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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 03:04

 

Une politique de défense soumise à l'étranger

http://www.u-p-r.fr/actualite/france/une-politique-de-defense-soumise-a-letranger


Publié le 16 mars 2013
Une politique de défense soumise à l’étranger

porte_avions_de_gaulle_upr

Les jeunes officiers français patriotes et inquiets du devenir de l’armée française, se réclamant de Marc Bloch*, ont enfin obtenu une réponse du chef des armées à la tribune qu’il ont fait paraître sur francetv info : ce sera « l’hypothèse Y » ou bien « l’hypothèse Z ».

Dans la lignée du précédent gouvernement qui avait déjà opéré des coupes claires dans les effectifs de notre défense nationale, l’actuel s’apprête à donner le coup de grâce à l’institution militaire.

L’état-major espère pouvoir limiter les dégâts en défendant l’hypothèse Y, tandis que Bercy soutient avec ardeur l’hypothèse Z afin de tenter de mettre en œuvre les injonctions draconiennes de réduction des dépenses publiques fixées par le chef de l’État lui-même.

* Normalien, historien, membre de la Résistance fusillé le 16 juin 1944 par les Allemands, Marc Bloch fut le fondateur, avec Lucien Febvre, des Annales d’histoire économiques et sociales et l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le célèbre L’étrange défaite, sur la débâcle française de 1940.

Des coupes draconiennes en perspective

Dans le cas de l’hypothèse Y, on assisterait à une diminution des effectifs de 30 000 hommes (et corrélativement 15 000 dans le secteur de l’industrie de défense) au prorata des effectifs des différentes armées. En clair, le pouvoir politique refuse de faire des choix stratégiques entre des différentes capacités actuelles des armées, de privilégier telle ou telle capacité.

Or on sait bien que la capacité opérationnelle d’une armée n’est pas proportionnelle à ses effectifs. Il y a des effets de seuil, des points clé en-deçà desquels une capacité peut s’effondrer brutalement faute de cohérence.

Concrètement, une réduction d’environ 13 % des effectifs pourrait provoquer une dégradation bien supérieure à 13 % des capacités opérationnelles de notre armée. En tout état de cause, la capacité de projection de l’armée de terre serait amputée. Serons-nous encore capables d’effectuer une opération d’évacuation de nos ressortissants en toute sécurité dans le cas de troubles soudains dans un pays d’Afrique par exemple ?

La fin de la dissuasion ?

La question du maintien de la composante aérienne de notre dissuasion nucléaire serait posée. Autant dire qu’il n’y aurait plus de dissuasion.

En effet, les différentes composantes ont leurs points forts et leurs points faibles relatifs. Si la composante sous-marine offre une plus grande robustesse de la riposte que la composante aérienne, cette dernière permet, par la gradation ostensible des postures qu’elle peut prendre, une capacité de manœuvre dans le champ diplomatique que les sous-marins n’ont pas car leur emploi est binaire.

La force de dissuasion nucléaire est un ensemble cohérent. Remettre en cause sa seule composante aérienne, c'est remettre en cause l'intégralité de notre force de dissuasion.

La force de dissuasion nucléaire est un ensemble cohérent. Remettre en cause sa seule composante aérienne, c’est remettre en cause l’intégralité de notre force de dissuasion.

En d’autres termes, faire reposer la dissuasion sur une seule composante, ce serait renoncer à une liberté de manœuvre dans le champ diplomatique. Ce serait se restreindre à une forme binaire du « chantage dissuasif », ce serait en bref sacrifier la crédibilité de notre dissuasion.

Cette question est essentielle car elle est avant tout politique. Renoncer à cette possibilité de manœuvre dans le champ diplomatique, c’est renoncer à un facteur de puissance et finalement à la grandeur de la France.

À la poubelle, les symboles de grandeur

Dans le cas de l’hypothèse Z, soutenue par Bercy, on supprimerait 50 000 emplois dans les armées et autant dans l’industrie de défense. En outre, plusieurs programmes ou matériels existants seraient abandonnés, ainsi du porte-avions Charles de Gaulle.

Or, s’il est un fait que la projection de puissance aérienne à partir de la mer est beaucoup plus onéreuse qu’à partir de bases au sol, un porte-avions n’est pas que cela.

C’est également l’affirmation d’un niveau technologique et opérationnel.

C’est aussi un instrument de prestige national. Mais ce mot existe-il encore dans le vocabulaire de politiques nourris au lait de la soumission à l’empire euro-atlantiste ?

Et que dire de l’aspect symbolique de ce renoncement ? Ce fleuron de notre marine nationale porte le nom de l’homme de la France libre, de la France qui se bat, de la France éternelle.

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Quel avenir pour le porte-avions Charles de Gaulle ? Sa vente à l’encan nuirait tragiquement à notre capacité de projection de puissance aérienne ainsi qu’à notre niveau technologique, et elle symboliserait la déchéance de notre nation aux yeux du monde entier.

L’absence de vision stratégique de nos dirigeants

Il n’est pas nécessaire de disséquer l’éventail des abandons que l’hypothèse Z impliquerait. Ce que révèle ce plan, c’est l’absence de vision stratégique de nos dirigeants.

Un seul exemple peut le montrer. La France possède le deuxième territoire maritime du monde. Dans le cadre d’une posture stratégique défensive, globale et permanente par essence, nous devrions nous préoccuper de la maîtrise de cet espace, en particulier de nos zones économiques exclusives (ZEE) qui s’étendent jusqu’à 200 miles nautiques des côtes (environ 370 km).

Nous devrions d’autant plus nous en préoccuper que les écologues annoncent un effondrement de l’écosystème marin et que les ressources halieutiques vont rapidement devenir un enjeu stratégique. Disposer d’une capacité de contrôle et d’intervention dans ces espaces maritimes se révèlera fondamental dans les prochaines années.

La maîtrise des mers est un enjeu est d’autant plus fondamental que la France a la chance inouïe de disposer du deuxième domaine maritime le plus vaste du monde, notamment grâce à nos Départements et Collectivités d’Outre-mer (zones en bleu sur ce planisphère). Il s'agit d'un atout stratégique de tout premier plan en ce XXIe siècle qui voit les ressources halieutiques se faire de plus en plus rares.

La maîtrise des mers est un enjeu est d’autant plus fondamental que la France a la chance inouïe de disposer du deuxième domaine maritime le plus vaste du monde, notamment grâce à nos Départements et Collectivités d’Outre-mer (zones en bleu sur ce planisphère). Il s’agit d’un atout stratégique de tout premier plan en ce XXIe siècle qui voit les ressources halieutiques se faire de plus en plus rares.

La résistance du lobby militaire joue heureusement encore un peu

Aux toutes dernières nouvelles, il semblerait toutefois que, face à la pression des industriels de l’armement et aux échéances électorales, la trajectoire Y pourrait prévaloir. Par des indiscrétions calculées, les autorités laissent entendre qu’un seuil minimal de 30 milliards d’euros par an serait préservé au cours de la loi de programmation militaire.

Mais même si cet arbitrage est celui qui est en définitive retenu, comme c’est probable, il n’en représentera pas moins une diminution très sensible d’un budget déjà exsangue. En outre, il faut savoir que, jusqu’à aujourd’hui, aucune loi de programmation n’a jamais été respectée : de nouvelles coupes ont été imposées au fur et à mesure de son exécution.

On assiste ainsi, au fil du temps, à une dégradation lente et inexorable de notre outil de défense.

Conclusion : La soumission à l’empire euro-atlantiste comme doctrine stratégique

La défense nationale est l’un des piliers essentiels de la souveraineté nationale.

Les young leaders du gouvernement actuel, comme de celui qui l’a précédé, entendent renoncer explicitement à toute forme de souveraineté et ils sacrifient sans vergogne notre armée.

Ce qui ne les empêchent pas, bien au contraire, de mener des aventures guerrières concoctées et planifiées aux États-Unis d’Amérique, et conformément à la doctrine américaine, à apparaître en première ligne tandis que les maîtres restent furtivement en seconde ligne.

 

regis_chamagne_upr


Colonel Régis CHAMAGNE (ER)

Responsable National de l’UPR en charge des questions de Défense
Chevalier de la Légion d’Honneur
Officier de l’Ordre du Mérite

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Lire aussi :

 

Vers une apocalypse budgétaire pour les armées françaises

 

La France, c'est la guerre ! Serbie, Kosovo, Afghanistan, Djibouti, Côte d'Ivoire, Libye, Syrie, Mali..

 

 

"La voix de la France a disparu dans le monde"

LE MONDE | 22.02.2011 à 12h03 • Mis à jour le 24.02.2011 à 15h20 Par le groupe "Marly", un collectif qui réunit des diplomates français critiques

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/22/on-ne-s-improvise-pas-diplomate_1483517_3232.html#ens_id=1245377

 

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