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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 05:07
voila ce que croit L’Egypte avec les NAZIES d'Israël... mais c est faut par HOUARI KADDOUR
http://chlef.centerblog.net/rub-Economie.html
(image posée par eva, trouvée sur Google)

 

 

Les manifestations en Tunisie ont eu un effet domino dans le monde arabe. L’Égypte, le plus grand pays arabe, est désormais galvanisée par un soulèvement populaire visant à déloger le régime Moubarak au Caire. La question suivante s’impose : si le régime était chassé, quelles seraient les conséquences? Les États-Unis, Israël et l’OTAN regarderaient-ils simplement les Égyptiens établir un gouvernement libre?

La parabole des dictateurs arabes est semblable à celle de la toile d’araignée. Même si l’araignée se sent en sécurité dans sa toile, celle-ci est en réalité l’un des foyers les plus frêles. Désormais, du Maroc à l’Arabie Saoudite, tous les dictateurs et tyrans arabes ont peur. L’Égypte est au seuil de ce qui pourrait devenir l’un des plus importants événements géopolitiques du siècle.

Les pharaons, anciens ou modernes, connaissent tous leurs derniers jours. Les jours de Moubarak sont comptés, mais les pouvoirs derrière lui n’ont toujours pas été vaincus. L’Égypte constitue une part importante de l’empire mondial des États-Unis et le gouvernement étasunien, Tel-Aviv, l’Union européenne (UE) et l’OTAN ont tous un intérêt significatif à maintenir un régime fantoche en Égypte.

 

En réalité, le gouvernement étasunien a œuvré contre la liberté dans le monde arabe et au-delà. Lorsque le président Obama dit qu’il devrait y avoir une période de « transition » en Égypte, cela signifie que Moubarak et le régime égyptien devraient demeurer intacts. Les États-Unis ne veulent pas d’un gouvernement populaire au Caire.


Martin Indyk est un ancien représentant de l’administration Clinton au Conseil de sécurité nationale, avec certaines responsabilités reliées au Moyen-Orient et au conflit israélo-palestinien, et est aussi étroitement lié à l’administration Obama. Il a déclaré au New York Times que les États-Unis doivent œuvrer à amener l’armée égyptienne à contrôler l’Égypte, jusqu’à ce qu’un « leadership politique modéré et légitime [puisse] émerger [1] ». Indyk a non seulement appelé à la mainmise de l’armée sur l’Égypte, il a également employé le double langage du département d’État étasunien. Ce que les représentants étasuniens entendent par « modéré » est une dictature ou un régime comme ceux de l’Arabie Saoudite, des Émirats arabe unis, de la Jordanie, du Maroc et de la Tunisie de Ben Ali. En ce qui a trait à la légitimité, aux yeux des représentants des États-Unis, elle signifie des individus qui serviront les intérêts étasuniens.


Tel-Aviv est beaucoup moins évasif que les États-Unis à propos de la situation en Égypte. Par crainte de perdre le Caire, Tel-Aviv a encouragé le régime de Moubarak à lâcher toute la force de l’armée égyptienne sur les manifestants civils. Il a également défendu Moubarak au niveau international. Le rôle principal de l’armée égyptienne a toujours été de contrôler le peuple égyptien et de garder le régime de Moubarak au pouvoir. Il s’agit par ailleurs de la seule raison d’être de l’aide militaire des États-Unis à l’Égypte.



 

L’Égypte révolutionnaire : un second Iran au Moyen-Orient?

Si les Égyptiens arrivaient à mettre en place un nouveau gouvernement réellement souverain, cela équivaudrait à un second Iran au Moyen-Orient et provoquerait un important changement géopolitique régional et mondial. Les intérêts des États-Unis, de la Grande-Bretagne, d’Israël, de la France, de l’UE, seraient aussi profondément affectés et paralysés par ce qui correspondrait à une perte colossale, semblable à celle de l’Iran en 1979.

Si un nouveau gouvernement révolutionnaire émergeait au Caire, les faux pourparlers de paix israélo-palestiniens prendraient fin, la famine des Palestiniens dans la bande de Gaza cesserait, la pierre angulaire de la sécurité militaire israélienne disparaîtrait et l’Awliyaa (alliance) irano-syrienne pourrait compter un nouveau membre important.


Lors d’un discours, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a exprimé les craintes de Tel-Aviv concernant l’alliance de l’Égypte à l’Iran et l’ouverture d’une nouvelle porte à l’influence iranienne : « Téhéran attend le jour où la nuit tombera [sur l’Égypte] [2]. » Netanyahou a raison sur un point : le ministère iranien des Affaires étrangères surveille avidement les événements en Égypte et les Iraniens attendent la formation d’un nouveau gouvernement révolutionnaire qui pourrait rejoindre l’Iran et le bloc de la résistance. Téhéran est ravi et l’Iran vibre aux discours de ses représentants, lesquels croient qu’il s’agit d’un éveil islamique.

Alors que les membres arabes du bloc de la résistance [NDLT : Iran, Syrie Palestine, Resistance irakienne, alliance menée par le Hezbollah au Liban] ont fait des déclarations discrètes à propos des manifestations en Égypte, l’Iran, non arabe, a exprimé haut et fort son appui aux manifestants du monde arabe. La Syrie a fait des remarques feutrées craignant qu’une révolte n’éclate chez-elle.

 

Le Hezbollah et le Hamas ont également pris position timidement sur les manifestations qui ont lieu dans le monde arabe, car ils souhaitent éviter que les régimes arabes les ciblent et les accusent de se mêler des manifestations.


Chaque fois qu’ils en ont l’opportunité, les régimes arabes soi-disant « modérés » cherchent à diaboliser ces joueurs arabes. Par ailleurs, le gouvernement turc, lequel maintient des liens étroits avec les régimes arabes, a aussi été pratiquement silencieux à propos des manifestations.

Israël se prépare à la possibilité qu’un gouvernement inamical prenne le pouvoir au Caire et c’est ce qui se produira si les Égyptiens triomphent. Tel-Aviv a un plan secret de contingence en matière de sécurité militaire pour l’Égypte. Pour reprendre Netanyahou à la Knesset : « Un accord de paix ne garantit pas l’existence de la paix [entre Israël et l’Égypte], donc afin de protéger cet accord, ainsi que nous-mêmes, nous ferons appel aux mesures de sécurité sur le terrain si l’accord disparaissait ou était violé en raison d’un changement de régime de l’autre côté [3]. »


 
 


Menaces d’une intervention militaire des États-Unis, d’Israël et de l’OTAN en Égypte : Souvenirs de l’invasion de l’Égypte en 1956?


Il est également possible qu’une nouvelle guerre éclate avec Israël et même que les États-Unis et l’OTAN recourent à une intervention militaire en Égypte. La menace d’une telle intervention doit être considérée. En 1956, les Britanniques, les Français et les Israéliens ont conjointement attaqué l’Égypte lorsque le président Gamal Abdel Nasser a nationalisé le canal de Suez. En se remémorant 1956, les États-Unis et l’OTAN pourraient faire de même. Le général James Mattis, commandant de l’U.S. Central Command, a déclaré que les États-Unis traiteront avec l’Égypte « diplomatiquement, économiquement [et] militairement » si l’Égypte bloquait l’accès du canal de Suez aux États-Unis et à leurs alliés [4].
 
En 2008, Norman Podhoretz a proposé un scénario cauchemardesque impensable dans lequel les Israéliens occuperaient militairement les raffineries de pétrole et les ports du golfe Persique pour garantir la « sécurité énergétique » et lanceraient une attaque nucléaire soi-disant préemptive contre l’Iran, la Syrie et l’Égypte [5].

Cette année-là, les principales questions soulevées étaient : la « sécurité énergétique » pour qui et pourquoi attaquer l’Égypte, où le gouvernement Moubarak a été un fidèle allié d’Israël?

Les Israéliens attaqueraient-ils l’Égypte si un gouvernement révolutionnaire émergeait au Caire? C’est essentiellement ce qui s’est produit en Égypte quelques années après que Gamal Abdel Nasser eut pris le pouvoir des mains de Mohammed Naguib. Par ailleurs, une telle attaque militaire contre l’Égypte est-elle liée au plan secret de contingence en matière de sécurité militaire et à propos duquel Netanyahou a rassuré la Knesset?

 

Un tel scénario terrifiant, comprenant l’utilisation d’armes nucléaires, est-il un risque sérieux? Podhoretz a des liens étroits avec des représentants à la fois d’Israël et des États-Unis. Il convient également de noter que Podhoretz est un lauréat de l’U.S. Presidential Medal of Freedom (Médaille présidentielle de la liberté) pour son influence intellectuelle aux États-Unis et est l’un des premiers signataires du Project for the New American Century (Projet pour un nouveau siècle étasunien, PNAC) en compagnie d’Elliot Abrams, Richard Cheney, John (Jeb) Bush, Donald Rumsfeld, Steve Forbes Jr. et Paul Wolfowitz. Le PNAC a en gros exposé brièvement les plans visant à transformer les États-Unis en un empire mondial par le militarisme à l’étranger et la militarisation au niveau national.


« Le chaos administré » et les menaces de balkanisation en Égypte : le plan Yinon à l’œuvre?


L’Égypte ne peut plus être administrée par le régime Moubarak, les États-Unis, Israël et leurs alliés. Les États-Unis, Israël et leurs alliés travaillent donc maintenant à la division et à la déstabilisation de l’Égypte, l’État arabe le plus puissant, afin qu’aucun défi stratégique ne survienne au Caire. Les attaques contre les manifestants pacifiques sur la place Tahrir au centre du Caire par les voyous de Moubarak maniant des massues à dos de chameaux et de chevaux étaient un événement orchestré dans le but de créer un appui du public à l’extérieur du monde arabe en faveur d’un homme fort dictatorial au Caire. L’incident incarnait tous les stéréotypes et l’attitude orientalistes erronés concernant les Arabes et les populations du Moyen-Orient. Il ne serait pas surprenant que les États-Unis, Israël et la Grande-Bretagne y aient directement pris part ou joué un rôle de consultant.


Incroyablement loin de la réalité, les médias étatiques du régime Moubarak rapportent que ce dernier est appuyé par des millions d’Égyptiens et que l’approbation à ses plans de « gouvernement transitoire » est répandue. Dans une démonstration de désespoir, les mêmes médias étatiques tentent aussi de blâmer l’Iran et ses alliés arabes pour les manifestations en Égypte. Ils ont rapporté que des commandos iraniens et des forces spéciales, accompagnés du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien, ont rempli des missions de déstabilisation et de sabotage contre l’Égypte.

Ce genre d’accusations par le régime du Caire n’est pas nouveau. Le Yémen, Bahreïn, la Jordanie et Mahmoud Abbas font tous la même chose. À plusieurs reprises dans le passé, le régime Moubarak a blâmé l’Iran, le Hezbollah, le Courant patriotique libre, la Syrie et le Hamas de s’être mêlé et d’avoir incité à la révolte. Lorsque le Courant patriotique libre a critiqué le traitement des chrétiens égyptiens par le régime Moubarak, ce dernier a accusé Michel Aoun de sédition sectaire. Pour sa part, le Hezbollah a été accusé de tenter de semer le chaos en Égypte lorsque Hassan Nasrallah a demandé aux Égyptiens de manifester leur solidarité envers les Palestiniens et d’exiger que leur gouvernement permette que de l’aide humanitaire soit acheminée à la population de la Bande de Gaza.

Le chaos administré à l’œuvre


Bien que les voyous de Moubarak sèment aussi le chaos en Égypte pour tenter de garder son régime au pouvoir, la doctrine du « chaos administré » est employée par des acteurs externes avec en tête le plan israélien Yinon. Amener les Égyptiens à se battre les uns contre les autres et transformer l’Égypte en un État divisé et instable, tout comme l’Irak anglo-étasunien, semble être le but des États-Unis, d’Israël et de leurs alliés. Les tensions croissantes entre les Égyptiens musulmans et chrétiens, comprenant les attaques contre les églises coptes, sont liées à ce projet. Dans ce contexte, au treizième jour des manifestations en Égypte, l’église Mar Girgis dans la ville égyptienne de Rafah, près de Gaza et d’Israël, a été attaquée par des hommes armés en motocyclette [6].


La Maison-Blanche et Tel-Aviv ne veulent pas d’un second Iran au Moyen-Orient. Ils feront tout ce qu’ils peuvent pour prévenir l’émergence d’une Égypte forte et indépendante.


Pour les objectifs des États-Unis, d’Israël et de l’OTAN, une Égypte libre pourrait se révéler une menace bien plus grande qu’un Iran non arabe, au cœur du monde arabe.

Le retour de l’aigle égyptien en tant que champion arabe de l’indépendance?

Dans le monde arabe et en Afrique, l’Égypte a autrefois représenté un défi stratégique pour les États-Unis, Israël, la France et la Grande-Bretagne. L’Égypte nassériste a aidé la résistance algérienne contre l’occupation française, a soutenu ouvertement les Palestiniens contre l’occupation de leurs maisons par les Israéliens et la résistance yéménite contre l’occupation britannique du Yémen du Sud, a contesté la légitimité des Hachémites installés par les Britanniques et de la dynastie saoudienne appuyée par les États-Unis, et a offert son appui aux mouvements anti-impérialistes et de libération nationale. Sous un gouvernement révolutionnaire, étroitement lié à l’Islam ou non, le Caire pourrait donner au monde arabe un nouveau chef qui raviverait le panarabisme, rendrait Tel-Aviv encore plus nerveux dans ses tentatives de lancer des guerres et rallierait les Arabes et les autres peuples du monde dans une révolte contre la confédération mondiale formée par les États-Unis et leurs alliés. 

 

L’Égypte n’est pas encore libérée de son état de servitude. Les Égyptiens doivent également aborder le rôle du capitalisme mondial dans l’appui au régime Moubarak, tout en demeurant unis. S’ils réussissent, ils auront un impact majeur sur l’histoire et le siècle actuel.

 

Addenda

 

Après la publication du texte, le Hezbollah a publiquement appuyé les manifestations en Égypte. Le gouvernement de la bande de Gaza, dirigé par le Hamas, a également commencé à permettre la tenue de rassemblements en appui aux manifestants égyptiens, alors que Mahmoud Abbas et le Fatah en Cisjordanie les interdisent. Au Liban, le Hezbollah et ses alliés ont aussi tenu des rassemblements pour soutenir les manifestants égyptiens. À cet égard, l’Alliance du 14 mars, alliée du régime Moubarak au Liban, a sévèrement critiqué le Hezbollah et ses alliés politiques.  

Article original publié en anglais, The Division of Egypt: Threats of US, Israeli, and NATO Military Intervention? le 7 février 2011.

 


Notes

[1] Elisabeth Bumiller, « Calling for Restraint, Pentagon Faces Test of Influence With Ally » The New York Times 29 janvier 2011; Voici ce qu’a dit Indyk : « Maintenant nous devons nous concentrer à mettre l’armée dans une position qui lui permettra de diriger l’arène afin qu’un leadership politique modéré et légitime émerge. »

[2] Attila Somfalvi, « Natanyahu: Democratic Egypt no threat » Yedioth Ahronoth, 2 février 2011.

[3] Ibid.

[4] Adrian Croft, « U.S. sees Suez Canal closure as inconceivable » éditeurs Peter Griffiths et Elizabeth Fullerton, Reuters, 1er février, 2011.

[5] No rman Podhoretz, « Stopping Iran: Why the Case for Military Action Still Stands » Commentary Magazine, vol.125, no. 2, (février 2008): pp.11-19.

[6] « Church in flames in Egypt's Sinai: witness » Agence France-Presse (AFP),  6 février, 2011.

[7] « Senior US envoy presses for democracy in Tunisia » Agence France-Presse (AFP), 24 janvier 2011.

 

Mahdi Darius Nazemroaya est chercheur associés au Centre de recherche sur la mondialisation (CRM).

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23173

 

 

Egypte, lire aussi sur ce site :

 

Égypte, pourquoi c’est une révolte sociale

par Manlio Dinucci

 

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