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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 10:26
Les effets de la crise mondiale d’octobre 2008 : la crise de l’endettement des Etats
Les effets de la crise mondiale d’octobre 2008 :
la crise de l’endettement des Etats
 
Historiquement, le problème de la dette publique est à l'origine de la science économique puisque « économie politique » signifie étymologiquement « gestion de l'État », encore que les premières réflexions économiques, d'Aristote aux mercantilistes en passant par les scolastiques, se centrent toutefois presque exclusivement sur la monnaie. La science économique récemment a dépassé cette vision restrictive en essayant de comprendre que le problème des finances publiques est plus vaste et détermine fondamentalement la richesse des Nations, en fait le fonctionnement de l’économie tant au niveau local que mondial et la crise récente de l’endettement public interpelle tant la théorie économique que la politique socio-économique des Etats  
 
 
 I-Eviter les confusions entre les concepts  
 
 
 
 Souvent l’on ne différencie pas exactement ente le déficit budgétaire, la dette publique extérieure en différenciant le stock de la dette du service de la dette , flux  qui est le paiement des intérêts et la dette publique intérieure. Le déficit budgétaire est un sous-produit naturel de l'action politique Le déficit budgétaire est la situation dans laquelle les recettes du budget de l’État sont inférieures aux dépenses. Il s’agit donc d’un solde négatif. Pour financer son déficit, l’État est obligé d’emprunter.
La dette de l’État se définit quant à elle comme l’ensemble des emprunts effectués par l’État, dont l’encours (montant total des emprunts) résulte de l’accumulation des déficits de l’État. Elle ne doit pas être confondue avec la dette extérieure, constituée de l’ensemble des engagements des agents économiques d’un pays (particuliers, entreprises..), et non seulement de l’État, vis-à-vis de prêteurs étrangers avec la dette publique, qui correspond à la dette de l’ensemble des administrations publiques, des collectivités territoriales et des organismes de Sécurité sociale. Par ailleurs, le déficit budgétaire est un flux, c’est-à-dire une grandeur économique mesurée au cours d’une période donnée (ex : un an), alors que la dette est un stock, à savoir une grandeur économique mesurée à un moment donné. Ces deux données, bien que différentes, sont liées : le flux du déficit budgétaire vient alimenter l’encours de dette, qui en retour agit sur le niveau de déficit par l’augmentation des intérêts versés, qui sont une charge (dépense) budgétaire La succession des déficits favorise l’apparition de nouveaux déficits. En effet, en gonflant la dette, elle provoque un effet "boule de neige". La dette des administrations publiques s’accroît ainsi selon un processus auto-entretenu, la charge d’intérêt qu’elle produit conduisant à augmenter le déficit et donc à accroître encore l’endettement de l’État, et la charge des intérêts. Dans une intéressante contribution au journal financier les Echos en date du 07 mai 2010 Mathieu Delouvrier président Swensee sous le titre « Les chiffres nous trompent sur l'endettement des Etats je le cite « L'information est incomplète et souvent peu fiable. L'Etat est chargé de tenir des comptes sur ses propres opérations et de tenir à jour les comptes de la nation. En fait, il faut identifier les ressources qu'un Etat peut mobiliser pour rembourser sa dette. Il s'agit principalement des impôts et taxes, excluant les revenus du secteur privé, qui sont déjà taxés, mais aussi ceux des collectivités locales ou des organismes de sécurité sociale. Ainsi, au 31 décembre 2009, l'encours de la dette de l'Etat par rapport aux recettes budgétaires s'élevait par exemple à 674 % pour les Etats-Unis (54 % du PIB), 535 % pour la France (76 % du PIB) ou 452 % pour la Grèce (113 % du PIB). Dans la présentation budgétaire, les nouveaux emprunts sont la plupart du temps présentés en net, c'est-à-dire après déduction des remboursements. Cela occulte les ordres de grandeur des montants bruts. Par exemple, l'Etat américain a émis en 2009 un montant de bons du Trésor équivalant à 60 % du PIB (10 % en net) mais aussi à environ 7,5 fois les recettes budgétaires de l'année. Ainsi, on peut noter aussi que le service de la dette, comprenant le remboursement du principal et le paiement des intérêts, représentait en 2009 les trois quart des recettes budgétaires de l'Etat grec (20 % pour les intérêts seuls) et plus de deux fois celles des Etats-Unis (34 % pour les intérêts seuls).Cette analyse  de l’opacité de l’information relative à la dette est argumentée pour les USA, dans une étude fouillée de Onubre Einz dans http://criseusa.blog.lemonde.fr/2010/05/01/ je le cite « les Usa-sont insolvables ? », les chiffres concernant la dette souveraine américaine ont une particularité, leurs citations s’accompagnent souvent des plus grandes confusions. La dette fédérale souveraine des USA était de 12311 milliards de dollars (Md de $) au 31-12-2009, soit 86 % du PIB (a+b), la dette de marché constituée de titres négociables et non-négociables étant de 7811 Md de $, soit 54 du PIB. C’est souvent elle qui est utilisée pour calculer le poids dépenses publique en % de PIB, alors que la part de la dette couverte par les excédents des fonds sociaux (Funds et Trust funds américaines) était de 4500 Md de $ soit 31 % du PIB (b). Mal connue, cette partie de la dette souveraine étant souvent occultée. La dette des « administrations étatiques et locales » (state and local governments) est de 2362 Md de $, soit 16 % et devrait être intégrée à la dette souveraine des USA car elle est un élément de l’endettement public du pays ». Et pour cet auteur de conclure : le chiffre de l’endettement public est donc de 14673 soit 103 % du PIB.
 D’autres sources avancent pour éviter cette confusion que face à une dette extérieure grecque de 300 milliards d’euros, mais inclus la dette interne des industries et des institutions publiques envers les banques privée de l´ordre de 200 milliards €, celle des ménages de 400 milliards €, nous aurons 900 milliards d’euros soit plus de 1100 milliards de dollars au cours  du 12 mai 2010 alors que le produit intérieur brut n’est que de 290 milliards de dollars. Par ailleurs il faut comparer le comparable. Ainsi, en 2009 la France a 5millions de fonctionnaires pour 64 millions d’habitants, contre en Allemagne
3 millions pour 83 millions d’habitants. Mais attention à ce que l’on met dans la rubrique fonctionnaire du point de vue statistique : exemple en Suède sont considérés comme fonctionnaires l’Armée, la police, la justice et une infime segments des services publics , tout le reste est externalisé donnant la priorité à  la flexibilité de l’emploi , à la différence du modèle français où un fonctionnaire est supposé garder son emploi à vie, avec une exigence la qualité du service public du fait que le citoyen considère que le fonctionnaire est rémunéré grâce à ses impôts. Le débat porte donc surtout sur la rationalisation de certains segments, la majorité des experts considérant qu’il ay lieu de concilier l’efficacité et l’équité fiscale , d’où un large débat actuellement renforcer l’éduction et la santé - contenu dans l’indice du développement humain- considéré comme un investissement productif à moyen et long terme ce qui fait qu’existe une tendance à ce que la dépense publique durant une période donnée soit clairement inscrite dans les textes législatifs pour plus de transparence contrairement au cas de l’Algérie où les députés votent une loi de finances  mais ne suivent pas l’efficacité de la dépense du gouvernement.
Comme une fraction importante de la dépense publique toujours du point de vue statistique doit être également nuancée selon que l’on externalise comme aux USA où l’épargne des ménages est relativement faible (dominance des assurances privées et retraites par capitalisation à travers les fonds de pension ) ou les internalise comme en France où l’épargne des ménages est relativement élevée donnant  en termes de comparaison absolu des données presque similaires pour les transferts sociaux.  
 
 
 II-Crise par l’endettement public  
 
 Le G7 au 31 décembre 2009, totalise  30.000 milliards de dollars de dette publique depuis la crise. Pour l'exercice 2010, le gouvernement des Etats Unis américain a présenté un budget de 3 552 milliards de dollars reposant sur un déficit record de 1 750 milliards de dollars en 2009 (12,3 % du PIB, cinq fois le budget annuel de la France). Au déficit budgétaire de 2009, s'ajouteront les déficits de 2010 et 2011, chacun autour de 1000 milliards de dollars. Pour cette période triennale, le besoin en financement approcherait 3 000 milliards de dollars. Des déficits qui commencent à inquiéter les marchés, des marchés nerveux, inquiets de la situation excessive de l’endettement public de certains pays. La récente crise mondiale  d’octobre 2009 dont les ondes de chocs se font toujours sentir, la semi faillite récente d’Abou Dhabi, et de la crise grecque qui risque de s’étendre à d ‘autres pays européens plus fragiles comme le Portugal, l’Espagne et l’Italie et en cas d’une  non maitrise de la dépense publique à une hyperinflation mondiale. Le  ratio actifs / retraités est en forte baisse dans les pays industrialisés et si rien n’est fait, supposant le retour à une croissance solide, au Japon, la dette publique représentera 300% du PIB en 2020, 200% au Royaume Uni et 150% en France, Belgique, Irlande, Grèce, Italie et pour les Etats-Unis atteindrait 500% du PIB en 2040. Selon les statistiques données par le journal « Frankfurter Allgemeine début mai 2010 la dette publique pour les Pays-Bas étant de 234%, l’Irlande 222%, la Belgique 219%, le Portugal 197%, l’Italie 194%. Pour l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)dans son rapport de mars 2010, les trente pays les plus avancés du globe verront leur dette grimper jusqu’à 100 % de leur richesse produite en 2010, signalant le quasi-doublement de leur endettement en vingt ans, passant d’une crise des banques à une crise de l’endettement des Etats, dont actuellement l’endettement public de l’Europe est évalué 7000 milliards d’euros dont pour la France fin 2009, 1.489 milliards d’euros représentant 77,6 % du PIB en 2010, et d’ici à 2011, l88,2 % du PIB en Grande-Bretagne, 87,6 % en France et 79,7 % en Allemagne sans compter les pays de l’ex camp communiste ayant intégrés l’Europe dont la dette risque de ne pas être remboursée et le Japon où la dette publique du Japon atteindra 204 % du PIB en 2011 et son déficit budgétaire dépassera les 10 % de son PIB ce pays avec les USA à la différence de l’Europe( l’endettement extérieur étant plus faible et ayant une autonomie pour dévaluer )  peuvent monétiser leur dette « faire tourner la planche à billets » surtout pour les USA du fait du dollar comme monnaie internationale représentant actuellement plus de 60% des transactions mondiales expliquant les réticences à réformer le système monétaire
international) Alors que la BCE voit cette possibilité interdite par ses statuts, encore que la dernière réunion du 11 mai 2010 consacrée à la dette grecque permet à la BCE d’acheter la dette publique dans la zone euro, une initiative sans précédent qui marque un revirement de la stratégie de la Banque centrale européenne, jusqu'alors opposée à une telle mesure. Sur les 750 milliards d’euros du plan de soutien aux pays en difficultés, comme "mobilisables", c'est-à-dire n'existant pas encore, 60 milliards de prêts sont apportés par la Commission européenne, 440 milliards de prêts et garanties par les pays de la zone euro, le FMI pour un montant pouvant atteindre 250 milliards d’euros. Certes il faut relativiser car le produit intérieur global de l’Europe est de plus de 17.000 milliards de dollars moyenne 2009/2010 en 2010 contre 14.000 aux USA et qu’un taux de croissance se calcule à prix constants par rapport  à la période antérieure. D’où d’éviter le mythe, du moins à court terme  que la résolution de la crise mondiale proviendrait de la  Chine, en néant conscient d’un bouleversement géostratégique horizon 2015/2020, des pays émergents ( Brésil, Chine, Inde Russie ) qui ont misé sur la maitrise de la connaissance pilier du développement du XXIème siècle, avec une meilleure gouvernance, un PIB équivalent seulement à celui de l’Allemagne, certes avec un marché intérieur important mais un taux de croissance tiré par la dépense publique dépendante fortement pour ses exportations d’ une  reprise économique de l’Europe et des USA. Car, outre qu’il ya de ramener cela sur la population totale, et sur du PIB global ( le PIB pour la Grèce est sans commune mesure avec le poids de sa dette comparé  à la France et surtout à l’Allemagne deux pays qui détiennent la plus grande part de la dette grecque d’où leur implication non désintéressée ) , un taux de 10% d’accroissement sur une valeur faible donne  toujours une valeur faible alors que si l’on applique 1/2% sur une valeur plus forte , cela donne une valeur plus importante.  
 
 
 3.- Sans croissance, l’inflation est –elle la solution pour éponger la dette publique ?  
 
 Concernant la situation spatio-temporelle de la dette publique, les différents Etats au cours de leur histoire ont souvent eu recours à la dette pour faire face à de fortes dépenses, comme les guerres par exemple, mais après des périodes de forte augmentation, la part de la dette dans le PIB a été rapidement réduite, principalement en raison d’une forte hausse de l’inflation qui réduit la valeur réelle de la dette) et d’une croissance forte du PIB. Le recours à la dévaluation a également été fort pratiqué, y compris à des moments de l’Histoire où la monétisation des échanges n'était pas forcément la règle. En effet, les Etats développés misent sur une forte croissance pour pouvoir réduire les déficits budgétaires et diminuer l’endettement public, mais si la croissance ne dépasse pas 1 à 2% par an sur les années à venir, comment rembourser la dette? Certes existant d’autres options pour réduire la dette publique comme la pression fiscale ; mais le risque est la récession à la lumière de l’expérience nipponne de
1996 et la réduction des dépenses publiques mais se heurtant  aux mouvements sociaux. alors certains évoquent le recours à l’inflation comme une solution. Selon l’INSEE, pour la France un point d’inflation en plus donne autant de recettes fiscales qu’un point de croissance supplémentaire et dans sa note de conjoncture due mai 2010 la Deutsche Bank note  qu'une accélération de l'inflation de 2 à 8% entraînerait une baisse de 21% de la valeur de la dette publique mais avec le risque d’une hyperinflation compte d’une hausse inévitable du taux d’intérêt des nouvelles obligations. Mais l’inflation ne se décrète pas et est le produit de la régulation Or, à la différence de la période historique  des Etats Nations, l’économie actuelle est  globale et surtout l’introduction des pays émergents à très forte population comme la Chine, l’Inde, le Brésil dont le cout salarial est extrêmement bas ,  expliquant que les  banques centrales ont beau injecter des centaines de milliards de liquidité contribuant certes à des bulles d’actifs détruisant ainsi la liquidité injectée mais ayant un impact limité sur le processus inflationniste. D’où que l’inflation afin de réduire l’endettement ne peut provenir que  de la mise en place des taxes à l’importation expliquant les mesures récentes d’une taxe carbone, des droits et taxes des USA et de l’Europe vis à vis de la Chine afin de pousser ce pays à accepter de réévaluer sa monnaie et dans une perspective à moyen terme à sa réévaluation. Cependant, la valeur du dollar actuellement est largement tributaire  de la Chine , tout dépendant du maintien de la signature des Etats Unis et de sa capacité à refinancer ses déficits en recourant à l'endettement extérieur. C’est que la  résistance actuelle du dollar face à l'euro dans les années à venir( la situation actuelle étant conjoncturelle ) est liée à la liquidation par les investisseurs américains de leurs positions sur les marchés financiers internationaux. Mais demain, tout dépendra de l‘attitude de la Chine, premier créancier des Etats Unis.
Devançant le Japon, la Chine, forte de réserves de change considérables 2.000 milliards de dollars (20 % du PIB), est le premier créancier mondial des États-Unis. Au 1er mars 2009, elle détenait 712 milliards de dollars de bons du Trésor (selon les statistiques américaines). Si la Chine suspend l'achat de bons du Trésor, la valeur de ses avoirs libellés en dollars baissera fortement affectant par ricochet sa situation économique. Mais toute récession américaine ne peut qu’entrainer une baisse des exportations chinoises d’où en termes géo stratégiques le futur duo à la fois solidaire et contradictoire Chine USA horizon 20152020. Comme conséquence, si le scenario du repli sur soi se réalise, l’on pourrait assister à plus de croissance, plus d’inflation, permettant une dette publique maîtrisée mais durant une courte période avec le risque d’une implosion de l’endettement à moyen et long terme. Car, ces mesures protectionnistes et certaines dévaluations ou réévaluations par zones ( ne pouvant se faire que lorsque la monnaie est autonome -dollar, livre sterling, yen , Yan- mais pas individuellement au niveau de chaque pays de la zone euro puisque la monnaie est commune expliquant le dilemme grecque) s’ils ont un impact également sur la relance de l’économie interne à chaque zone
(re- localiser du travail quitte à ce que les produits soient plus chers ne feront que diminuer la taux de croissance à l’échelle mondiale pénalisant d’ailleurs les pays pauvres et émergents. Par ailleurs, outre les tensions monétaires par zones géographiques homogènes, cela va à contrecourant des règles de l’organisation mondiale du commerce et de la mondialisation, ce qui ne va pas sans nous rappeler les effets de la crise de 1929 dont le repli sur soi de chaque Nation a été dévastateur pour l’économie mondiale dans son ensemble sans compter les risques sociaux et politiques à terme : les guerres ont été malheureusement utilisées comme solution aux crises d’endettement des Etats avec  l’émergence de régimes nationalistes d’extrême droite fachistes. Quelle leçon tirer pour l’Algérie ?
 
 4- Les leçons pour l’Algérie  
 
 Le gouverneur de la banque d’Algérie a annoncé que le stock de la dette extérieure  à fin 2009 est de 3,9 milliards de dollars et le Ministre des finances que la dette publique interne est passée de 1 780 milliards de DA à fin 2006 à 1 050 milliards de DA à fin décembre 2007,à 733 millions fin octobre 2008 et à 500 millions de dollars selon la déclaration du 22 octobre
2009 du Ministre des Finances Cette situation financière a été permise depuis 2000 grâce au cours élevé des hydrocarbures Cependant, cette situation de relative aisance financière et de la stabilisation du cadre macro-économique et de la réduction de la dette publique doit être replacée dans son véritable contexte .C’est une condition nécessaire mais non suffisante autant qu’avoir des réserves de change dues essentiellement comme en Algérie à des facteurs exogènes. Rappelons le syndrome hollandais (beaucoup d’argent, corruption généralisée, et absence de création de richesses
durables) Les expériences historiques montrent clairement que le cadre macro-économique stabilisé est éphémère sans de profondes réformes micro économiques et institutionnelles qui seules permettent une croissance durable ce qui m’amène à traiter de l’effet de la dépense publique. Aussi, Les mêmes causes provoquent les mêmes effets. Car, l’on ne s’est pas attaqué aux causes originelles  de la dette publique et le risque est de revenir à la case de départ. Si l’on excepte  la mauvaise gestion de certaines entreprises publiques qui accaparent une partie importante du financement public, il ne faut jamais oublier l’administration et les services collectifs dont les infrastructures qui également accaparent une autre fraction actuellement plus importante La crise mondiale actuelle car que représente la somme modique de 150 milliards de dollars de réserve de cange, grâce aux hydrocarbures, devrait faire réfléchir les autorités algériennes, si l’on veut éviter des tensions sociales explosives horizon 2020 posant la question de la sécurité nationale, car tout est tiré en Algérie par la dépense publique qui a montré ses limites sous d’autres cieux.  C’est que nous avons assisté à des taux de croissance en hausse et des taux de chômage en baisse également artificiels. Pour preuve n’existe pas de corrélation entre les dépenses publiques 200 milliards de dollars entre 2004/2009, malgré la dévaluation du dinar moins de 3% d’exportation hors hydrocarbures, montrant que le blocage est d’ordre systémique,  et le taux de croissance inférieur à 3% pour cette période montrant un gaspillage des ressources rares car ces dépenses auraient du occasionner un taux de croissance supérieur à 9% comparé à des pays similaires, s’agissant d’éviter  de vendre des illusions de 5/6% de taux de croissance hors hydrocarbures car  plus de 80% de ces segments sont irrigués par la dépense publique via la rente des hydrocarbures ( secteur privé et public)  ne restant moins de 20% d’entreprises véritables créatrices de richesses. Qu’en sera t-il des dépenses monétaires de 280 milliards de dollars, alors qu’ils étaient prévues 150 milliards entre 2010/2013 sans vision stratégique et mécanismes de régulation où la corruption risque d’être multiplié par deux ? Il s’agit d’éviter de se réfugier dans le court terme comme cette analyse statique d’être braqué sure le cours  du pétrole et du gaz, du dollar et de l’euro sans objectifs stratégiques. Certes une  baisse du cours de l’euro réduit la facture d’importation( 60% dans cette zone) mais de l’autre coté une  hausse de la facture des importations en dollars , affaiblit les rentrées en devises , existant  des relations entre la hausse du dollar et la baisse du cours du pétrole, en précisant que l’élément déterminant est la croissance de l’économie mondiale, les hydrocarbures étant libellées en dollars ainsi que les la baisse de la cotation des fonds souverains du fait du placement d’une grande partie de nos réserves de change en bons de trésor, sans compter les taux d’intérêts des banques centrales très faibles pour ne dire nuls actuellement. Car, l’épuisement des ressources d’hydrocarbures est inéluctable , qui selon la majorité des experts  est de 16 ans pour le pétrole et de 25/30 ans pour le gaz( peut être moins si le gaz non conventionnel prend des parts de marché plus importants avec un prix de cession de 5/7 dollars le MBTU, étant depuis janvier 2010 à 4 dollars, l’Algérie devant vendre entre 9/13 dollars entre le GN et le GNL pour couvrir ses couts ) et tenant compte de la forte consommation intérieure. D’où l’urgence, d’un débat national, le dialogue politique, économique et social indispensable pour une bonne gouvernance, sur ce secteur propriété de toute la collectivité, dont la gestion doit être démocratisée, sur la gestion des réserves de change, autant qu’un débat national sans exclusive sur le devenir de l’économie algérienne. Il s’agit d’avoir une vision dynamique, donc d’entrevoir l’après hydrocarbures revoyant à l’urgence d’une gouvernance rénovée loin de cette vision de dépenses monétaires sans se préoccuper d’une bonne gestion et surtout dans des segments non créateurs de richesses à moyen et long terme.  
 
 En conclusion, face à cet endettement croissant des Etats nuisible à l’avenir de toute  l’humanité, la solution la plus fiable est une nouvelle régulation institutionnelle supranationale de l’économie mondiale évitant les effets pervers du marché liant la dynamique économique et la dynamique sociale, la sphère réelle et financière mettant dans le cadre d’une symbiose des relations entre le Nord et le Sud dont le destin est solidaire afin de permettre un sacrifice partagé face aux ajustements sociaux nécessaire condition d’ un retour à la croissance mondiale.
 
 Docteur Abderrahmane MEBTOUL Professeur d’Université en sciences économiques
 
ademmebtoul@gmail.com
 

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Published by Eva R-sistons - dans La crise
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