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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 10:05

Les blogs du Diplo - Nouvelles d'Orient

Faut-il intervenir militairement en Libye ?

par Alain Gresh

Depuis la chute du régime Ben Ali en Tunisie, une vague de soulèvements submerge le monde arabe, portée par les images de la chaîne Al-Jazira, qui permet à l'opinion de suivre en direct les événements. Du Maroc à Bahreïn, de l'Algérie à l'Irak, les citoyens, le plus souvent désarmés, descendent dans la rue pour demander des réformes politiques et une plus grande justice sociale. Dans la plupart des cas, les autorités hésitent à faire un emploi indiscriminé de la force. En Libye, en revanche, les manifestants se sont heurtés à la répression la plus terrible (Le Monde diplomatique publie dans son prochain numéro, en kiosques le 2 mars, un dossier de huit pages sur « le réveil arabe »).

Les informations provenant de Libye sont contradictoires, partielles, quelquefois non confirmées. La brutalité du régime ne fait aucun doute, et le nombre de morts est important : des centaines selon les organisations non gouvernementales, probablement plus compte tenu de la violence utilisée par les milices du régime. Si l'est du pays, avec les villes de Benghazi et de Tobrouk, est tombé aux mains des insurgés, ce qui a permis l'entrée dans le pays de journalistes étrangers, la partie ouest, et notamment Tripoli, restent inaccessibles. Kadhafi a apparemment repris en main la situation dans la capitale, et il semble avoir gardé la confiance des tribus de la région (« Gaddafi tightens grip on Libyan capital as rebels swiftly advance west », par Leila Fadel et Sudarsan Raghavan, The Washington Post, 24 février). Il vient d'annoncer que Tripoli serait ouverte dès demain à tous les journalistes. Par ailleurs, il s'appuie sur des mercenaires de pays d'Afrique subsaharienne, ce qui risque de développer le racisme anti-Noirs dans le pays.

Le caractère erratique et dictatorial du colonel Mouammar Kadhafi a été confirmé par son discours illuminé prononcé le 22 février 2011 (lire une traduction en anglais ici). Le leader libyen y a rappelé les conquêtes de son règne - en particulier l'obtention du retrait des bases britannique et américaine et la nationalisation du pétrole - qui lui avaient acquis, au début, une popularité incontestable et une condamnation occidentale aussi massive. Mais il a aussi, dans son discours, multiplié les propos menaçants et incohérents, affirmant qu'il ne pouvait pas démissionner car il n'occupait aucun poste officiel, qu'il se battrait jusqu'à la dernière goutte de sang, que le pays allait vers la guerre civile, etc.

Les indignations justifiées contrastent avec le silence qui prévalait quand le régime, au début des années 2000, alors que s'esquissait la réconciliation avec l'Occident, écrasait sans pitié les islamistes. La détention et la torture de militants islamistes en Libye (comme en Egypte ou en Tunisie) n'indignaient pas les bonnes âmes.

Quoi qu'il en soit, les appels à des interventions militaires se multiplient.

Marc Lynch, sur son blog de Foreign Policy, est très clair, comme l'indique le titre de son envoi : « Intervening in the Libyan tragedy » (21 février 2011) :

« La comparaison doit se faire avec la Bosnie ou le Kosovo, ou encore avec le Rwanda : un massacre se déroule en direct à la télévision et le monde est incité à agir. Il est temps pour les Etats-Unis, l'OTAN, l'Organisation des Nations unies et la Ligue arabe d'agir avec force pour essayer d'empêcher la situation déjà sanglante de dégénérer en quelque chose de bien pire. »

On a un peu de mal à comprendre ces comparaisons. Au Rwanda, on avait affaire à un génocide qui a fait des centaines de milliers de morts. Quant au Kosovo, il est douteux que l'intervention militaire ait été un succès (...)

Lire la suite de cet article d'Alain Gresh.

 

 

 

Les prix du pétrole livrés à la folie des marchés

Le cours du baril de pétrole brut de la Mer du Nord a frôlé 120 dollars en séance à la Bourse de Londres, jeudi 24 février, en écho au soulèvement populaire en Libye. A première vue, l'explication semble simple : des exportations interrompues et des investisseurs tétanisés à l'idée que les révoltes ne gagnent d'autres pays exportateurs de pétrole entraînent une flambée des prix. Pourtant, la formation des cours de l'or noir reste entouré d'un halo de mystère.

Lire cet article d'Akram Belkaïd issu du Manière de voir n°115, « Batailles pour l'énergie ».

Disponible en kioques et sur la boutique enligne
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