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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:52

http://www.m-pep.org/spip.php?article716

La prépondérance du secteur financier dans les économies des pays développés ne fait plus débat. Aujourd’hui, tous les acteurs économiques s’accordent à observer l’extrême importance des services bancaires, d’assurance et de placement dans le PIB de pays comme la France. Au-delà de ce constat sans appel, quel est l’impact concret de la financiarisation sur l’économie réelle ? Un impact lourd et destructeur : entreprises et salariés en paient les frais.

 

Un contexte de libéralisation dès le début des années 80  

La libéralisation des marchés financiers a démarré aux Etats-Unis au
début des années 80, sous l’administration Reagan, avant de gagner peu à
peu l’ensemble des pays occidentaux dont la France. En déréglementant les
circuits de financement, notre pays a autorisé les agents économiques à se
passer des intermédiaires bancaires pour obtenir leurs financements et à
s’adresser directement aux marchés financiers. A partir de là, les
instruments financiers se sont démultipliés, surtout dans le cadre des
activités spéculatives.  

Une rapide globalisation financière  

Dans l’euphorie du développement des marchés financiers, les investisseurs
institutionnels comme les fonds de pension, les fonds d’investissement ont
fleuri un peu partout. Si l’on y ajoute les progrès informatiques fulgurants
sur les places financières, qui ont permis de travailler en temps réel sur
d’énormes volumes de transactions, on comprend mieux la vitesse à laquelle
la finance s’est « globalisée ». Aujourd’hui les marchés financiers sont
extrêmement développés. Ils sont à l’origine d’un nouvel espace marchand
où s’échangent exclusivement des produits financiers, comme les fameux «
produits dérivés », qui n’ont aucun rapport
avec les activités « traditionnelles » de production, de commercialisation
ou de consommation. Aucun rapport, mais un impact certain !  

Et l’économie réelle ?  

La notion d’économie réelle est apparue pour distinguer la partie de
l’économie qui n’est pas spéculative. Certes, il faut reconnaître que
l’activité financière apporte aujourd’hui une part non négligeable du PIB
des pays développés, mais à quel prix pour les acteurs de l’économie
réelle ? Si la financiarisation de l’économie peut avoir, dans certaines
situations, un effet dopant sur l’économie d’un pays, elle peut aussi faire
des dégâts considérables, à la mesure du gigantisme des marchés financiers.


Des acteurs aux intérêts divergents  

La financiarisation de l’économie permet aujourd’hui à quelques
gestionnaires de fonds de contrôler plus ou moins directement une grande partie
de l’économie réelle. L’impact sur les entreprises est très fort : les
actionnaires et les gestionnaires de fonds viennent de plus en plus se
substituer purement et simplement aux chefs d’entreprises. Et là, les
intérêts divergent car les acteurs financiers souhaitent avant tout valoriser
leur propre patrimoine en privilégiant bien souvent des critères de
rentabilité financière à court terme à ceux d’utilité sociale.  

Des entreprises qui paient l’addition  

L’extrême créativité des acteurs des marchés financiers pour développer
des produits qui minimisent leur prise de risque et maximisent leurs profits a
parfois des conséquences fâcheuses sur les entreprises au détriment
desquelles le risque est transféré. Citons par exemple le développement de
formes de dettes qui confèrent à leur détenteur des pouvoirs qui sont ceux «
normalement » de l'actionnaire, avec un degré moindre de risque et une
rémunération qui bénéficie d'un traitement fiscal beaucoup plus favorable.
Le détenteur d'une dette peut par exemple déclencher une cessation de
paiements, ce qui n'est pas le cas de l'actionnaire. Ainsi, le capital
financier représente un risque fondamental pour l'entreprise, à la
différence des véritables capitaux propres.  

Belvédère : une illustration de la dérive  

Dans une lettre ouverte adressée aux pouvoirs publics le 14 janvier 2011 et
titrée "La spéculation fait-elle encore la loi en France ?", Jacques
Rouvroy, dirigeant du groupe de spiritueux Belvédère, demande aux autorités
de jouer leur rôle de régulateur face aux gestionnaires de fonds qui
menaceraient la pérennité de son entreprise. Le début de la lettre est très
explicite : « "Il est de notoriété publique que le Groupe Belvédère subit
une agression extrêmement virulente de la part de Fonds spéculatifs étrangers
conseillés par la Banque
Lazard et opérant de manière opaque depuis des paradis fiscaux : depuis
maintenant deux ans et demi, cette agression a été organisée et planifiée
sur plusieurs pays, de manière systématique. » Rappelons que Belvédère est
le 5ème producteur mondial de vodka, dont le siège social est à Beaune (Côte
d'Or), emploie 4.000 salariés (dont 700 en France) et possède outre Marie
Brizard, les marques de whisky , William Peel, Glen Roger's et de vodkas
Sobieski et Danska. La société a été placée sous procédure de sauvegarde
en juillet 2008 afin de pouvoir restructurer sa dette évaluée à 550 M EUR
(dont une créance dite FRN - Floating Rate Notes de 375 M EUR Plus les
intérêts!).  

Le stratagème juridique des spéculateurs

La restructuration de la dette a été une étape importante dans le sauvetage
du groupe. Le cours de Belvédère s'était en effet envolé à partir du 2
novembre 2010, après que le groupe eut annoncé la vente de sa distillerie US,
Florida Distillers, puis le versement de la première échéance du plan de
sauvegarde accordé par le tribunal de commerce de Dijon pour régler sa dette
sur dix ans. Pour autant, des porteurs d'obligation à taux variable (FRN),
gros créanciers de Belvédère, multiplieraient les actions judiciaires en vue
d'obtenir le remboursement accéléré de la créance, et de la sorte empêcher
Belvédère d'honorer ses engagements pour "mettre la main sur ses marques
internationales à vil prix". Si la requête déposée auprès du tribunal de
Commerce de Dijon par ces porteurs d'obligation (parmi lesquels on compte des
fonds d'investissement anglo-saxons ou domiciliés dans des paradis fiscaux)
est suivie d'effet, elle pourrait déboucher sur la mise en redressement du
groupe. Et par là menacer les 4000 salariés du groupe.  

Faut-il d’ores et déjà s’inquiéter de la probable issue de cette
affaire, lorsqu’on garde à l’esprit les récents scandales retentissants de
Continental ou de Sodimatex ? C’est à la mi-février que le Tribunal de
Commerce de Dijon rendra une décision lourde de conséquences. Au-delà des
manœuvres financières opaques de créanciers dont les pratiques peu
scrupuleuses sont bien connues, c’est l’avenir de milliers emplois et celui
d’une belle entreprise française qui se jouent.


Mercredi 2 Février 2011
http://www.alterinfo.net/Financiarisation-de-l-economie-qui-paye_a54639.html

(JPG)

L’économie sociale et solidaire... c’est avant tout des Hommes !


Alors que la financiarisation de l’économie montre ses limites, les entreprises de l’économie sociale et solidaire placent l’Homme au cœur de leur activité depuis plus d’un siècle !

 

http://www.cress-rhone-alpes.org/cress/article.php3?id_article=203

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