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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 04:04

 

Jean-Jaurès01.jpg
Jean Jaurès Wikipedia

 

Gauche unitaire bretonne : Eléments pour un débat sur le socialisme.

Introduction à débat lors d'une réunion régionale portant sur la prochaine assemblée nationale de la Gauche unitaire.

Lorient le 5 juin 2010.

http:// amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1104

  Faite au pied levé (*), cette introduction ne pose que des pistes pour le débat du jour et plus largement pour la GU et le Front de Gauche.

 

I - ELEMENTS DE BASE SUR LE SOCIALISME

Il y a plusieurs façons de concevoir le socialisme car tous ne mettent pas en avant les mêmes critères distinctifs. On pourrait parler de façon ouverte au sein du Front de Gauche de socialismes au pluriel.

Voyons néanmoins quelques traits importants d’une matrice socialiste.

1 - Le socialisme fait prévaloir la valeur d’usage contre la valeur d’échange comme mode de développement alternatif.

A ce premier point s’en ajoutent d’autres pour certains ; notamment celles et ceux ceux qui défendent l’éco-socialisme.

2 - Le socialisme est une société qui n’est plus de façon dominante fondée sur l’appropriation privée des moyens de production et d’échange.

La propriété privée n’a pas disparue ni les rapports sociaux capitalistes qui vont avec mais ceux-ci ne sont plus dominants. Le principe est à compléter mais il fait bien parti des "fondamentaux" du socialisme qui sont à débattre.

3 - Classiquement le socialisme est la société de transition vers le communisme. Avec le socialisme les classes dominées deviennent dominantes.

C’est ce qui le distingue du communisme ou toute domination de classe a disparue. C’est ce qui le distingue aussi du mode de production capitaliste ou la classe bourgeoise est dominante face au peuple-classe.

Pour certains, cela arrive quand le peuple-classe est hégémonique dans un cadre national et qu’il devient nation. Pour d’autres le peuple-classe parvient au socialisme par la transcroissance des luttes au-delà des frontières nationales dans un cadre à minima continental.

4 - Les références du socialisme.

Le socialisme prend appui sur des références historiques nationales dans les deux perspectives sus-nommées. En France, il s’agit donc de revisiter la Commune de 1871, la dynamique du Front populaire de 1936, le mouvement de la Résistance de 1946 (cf son programme). L’existence de la Sécurité sociale fait figure de modèle.

Une VI ème République en serait le prolongement et une sorte de nouveau programme transitoire.

5 - Parenthèse sur l’instauration du socialisme.

Le modèle de la rupture révolutionnaire, issu de la révolution bolchevik de 1917 n’ est pas transposable tel quel. Il est soit à abandonner totalement -thèse du dépassement - soit à relativiser fortement au profit d’une longue montée d’un processus de socialisation au sein de la société civile toujours clivée par les rapports sociaux entre travail et capital. * Le dépassement laisse entendre une très longue période de lutte et de changements ou des conquêtes sociales et écologiques peuvent succéder à des reculs. * La rupture n’est pas nécessairement contraire à la vision gramscienne ci-dessus mais ajoute que tôt ou tard un rapport de force central intervient et qu’en cas de victoire doit être mis en place un dispositif alternatif de réformes radicales opérant "effet cliquet" de par sa constitutionalisation au sein d’un ordre juridico-politique nouveau. La phase de rupture signifie pour reprendre la formule de Lénine que les dominants ne veulent plus du pouvoir et que les dominés y sont candidats.

6 - Avec le socialisme, l’Etat est toujours là mais fonctionne différemment.

Or de par sa nature il ne peut fonctionner durablement au service des classes dominées, du peuple-classe. Il importe dès lors d’enclencher rapidement un processus de démocratisation pour le faire dépérir. Les modalités sont variables selon les écoles de pensée sur ce sujet.

7 - Le socialisme implique une transformation radicale du travail salarié.

Ce changement passe par le refus du travaillisme (travailler plus longtemps et plus vite) et par la réduction importante du temps de travail. Sous le socialisme à la différence du communisme le salariat existe toujours mais il change de nature. L’exploitation de la force de travail tend à disparaitre. Le travail domestique est pris en compte pour être partagé.

 

II - ELEMENTS POUR UN SOCIALISME NECESSAIREMENT DIFFERENT QUE CELUI DU XX ème siècle.

Le socialisme du XXI ème siècle est un néosocialisme car éloigné du "socialisme de caserne" du XX ème siècle. On pointera ici la reprise de quelques thèmes à propos de la vocation émancipatrice du socialisme.

8 - L’enjeu d’un néo-socialisme du XXI siècle porte sur la priorité donnée à l’extension de la démocratie et des libertés civiles, sociales et politiques le tout sans naïveté face à la réaction des forces conservatrices et pro-capitalistes.

9 - Le socialisme c’est aussi la démocratie socialiste bien différente de la démocratie sociale (qui laisse le noyau dur du capital) et à fortiori de la démocratie libérale qui réduit la vie démocratique à une peau de chagrin. Le socialisme va donc de pair avec une démocratisation poussée notamment contre les marchés et au sein des entreprises. L’appropriation publique puis sociale s’accompagne de la planification contre le marché (point de débat) et d’une introduction de l’autogestion contre la division du travail dans l’entreprise (autre point de débat).

10 - Le nouveau socialisme ne saurait s’accommoder d’une haute bureaucratie enrichie sur le dos de la société même si l’Etat n’a pas disparu. Il y a lieu de distinguer entre les fonctionnaires agissant pour la satisfaction des missions d’intérêt général des hauts fonctionnaires couche d’appui du capital (1).

11 - Le nouveau socialisme ne saurait non plus s’accommoder du racisme et du sexisme ainsi que du militarisme . Ces maux n’auront pas totalement disparus mais ils seront beaucoup plus largement réduits que sous le capitalisme.

12 - Enfin, on ne saurait oublier que le socialisme va de pair avec la laïcité. Si l’on ne parle plus d’un socialisme hors sol mais de celui pouvant émerger en France alors il importe de le replacer dans la perspective républicaine revisitée. Le tryptique républicain Liberté, Egalité, Fraternité (Adelphité) ne saurait se rapprocher de celui de la France de Vichy : Travail, Famille, Patrie.

13 - La mondialisation du socialisme comme marche vers le communisme . En ce sens, une autre République historique française est à proscrire : Le socialisme authentique ne saurait s’accommoder de relations impériales ou néocoloniales puisque sa tâche internationaliste est de favoriser la libération des peuples-classes doublement dominés, dominé principalement par l’impérialisme étranger et dominé secondairement par leurs propres bourgeoisies compradores au service du capital.

14 - Le peuple-classe devenu dominant n’est à priori pas non plus contradictoire avec la reconnaissance de droits des minorités nationales opprimées et donc de la reconnaissance des droits spécifiques quand à la langue et à la culture. On ne saurait cependant aller trop loin dans cette voie. L’ethnicisation du peuple-classe n’est pas selon moi à conforter. Mais ce n’est peut-être pas l’avis des bretons qui m’écoutent.

15 - Enfin le peuple-classe dominant aura reconnu des droits de citoyenneté à tous les résidents étrangers durablement installés sur le territoire, tant en France qu’en Europe.

 

Il me faut conclure.

16 - Le socialisme comme mot d’ordre de notre temps.

De tout cela on voit que le socialisme est une perspective émancipatrice qui émerge naturellement comme une alternative aux processus en cours : financiarisation, marchandisation généralisée, appropriation privée, invalidation de la démocratie au profit de la gouvernance, destruction des services publics, montée du travaillisme, etc..

Christian DELARUE

* La Gauche Unitaire avait déjà évoqué le socialisme dans son Manifeste - ENSEMBLE POUR CHANGER DE GAUCHE ! . Cette introduction ne reprends pas son contenu.

1) D’ou la nécessité, à mon sens, de lutter pour une fonction publique resserrée sur la grille des qualifications et contre une République bananière qui enrichie par le pantoufflage une mince couche de hauts fonctionnaires au service du capital. Mais je sors ici d’un simple présentation pour le débat.


Auteur : Christian Delarue - Source : http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=13322&rech=25050#13322

 

 

 

Le pouvoir de transformer le monde


La véritable alternative à une religion opium du peuple, ce n'est pas un athéisme positiviste, car le positivisme ce n'est pas seulement le monde sans Dieu mais le monde sans l'homme. La véritable alternative c'est une foi militante et créatrice pour laquelle le réel ce n'est pas seulement ce qui est, mais tous les possibles d'un avenir qui apparaît toujours impossible à qui n'a pas la puissance de l'espoir.
Ernst Bloch a eu le mérite de redécouvrir le fondement nécessaire de tout marxisme vivant qu'il appelle:"le principe de l'espoir".
La révolution n'est pas seulement une science, une philosophie ou une idéologie: elle est d'abord une manière d'agir, comme la foi. Refuser d'avouer ses postulats serait se couper de sa source. Il n'est pas vrai que l'on devient révolutionnaire simplement parce qu'on est malheureux, ou simplement parce qu'on nous a prouvé par voie démonstrative, "scientifique", la nécessité du socialisme.
Il est fort utile au révolutionnaire d'avoir fait l'expérience vitale du malheur, comme d'être capable d'esprit scientifique, mais ni sa misère ni sa science ne l'ont rendu révolutionnaire.
Au principe de toute action révolutionnaire il y a un acte de foi: la certitude que le monde peut être transformé, que l'homme a le pouvoir de créer du nouveau et que nous sommes personnellement responsables de ce changement.
Pour Ernst Bloch, la certitude que la réalité n'est pas seulement ce qui est mais ce qui naît d'un océan de possibles est un héritage des religions. Ce qu'il appelle une "métareligion".
Jürgen Moltmann, dans sa Théologie de l'espérance, répond à cette interpellation marxiste: l'expérience serait sans fondement si elle n'était ancrée dana la foi, qui est foi en la résurrection.
Avoir la foi, c'est espérer. C'est-à-dire percevoir les possibilités au-delà du réel immédiat. "L'espoir de l'homme, c'est la chair de Dieu", disait Barbusse.
La révélation n'est pas révélation de l'Etre, au sens où la philosophie grecque, de Parménide à Platon, pouvait l'entendre. La révélation est révélation de ce qui n'est pas. Ou, plus exactement, de ce qui n'est pas encore. Elle n'est pas contemplation, mais appel, promesse.
La parole de la Bible et de l'Evangile n'est pas la vérité au sens aristotélicien du terme: correspondance entre la chose et l'esprit. Il y a contradiction entre la parole de Dieu et la réalité. La foi en cette parole n'engendre donc pas la résignation, mais l'impatience, le conflit avec le monde. Elle est arrachement au donné. Le moment prophétique de la vie, c'est la décision par laquelle nous prenons nos distances à l'égard des idolâtries, des aliénations présentes. Une vie d'homme est faite de telles décisions.
Car si l'homme n'a pas de nature, mais une histoire, cette histoire n'est jamais finie. Nous ne pouvons jamais être satisfaits. La foi ne peut donc pas être justification de l'histoire, mais ouverture de l'histoire. Elle est cette question qui maintient l'histoire en suspens.
La vie du Christ est l'exemple d'une vie de cette qualité. Faite de décisions portant non sur tel ou tel aspect de l'ordre social ou de la vie personnelle, mais sur le problème unique des fins. Jésus n'est pas un révolutionnaire cherchant à transformer les structures, comme les zélotes de Bar Kochba. Il n'est pas non plus un prêcheur de repentance comme Jean-Baptiste qui agirait seulement sur les consciences. Il est l'homme pleinement homme qui, en chaque action, nous enseigne à viser les fins lointaines. Et l'on ne peut rien connaître de Dieu qu'à travers cet homme qui interpelle et appelle.
Pour Moltmann la mort et la résurrection du Christ révèlent mieux encore le sens profond de sa vie et de toute vie.
La résurrection, ce n'est pas un phénomène de physique cellulaire, un retour à la vie mortelle par réanimation naturelle.
La résurrection, ce n'est pas un fait historique, que l'on pourrait reconstruire à partir de témoignages "objectifs".
La résurrection n'a pas sa place dans la série des faits et des lois du positivisme naturaliste ou historique.
S'il en était ainsi, elle n'aurait aucune signification.
La résurrection n'est pas un "fait", au sens positiviste du terme, c'est un acte créateur, cette affirmation de l'impossible par laquelle l'histoire ouvre le futur de tous les possibles. Elle signifie que notre avenir ne peut être rangé dans la série des faits, sur le prolongement des données du passé. Cette entrée du totalement inattendu, sur le prolongement de rien, c'est la prise de conscience que l'homme n'est pas né pour mourir, mais pour commencer.
Etre chétien ce n'est pas croire que la résurrection est "réelle" (au sens de l'histoire et de la science positivistes), c'est croire qu'elle est possible. Ce n'est pas insérer la résurrection dans la perspective de l'histoire, c'est percevoir l'histoire dans la perspective de la résurrection. La résurrection c'est alors tous les jours.
Croire à la résurrection n'est pas adhérer à un dogme; c'est un acte: l'acte de participer à la création sans limite, car la résurrection est révélation de cette liberté nouvelle et radicale que le monde grec et romain ignorait. La liberté n'est plus seulement conscience de la nécessité, comme elle le fut d'Héraclite aus stoïciens, mais participation à l'acte créateur. Cette foi est le commencement de la liberté.
Avoir la foi, si je cherche à déchiffrer l'image chrétienne, c'est percevoir dans leur identité la résurrection et la crucifixion. Affirmer le paradoxe de la présence de Dieu dans Jésus crucifié, au fond du malheur et de l'impuissance, abandonné de Dieu, c'est libérer l'homme des illusions du pouvoir et de l'avoir. Dieu n'est plus l'empereur des Romains ni cet homme dans sa beauté et sa force qu'il était pour les Grecs. Ce n'est pas une promesse de puissance. C'est cette certitude qu'il est possible de créer un avenir qualitativement nouveau seulement si l'on s'identifie à ceux qui, dans le monde, sont les plus dépouillés et les plus écrasés, si on lie son sort au leur jusqu'à ne concevoir d'autre victoire réelle que la leur.
Cet amour et l'espérance de la résurrection ne font qu'un. Car il n'y a d'amour que lorsqu'un être est pour nous irremplaçable et que nous sommes prêts à donner pour lui notre propre vie. Lorsque nous sommes réellement prêts à ce don pour le dernier des hommes, alors Dieu est en nous: il est le pouvoir de transformer le monde.

Roger Garaudy, L'alternative, Editeur Robert laffont, pages 122 à 126

(Le titre donné à l'extrait est de A l'indépendant)

 

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2010/07/25/18661224.html

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