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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 15:22

 

Le FN pompe tout sauf cette info : AUCUN TRAITÉ NE PRÉVOIT LA SORTIE DE L' EURO SANS LA SORTIE DE L ' EUROPE !
http://www.dailymotion.com/video/xh48cm_pour-en-finir-avec-le-fn_webcam#from=embed
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Soucieux de ne pas s’arrêter aux seuls résultats des sondages, Le Vrai Débat a interviewé Damien Philippot, Directeur de clientèle au Département Opinions de l’Ifop, pour un décryptage en profondeur de l’intention de vote publiée vendredi 18 février dans France Soir et des dynamiques actuellement à l'oeuvre dans l'électorat. Quelles sont les stratégies possibles pour les différents candidats officiels ou potentiels à l'élection présidentielle ? En particulier, quel peut être l'effet du débat sur l'islam lancé par l'UMP ?  

 

Le Vrai Débat - L’Ifop a publié vendredi dans France Soir un sondage qui a fait beaucoup de bruit. Dans l’hypothèse d’une candidature de Martine Aubry pour le PS, Nicolas Sarkozy arrive à peine en tête au premier tour, suivi de très près par la candidate socialiste et par Marine Le Pen. Peut-on assister à un 21 avril bis ?

 

Damien Philippot - Il est sûr qu’avec Nicolas Sarkozy à 23%, Martine Aubry à 22% et Marine Le Pen à 20%, nous sommes dans les marges d’erreur, et l’ordre d’arrivée au premier tour devient assez incertain. Ce qui est frappant dans cette configuration, ce n’est pas tant le score de la première secrétaire du PS que celui de Nicolas Sarkozy : il s’éloigne considérablement de son résultat du 23 avril 2007 (31%) et ne parvient plus à rééditer l’exploit de la dernière présidentielle, à savoir un score de premier tour très élevé, créant une dynamique pour le second tour. Quant à Marine Le Pen, elle franchit la barre symbolique des 20%, ce que nous n’avons jamais mesuré pour le Front National dans une intention de vote présidentielle. Sa progression depuis quelques mois est continue et s’inscrit dans la lancée des résultats obtenus par son parti aux régionales de 2010 où nous avions déjà observé un net redressement du FN.

Néanmoins, je pense qu’il ne faut pas surinterpréter ce sondage qui est réalisé plus d’un an avant le scrutin, alors même que l’offre réelle des candidats n’est pas connue et que la campagne officielle n’a pas commencé. Il sera surtout essentiel de connaître la candidature socialiste.

 

LVD - Dominique Strauss-Kahn, dans votre seconde hypothèse, obtient 26%, devançant nettement Nicolas Sarkozy (22%) et Marine Le Pen (19%). Dans cette configuration, c’est Nicolas Sarkozy qui est menacé par la candidate frontiste ?

 

D.P. - DSK parvient nettement plus que Martine Aubry en effet à sauvegarder la position du PS et à l’éloigner du spectre d’un 21 avril bis. Et, comme vous le soulignez, les intentions de vote pour Nicolas Sarkozy dans cette hypothèse ne lui permettent de devancer la candidate du FN que de 3 points, ce qui le place dans une position très inconfortable s’agissant de sa qualification au second tour.

Il est intéressant de constater qu’une candidature Dominique Strauss-Kahn à la fois fait baisser l’électorat centriste, contient l’extrême-gauche et surtout nuit beaucoup à Nicolas Sarkozy. C’est un adversaire redoutable pour l’actuel président de la République, notamment parce qu’il obtient le meilleur score chez la catégorie la plus convoitée, celle qui avait permis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, à savoir les personnes âgées.

Dans ce contexte, la montée en puissance de Marine Le Pen pousse au sein du peuple de gauche le souhait d’une candidature DSK. En effet, comparativement, la fragilité des candidatures Aubry, Hollande ou Royal au premier tour ne peut qu’inciter une part non négligeable des électeurs d’extrême-gauche à soutenir une candidature DSK, les discours de Mélénchon ou Besancenot sur son parcours actuel de directeur général du FMI ne trouvant guère d’audience.  

Mais là encore, rien n’est joué, et il sera capital pour DSK, s’il est candidat, de maintenir ce qui fait sa force aujourd’hui, c’est-à-dire sa capacité à incarner dans l’opinion la seule force capable à la fois d’assurer la qualification du candidat PS au second tour et de battre Nicolas Sarkozy.

 

LVD - Finalement, ce qui trouble le plus le jeu politique dans cette intention de vote, c’est la montée de Marine Le Pen. Comment expliquez-vous que la candidate frontiste parvienne aujourd’hui à 20% des intentions de vote, alors que son père en 2007 n’avait obtenu que 10% ?

 

D.P. - Je rappellerai d’abord que la montée en puissance de Marine Le Pen dans l’opinion ne date pas d’hier. Elle a déjà incarné la campagne de son mouvement lors des élections régionales à l’issue desquelles le Front National avait obtenu un résultat inattendu. Elle-même dans son fief d’Hénin-Beaumont réalise depuis quelques années des scores importants. La cote de popularité de Marine Le Pen se situe par ailleurs à un niveau élevé depuis maintenant plus d’un an (environ 30% de bonnes opinions dans le tableau de bord Ifop – Paris-Match). Certes la popularité ne fait pas l’élection, mais c’est un indicateur certain sur le fait qu’elle est parvenue à incarner un Front National plus fréquentable que celui de son père et qu’elle séduit personnellement nombre d’électeurs.

On voit en outre dans les enquêtes électorales que Marine Le Pen parvient de plus en plus à s’attirer les sympathies des catégories populaires, plus généralement des publics économiquement fragiles. La doctrine portée par la nouvelle présidente du Front National, sur le rôle de l’Etat, sur la nécessité de protéger la France de la mondialisation, ou encore sur l’euro et la vie chère a un impact fort sur un électorat particulièrement sensible aux problématiques de l’emploi et du pouvoir d’achat. De toute évidence, Marine Le Pen est parvenue à élargir considérablement son potentiel électoral, sans casser le lien avec le noyau dur de ses soutiens.

En 2007, Nicolas Sarkozy avait réussi à attirer cet électorat populaire, en le convainquant sur deux points principaux : il était le candidat du volontarisme, celui capable d’agir, notamment sur l’insécurité, l’immigration, et il leur promettait le pouvoir d’achat. Sur ces deux plans, il a déçu. Aujourd’hui, 20% de ceux qui avaient voté pour le candidat de l’UMP choisissent le Front National.

Marine Le Pen parvient enfin, grâce à son discours sur la laïcité, à faire écho à une inquiétude grandissante de l’opinion sur la thématique du communautarisme et de la place de l’islam en France. De ce point de vue, elle peut séduire tant un électorat de droite attaché au respect des valeurs traditionnelles de la société française qu’un électorat de gauche très scrupuleux sur la laïcité.

 

LVD - Pensez-vous que le climat actuel, marqué par les affaires et les difficultés diplomatiques de la France, joue en faveur de Marine Le Pen ?

 

D.P. - Là encore, Marine Le Pen appuie là où ça fait mal. Elle met le doigt sur l’écart entre les promesses de 2007 (la République irréprochable) et la situation actuelle. Tout ce qui concourt à donner le sentiment que le chef de l’Etat s’est éloigné de la posture de rupture qu’il incarnait en 2007 permet à la présidente du FN de casser son image volontariste, et de le ramener dans ce qu’elle appelle « la caste UMPS », dont elle dit aujourd’hui être la principale opposante.

 

LVD - L’UMP, incité par le président de la République, a lancé une initiative qui trouble beaucoup à droite, à savoir un débat sur les religions, et particulièrement sur l’islam. Pensez-vous que parler des thèmes du Front National va encore faire monter Marine Le Pen ?

 

D.P. - Il y a un raccourci à ne pas faire. Ce n’est pas parce que le gouvernement va sur le terrain du Front National qu’il le fait monter. Il n’y a là rien de mécanique ! Souvenez-vous de la campagne de 2007, c’est bien parce qu’il s’est emparé de certaines thématiques de Jean-Marie Le Pen que Nicolas Sarkozy est parvenu à siphonner une partie de son électorat.

Ce qui fait qu’aujourd’hui les choses sont plus difficiles pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement, c’est qu’en lançant ce type d’initiative, comme c’était le cas fin 2009 avec le débat sur l’identité nationale, ils donnent l’occasion à la classe politique, et notamment au Front National, de les mettre en face de leur bilan. Sans compter qu’en restant dans la posture du débat, ils peuvent contribuer à faire monter les frustrations : ce ne sont pas des discussions que les électeurs tentés par Marine Le Pen attendent du gouvernement, mais de l’action.

L’objectif de Nicolas Sarkozy reste de convaincre les Français que sur ces thématiques aujourd’hui sensibles dans une partie de l’opinion, il continue d’incarner le volontarisme. Mais il est de plus en plus difficile d’incarner le volontarisme par le seul fait de se saisir d’un sujet quand on est aux responsabilités depuis 4 ans. Cela vaut aujourd’hui tant pour la laïcité que pour l’insécurité ou plus encore pour le pouvoir d’achat et la croissance. A un an de la présidentielle, l’opinion attend des preuves.

Je terminerai en indiquant que si la laïcité et l’islam intéressent aujourd’hui une partie de l’électorat, les problèmes prioritairement identifiés par les Français restent largement économiques et sociaux. A trop focaliser le débat sur des sujets moins importants, la majorité risque de se situer en décalage avec les attentes des Français dans le cadre de l’élection présidentielle.

 

http://www.levraidebat.com/article-marine-le-pen-a-20-derriere-les-chiffres-quelle-realite-electorale-67636378.html

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