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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 04:38

26.12.10 - Tsahal à Gaza: briser le silence

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2010/12/26/19970466.html

 

Yehuda Shaul, 28 ans, ex-officier de l'armée israélienne, est l'auteur de «Breaking the Silence», un livre événement à paraître en janvier où les combattants de Tsahal racontent leur intolérable comportement dans les territoires occupés à Gaza. Un entretien exclusif pour Paris Match.

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Tsahal-Israel-Yehuda-Shaul-occupation-palestiniens-232833/

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Yehuda Shaul

http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2009/09/30/15259757.html

 

Yehuda Shaul, 28 ans, ex-officier de l'armée israélienne, est l'auteur de «Breaking the Silence», un livre événement à paraître en janvier où les combattants de Tsahal racontent leur intolérable comportement dans les territoires occupés à Gaza. Un entretien exclusif pour Paris Match.

Interview Catherine Schwaab - Paris Match

 

“Nous avons créé un monstre: l'occupation”

 

 

Paris Match. Votre livre est une bombe par ses révélations ; quel effet concret en espérez-vous ?
Yehuda Shaul. J’espère pouvoir enfin susciter une vraie discussion sérieuse en Israël car, cette fois-ci, nos témoignages sont innombrables, vérifiés, incontestables : il y en a 180 et nous en tirons une analyse, ce qui est nouveau.

Pensez-vous que l’opinion israélienne igno­re ce que signifie l’occupation militaire des territoires palestiniens ?
Le public a des clichés dans la tête qui incitent à l’approbation aveugle. Par exemple, en hébreu, la politique israélienne dans les territoires occupés se résume à quatre termes que l’on ne peut pas contester : “sikkul” (la prévention du terrorisme), “afradah” (la séparation entre la population israélienne et la population palestinienne), “mirkam hayyim” (la “fabrication” de l’existence palestinienne) et “akhifat hok” (l’application des lois dans les territoires occupés). En réalité, sous ces noms de code se cachent de terribles déviations qui vont du sadisme à l’anarchie et bafouent les plus élémentaires droits de la personne. Cela va jusqu’aux assassinats d’individus innocents dont on suppute qu’ils pourraient être des terroristes. Et je ne parle pas des arrestations arbitraires et des harcèlements en tout genre.

Quel est le but ?
Il est clairement défini : c’est de montrer la présence permanente de l’armée, de produire le sentiment d’être traqué, contrôlé, bref, il s’agit d’imposer la peur à tous dans la société palestinienne. On opère de façon irrationnelle, imprévisible, créant un sentiment d’insécurité qui casse la routine.

L’occupation des Territoires n’est-elle pas nécessaire pour éviter des “surprises” terroristes ?
Non ! L’occupation systématique ne se justifie pas car elle recouvre une série d’interdictions et d’entraves inadmissibles. Nous souhaitons en discuter maintenant. Ni au sein de l’armée ni au sein de la société civile ou politique on ne veut affronter la vérité. Et cette vérité, c’est que nous avons créé un monstre : l’occupation.

Peut-on espérer que de sérieuses discussions sur la paix améliorent la situation ?
Non, chercher à finir le conflit est une chose, finir l’occupation en est une autre. On est tous d’accord pour rechercher la paix, mais on oublie l’occupation. Or, il faut commencer par cela.

Vos témoignages révèlent l’incroyable impunité dont bénéficient les colons, véritables adjoints des mili­tai­res : ils brutalisent leurs voisins palestiniens, entraînent leurs enfants à l’agressivité et à la haine des Arabes...
En effet, mais ce ne sont pas eux le problème. C’est le mécanisme d’occupation qui leur a alloué ce pouvoir démesuré. Moi, quand j’étais militaire à Hébron, je ne pouvais pas arrêter un colon qui enfreignait ouvertement la loi sous mes yeux. Ils font partie de ce système immoral.

Pensez-vous trouver un soutien dans l’opinion israélienne ?
Pour l’instant, nous sommes minoritaires mais optimistes ! Il le faut car on vit des temps sombres, l’opinion israélienne est apathique, les gens en ont ras-le-bol. Et le prix à payer pour cette occupation n’est pas lourd. C’est pourquoi il n’y a pas de volonté politique. En revanche, le prix moral est énorme.

C’est la première fois que de telles révélations sont faites ?
Non, il y a un an, nous avions raconté les exactions infligées dans la bande de Gaza, et nous avions été attaqués de toutes parts : par l’armée, la société civile et la société politique. Netanyahou nous avait accusés d’avoir “osé briser le silence”. Mais quel silence ? C’est un silence honteux sur un scandale tonitruant ! Ils ont tout fait pour nous discréditer. Ils tombaient mal car nous sommes tous d’anciens officiers qui avons vécu ces événements pénibles.

Justement, pas mal de soldats et d’officiers qui s’expriment semblent traumatisés par ce qu’ils ont dû accomplir. Une souffrance qui perdure.
Oui... Enfin, ne nous trompons pas : les victimes, ce sont les Palestiniens qui endurent ce contrôle. Je me souviendrai toujours de la réponse d’un commandant de l’armée lors d’une discussion sur un plateau télé en 2004. Nous avions organisé une expo photo avec une vidéo des témoignages. Il m’a dit : “Je suis d’accord avec ce que vous montrez, mais c’est comme ça, il faut l’accepter, cela s’appelle grandir, devenir adulte.” Je suis resté sans voix.

Certains pensent qu’Israël a intérêt à maintenir le conflit et que les Palestiniens n’auront jamais leur terre.
C’est faux. Il est impossible d’éradiquer une population de 3,5 millions d’habitants. Le problème n’est pas de leur accorder une terre, il est dans l’obsession de vouloir les contrôler.

Les jeunes générations de 20-30 ans sont-elles plus perméables à votre point de vue ?
Toute ma génération n’est pas d’accord avec moi, mais aucun ne peut dire que je mens. Nous sommes tous d’ex-membres de l’armée nationale, nous avons payé le prix, nous avons gagné le droit de parler.

 

suite ici :

 

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Tsahal-Israel-Yehuda-Shaul-occupation-palestiniens-232833/

 

 

PAROLE DE SOLDAT | Yehuda Shaul a recueilli les témoignages accablants de jeunes Israéliens qui ont combattu

PAROLE DE SOLDAT |

Yehuda Shaul a recueilli les témoignages accablants de jeunes Israéliens qui ont combattu dans la bande de Gaza. Entretien choc. 

Yehuda Shaul

 

© Laurent Guiraud/29 septembre 2009 | Yehuda Shaul dirige Breaking the Silence (Briser le silence), une organisation de vétérans qui veut forcer la société israélienne à regarder en face la réalité brute.

ANDRÉS ALLEMAND | 30.09.2009 | 00:01

«Le gouvernement israélien nous ment. Il trahit ses propres troupes. A Gaza, les dérapages n’étaient pas des cas isolés mais une pratique généralisée. Les témoignages de soldats ne manquent pas. Et je vous parle là d’une vingtaine de soldats, en majorité encore en service et favorables à une offensive contre le Hamas.»

Du haut de ses 26 ans, Yehuda Shaul est un ancien combattant. Il a servi l’armée israélienne de 2001 à 2004, dont deux ans dans les Territoires palestiniens, qui l’ont profondément marqué.

 

Il dirige Breaking the Silence (Briser le silence), une organisation de vétérans qui veut forcer la société israélienne à regarder en face la réalité brute.
«Et la réalité de l’offensive à Gaza, c’est que le gouvernement s’est débarrassé des limites morales. Il a changé les règles de la guerre. Sans le moindre débat dans la société civile», assène Yehuda Shaul. Nous l’avons rencontré hier à Genève, alors qu’au Palais des Nations faisait rage une tout autre bataille, très diplomatique.

 

Vous affirmez qu’un changement fondamental s’est produit durant la guerre de Gaza. Lequel?

Je ne reconnais plus l’armée. Nous avions été formés à préserver la vie des civils. A ne jamais tirer en cas de doute. Il y avait bien sûr des dérapages et des abus, nous en avons documenté certains. Mais à Gaza, c’est tout autre chose. Une fois les civils avertis (par des tracts ou des coups de fil) qu’une attaque israélienne était imminente, les soldats devaient attendre cinq minutes puis considérer qu’il n’y avait que des ennemis sur le champ de bataille. Bombardés à coups d’obus et de mortiers, abondamment mitraillés, les bâtiments étaient pris d’assaut par les troupes, lançant parfois des grenades avant d’entrer…

 

Quelles étaient les consignes?
Il n’y avait pas vraiment de consignes, mais une mission précise à accomplir et une priorité absolue: préserver sa propre vie, quitte à tuer des innocents. Cette guerre serait devenue impopulaire en Israël si l’armée perdait beaucoup d’hommes. Ce n’était donc pas une volonté d’éliminer beaucoup de Palestiniens. Mais à l’armée, on sait que la meilleure protection pour un soldat, c’est d’avancer avec une puissance de feu maximum. Le résultat, ce sont donc des tanks qui lancent des dizaines d’obus. Autrefois, avant chaque tir, il fallait l’aval d’un commandant!

Ajoutez à cela les récits d’officiers déclarant aux soldats que si Israël n’était pas une démocratie, ils pourraient mieux faire leur boulot. Ou encore, les Palestiniens abattus au cas où ils auraient été des informateurs du Hamas. Sans parler des zones rasées alors que les combats avaient cessé depuis longtemps et que les quartiers étaient abandonnés. Personne ne sait ce qui s’est réellement passé dans la bande de Gaza.

 

Que voulez-vous dire?
La société israélienne croit qu’il s’agissait d’attaquer les «méchants» du Hamas. Cela, personne ne va le leur reprocher. Mais était-ce le véritable objectif? Il y a eu beaucoup de bombardements, mais relativement peu de combats face à face. Gaza City n’a même pas été envahie…

Les autorités israéliennes font tout pour discréditer notre travail, mais le public commence à prendre au sérieux nos témoignages. Et à poser des questions.

 



Briser le silence: mode d’emploi

Breaking the Silence? C’est le nom d’un réseau de 700 jeunes Israéliens qui ont servi dans les Territoires palestiniens. «A travers eux et à leurs carnets d’adresses, nous entrons en contact avec des soldats dans tous les secteurs de l’armée. Certains acceptent de témoigner. Anonymement bien sûr, pour ne pas finir en prison», explique le directeur de l’organisation, Yehuda Shaul, qui est lui aussi un vétéran.

Pour quel objectif? «Initialement, nous voulions que la société israélienne sache ce que nous endurions et ce que nous faisions endurer dans les Territoires palestiniens. Nous ne réclamons pas la fin de l’occupation. Nous disons qu’il n’y a pas d’occupation «éclairée». Qu’on le veuille ou non, cette expérience corrompt les jeunes. Après ça, comment voulez-vous regarder les Palestiniens comme des égaux?»

Posté par MCPalestine à 11:57 - ARTICLES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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