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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 15:43

LEAP – Euroland 2012-2016 : Pérennisation d’une nouvelle puissance globale sous condition de démocratisation

Comme anticipé par l’équipe de LEAP/E2020, la peur largement entretenue

par la City de Londres et Wall Street d’un éclatement de la zone Euro

à l’occasion de la crise de la dette grecque s’est avérée infondée.

L’Euroland sort très renforcé de cet épisode violemment conflictuel

avec ses « alliés naturels ».

 


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Selon notre équipe, 2012 va donc marquer le point de départ de la pérennisation

d’une nouvelle puissance globale, l’Euroland. Cette évolution reste néanmoins conditionné à la question de sa démocratisation comme nous l’analysons dans

ce GEAB N°62, à travers les trois séquences de l’évolution de l’Euroland

2012-2016. Ces cinq années vont conduire les Européens a influencer

profondément un rééquilibrage géopolitique mondial tandis qu’en interne

une phase radicalement nouvelle de l’intégration européenne s’ouvre dans

les mois à venir. Par ailleurs, ce numéro du GEAB anticipe l’évolution du

Dollar US comme devise dominante des transactions commerciales

mondiales.

Les années 2012 et 2013 vont en effet apporter de grands bouleversements

dans ce domaine affectant directement le commerce global comme

la puissance respective des devises concernées. (…)

Comme annoncé précédemment, LEAP/E2020 présente dans ce

GEAB N°62 ses anticipations pour l’Europe sur la période 2012-2016.

Dans le contexte de crise systémique globale, pour les européens,

deux tendances stratégiques vont marquer ces cinq années : d’une

part la pérennisation de l’Euroland comme nouvelle puissance

globale à part entière (1) ; et d’autre part, l’impératif absolu pour

les élites européennes de lever l’hypothèque démocratique qui

pèse désormais lourdement sur le processus d’intégration

européenne.

Notre équipe analyse dans ce GEAB N°62 pourquoi à partir de la seconde

moitié de 2012, les conditions seront optimales pour que l’Euroland puisse

assumer pleinement ces deux tendances (2). Les défis économiques, financiers, stratégiques et politiques restent bien entendu nombreux pour les Européens ;

mais, avec l’entrée de la crise systémique globale dans sa phase de

recomposition des équilibres géopolitiques mondiaux, avec l’Euroland,

ils disposent d’un « nouveau souverain » capable d’influencer

positivement les processus en cours (3).

Cette capacité reste bien entendu conditionnée à la légitimation

démocratique de l’ensemble de la gouvernance de l’Euroland. De 2012 à 2016,

trois séquences majeures vont caractériser la pérennisation de l’Euroland

comme souverain à part entière et la levée de l’hypothèque démocratique.


Lire la suite


 

Rappel :

 

LEAP : 2010-2014, plongée dans la phase de dislocation géopolitique mondiale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 octobre 2010

(…) notre équipe présente la mise à jour annuelle des « risques-pays »

face à la crise. Fondée sur une analyse intégrant cette année onze critères,

cet outil d’aide à la décision a déjà fait preuve de sa pertinence en

anticipant fidèlement les évolutions des douze mois passés.

depressionq.jpg

L’identification, début 2009, d’une nouvelle phase de la crise (la phase de

dislocation géopolitique mondiale) avait imposé de prendre en compte

de nouveaux paramètres (neuf indicateurs avaient été retenus en 2009)

pour intégrer efficacement les tendances qui refaçonnent le système global (1).

En cette fin 2010, [le] LEAP estime désormais que les différents pays de la

planète sont entraînés dans une plongée collective au sein de cette phase

de dislocation géopolitique aux aspects socio-économiques et stratégiques (2).


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Autre écho :

 

Crise systémique globale - Euroland 2012-2016 : Pérennisation

d'une nouvelle puissance globale sous condition de

démocratisation

 

 

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Mercredi, 22 Février 2012 15:33

 

La peur largement entretenue par la City de Londres et Wall Street d’un

éclatement de la zone Euro à l’occasion de la crise de la dette grecque

s’est avérée infondée. L’Euroland sort très renforcé de cet épisode

violemment conflictuel avec ses « alliés naturels ».

Une analyse du GEAB

2012 va donc marquer le point de départ de la pérennisation d’une nouvelle

puissance globale, l’Euroland. Cette évolution reste néanmoins conditionné

à la question de sa démocratisation à travers les trois séquences de

l’évolution de l’Euroland 2012-2016. Ces cinq années vont conduire les

Européens a influencer profondément un rééquilibrage géopolitique mondial

tandis qu’en interne une phase radicalement nouvelle de l’intégration

européenne s’ouvre dans les mois à venir. Par ailleurs,nous anticipons

l’évolution du Dollar US comme devise dominante des transactions

commerciales mondiales. Les années 2012 et 2013 vont en effet apporter

de grands bouleversements dans ce domaine affectant directement le

commerce global comme la puissance respective des devises

concernées.
 
Nous ptévoyons pour les cinq années à venir : d'une part la pérennisation

de l'Euroland comme nouvelle puissance globale à part entière ; et d'autre part,

l'impératif absolu pour les élites européennes de lever l'hypothèque

démocratique qui pèse désormais lourdement sur le processus d'intégration

européenne. Nous pensons qu' à partir de la seconde moitié de 2012, les

conditions seront optimales pour que l'Euroland puisse assumer

pleinement ces deux tendances. Les défis économiques, financiers,

stratégiques et politiques restent bien entendu nombreux pour les Européens ;

mais, avec l'entrée de la crise systémique globale dans sa phase de

recomposition des équilibres géopolitiques mondiaux, avec l'Euroland, ils

disposent d'un « nouveau souverain » capable d'influencer positivement les

processus en cours. Cette capacité reste bien entendu conditionnée

à la légitimation démocratique de l'ensemble de la gouvernance de

l'Euroland. De 2012 à 2016, trois séquences majeures vont caractériser la

pérennisation de l'Euroland comme souverain à part entière et la levée

de l'hypothèque démocratique.

Avant d'entrer dans le détail du cas européen, notre équipe souhaite

rappeler que la grande différence aujourd'hui entre l'anticipation de

l'évolution des Etats-Unis et celle de l'Europe tient au fait que les

Etats-Unis ont un système politico-institutionnel archaique et complètement

paralysé, alors que l'intégration européenne possède une forte dynamique

associée à une grande souplesse institutionnelle. L'absence de réformes

majeures aux Etats-Unis depuis le début de la crise en 2008 comparée à

l'impressionnante série de bonds institutionnels européens depuis mi-2010

(des évolutions jugées impossibles par beaucoup il y a encore deux ans)

en offre une frappante illustration. Dans le cas américain, la question de

l'anticipation des événements impose donc de pouvoir identifier les

points de rupture d'un système sclérosé. Dans le cas européen, il s'agit

en revanche de cibler les processus en cours et d'évaluer leur rythme de

développement.. Ce qui est en fait beaucoup plus simple quand,

on connaît bien le fonctionnement institutionnel européen et qu'on

dispose de bons capteurs dans l'opinion publique des différents

Etats-membres (5).

Dernier point de préambule, le processus décisionnel européen va

considérablement s'améliorer pour ce qui est de l'Euroland puisque

désormais seuls les pays partageant l'Euro prendront les décisions. C'est

d'ailleurs l'un des grands mérites de ces années de crise que d'avoir enfin

clarifié une situation aberrante qui voyait des pays hors zone Euro,

voire anti-Euro (comme le Royaume-Uni), participer aux décisions

sur l'Euro. Mais néanmoins, la nature même du processus de

décision européen, impliquant négociations et compromis, continuera

à le montrer comme chaotique et lent, par opposition aux prises de décisions

nationales. Il le sera beaucoup moins qu'avant, mais toujours quand même

parce que c'est la caractéristique même du fonctionnement de l'intégration

européenne ; c'est aussi in fine une de ses conditions d'efficacité, pour

que chaque Etat applique bien les mesures décidées.

Maintenant, passons à l'analyse des trois séquences majeures qui vont

caractérisées la période 2012-2016. Ces trois séquences ont été présentées

de manière disjointes pour des raisons de clarté ; mais il est bien entendu

évident qu'elles sont imbriquées les unes dans les autres.

Séquence 1 - 2012-2013 : Fin de la consolidation opérationnelle budgétaro-

financière de l'Euroland / Lancement des premières politiques

socio-économiques communes pro-actives / Accélération de

la différenciation Euroland-UE

A la mi-2012, l'Euroland se sera dotée de tout une série de nouveaux

dirigeants nationaux (Espagne, Italie, Grèce, France, Slovénie, Belgique, …)

et dans les mois qui suivront l'Allemagne entrera elle aussi dans un nouveau

processus électoral. L'Euroland sera donc dirigée par des hommes et des femmes

qui pour la plupart seront arrivés au pouvoir après le déclenchement de la crise.

Jusqu'à la fin 2011, ce n'était pas le cas ; bien au contraire, la plupart des dirigeants

de la zone Euro étaient des produits électoraux du monde d'avant la crise. Le fait

que ces dirigeants, médiocres politiciens pour la plupart, et totalement non

préparés à l'effondrement des valeurs/convictions qui étaient les leurs jusqu'en

2008, aient néanmoins pu affronter relativement bien la crise globale puis la crise

grecque et ses conséquences sur fond d'attaque violente de la monnaie unique

européenne par la City de Londres et Wall Street, est une preuve de la dynamique

d'intégration européenne à l'œuvre au sein de l'Euroland. Nous considèrons en effet

qu'ils étaient la génération de politiciens la moins bien armée pour « sauver la

construction européenne » puisque généralement pas très intéressés par l'Europe

et souvent sous la coupe des banques et de Washington.


On ne saura jamais ce qui se serait passé si la crise systémique globale avait éclaté
cinq ans plus tard, mais ce qui est certain, c'est qu'ils auront su éviter de « casser
l'Europe ». Même Nicolas Sarkozy, dont nos lecteurs savent pourtant que nous
estimons qu'il a été pour la France et pour l'Europe le pire président français de
la V° République, mérite une mention positive à ce sujet pour avoir su pousser
en avant la nécessité de sommets réservés aux dirigeants de l'Euroland. Ce que
nous enseigne cet épisode, c'est que si même des dirigeants non préparés et
peu fiables ont su trouver les réponses permettant de bâtir les fondements
de l'Euroland au milieu d'une crise historique, il est très rationnel de considérer
que des dirigeants plus inspirés et mieux préparés (au moins par le fait qu'ils
auront vécu cette crise avant d'arriver au pouvoir) seront capables de faire au
moins pareil, sinon mieux.

Cette analyse est renforcée par un autre facteur déterminant du processus
décisionnel européen : en l'absence de démocratisation du système, les technocrates
sont les vrais maîtres du jeu dans le circuit communautaire englobant Francfort,
Bruxelles, … et les capitales nationales. Ce sont eux qui depuis la création de la
CECA en 1951 tissent la toile de l'intégration européenne. Ce sont eux qui
ont offert à nos dirigeants désorientés les solutions de ces deux dernières années.
Ce sont eux qui préparent déjà des initiatives pour les prochaines années. Mais
pour pouvoir réaliser des bonds en matière d'intégration européenne, ils ont
besoin des politiques. Et les politiques ne sont prêts à prendre des risques
que dans deux cas de figure : quand ils ont peur, quand ils sont visionnaires.
La peur aura été l'aiguillon de 2010/2011. La vision d'avenir sera celui des
années 2012/2016.

Deux éléments déterminent ce basculement de la réaction vers le projet
car il s'agit bien de cela : la peur n'entraîne que des réactions ; la vision d'avenir
s'incarne en projets.

D'une part, on constate qu'après l'épisode « serrage de boulon » voulu
à juste titre par les pays dits excédentaires (Allemagne, Pays-Bas, Finlande, …),
on voit se développer partout dans les élites de l'Euroland l'idée qu'il faut aussi
se projeter positivement dans l'avenir (relance, investissements communs,
Eurobonds, …). Le passage par la phase d'austérité était inévitable, comme
nous l'avions anticipé depuis 2008/2009, car l'intégration de l'Euroland i
mpose d'avoir des règles communes, réellement appliquées et de cesser les
politiques de surendettement collectif promues ces dernières décennies
par les banquiers et les pôles financiers de la City et Wall Street.

Le cas de la Grèce est exemplaire. Nous sommes très clairs en la matière :
surmonter le problème grec, il faut casser la classe dirigeante parasitaire qui
a conduit ce pays à la ruine. Or l'Euroland n'a pas beaucoup de moyen à
ce jour pour ce faire, sinon bien montrer aux Grecs que personne ne fait
plus confiance à leurs dirigeants. C'est aussi un moyen dissuasif vis-à-vis
des dirigeants des autres pays tentés par l'endettement pour essayer de
garder le pouvoir.

Ainsi 2012 et 2013 vont voir la finalisation des nouvelles règles de
gouvernance budgétaire, fiscale et économique communes de l'Euroland.
Contrôle commun des budgets, évolution vers une harmonisation fiscale,
rapatriement des marchés financiers en Euro dans l'Euroland, réglementation
financière renforcée, agence de notation européenne, taxe sur les
transactions financières, Eurobonds, instauration d'un degré maximum
d'exposition des dettes gouvernementales aux marchés financiers hors Euroland, …

Pour les équipes qui arrivent au pouvoir dans l'Euroland, ces évolutions sont
des évidences ; alors qu'elles étaient révolutionnaires pour leurs prédécesseurs. Mais,
sur ces bases, les deux années à venir vont également voir le lancement de plusieurs
grandes initiatives communes destinées à construire l'avenir : programme
commun d'investissements publics (infrastructures communes dans le
domaine des transports, de l'éducation, de la formation, de la santé, de la science
et de la technologie, …). Leur financement va déclencher l'un des grands débats
des deux prochaines années car il sera impossible d'éviter un recours à l'emprunt
direct auprès des citoyens, court-circuitant ainsi les banques et le financement
sur les marchés financiers. D'un montant équivalent à celui du MES, 500 milliards
Euros, il servira pour moitié à réduire la dépendance des dettes gouvernementales
aux marchés financiers internationaux (via des Eurobonds) ; et pour moitié à
financer les grands projets d'avenir. Si le MES est un embryon de Fonds
Monétaire Européen, ce grand emprunt sera la prémisse d'un Trésor e
uropéen. Et il fera partie de la panoplie d'instruments de solidarité
sociale trans-européenne qui vont émerger d'ici 2014, pour progressivement
remplacer les multiples fonds structurels traditionnels de l'UE.

D'autre part, à partir de la seconde moitié de 2012, l'Euroland va assister
au retour constructif des Français dans le projet européen. C'est une réalité
oubliée de beaucoup puisque cela fait 17 ans qu'elle a disparu du processus
décisionnel européen. Que ce soit Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy, aucun
des présidents français depuis 1995 n'a eu la fibre européenne (à la différence
de leurs prédécesseurs De Gaulle, Giscard et Mitterrand).

Ces tendances au repli ou à l'anecdotisme ont bien entendu été renforcées par
la domination anglo-saxonne sur l'agenda européen, poussant l'élargissement
et l'Europe-marché au détriment de l'intégration et de l'Europe-puissance. In
fine, cela fait 17 ans que la France a cessé d'apporter sa contribution
intellectuelle à la progression de l'intégration européenne. Cette « absence
française » au niveau européen n'aura été que le reflet d'une déconnection
croissante du pouvoir parisien avec le pays réel .

Sans attentes extraordinaires, la prochaine élection de François Hollande
à la tête de la France va permettre de reconstituer le lien entre le pays réel et
les dirigeants français, au moins pour une année ou deux, temps suffisant
pour redynamiser la contribution française au niveau européen. La personnalité
du candidat socialiste joue aussi en faveur de cette évolution. C'est un politicien
pour qui l'Europe est une composante-clé de son engagement, dans la lignée
Mitterrand-Delors ; et il a le profil qu'il faut aux futurs dirigeants de l'Euroland
pour cette période 2012-2016 : ils devront être de bons équipiers car la
direction de l'Euroland sera une affaire d'équipe, et non pas d'individualités.
Ces cinq années vont plus ressembler en interne à l'arrimage des différentes
composantes d'une station spatiale qu'à des charges de cavalerie. Chaque époque
a besoin d'un certain type de dirigeants : l'Euroland des années à venir a besoin
d'équipiers européens, fiables et inventifs, sachant où ils veulent aller et conscients
qu'ils ne peuvent pas y arriver seuls. Au-delà de toute considération partisane,
dans son parcours et la conduite de sa campagne, notre équipe estime que François
Hollande a montré qu'il possédait ces qualités.

Dans ce contexte, il est urgent qu'il repositionne son discours de campagne sur
la renégociation de l'actuel traité européen en promesse de négocier des compléments
à ce traité. C'est nécessaire pour rassurer les partenaires allemand et hollandais en
particulier ; et c'est utile pour éviter à Angela Merkel de s'enfoncer encore plus
dans l'erreur stratégique majeure que constitue son entrée en campagne au côté
de Nicolas Sarkozy. Car, d'une part, cela n'évitera en rien la défaite de ce dernier
(voire même le contraire) ; et, d'autre part, cela rendra plus difficile les premiers mois
de coopération franco-allemande après le 6 Mai 2012, même s’il est urgent
d'ouvrir à d'autres pays (Pays-Bas, Espagne, Italie, …) le noyau moteur de l'Euroland.

Parallèlement ces deux années vont voir l'accélération de la différenciation entre
Euroland et UE. C'est un phénomène qui caractérisera en fait toute la décennie.
L'Euroland qui fonctionne beaucoup sous forme de réseaux informels va progressivement
devoir se doter de quelques bases institutionnelles. Elles seront légères car personne
ne veut reproduire la bureaucratisation qui a sclérosé définitivement Bruxelles ; mais
à l'image de la BCE, du MES, un secrétariat de gouvernance de l'Euroland
va s'avérer nécessaire très rapidement puis certaines institutions spécifiques
ainsi qu'une composante Euroland spécifique au sein du Parlement européen
(réunions réservées aux députés européens des pays de l'Euroland pour discuter
des questions spécifiques à l'Euroland, à l'image des sommets de l'Euroland).
Cette évolution sera d'autant plus forte et rapide que le Royaume-Uni tentera
de ralentir ou bloquer les actions de l'Euroland. On a ainsi eu un exemple de l'effet
contre-productif du véto britannique en Décembre dernier ; il a tout simplement
obligé les autres à avancer sans Londres.

En général, les Eurolandais chercheront à utiliser les institutions communautaires
existantes en écartant les non Eurolandais des processus décisionnels. Chaque fois
que ce sera impossible ou trop compliqué, une nouvelle base institutionnelle sera créée.
Cette évolution sera d'autant plus aisée que l'ensemble des pays de l'UE, à part le
Royaume-Uni, sont en fait dans une logique d'adhésion à l'Euro. La plupart des
pays de l'UE savent qu'ils seront dans l'Euroland d'ici 2017 ; ce qui facilite
grandement les évolutions de l'Euroland pour les années à venir.

Ainsi, après une quinzaine d'années d'errements sous influence britannique
et américaine, pendant lesquelles les Européens se sont fourvoyés de projets
d'élargissement sans avenir (Turquie, Ukraine, … à des stratégies
économico-financières illusoires (stratégie de Lisbonne, … ), les années à venir
porteront la marque du retour à l'intégration politique et économique, comme
c'était le cas lors de la première renaissance communautaire des années 1984-1992
 
 

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