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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 02:42

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Énergie et automobile : où en est la Chine ?


Dans un précédent billet (Afghanistan : les véritables enjeux), nous défendions la thèse selon laquelle l’objectif non révélé des Américains, en occupant l’Afghanistan, était de contrôler l’une des voies d’acheminement du pétrole et du gaz vers la Chine, se donnant ainsi un moyen de pression sur ce pays dans leur confrontation économique et financière.


Où en est-on aujourd’hui sur ce volet énergie ?

Les statistiques de l’Agence internationale de l’énergie révèlent que la Chine produit plus de 80 % de l’énergie qu’elle consomme, grâce à ses centrales électriques au charbon, à ses barrages hydroélectriques (le dernier étant le barrage géant dit des Trois Gorges), à sa propre production de gaz, de pétrole, et d’électricité verte photovoltaïque et éolienne.

La Chine doit donc importer 20 % de ses besoins énergétiques. Sachant qu’elle consomme 20,6 % (chiffres 2007) de l’énergie consommée dans le monde, les volumes de gaz et de pétrole que ce pays doit importer sont énormes, de l’ordre de 250 à 300 millions de tonnes équivalent pétrole par an. On comprend ainsi ses actions multiples ces dernières années pour sécuriser ses approvisionnements, notamment via des accords avec l’Angola, le Venezuela, la Russie (pour exploiter le gaz de Sibérie), l’Algérie.

Les autorités chinoises ont récemment révélé que le pays a besoin d’une croissance annuelle minimum de son PIB (produit intérieur brut) de 7 % pour créer les emplois et financer les dépenses sociales sans lesquels elles redoutent des mouvements sociaux qu’elles ne pourraient contrôler.

Qui dit croissance dit besoins en énergie. On voit là pourquoi les importations de pétrole et de gaz sont considérées par les autorités chinoises comme vitales pour la stabilité sociale du pays.Dans une mine de charbon en Chine Et pourquoi toute action des Occidentaux pour limiter ou contrôler ces importations chinoises d’énergie peuvent servir d’éléments de négociation sur d’autres sujets comme la réévaluation de la devise chinoise, la limitation des activités nucléaires iraniennes de nature militaire, les restrictions des exportations chinoises de toutes sortes de produits (en complément des accords de l’OMC - Organisation Mondiale du Commerce).

Toutefois, un événement récent pourrait changer la donne. Le charbon était réputé polluant. Or, les États-Unis ont récemment décidé la construction de 150 centrales électriques au charbon. En effet, on sait maintenant construire des centrales électriques au charbon faiblement polluantes.

Compte tenu de l’importance des réserves chinoises de charbon (au rythme actuel d’extraction, celles-ci représentent quasiment un demi-siècle d’exploitation…), ce nouveau procédé de production d’électricité pourrait en partie combler les besoins chinois en énergie. L’avenir nous le dira…


Et l’automobile ?

Dans cet autre domaine qu’est la production de voitures, la position chinoise est au contraire très favorable.

Le marché chinois est devenu le premier marché automobile mondial. Prototype de voiture chinoiseOn sait que tous les constructeurs mondiaux implantent des usines de production dans ce pays. Ce qui est moins connu, c’est que les constructeurs chinois ont, pour exporter en Europe, acquis un savoir d’excellent niveau s’agissant des voitures « propres », de façon à satisfaire les normes européennes. Voilà pour le futur immédiat. On verra bientôt en Europe des voitures chinoises de bonne qualité, peu émettrices en CO² et moins chères que les voitures européennes.

Ce n’est pas tout. Les fabricants chinois de batteries dominent déjà le marché des téléphones mobiles. Ils vont demain équiper les voitures électriques ou hybrides chinoises de batteries performantes, plaçant leurs constructeurs nationaux en position très favorable sur ce nouveau créneau du marché automobile mondial.

Énergie, un domaine où la Chine est vulnérable. Automobile, un secteur où la Chine s’est donné les moyens de dominer le marché mondial. Il est possible que le contrôle par les pays occidentaux des voies d’approvisionnement de la Chine en pétrole et gaz soit le seul moyen pour eux de forcer ce pays à limiter ses exportations d’automobiles.

En 1991, via la guerre du Golfe au Koweït et en Irak, les Américains avaient déjà utilisé ce moyen de pression (le contrôle de l’approvisionnement en pétrole) pour contraindre le Japon à limiter ses exportations aux États-Unis de produits qui menaçaient l’industrie américaine. On a vu, cependant, que l’efficacité de ce moyen de pression est temporaire.

Après la « vague japonaise » des années 1980 et 1990 qui avait quasiment balayé l’industrie électronique grand public en Europe (appareils photo, caméras, magnétoscopes, téléviseurs…), la « vague chinoise » des années 2010/2020 pourrait faire de même dans le secteur automobile, avec des conséquences dramatiques sur l’emploi. Voilà qui soulève, une fois de plus, la nécessité de mettre en place un protectionnisme européen, que nous avons abordée dès nos premiers billets (voir Le divorce européen, Le point de basculement, Quatre enjeux pour l’Europe ; voir également 2010 : le temps des perspectives pour une opinion plus globale sur la Chine).
  
  
Mardi
© La Lettre du Lundi 2010

 

http://lalettredulundi.fr/2010/05/15/energie-et-automobile-ou-en-est-la-chine/

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