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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 22:52

Sortir de l'Euro QR1

  http://dlr95.over-blog.fr/article-sortons-de-l-euro-questions-reponses-63277529.html


7 janvier 2011 - 10:28

Interview de nouvelle année avec Helga Zepp-LaRouche, présidente de notre parti frère en Allemagne, le Büso, conduite le 30 décembre 2010 par nos camarades américains du LaRouche PAC.


 

Le 1er janvier est une date fiscale fatidique pour l’effondrement du système financier. Quelles mesures proposez-vous pour faire face à cette crise ?

Je pense qu’il faut tout d’abord bien comprendre que nous sommes assis sur un volcan. Un effondrement non contrôlé pourrait être déclenché à tout moment par une nouvelle crise de l’euro, si le Portugal, l’Espagne, ou même l’Italie demandent un plan de sauvetage — on parle même de la France – cela combiné à la situation absolument catastrophique des villes et communes aux Etats-Unis, où une crise obligataire se profile, on voit que nous sommes assis sur un volcan, et s’il y a éruption — ce qui peut arriver en un rien de temps — il sera trop tard.

En effet, un effondrement non contrôlé mènerait à une dictature, ou tout au moins à la tentative d’imposer une dictature. Mais cela ne marcherait pas, parce que même la police et l’armée ne sont pas efficaces contre des millions de gens. Nous l’avons vu en Allemagne de l’Est en 1989, vers la fin du régime, où cela n’a pas fonctionné.

Et si cela se passe à l’échelle mondiale, le chaos qui en résulterait serait tellement énorme qu’il pourrait finir par détruire le tissu même des institutions dans la majorité du monde transatlantique. Et si l’Europe et les Etats-Unis sombrent, ce ne serait plus qu’une question de temps avant que la Russie, la Chine, l’Inde et d’autres suivent, puis les conséquences pour les pays en voie de développement seraient absolument monstrueuses. Des milliards de personnes disparaitraient.

Il faut donc commencer par se débarrasser de toutes les illusions sur la possibilité de maintenir ce système, de continuer comme avant. Nous devons mobiliser une volonté politique, faire en sorte que les gens comprennent qu’il y a une alternative. Les hommes politiques prétendent que leur politique est sans alternative, mais c’est faux.

Il y a la politique de Franklin Roosevelt : les critères de Glass-Steagall, un système de crédit dans la tradition du système américain, où du crédit est émis sur une base souveraine pour la reconstruction des économies nationales, et de l’économie mondiale, dans la tradition du New Deal.

C’est cette politique qu’il faut adopter. Il nous faut un standard de type Glass-Steagall à l’échelle internationale. C’est une initiative que le Congrès américain doit prendre, mais tous les parlements du monde aussi. Puis, il nous faut retourner à un système de taux de change fixes, et conclure des accords à long terme entre gouvernements souverains pour la réalisation de projets d’infrastructure à long terme, comme le NAWAPA, le Pont terrestre eurasiatique, des projets similaires pour l’Afrique, et pour le reste du monde.

C’est cela qu’il faut mettre sur le tapis — et réaliser – dans la période à venir. Il s’agit de jours et de semaines, parce que comme je l’ai dit, si l’on attend que le grand effondrement arrive, il pourrait être trop tard. Les gens qui croient aux feuilletons mélodramatiques, estiment qu’il y aura éternellement une suite du programme, peu importe ce qui se passe. Mais l’histoire réelle est différente. Si on regarde les périodes avant la Première Guerre mondiale et la Deuxième Guerre mondiale, on voit bien qu’il y avait des points à partir desquels il était trop tard pour les empêcher.

Aujourd’hui, nous nous trouvons peut-être à quelques jours, ou quelques semaines au mieux, de ce point en terme d’une catastrophe future.

Dans le contexte de l’effondrement financier, le président Obama vient de faire passer en catimini une nouvelle régulation dans sa loi sur la santé, qui rétablit la sinistre clause sur la « commission de la mort ». Que pouvez-vous nous dire de l’expérience allemande avec ce genre de politique ?

Eh bien, je pense que l’impensable est sur le point de se produire, à savoir que nous aurons une répétition de la politique économique de Hjalmar Schacht [le ministre nazi de l’Economie – ndt]. Cela veut dire concrètement, entre autres, que la politique d’euthanasie mise en oeuvre sous le régime nazi est ouvertement proposée et adoptée aujourd’hui, et non seulement aux Etats-Unis, où d’après ce que j’ai compris, le président Obama a passé outre le rejet par le Sénat de la disposition prévoyant des « conseils sur les soins en fin de vie », disposition qui revient à mieux rembourser les médecins qui convainquent les patients à renoncer à des traitements de prolongation de la vie. De concert avec l’IPAB [Commission indépendante chargée de décider quels traitements seront autorisés – ndt], la combinaison de ces deux mesures se traduira, dans les conditions d’effondrement qui nous attendent, par un carnage dû au refus de soigner les gens.

Cela ressemble beaucoup à la politique du « Tiergarten-4 » qu’Hitler décréta en 1939. Ce matin même, j’ai fait une déclaration déplorant que la politique jusqu’à présent correcte des médecins allemands, qui considéraient le suicide assisté comme contraire au code éthique et irréconciliable avec leur honneur de médecin, soit maintenant minée. Le professeur Hoppe, président de l’Ordre des médecins allemand, m’a accordé une interview en 2009 dans laquelle il affirmait que les médecins resteraient fermes là-dessus. Mais il vient de déclarer qu’en raison de l’évolution des mentalités chez les médecins, l’Ordre va modifier la déontologie médicale, en la « libéralisant ». En réalité, cela veut dire emprunter la même voie que ce qui se passe en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Donc, ce matin, j’ai lancé un cri d’alarme, appelant à une mobilisation pour arrêter l’engrenage. Comme le soulignait le Dr Leo Alexander, l’un des observateurs et conseillers lors des procès de Nuremberg contre 16 médecins accusés de génocide, tous ceux qui étudient sérieusement la genèse de cette catastrophe que fût l’euthanasie en Allemagne, doivent constater que tout a commencé par un petit changement, très subtile, dans l’attitude des médecins. Dès que l’on s’engage sur cette pente glissante, dans des conditions de crise d’effondrement économique, les portes de l’enfer s’ouvrent très vite.

Cela, il faut l’empêcher à tout prix, et c’est pourquoi j’ai appelé à cette mobilisation, pour déclencher un grand débat et arrêter cette politique. L’alternative, ce que le monde devrait faire à la place, est détaillée dans la programme de mon mari [Lyndon LaRouche].

En 1971, lors d’un débat devenu célèbre avec l’économiste Abba Lerner, Lyndon LaRouche mit en cause la politique économique monétariste de l’époque, l’accusant de remette en valeur la doctrine de Hjalmar Schacht. Est-ce vrai aujourd’hui aussi ?

Eh bien, lors de ce débat, qui s’est déroulé il y a 39 ans, mon mari a amené le professeur Lerner à déclarer – déclaration éloquente — que si la classe politique allemande de l’époque avait accepté la politique de Hjalmar Schacht « alors Hitler n’aurait pas été nécessaire ». Autrement dit, si les dirigeants politiques acceptent une politique d’austérité strictement monétariste, on n’a pas besoin d’un Hitler !

Je crois que c’est justement ce qui se passe aujourd’hui. Je ne vois pas, du moins pas en Allemagne, ou ailleurs en Europe, personne qui ressemble à un Hitler. Mais si vous avez une Union européenne et une Commission européenne qui dictent une austérité brutale, comme c’est le cas actuellement en Grèce, en Irlande, et ailleurs, l’effet est le même ! Cela reviendra à un génocide.

Nous avons, par exemple, cette déclaration inhabituelle de l’Eglise orthodoxe grecque, accusant la classe dirigeante d’avoir vendu le pays au FMI et à la Commission européenne, qui massacrent les gens.

Il faut savoir qu’il y a actuellement 1,5 million de chômeurs en Grèce, dont beaucoup sont des sans abri, et 1,5 million d’immigrés clandestins, qui n’ont pas non plus de logement, et les églises sont complètement submergées par des demandes d’aide qu’elles n’ont pas les moyens de fournir. Tout ceci est en train de mener à une catastrophe sociale inconcevable. Une personne influente en Grèce nous a confié que la situation devient incontrôlable, ce qui aura des implications sécuritaires non seulement pour la Grèce, mais pour toute l’Europe.

Je crois que les gens qui proposent cette austérité n’ont rien appris de l’histoire – de l’austérité qui mena de Brüning, à Schacht, puis à Hitler. Si nous répétons la même erreur aujourd’hui pour tenter de résoudre la crise financière, cet effondrement sans précédent du système, avec l’austérité, alors les conséquences seront le chaos et la descente dans un âge des ténèbres. Les signes précurseurs sont déjà plus que visibles.

En finir avec l’euro

La politique actuelle de l’Union européenne semble être de préserver l’euro coûte que coûte. Vous êtes depuis le début un adversaire acharné de l’euro. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Eh bien, j’ai mis en garde contre l’euro, parce que l’Union monétaire et économique n’a pas été mise sur pied pour des raisons économiques, mais uniquement pour des raisons géopolitiques, afin d’endiguer l’Allemagne. Avec la chute du mur [de Berlin], et la fin de tout le système communiste, il y avait la possibilité de lancer une autre politique, complètement différente : il n’y avait plus d’ennemi, et on aurait pu créer un ordre de paix pour le XXIe siècle. J’ai écrit un livre sur ce thème, La chance perdue de 1989 , et cette chance a été perdue parce que Margaret Thatcher, François Mitterrand, et George Bush père, avaient décidé d’imposer l’euro pour contrôler l’Allemagne, pour garantir qu’elle ne joue pas de rôle indépendant par rapport aux pays d’Est, et se renforce sur le plan économique. Et pour faire en sorte que le mark allemand – dont la stabilité était célèbre – soit remplacé par une monnaie faible.

Et [le chancelier] Helmut Kohl le savait à l’époque. Il demandait avec inquiétude si les autres avaient bien tenu compte de la problématique de la stabilité de la monnaie, mais Mitterrand avait pour toute réponse qu’il s’agissait de généralités. Ainsi la question fut évacuée.

L’Europe, ce n’est pas comme les Etats-Unis. Là-bas, vous avez différents Etats qui sont liés et unis par une histoire commune, une langue commune et tout, mais l’Europe est composée de pays avec des histoires différentes, des langues différentes et des structures économiques complètement différentes. L’Allemagne est hautement industrialisée, puis il y a des Etats agraires, comme la Grèce, le Portugal, et ainsi de suite. Mettre tous ces pays dans une union économique, c’était clair que ça ne pouvait pas fonctionner. C’est la raison principale pour laquelle je mettais en garde contre l’euro avant même qu’il voit le jour.

Et l’histoire des neuf dernières années, depuis l’introduction de l’euro, montre incontestablement que mes avertissements étaient justifiés, parce que l’Allemagne a été pénalisée. Ce n’est pas vrai que l’Allemagne en a profité le plus, parce que son marché interne a stagné, les salaires ont stagné, tandis que les pays périphériques, comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne, ont vécu un boom, qui s’est avéré une immense bulle. Et c’est bien pour cela que ces pays s’écroulent maintenant.

En 2005, vous étiez candidate à la chancellerie, en tant que présidente du Mouvement des droits civiques Solidarité (Büso), et vous réclamiez la sortie de l’euro et la réintroduction du mark. Que pouvez-vous nous dire de votre expérience d’alors ?

J’ai dû réfléchir longuement sur une candidature potentielle à la chancellerie, sachant que j’avais peu de chances de vraiment être élue chancelière à l’époque. Mais il était néanmoins important de proposer le retour au mark et à une politique de croissance, parce qu’il fallait bien que quelqu’un s’élève pour défendre le principe de la souveraineté monétaire. Un gouvernement qui n’a pas le contrôle sur sa propre monnaie, ne contrôle rien.

Si vous lisez l’article dans lequel j’exposais et je justifiais les raisons de ma candidature de 2005, tout ce que j’ai écrit tient encore aujourd’hui, et toutes mes prévisions, mes propositions restent tout à fait valables à ce jour.

Une discussion a démarré récemment en Allemagne à propos de l’éventuelle création d’un « parti anti-euro ». Mais il semble bien que ce parti existe déjà, et c’est le BüSo.

Absolument ! Sauf que le BüSo n’est pas un parti à thème unique, pour le seul retour au mark. Le problème avec la plupart de ceux qui découvrent, soudainement maintenant, qu’ils n’aiment pas l’euro et aimeraient rétablir le mark c’est qu’ils restent accrochés au monétarisme. Ils font partie de l’école autrichienne de von Hayek, ou ils se réclament de Schumpeter, ou défendent une autre version du libéralisme, mais aucun ne propose de solution pour se débarrasser des titres toxiques, des dettes de casino, des produits dérivés sur crédit. Ils n’ont pas de solution à proposer dans le contexte international .

Le retour au mark en soi ne résoudra pas le problème. Bien sûr, c’est un ingrédient essentiel, parce qu’il faut avoir la souveraineté sur son propre crédit, sur sa propre monnaie, et nous avons systématiquement fait campagne pour. Nous avons même produit des tracts, avec au recto le billet de 100 marks avec l’image de Clara Schumann, et au verso un texte. Et je peux vous assurer que si, en 2005, beaucoup de gens avaient encore des illusions — « Non, l’euro est avantageux, parce que je n’ai pas besoin de changer de l’argent quand je voyage en Europe », et d’autres arguments sans importance du même genre — maintenant, lorsque les gens voient nos panneaux ou nos tracts prônant le retour au mark, le soutien est écrasant. Cela montre bien que la population allemande n’en peut plus de l’euro.

Toutefois, je précise que nous avons besoin de tout le paquet. Retour au mark, une loi de type Glass-Steagall, transition d’un système monétariste vers un système de crédit, et le plus important de tout, l’émission de nouveaux crédits pour relancer l’économie physique grâce à un ensemble de projets internationaux, comme le NAWAPA, le Pont terrestre eurasiatique, le Transaqua pour l’Afrique. Si vous considérez les travaux programmatiques que nous avons produit, vous voyez que nous proposons une reconstruction globale de l’économie mondiale. C’est la seule manière de résoudre le problème. Car, dans une crise d’effondrement comme celle-ci, on ne peut pas s’en sortir au niveau d’un pays, que ce soit le mark en Allemagne, ou aux Etats-Unis seuls, il faut une alliance de pays qui s’engagent à rebâtir le monde.

Pourquoi la souveraineté nationale ?

Pourquoi défendez-vous la souveraineté des nations en tant que principe, que ce soit un gouvernement, une monnaie ou une culture-langue souverains ?

Eh bien, tout d’abord, il y a un certain temps de cela, j’ai fait des études extensives sur l’évolution de l’Etat-nation. Et on peut dire que l’Etat-nation souverain est sans doute l’un des cadeaux les plus précieux que l’histoire européenne a offerts à la civilisation mondiale. C’est l’émergence de la souveraineté et du système représentatif qui permet à l’individu de participer au gouvernement. C’est la seule manière dont l’individu peut influencer la politique, à condition que ce système représentatif fonctionne, et pour cela il faut avoir des citoyens instruits, bien formés, qui exigent des hommes politiques qu’ils ont élus, qu’ils tiennent leurs promesses.

Lorsqu’on a une structure supranationale comme la commission de l’UE, qui n’a pas de comptes à rendre aux électeurs, les membres n’ont pas de raison de défendre l’intérêt populaire – et ils ne le font pas ! C’est pour cette raison qu’il faut rejeter les structures supranationales, que ce soit dans le cadre de la mondialisation, qui signifie l’oligarchie financière anglo-américaine, ou la Commission européenne.

A un niveau plus profond, l’identité d’un peuple est intimement liée à sa langue. Si on devait adopter, aujourd’hui, le latin ou l’espéranto, ou une autre langue sans âme, on perdrait tout ce qui fait la beauté d’une culture, et la littérature qu’elle a engendrée. On n’aura jamais une culture classique en espéranto !

Gutenberg fut l’inventeur de la presse d’imprimerie, après son invention à la fin du XVe siècle, une grande diffusion des connaissances est devenue possible, parce que les gens avaient des livres. Avant, tout ce qui était écrit avait été copié à la main, au prix de beaucoup d’efforts, par des moines ou d’autres, donc le nombre de livres était restreint. Mais adopter le latin aujourd’hui, qui est une langue figée, ne permettrait pas d’avoir une culture vivante, pas plus que toute autre langue qu’on pourrait créer.

Même l’utilisation de l’anglais en Europe, qui est devenu en grande partie la lingua franca , ne transmet pas la beauté de la poésie de Pétrarque, ou la profondeur des poèmes de Friedrich Schiller, ou d’autres . Si on veut préserver l’âme du peuple, dans une période culturelle véritablement classique, nous avons besoin du beau concert entre de nombreuses nations et de nombreuses langues.

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http://www.solidariteetprogres.org/article7311.html

 

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Published by Eva R-sistons - dans Economie
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