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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 01:02

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La fin du modèle américain,
la naissance d’un modèle d’harmonie

La crise financière qui sévit aux États-Unis a amené en Chine un débat concernant l’ordre économique et politique dans le monde. Le courant principal dit que le temps est venu de participer à la mise en place d’un nouvel ordre s’appuyant sur les concepts d’harmonie et de paix. La revue Liaowong a publié une contribution. En voici la version intégrale.

La mondialisation est une étape inévitable, une fois que l’histoire est arrivée à un certain stade. Suite à la mondialisation, le système mondial a ajusté les rapports de production de diverses façons. L’interdépendance entre les nations s’est accrue, les droits civiques ont gagné en ampleur et les formes et les voies de la participation politique se sont considérablement développées. On a également assisté à une intégration culturelle à tous les niveaux, en même temps qu’à un développement sans précédent de l’espace dans lequel s’exerce la gouvernance internationale, à une coordination croissante entre nations et à la mise en place d’une pléthore d’organisations internationales. Une situation pluridimensionnelle croissant en largeur et en profondeur a pris forme ces vingt dernières années et va continuer à attirer à elle rapports sociaux et entités économiques du monde entier.

L’avenir de la mondialisation

La mondialisation est un principe objectif de développement économique et elle poursuivra son cours expansionniste. En réponse à l’effet synergétique de l’expansion du commerce mondial, de la poursuite de l’intégration de la chaîne de production et de l’ouverture des marchés financiers, la mobilité des éléments de production à travers le monde et l’efficience de leur distribution ne feront que s’accroître également. La mondialisation va sans doute entrer dans une nouvelle phase au cours des dix ou vingt prochaines années. Selon des estimations émanant des départements concernés, les exportations mondiales de marchandises et de services vont augmenter, passant de 1000 milliards de dollars en 2005 à 2700 milliards en 2030. Cette année-là, les exportations entreront pour 34 % dans le Produit intérieur brut (PIB), contre 25 % seulement en 2005.

La nature de la mondialisation détermine le modèle cyclique du développement économique mondial, l’ordre des ajustements des structures industrielles mondiales et la distribution de la prospérité dans le monde. La toute récente crise mondiale déclenchée par la crise des sous-primes hypothécaires aux États-Unis a contribué à ce que les gens comprennent le cycle économique, la mobilité du capital et la nature expansionniste du capital. De la crise du crédit à l’explosion des prix pétroliers et à la sécurité alimentaire, les gens comprennent aujourd’hui la réalité qui se terre derrière la prospérité économique. À l’avenir, même si la mondialisation continue à propulser le développement économique vers l’avant, problèmes et crises économiques feront encore leur apparition de temps à autre.

La prospérité est répartie mondialement en fonction du niveau de capital. Au cours des dernières décennies, la mondialisation économique n’a cessé d’enrichir les riches et d’appauvrir les pauvres. Dans les années 60, le fossé entre pays pauvres et pays riches présentait une proportion de 1 à 30. Dans les années 90, la proportion était de 1 à 150. Le fossé des revenus entre les 20 % les plus riches et les 20 % les plus pauvres de la population mondiale est passé de 30 pour 1 en 1960 à 74 pour 1 en 1997.

La distribution de la prospérité mondiale va changer dans la période qui vient. Tirant parti de la mondialisation, les marchés d’apparition récente, comme la Chine et l’Inde, ont atteint une croissance économique rapide. Les grands pays en voie de développement verront leur statut s’élever et le PIB des pays en voie de développement passera de 800 milliards de dollars en 2005 à 2430 milliards en 2030, alors que leur part dans le PIB mondial augmentera également, passant de 23 à 33 %. Toutefois, la pauvreté ne disparaîtra pas pour autant. La distribution des plus pauvres des pauvres dans le monde (les personnes survivant avec moins de 1 dollar par jour) va changer de façon significative. L’Asie de l’Est et l’Asie du Sud verront se réduire sensiblement leur part mondiale des plus pauvres d’entre les pauvres, tandis que celle de l’Afrique et de l’Amérique latine augmentera de façon remarquable.

Même si les forces productives libérées par la mondialisation continuent à se développer, les rapports de production changeront et, pour le dire en des termes plus adéquats, ils ont en fait déjà changé. L’échec des négociations de Doha témoigne bien de la crise que traverse le système mondial. Pour une longue période à venir, les contradictions entre les pays développés et les pays en voie de développement demeureront plutôt aiguës. Dans un même temps, toutefois, leur interdépendance s’approfondira également. Nombre de pays en voie de développement quitteront leur position marginalisée et joueront des coudes pour se rapprocher du centre du monde.

La mondialisation requerra-t-elle un cadre de gouvernance mondiale ? Une étude intitulée « Foresight 2020 : Economic, Industry, and Corporate Trends » (Perspectives 2000 : tendances de l’économie, de l’industrie et des sociétés) et réalisée par l’Economist Intelligence Unit (GB) et Cisco Systems (USA) prévoit quatre scénarios plausibles dans la mondialisation économique, ces quinze prochaines années. Spécifiquement, l’incidence de la « mondialisation dirigée » est de 65 % et plus, alors que celles de la stagnation et de la régression sont respectivement de 10 et 5 %. Il ne fait aucun doute que la mondialisation nécessite une gouvernance mondiale. 

La position de la Chine

La mondialisation entraînera des opportunités sans précédent, dans le futur. Mais il y aura également des défis. Avant de décider de la stratégie de la Chine, nous devrions tout d’abord comprendre le dualisme de la mondialisation, autrement dit, devrions-nous nous opposer à cette mondialisation ? La mondialisation contribue à promouvoir la distribution optimale, à l’échelle mondiale, du capital, de la technologie, de la connaissance et des autres éléments de la production et elle a procuré à la Chine un environnement favorable lui permettant d’utiliser les deux types de marchés, son marché domestique et le marché extérieur, en même temps que les deux types de ressources. Inutile de dire que la Chine doit continuer à saisir l’opportunité que lui donne la mondialisation.

Ainsi, la stratégie de base pour le développement des forces productives devrait être la suivante : intégrer la Chine dans la mondialisation économique mais, plus important encore, faire en sorte que la Chine s’appuie sur sa propre économie domestique et donner priorité à l’entretien et au développement des forces productives à l’intérieur même du pays. Cette stratégie requiert que nous ne rejetions pas aveuglément les choses de l’étranger et que nous ne nous comptions pas sur le monde extérieur. Nous devons apprendre à entretenir et promouvoir le développement de nos forces productives domestiques. Plus important, même, nous devons maîtriser les principes du développement économique mondial, éviter les crises financières et garantir notre sécurité industrielle dans notre pays même.

Bien imprégnée de l’idée de « cacher ses propres capacités et d’attendre son heure », la Chine a passé les années 90 à s’immerger tranquillement dans « la réalisation de son truc à elle », à savoir sa construction économique, et elle a rejeté l’étiquette de « puissance mondiale ». Dans l’intervalle qui a suivi son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce, la Chine ne s’est pas considérée comme une puissance mondiale, même lorsqu’elle a participé activement aux affaires internationales là où il était approprié qu’elle le fît. Ces deux dernières années, toutefois, les contradictions économiques créées par la mondialisation sont devenues de plus en plus frappantes et les contradictions telles qu’elles se sont amplifiées dans les rapports de production montrent que le système international a commencé à dysfonctionner. La Chine doit affronter les nouveaux problèmes de la mondialisation.

Maintenant que la Chine est devenue une entité économique majeure dans le monde, elle devrait redéfinir sa place stratégique, autrement dit, elle devrait être davantage proactive dans sa participation à la gouvernance mondiale. « Agir en corrélation avec les intérêts du pays mais tout en favorisant également le développement commun ». Ce concept devrait être le principe de base sous-tendant la participation de la Chine à la gouvernance mondiale. Nous respectons le système multilatéral international, mais nous reconnaissons aussi le statut des pays et comprenons les contradictions existant entre les pays. En traitant ces contradictions, nous devrions nous souvenir de ce que l’ampleur des « intérêts nationaux » est circonscrite par le « développement commun ». Nous souhaitons le développement d’un plus grand nombre de nations encore, dans le cours dynamique de la mondialisation.

Le présent dysfonctionnement du mécanisme international n’est autre que le dysfonctionnement du modèle occidental dominé par le « modèle américain ». Même lorsqu’elle participe activement à la gouvernance mondiale et qu’elle remplit correctement son rôle en tant que vaste pays en voie de développement, la Chine devrait prendre l’initiative pour propager le concept chinois de l’« harmonie » partout dans le monde. Au cours de l’histoire mondiale, la naissance d’un pays s’accompagne souvent de la naissance d’un nouveau concept. Le concept de l’« harmonie » est une expression théorique de la montée pacifique de la Chine et il devrait être transmis au monde en même temps que les concepts de justice, d’avantage mutuel et de développement commun.

L’article ci-dessus est la traduction d’un article de Cheng Dawei publié en chinois, le 19 octobre 2008, dans la revue Liaowang

http://www.infochina.be/fr/node/250


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