 et cela lui donne accès aux gènes de tolérance à la sécheresse pour le riz. Dow s’est allié avec Syngenta et devrait fournir des variants de gènes de stabilisation du rendement codant pour l’ADP glucose pyrophosphorylase à Syngenta pour les tests. Dow a aussi des accords avec Monsanto sur la technologie de transformation multi-gènes (jusqu’à 8 transgènes à la fois). Bayer cherche des gènes qui réduisent les oxydants chargés induits par la sécheresse qui endommagent les tissus (par ex. PARP).»

Ce document de 25 pages est rédigé par le Dr. Greg O. Edmeades, un des anciens responsables du CIMMYT au Mexique (créé par Fondation Rockefeller), qui est mainenant l’un des centres du CGIAR (créé par la Fondation Rockefeller). Il décrit fort bien l’état actuel des recherches et l’implication de toute la mafia semencière dans le secteur “sécheresse/réchauffement climatique” et principalement sur le maïs qui est, rappelons-le, l’une des principales sources d’éthanol, un des nécro-carburants.

Précisons bien que l’étude d’ETC Group, portant sur les “gènes climatiques”, remonte à presque deux années et qu’elle ne prend sûrement pas tout en compte car il est difficile parfois de s’y retrouver dans cette jungle. Le nombre de brevets sur ces “gènes climatiques” est donc considérablement plus élevé que 532. L’African Centre for Biosafety vient de publier un rapport, en septembre 2009, analysant la situation, et en particulier pour l’Afrique [132]:

- Les multinationales ne se contentent plus de déposer leurs brevets climatiques sur des cultures majeures telles que le riz, le maïs et le soja: elles les déposent sur le millet, le teff, le plantain, le riz Africain, le sorgho...

- Des petites sociétés de biotechnologies alliées à Monsanto lancent des campagnes agressives de commercialisation de “gènes climatiques”. Ce sont par exemple Ceres, Mendel Biotechnology et Evogene.

- Evogene (Israël) est également en partenariat “climatique” avec Syngenta, DuPont, Bayer, avec Biogemma/Limagrain sur du maïs (2006) et Vilmorin/Limagrain sur de la tomate (2008) et même avec le CIRAD Français sur du coton (2004). [131] Evogen est aussi une société pharmaceutique qui a annoncé en mai 2009 le développement de systèmes multi-facettes capables de diagnostiquer la grippe H1N1. Evogene produit des nécro-carburants en Namibie. Evogene, par exemple, dans un seul brevet (WO2009013750), revendique 700 séquences génétiques corrélées au “climat”. Le brevet s’applique donc à n’importe quelle plante contenant ces séquences: tomate, aubergine, manioc, arachide, blé, coton, etc.

- La société Ceres est encore plus agressive dans ses brevets. Certains revendiquent la propriété de “séquences génétiques climatiques” que l’on retrouve dans tous les monocotylédones et dicotylédones. Ceres est également très impliquée dans les séquences génétiques des cultures de nécro-carburants.

Ainsi que l’indique l’ONG Africaine, il faudrait des centaines de pages pour décliner toutes les prétentions débiles de ces voleurs de gènes. Leur monopoly génétique planétaire, les multinationales l’appellent maintenant “la révolution bleue, goutte à goutte, gène à gène”.

Et cette révolution “gène à gène”, la Fondation Rockefeller affirme en avoir financé les recherches depuis 65 ans. Ce qui nous ramène à la seconde guerre mondiale. Je n’ai pas trouvé de documents validant cette déclaration, le 17 octobre 2008, de la présidente de la Fondation Rockefeller, Judith Rodin. [176] Elle faisait peut-être référence au fait qu’en 1943, le co-découvreur de l’ADN, James Watson, était subventionné par la Fondation Rockefeller. [192] Ce qui est sûr, c’est que dès 1982, [177] la fondation se lançait à fond dans la course au “golden rice”, le riz à la vitamine A, réputé pour conférer la dose quotidienne de vitamine A à condition d’en consommer des kilos. Dès 1986, Swaminathan, l’ami de Monsanto, et le pilier de IRRI/Rockefeller, se faisait le promoteur des OGMs dans le magazine Times of India. La fondation Rockefeller a travaillé sur les OGMs depuis des décennies, dans ses propres laboratoires, et elle affirme avoir formé, de par le monde, plus de 400 scientifiques aux biotechnologies. S’il est clair qu’elle n’a, par la suite, jamais investi de sommes financières à la hauteur de ce que firent les multinationales de l’agrochimie, il reste qu’elle fut le moteur de cette seconde révolution agricole génétique tout autant que de la première “révolution verte”.

Précisons bien évidemment que ce terme de “révolution” que nous utilisons, de façon récurrente, est le terme utilisé par cette agriculture mortifère. C’est avant tout une vaste entreprise de démolition des agricultures traditionnelles et des tissus sociaux traditionnels. C’est une vaste campagne de terrorisme agricole à l’échelle planétaire. Les mots sont piégés et nous sommes parfois contraints d’utiliser le langage à double sens, et d’inversion des valeurs, mis en place par l’élite globaliste: leur novlangue. Ce n’est pas de “révolution verte” qu’il faut parler mais bien de terrorisme chimique ou d’agriculture de guerre. L’agriculture moderne occidentale chimique est une agriculture de mort.

Même la Banque Mondiale y va de son refrain sur la “révolution verte”. En effet, selon les derniers rapports, préparés pour le Sommet de Copenhague, de la Banque Mondiale et du Cnuced (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), le climat pourrait devenir la révolution verte pour les pays en développement. La Banque Mondiale évoque qu’un “monde intelligent” sur le plan climatique est à portée de main. La fourberie de ces institutions n’a pas de limites et les mots n'ont plus de sens. [211] [212]

Des nécro-carburants pour “refroidir” la planète: l’Effet de Serfs

L’imposture du “refroidissement” de la planète par les “nécro-carburants” repose sur deux mensonges:

1. Il existe une corrélation entre les températures présentes (qui malgré le battage médiatique n’ont pas augmenté depuis 1998) et la concentration de CO2 dans l’atmosphère. [85] [86] [87].

2. Les nécro-carburants produisent moins d’émissions de CO2 que les combustibles fossiles.

En 2009, ce sont 104 millions de tonnes de céréales qui seront brûlées pour fabriquer de l’éthanol pour les véhicules des Occidentaux [28]. Ces 104 millions de tonnes pourraient nourrir 100 millions de citoyens US qui consomment un peu plus d’une tonne de céréales par an. Les mêmes 104 millions de tonnes pourraient nourrir 700 millions de personnes en Inde ou en Afrique qui consomment 150 kg de céréales par an. [23] [24] [25] [26] Nous répétons 700 millions de personnes en Inde ou en Afrique durant une année.

Au Brésil, en 2009, ce sont 7,7 millions d’hectares de canne à sucre qui vont être récoltés dont 55 % sont consacrés à la production d’éthanol. [27] Ce sont donc, pour la seule canne à sucre au Brésil, 4,2 millions d’hectares de terres arables qui vont produire 27 milliards de litres d’éthanol.

En 2009, en sus de la surface utilisée pour récolter 104 millions de tonnes de céréales, combien de dizaines de millions d’hectares ont-ils été réquisitionnés pour cultiver de la canne à sucre, du soja, du tournesol, du palmier à huile, pour la fabrication d’éthanol et d’agro-diesel sur toute la planète?

Nous l’avons affirmé à maintes reprises: nous pouvons, dans les régions chaudes du globe, avec de l’eau, nourrir 20 personnes par hectare, et par an, en régime végétarien avec des techniques agro-écologiques intensives. Chaque dizaine de millions d’hectares correspond donc à l’alimentation potentielle de 200 millions d’êtres humains.

En début 2007, dans mon article “Mettez du sang dans votre moteur: la tyrannie des nécros-carburants”, j’avais déjà évoqué les Terres Vierges estampillées “Label aux barils dormants”!

“L’Amérique latine constitue un énorme gisement pour la spéculation éthanolesque. Olivier Combastet, un banquier français qui a lancé Pergam Finance, un fonds d’investissement, affirme que «les centaines d’hectares de mais et de soja disponibles, par exemple en Uruguay, sont autant de barils dormants de carburant vert du style éthanol dont la demande mondiale devrait exploser dans les années qui viennent» [97]. Tous les grands princes de la pétrochimie et de la finance “carburent vers” l’Amérique Latine pour réveiller la “Belle aux barils dormants”!”

A ce sujet, la participation de Mr Al Gore, en mai 2007, au “Premier Congrès Américain sur les Biocarburants” [64] (un symposium sur les OGMs/nécro-carburants avec Monsanto, Syngenta, etc), dont il donna la conférence d’introduction, provoqua l’indignation de toutes les organisations paysannes [61] [62] [63] qui accusèrent Al Gore de faire une opération de propagande pour l’industrie des nécro-carburants. Elles dénoncèrent l’éviction des petits paysans de leurs terres et l’obligation des moyens paysans de louer leurs terres aux cartels du soja et dénoncèrent la responsabilité de Monsanto, Syngenta, Nidera, Bunge, ADM, Cargill, Repsol-YPF, Petrobrás, Shell, Exxon, Mobil, BP, etc. [65]

Al Gore refusa de rencontrer les délégués des organisations paysannes qui ne pouvaient pas assister au symposium en raison de l’entrée à 500 dollars. D’ailleurs, à quelques semaines près, Al Gore manqua de peu la neige à Buenos Aires qui n’avait pas connu ce phénomène depuis 1918. Sans doute un clin d’oeil de Gaïa! Al Gore fit également le discours d’introduction du World Biofuels Congress à Bruxelles en mars 2007.

On pourrait également évoquer le scandale de l’implication de WWF dans le soja “durable” en Amérique latine, ce qui fait poser la question suivante à l’organisation GRAIN de Barcelone: “Rendre plus verte l’industrie ou industrialiser la verdure?”[186]

Et ne parlons même pas du traître Lula: «La question de l’éthanol fait particulièrement débat au Brésil. Lula – et beaucoup de militants de gauche brésiliens, y compris Marina Silva - rejettent vigoureusement les critiques émanant des pays du Nord ou de la Banque mondiale concernant le développement des agrocarburants, principalement de l’éthanol à base de canne à sucre. Ils considèrent que le Brésil a le droit d’affirmer sa puissance économique en exploitant ses ressources naturelles de façon durable : la substitution de l’éthanol – une énergie renouvelable – aux combustibles fossiles serait une contribution majeure à la lutte contre le réchauffement et un « outil de solidarité avec les pays pauvres » (dixit Marina Silva) qui pourraient ainsi se procurer une énergie bon marché. La surface plantée en canne à sucre, aujourd’hui 70 000 km2, va passer à 120 000 km2 en quatre ans – mais cela représente à peine 1% de la surface agricole potentielle selon Marina Silva. En outre le climat amazonien étant impropre à la culture de la canne à sucre, l’Amazonie ne serait pas menacée par l’éthanol.» [216]

Les nécro-carburants sont maintenant en train de recouvrir inexorablement tous les continents de la planète. Toutes les multinationales se sont investies dans le secteur: les banques, les cartels de l’agrochimie, les pétroliers, les constructeurs d’automobiles, les géants de l’agro-alimentaire, etc.

Ainsi que le dit fort justement Walter Haefeker: «Le développement du génie génétique dans le domaine agricole est désormais promu au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. L’argument est à la mode et donne un petit air écologique fort seyant à des pratiques qui négligent souvent toute exigence environnementale. (...) Ceux qui font les grands profits sont les industries agricoles, de biotechnologie et de chimie, ainsi que les industries de raffinage et de carburants et le commerce mondial avec les matières premières d’origine végétale comme l’huile de palme, le colza, le maïs et la canne à sucre. (...) Les soi-disant « sauveteurs du climat » de sociétés comme Bayer, BASF, Syngenta et avant tout Monsanto y trouvent un champ d’activité spécialement intéressant. Ces producteurs de pesticides et de semences génétiquement modifiées voient leurs chiffres d’affaires toujours freinés par les consommateurs. Dans l’alimentation, l’utilisation de pesticides n’arrête pas de subir des critiques et les OGM ont vite été éliminés des rayons des supermarchés. Dans le domaine des matières premières d’origine végétale on a bon espoir de pouvoir éviter de tels problèmes. Tant que les plantes ne finissent pas sur l’assiette du consommateur, on compte avec peu de résistance contre l’utilisation du génie génétique et de pesticides. En plus, la politique peut faire que le consommateur soit éliminé de la chaîne de décision.» [191]

Les paysans et les paysannes sont délogés de leurs terres, parfois par communautés villageoises entières tel qu’en Colombie ou au Paraguay. Il en est de même en Afrique où les premiers témoignages de paysans “déplacés” commencent à se faire entendre. [117]

Les nations les plus “vigilantes” succombent néanmoins aux sirènes des nécro-carburants non-alimentaires, tel que le jatropha. Ce que l’on ne dit jamais, c’est que les monocultures de milliers d’hectares de jatropha crèvent de maladies et qu’elles ne peuvent croître que grâce à l’artillerie lourde des pesticides. [98] [99]

Les multinationales, les gouvernements, les scientifiques à la botte, continuent de propager le mensonge de la “vertu refroidissante de la planète” des nécro-carburants qui émettraient moins de CO2 que le pétrole alors que c’est en fait strictement le contraire lorsque l’on prend en compte toute la chaîne de production. Le problème du CO2 étant un faux problème puisqu’il n’existe aucune corrélation entre le CO2 et la température planétaire, il reste que les nécro-carburants sont une gigantesque fumisterie: pour produire 1 litre d’éthanol aux USA, il faut utiliser 500 grammes de charbon pour brûler 2,5 kg de maïs qui auront nécessité 2000 à 3000 litres d’eau durant leur saison de culture. [96]

Certains analystes estiment que, durant la dernière année et demie, ce sont plus de 33 millions d’hectares (près de deux fois la surface agricole de la France) qui ont été achetés par des “corporations” ou des gouvernements dans une douzaine de pays (et principalement sur le continent Africain) pour produire du riz, du coton, des aliments pour l’homme ou pour le bétail et bien sûr des nécro-carburants à base de maïs, de canne à sucre, etc. [127] [128] Même le CGIAR est impliqué dans ce vol de terres. [198] En voici quelques exemples:

- Au Laos et au Cambodge, les gouvernements ne savent plus du tout ce qu’il reste de terres nationales: les gouverneurs locaux dilapident les terres vers les plus offrants.

- Un partenariat est en pourparler entre le Pakistan et le Qatar: s’il aboutit, 25 000 villages seront “déplacés” dans la région du Punjab, la plus fertile. Un autre projet Pakistanais, en cours de signature, est d’offrir des milliers d’hectares à l’Arabie Saoudite pour cultiver des produits alimentaires. Ces terres seront alors sous protection de l’armée Pakistanaise qui envisage de déployer 100 000 soldats à cet effet.

- Depuis les années 1990, la Chine a envahi l’Afrique avec ses biotechnologies et ses colons: elle a présentement 1100 experts agricoles et plus d’un million de travailleurs agricoles sur le terrain. Parmi de multiples projets, signalons le partenariat financé par la Fondation Bill Gates “Green Super Rice for the Resource Poor of Asia and Africa”, en mars 2009, et qui touche sept pays Africains. [124]

- La société Indienne Karuturi Global possède 300 000 ha de terres, principalement en Ethiopie et au Kenya. [125]

- Le gouvernement de Ravalomanana fut renversé à Madagascar lorsque le peuple s’aperçut que quasiment la moitié de la surface arable du pays (1,3 million d’hectares) avait été cédée (sur un bail de 99 ans) au constructeur automobile sud-coréen Daewoo pour la culture de maïs et la production d’huile de palme, pour les nécro-carburants. [126] Une nouvelle transaction vient d’être révélée, dans la région de Sofia, portant sur 170 914 hectares cédés à l’entreprise Indienne de Bombay, Varun International.

La transaction est parfois discrète et implique une “location” de terrains sur des dizaines d’années:

- En Sierra Léone, la société Quifel Natural Resources [118] (nécro-carburants à base de tournesol, palmier à huile, ricin, jatropha...) vient de signer un bail de 50 ans avec une chefferie de Koya. [119]

- A Madagascar, dans le district de Vohémar, en avril 2009, le constructeur automobile sud-coréen Daewoo, encore lui, a fait pression sur les populations pour saisir 10 000 ha de terrains d’un seul tenant (une location gratuite!). L’objectif est de virer les planteurs de vanille pour y cultiver du maïs pour les nécro-carburants. En effet, la culture de vanille ne contribue pas au refroidissement de la planète! [117]

- Au Mali, le gouvernement de la Libye (par l’entremise de la CEN-SAD et de la société Malibya) vient de se faire offrir 100 000 ha dans la région de Macina (la principale zone rizicole du pays) et requiert du gouvernement Malien la priorité sur l’eau d’irrigation du Niger en contre-saison, lorsque le niveau est au plus bas. [120]

L’Afrique est considérée comme la “dernière frontière” de la société Occidentale mortifère. Cette année, lors du symposium “Global AgInvesting 2009” à l’Hotel Marriott à New York (droit d’entrée de 1995 dollars), les agro-industriels de la faim se frottaient les mains: augmentation de la population, baisse des réserves alimentaires, production alimentaire déplacée par les nécros-carburants... Les retours sur investissements sont de l’ordre de 20 à 30 %, une manne à notre époque de “crise”. [130] Les grandes sociétés financières sont en train d’investir dans l’agriculture. Goldman Sach vient d’investir 300 millions de dollars dans des fermes de poulets en Chine. Philippe Heilberg (Jarch Capital), se détournant du pétrole pour l’agriculture, loue 400 000 hectares au Soudan et envisage de reprendre 600 000 autres hectares. Au Kenya, dans le delta de Yala, le groupe agro-industriel US Dominion Farms a établi une colonie sur 3600 hectares, avec un bail de 45 années, et un coût locatif de 12 000 euros par an. Des cacahuètes.

Susan Payne, la propriétaire du plus grand fonds terrien en Afrique du sud (170 000 hectares) ne parlait, à ce symposium New-Yorkais, que de résoudre le problème de la faim dans le monde mais ses présentations en “power-points” conviaient un autre langage: soja transgénique et “frontière alpha”.

Une fois l’Afrique complètement dévastée, la théologie de l’annihilation pourra enfin trouver son repos bien mérité. Et les machines-robots prendront la relève. Gageons que d’ici quelques années, si les criminels ne sont pas stoppés, les cultures de nécro-carburants auront recouvert ce continent qui regorge de “terres vierges aux barils dormants” et qui, de plus, est très riche dans son sous-sol: pétrole, diamant, uranium, zinc... Comme le déclarait déjà en 2002 Walter Kansteiner, le secrétaire d’État US adjoint à l’Afrique: «Le pétrole d’Afrique de l’Ouest a acquis un intérêt stratégique national pour nous». Justement à l’époque même ou Monsanto commençait à envahir ces nations avec des OGMs illégaux. [84]

Et, en plus, l’Afrique est sous-peuplée et elle le sera bientôt encore plus (sous-peuplée) car le dépeuplement programmé est bien avancé.

“Un enfant qui meurt de faim, c’est un enfant que l’Occident assassine”

Mr Jacques Diouf, Directeur de la FAO, lors de son discours d’introduction au Sommet Mondial de l’Alimentation de novembre 1996, déclara: «Ce budget [celui de la FAO] est pourtant inférieur au coût de 6 jours de nourriture pour chiens et chats dans 9 pays développés et représente moins de 5% des dépenses annuelles en produits amaigrissants effectuées par les habitants d’un seul pays développé, pour combattre l’excès de nourriture».

La main sur le coeur, ils avaient tous promis, lors de ce sommet, que d’ici 2015, la moitié des affamés (à l’époque plus de 800 millions d’êtres humains) ne le seraient plus.

En juin 2008, encore à Rome, ils étaient de nouveau tous réunis, les présidents, les premiers ministres, les oligarques, les ploutocrates, les grands voyous de la finance, les dictateurs, les marionnettes... entourés de plus d’un millier de journalistes: c’était la “Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale: les défis du changement climatique et des bioénergies”. Promis, juré, les engagements pris en 1996 - 12 ans auparavant - seraient honorés et les nations solidaires n’allaient pas tarder à considérer à envisager de commencer d’activer la fraternité, bla bla bla...

Dénotant au milieu d’un concert de platitudes, de mensonges et de promesses d’ivrognes, le discours de Mr Jacques Diouf fut d’une lucidité implacable; il annonça la couleur, sans ambages: ramenez 30 milliards dans la caisse chaque année et le problème sera réglé. Il énuméra les 1200 milliards de dollars en armements en 2006, les 100 milliards de dollars d’aliments gaspillés dans un seul pays, les 372 milliards de dollars de subventions agricoles dans les pays occidentaux, les 100 millions de tonnes de céréales transformées en éthanol en 2006, etc, etc...

Au vu des engagements financiers réels des nations, Mr Diouf affirma que «avec les tendances observées, l’objectif du Sommet serait atteint en 2150 au lieu de 2015»!

En 2009, la FAO annonçait que l’on avait dépassé le milliard d’affamés sur la planète... déclaration empreinte d’euphémisme si on ne précise pas également que plus de 30 000 personnes meurent de faim tous les jours, principalement des enfants. 30 petits milliards de dollars! Soyons réalistes, cela fait des dizaines des années que tout le monde pleurniche sur le sort des affamés et que rien ne se passe. Au risque de paraître impertinent, je serais tenté de demander si la solution à la faim, entrevue par toute cette gente soit hypocrite soit mafieuse, ne serait pas une solution de la fin: à savoir - à l’image des monothéistes qui brûlaient les corps des Indigènes Païens pour sauver leur âme - de liquider les affamés une bonne fois pour toutes afin de régler leur problème alimentaire.

Véritablement, ainsi que le dit Jean Ziegler, ancien rapporteur de l’alimentation à l’ONU: «un enfant qui meurt de faim, c’est un enfant que l’Occident assassine».

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Published by Eva R-sistons - dans Eugénisme
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