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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 06:56

Dossier grec : gagner du temps, rien que cela… mais à quel prix !

Le Financial Times évoque un rapport de la “troïka” (BCE, FMI, Commission européenne) de neuf pages ayant servi de document de travail aux ministres des Finances de la zone euro. Ses rédacteurs affirment : “Il y a des risques notables. (…) La capacité de la Grèce à retourner sur les marchés dans les années suivant la fin du programme (d’aide) est incertaine et demande plus d’analyse. Un prolongement du soutien financier public pourrait être nécessaire”. Il  y a “une tension fondamentale entre les objectifs du plan de réduire la dette d’un côté et d’améliorer la compétitivité de l’autre, dans la mesure où la dévaluation interne requise pour restaurer la compétitivité de la Grèce conduira inévitablement à un ratio dette-PIB plus élevé à moyen terme”. “Compte tenu des risques, le programme grec restera exposé à des dérapages, la question de sa viabilité restant posée”, poursuivent-ils.


Rappelons que selon l’accord développé par les ministres de l’Eurogroupe le 21 février 2012, “la dette grecque doit être ramenée à 120,5 % du PIB d’ici à 2020 grâce à un nouveau programme de prêts publics de 130 milliards d’euros d’ici à 2014 et à une restructuration de la dette détenue par les créanciers privés”. Or, affirme Le Point : “si les Grecs dévient d’un seul de leurs objectifs, c’est la sortie de route assurée. Que l’excédent budgétaire primaire (avant déduction du paiement des intérêts de la dette) reste en dessous de 2,5 % du PIB, comme c’est le cas actuellement, et la dette ne cessera d’augmenter. Que les revenus des privatisations n’atteignent que 10 milliards d’euros en 2020, au lieu des 46 milliards escomptés, et la dette ne descendra qu’à 148 % du PIB ! Que la croissance économique soit inférieure à 1 % par an jusqu’en 2020 et elle resterait à 143 %. Que les taux d’intérêt d’emprunt du Fonds européen de stabilité financière (FESF), désormais chargé de lui prêter l’argent, augmentent de 100 points de base et la dette restera à 135 % en 2020…  Au final, l’option d’une sortie de la zone euro n’est pas totalement écartée”.

“Le plan grec reste fragile et vulnérable. Même avec cet accord, la Grèce a encore la plupart de ses problèmes devant elle”, prévient Sony Kapoor, directeur du centre d’études Re-Define. Le responsable de l’institut Bruegel Jean Pisani-Ferry est encore plus pessimiste, estimant que le plan ne fait sans doute “que repousser l’échéance funeste”. “La Grèce ne va pas mettre en œuvre l’austérité promise et va se retrouver au bout du compte à devoir décider de sortir de l’euro ou à être poussée vers la sortie”, juge-t-il.

En réalité, on voit bien que les banquiers internationaux cherchent tout bonnement à gagner du temps et peu importe l’argent dépensé pour entretenir l’illusion le plus longtemps possible. Attendons maintenant ce qu’il en sera du QE2 de la BCE à la fin février 2012…

 

 

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Grèce : l’Europe achète du temps

 

Posted: 22 Feb 2012 05:56 AM PST

Lundi, un énième plan de sauvetage des créanciers de la Grèce a été accepté. Comme on pouvait le prévoir, les peuples trinquent et ce plan, qui est dans la lignée des précédents, ne règle absolument rien. La Grèce fera à nouveau défaut. La seule question qui se pose est de savoir quand.

Des hypothèses irréalistes
Merci au Figaro d’avoir publié les hypothèses du plan concocté par la troïka technocratique avec le gouvernement grec. Elles méritent d’être détaillées. Le plan prévoit une contraction du PIB de 4% cette année, 1% en 2013 et un retour à la croissance à partir 2014 (2.5%, puis 3% en 2015). Le solde budgétaire primaire (avant intérêt) doit être équilibré en 2012 (contre un déficit de plus de 2% en 2011) puis atteindre 2% du PIB en 2013 et enfin 5% à partir de 2014.
 

Un tel scénario verrait la dette publique atteindre 198% du PIB en 2012-2013 (contre 113% en 2008, 145% en 2010 et 163% en 2011). Parallèlement, 150 000 postes de fonctionnaires devraient être supprimés en 5 ans, leur salaire, passé de 1976 euros en 2009 à 1679 en 2010, tomberait à 1185 euros en 2014 (-40% !), alors que celui du privé tomberait de 1164 euros en 2012 à 990 euros en 2014, le SMIC baissant de 22%, à 586 euros, et même de 32% pour les jeunes, à 511 euros.

Autant dire que ces hypothèses sont totalement farfelues et malhonnêtes. Comment la Grèce pourrait faire 2,5% de croissance en 2014 alors que le pouvoir d’achat va continuer à s’effondrer ? Il est bien évident que l’effet dépressif des plans d’austérité va plonger le pays dans une dépression économique qui va durer au moins jusqu’en 2014. D’ailleurs, il y a un an, la troïka annonçait 2,5% de croissance en 2012, ce qui montre bien que ses prévisions ne peuvent pas être prises au sérieux.
Un chèque en blanc pour l’euro
Cela fait maintenant près de deux ans que, comme d’autres, Jacques Sapir, qui vient de démonter ce nouveau plan, ou Nicolas Dupont-Aignan, je soutiens que ces plans mènent la Grèce dans une impasse. Ils sont totalement absurdes car, en faisant baisser le PIB du pays, ils font exploser la dette (passée de 113 à 198% du PIB en 4 ans !). Sans croissance, il est impossible de s’en sortir, comme l’expliquent les prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz ou Paul Krugman.
Bien sûr, les créditeurs privés sont mis à contribution, et c’est un progrès (obtenu par l’Allemagne, contre la volonté de la France). Les 210 milliards vont subir une décote de 53%. Mais il y a déjà 150 milliards de dettes grecques dans les mains d’institutions publiques, notamment européennes, et cette somme va continuer à augmenter puisque 130 milliards sont débloqués. Il est probable que la Grèce fera défaut sur cette somme car les hypothèses du plan sont bidon.
En réalité, comme le soutient Jacques Sapir, les gouvernements veulent éviter à tout prix une explosion de l’euro avant leurs élections (présidentielle en France, législatives en Allemagne l’an prochain). Pire, comme le souligne Régis Soubrouillard sur Marianne, cela se fait au mépris des plus élémentaires règles démocratiques, avec la tutelle de la Grèce, ou le MES. En réalité, la seule solution possible, c’est la sortie de l’euro, qui éviterait le calvaire de la baisse des salaires.
Patrick Artus avait bien vu les choses. L’économiste en chef de Natixis annonçait il y a quelques mois que le pays avait besoin d’une dévaluation interne de 35% pour retrouver sa compétitivité. C’est la voie malheureuse qui est suivie aujourd’hui. En revanche, on a oublié qu’il prédisait alors une baisse abyssale du PIB de 27% ! La réalité, c’est que le chemin suivi est intenable et que le peuple grec finira tôt ou tard par se révolter, comme l’avaient fait les Argentins fin 2001.

Les dirigeants européens reculent à nouveau devant l’évidence, au prix d’un véritable massacre social en Grèce car cela pourrait être le domino qui ferait s’écrouler le château de carte qu’est la monnaie unique. Malheureusement, on pouvait s’y attendre

 

 

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Non aux traités européens à la sauce grecque

by Patrick Le Hyaric

De Madrid à Lisbonne, où à Athènes et Rome, les salariés, les citoyens se sont mobilisés en fin de semaine dernière  contre l’Europe de l’austérité et du chômage. Ce mouvement aura un temps fort le 29 février prochain à l’appel de la Confédération européenne des syndicats. Pour la première fois, cette dernière s’est très nettement prononcée contre les projets de traités européens qu’on tente une nouvelle fois d’imposer aux peuples. Imposés par le couple Sarkozy-Merkel, cachés aux citoyens européens, ils sont une sorte de constitutionnalisation à l’échelle de toute l’Union européenne du scandaleux talon de fer déjà imposé au peuple grec. Après la mise en place de huit plans d’austérité consécutifs, la dette y a augmenté de 25% avec un doublement du chômage. Preuve par l'absurde et d'indicibles douleurs que l’austérité est un poison mortel.

Les familles sont saignées à blanc : baisse des retraites, suppression de plus de 15 000 emplois publics, vente des entreprises publiques, diminution de toutes les prestations sociales et médicales, abaissement de 22% du salaire de base et de 32% des rémunérations des jeunes de moins de 25 ans. La misère s'abat sur une population dont la majorité, depuis des années, tirait déjà le diable par la queue, tandis que les grands armateurs, les grandes sociétés privées, la riche Eglise orthodoxe vivent dans l'opulence. Les dépenses d’armement comme l’argent placé dans les paradis fiscaux ne sont pas touchés. Les milieux financiers et le grand capital européen suivent avec attention les capacités de réaction du peuple grec. En effet, de telles dispositions appliqués à notre pays, notamment la réduction des salaires, aboutiraient à un SMIC net à 843€ par mois, tandis qu’un jeune serait rémunéré à 702€ mensuels.

Comment tolérer que soit ainsi traitée la nation qui  a légué au monde les principes de la démocratie ! Ceux-là  mêmes qui sont chaque jour foulés au pied par les institutions européennes. N'ont-elles pas  installé à leur tête un représentant de la Banque Goldman-Sachs, exécuteur des ordres d’une junte composée des représentants de la Commission de Bruxelles, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international ? Les marchés financiers estiment bien sûr être mieux servis par eux-mêmes. Pour les Grecs, c'est une toute autre histoire! Il aurait été possible, il est encore possible de faire autrement en permettant à la Banque centrale européenne de racheter par création monétaire la dette grecque. Il s'agirait  d’aider au redressement du pays par l’octroi de crédits à taux d’intérêt quasi nuls pour des projets de développements sociaux, humains et des investissements utiles, créateurs d’emplois, dans le cadre d’un fonds européen de développement humain, solidaire et écologique.

Les autorités européennes ont choisi la voie de l'étouffement qu'elles veulent généraliser sur tout le continent. Elles ont baptisé « mécanisme européen de stabilité » une sorte de banque dans laquelle les pays mettront, dans un premier temps, 500 milliards d’euros, dont 142 milliards par tranche pour la France. Il ne s'agira pas d'un fond d'entraide à disposition des états en difficulté. Comme pour la Grèce, l'argent ne sera éventuellement prêté à un pays que s'il s'impose des  purges sociales aux effets pires que le remède proposé.

Ce « mécanisme européen de stabilité » est devenu un traité voté en catimini par l’Assemblée nationale mardi dernier. Il est indissociable du deuxième traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire (TSCG) qui, lui, oblige à réduire toutes les dépenses publiques et sociales sous peine de « sanctions européennes ». C'est celui-là qui  impose  d’inscrire dans la Constitution le principe de  réduction des investissements publics, baptisé « règle d’or ». Les mots "chape de plomb" sur la vie quotidienne de chacun conviendraient beaucoup mieux. Tout pays qui refuserait d'obtempérer serait poursuivi devant la cour de justice européenne.

Président des riches reconverti la veille d'un scrutin en candidat du peuple, M. Sarkozy  a signé deux traités qui vont faire beaucoup de mal aux peuples de l'Europe. L’article 5 du traité instituant « le mécanisme européen de stabilité », édicte noir sur blanc qu'ils sont inséparables: « Le présent traité et le traité TSCG sont complémentaires dans la promotion de la responsabilité budgétaire et de la solidarité au sein de l’Union »… et précise : « L’octroi d’une assistance financière dans le cadre de nouveaux programmes en vertu du MES sera conditionné… par la ratification du TSCG par l’état membre concerné… ». Une camisole de force est ainsi imposée à tous les européens. Les Grecs servant  aujourd’hui de cobayes.

Les députés socialistes, dans leur majorité,  ne sortent pas grandis par leur refus d'entendre l'appel unitaire du Front de Gauche à se rassembler pour s'opposer à un texte aux conséquences aussi lourdes pour le monde du travail et de la création. En s'abstenant mardi soir, ils ont envoyé un mauvais signal à toutes celles et ceux qui espèrent tant un changement de politique qui ne sera possible qu'en se dégageant d'orientations qui ont conduit l'Union européenne dans le mur.

Les prochaines échéances électorales donnent l'occasion aux électrices et électeurs, qu’ils soient socialistes, écologistes, communistes, progressistes, de modifier le rapport de forces en faveur d'une Europe de la solidarité qui refuse l'austérité. Sans attendre, ils peuvent se rassembler pour ensemble obtenir un grand débat national et un référendum sur ces textes si néfastes pour ceux qui n'ont que leur travail pour vivre et pour l'idée même de construction européenne. Plus le résultat de Jean-Luc Mélenchon sera élevé, plus le Front de gauche aura de députés aux prochaines législatives, meilleures seront les chances de la gauche et de l'écologie politique de l'emporter et, demain, de réussir une politique vraiment de gauche.

Patrick Le Hyaric | 23 février 2012 at 6 06 37 02372 | Catégories: Angela Merkel, Confédérati

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