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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 04:22

Gagner du temps au moyen de milliards d’euros, pour reculer une échéance planifiée

La presse en fait ses choux gras : les pays de la zone euro se sont mis d’accord sur un nouveau plan de sauvetage sans précédent de la Grèce de 237 milliards d’euros. On dit que l’Europe entière peut souffler ! Quant aux Grecs, ils continueront à s’embourber dans une crise économique et des mesures d’austérité. En effet, le nouveau plan d’austérité vise un plan d’économies douloureux, de 3,3 milliards d’euros pour 2012, avec notamment une réduction du salaire minimum et une limitation des retraites. Dans le même temps, BFM annonce que les Grecs les plus riches ont  soigneusement déplacé 50 milliards d’euros dans des coffres, à l’étranger, où il n’y aura aucune imposition. Le peuple grec trinquera donc et l’économiste fabien Christian de Saint Etienne a raison de dire que « la Grèce est un laboratoire »… pour les banquiers internationaux. Des pays comme le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la France pourront-ils exiger une jurisprudence grecque ? Niet. Car les moyens financiers de Bruxelles ne sont pas illimités. C’est ce que l’histoire démontrera.

Quel scandale d’entendre, dans la foulée, le commissaire aux affaires économiques européen, Olli Rehn, parler de « nouveau départ pour les Grecs » alors que tout le monde a bien compris que l’on repousse les échéances les unes après les autres, en apportant toujours plus de d’argent pour tenter de solutionner un problème qui se soldera, de toutes les façons, par la désintégration de l’euro.

Quant le problème grec est survenu, d’aucuns étaient bien loin d’imaginer que l’on puisse établir un parallèle avec l’Argentine. Mais aujourd’hui, l’effacement de la dette grecque, estimé à 107 milliards d’euros, est sans commune mesure avec la restructuration de la dette de l’Argentine. La gestion du drame grec traduit l’incapacité des gouvernements de ce monde à sortir d’une crise chirurgicalement préparée. Inutile de revenir sur le sujet, qui fut largement traité par de nombreux vecteurs d’informations parfois plus sérieux que les moulins à propagande de la nomenklatura mondialiste. Avec cette solution, on passe simplement l’échéance du 20 mars prochain et le risque du défaut de paiement qui hante banquiers et politiques, proches d’échéances électorales importantes. L’arrivée d’argent frais garantira le remboursement de la prochaine échéance de 14,5 milliards d’euros. En contrepartie, la Grèce fera l’objet d’une surveillance encore renforcée de la part de ses créanciers. Les politiciens grecs aux commandes ont fait des promesses, mais de prochaines élections législatives en avril pourraient changer la donne. En France, par exemple, le candidat dit de gauche a annoncé qu’il remettrait en cause une partie des traités européens.

Museler la démocratie grecque

Mais le commissaire aux affaires économiques européen, Olli Rehn, se veut rassurant pour les créanciers : “Le plan de sauvetage de la Grèce se fonde sur une stricte conditionnalité : il prévoit de renforcer la surveillance de la Grèce et d’imposer une présence permanente de la mission de la Commission européenne sur place” chargée de l’aider à moderniser son appareil d’Etat. Nous verrons bien.

Dans le contexte international de crise économique manifeste, on voit mal l’économie grecque modifier sa trajectoire et rentrer dans les clous des programmes européens. Il faudra donc remettre de l’argent, encore et toujours. On voit très bien que les choses se décident au-dessus des gouvernements européens. Par exemple, le FMI a annoncé qu’il participerait à l’effort de sauvetage de la Grèce de 130 milliards d’euros, mais pour un montant toutefois encore non chiffré. Le Fonds prendra sa décision dans la deuxième semaine de mars, a dit sa directrice générale, Christine Lagarde. Mais les Européens jugent déjà “insuffisants” les chiffrages préliminaires avancés à Washington – autour de 13 milliards d’euros, soit seulement 10 % du plan d’aide. C’est pourquoi quelques sources assurent d’autres turbulences à l’approche du sommet européen du 2 mars. La veille, les ministres des Finances de l’Eurogroupe sont invités à une nouvelle réunion.

Les eurocrates sont décidés à museler la démocratie en Grèce par une perte de souveraineté. Il leur faut agir avant les élections. Ainsi s’explique ce commentaire de Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, exprimé en juillet 2011 : “La souveraineté de la Grèce sera énormément restreinte”. La nouvelle aide financière est assortie d’un contrôle encore plus serré de la “troïka” (Commission européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne). Celle-ci a imposé un trôle accru de la “task force” de la Commission européenne, chargée de mettre en œuvre des réformes. Dans l’accord de ce 21 février, la “task force” est renforcée, comme celle de la “troïka”, qui contrôlera l’avancée des réformes. La “troïka” veillera scrupuleusement à ce que l’argent destiné à rembourser les emprunts, soit déposé sur un compte séparé. On a mis en place un système juridique à partir duquel si un conflit éclate entre l’Etat grec et ses créanciers, ces derniers pourront être payés en saisissant des biens grecs. Dans ce contexte, il est vraisemblable d’assister à la progression de partis politiques foncièrement hostiles à la “troïka” aux prochaines élections législatives grecques.

Se préparer à une contagion de la crise de la dette à d’autres pays

Cela dit, il faut se préparer à d’autres mauvaises nouvelles avec d’autres pays. C’est pourquoi, début mars, Bruxelles devrait annoncer une augmentation de la capacité de prêt combinée du Fonds de secours actuel (FESF) et du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui va lui succéder en juillet. La situation est tellement accablante que l’Allemagne vient de consentir à accepter une hausse de la capacité de prêts du Fonds de secours en échange d’un accord sur un nouveau pacte budgétaire devant durcir la discipline commune dans la zone euro. Pour le moment, la force de frappe du FESF restant (soit 250 milliards d’euros) et l’enveloppe prévue pour le Mécanisme européen de stabilité (500 milliards d’euros) assureraient un pare-feu contre la contagion de la crise de la dette à 750 milliards d’euros au total. Bien évidemment, ces mesures traduisent le sentiment non avoué des politiciens et des banquiers européens. La crise de la dette n’est pas finie, elle ne fait que commencer et l’on échafaude des digues que l’on espère suffisantes, avant la prochaine tempête… qui sera plus puissante. L’illusion fait vivre. Pour LIESI, tout ce cirque ne servira à RIEN. Nous gagnons du temps (et à quel prix !), tout simplement, et les gens s’appauvrissent de plus en plus avant l’émergence de prochains guignols chargés de mettre en place les conditions nécessaires à la disparition de la classe moyenne. Tandis que les populations sont engluées dans des sondages tronqués, certaines officines ont déjà élaboré les mesures d’austérité de demain… quel que soit le guignol censé représenter la souveraineté française ! Ce que dit Trader Noé au sujet du pétrole est l’une des clés fondamentale du monde de demain.

Lecture conseillée: DES PIONS SUR L’ECHIQUIER de W.G. Carr.

 
21 Comments

Publié par le 21 février 2012 dans Non classé

 

Trader Noé – Analyse du 21 février 2012

Tant que le titre Neslte évolue au-dessus des 53 euros, la tendance reste plutôt bien orientée et le cours pourrait se rapprocher des 57 puis 61-63 euros. Le franchissement de ce seuil déclencherait une nouvelle progression.
En revanche, la rupture du support des 53 euros fragiliserait l’évolution qui se fait dans un canal ascendant depuis septembre. Dans ce cas, nous attendrions de nouveaux supports. Vous devriez produire davantage de pièces d’or en chocolat, ça pourra bientôt servir !

Le titre Guerbet vient de casser le support phare des 63 euros. Tant que le cours évolue sous ce niveau, une accélération baissière pourrait se déclencher vers d’autres supports 59.8-45-40 euros. La rupture de ce dernier serait très importante car il s’agit du support d’un canal descendant depuis 2008.
Pour sortir de cette structure baissière, il faut que le cours franchisse la zone de résistances de ce même canal. Actuellement la première se situe à 84 puis 100 euros.

Concernant le Gold spot, nous surveillerons la résistance des 1760 dollars l’once. Si ce niveau est franchi, le cours pourrait se rapprocher des 1800 puis 1922. En supposant que le cours parvienne à franchir les 1922-1930, l’envolée devrait se faire ensuite.
Cette envolée, se fera probablement avec l’écroulement des bourses et de tous les secteurs d’activité. La crise étant systémique, les seuls produits à monter seront probablement l’or, l’argent, les matières premières et le pétrole.

Justement en parlant du pétrole, vendredi dernier le Brent venait buter sur la résistance des 120.7. Une information est tombée ce week-end annonçant que l’Iran suspendait ses ventes à la France et au Royaume Uni. Le cours a légèrement franchi la résistance. Actuellement, le cours oscille toujours sur cette résistance et les tensions se démultiplient entre Israël – Iran – Syrie
Désormais, si le Brent franchit les 121, il pourrait se rapprocher des 125-134 – 150. La configuration est très intéressante et la rupture des résistances pourrait être déclenchée par plusieurs catalyseurs. Ces catalyseurs permettront au cours de rejoindre d’autres résistances.
Il suffit de trouver le ou les bons pour mettre le feu aux poudres. Ensuite, l’aspect tragique géopolitique devrait propulser les cours à 250-300 dollars le baril.

A vos commentaires.

 

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Mardi 21 février 2012

Crise en Grèce: la mort comme échappatoire

Les demandes d'aide psychologique ont beaucoup augmenté depuis... (Photo Reuters)

Les demandes d'aide psychologique ont beaucoup augmenté depuis le début de la crise.

Photo Reuters.

 

 

(Athènes, Grèce) Les mesures d'austérité imposées en Grèce, où le gouvernement cherche par tous les moyens à éviter la faillite, ont un très lourd impact sur la population. Les coupes dans les salaires et les pensions et l'accumulation de taxes spéciales rendent la vie impossible à nombre de ressortissants du pays, au point de faire monter en flèche le taux de suicide. Notre envoyé spécial, Marc Thibodeau, raconte la douleur d'un peuple au pied du mur.

En décembre, Nikolaos a quitté sa résidence en périphérie d'Athènes sans rien dire à sa femme et ses deux enfants et s'est rendu à la côte en autobus. Une fois à destination, il a attaché autour de son cou une corde reliée à une grosse pierre et s'est lancé dans la mer.

Ses proches, alertés par le fait qu'il était parti en laissant ses documents personnels et sa chaîne ornée d'une croix orthodoxe, ont d'abord cru à un mouvement d'humeur. Avant d'être avisés après quelques jours d'une attente interminable de la découverte de son corps.

L'homme de 45 ans, qui travaillait comme gardien de nuit, s'était récemment vu proposer des horaires réduits, qui avaient fait fondre le revenu familial à 700 euros par mois, une somme accaparée aux deux tiers par l'hypothèque de la maison.

 

«Il n'a jamais demandé d'aide. C'était un homme très fier», relate une proche amie du défunt, qui a accepté avec réticence de raconter son histoire à La Presse.

Elle a demandé de préserver son anonymat parce que la cause exacte de la mort de l'homme a été cachée. Par crainte que l'Église orthodoxe ne lui refuse un service religieux. Aussi pour éviter que ses deux enfants aient à porter le «stigmate» lié au suicide d'un parent.

Au cours d'un récit ponctué de pleurs, l'amie du défunt a souligné que ses difficultés économiques avaient eu raison de sa détermination alors qu'il devait déjà composer avec les troubles psychologiques de sa femme et la maladie d'un de ses enfants.

«La famille reçoit aujourd'hui de la nourriture de l'église locale. Et tout le monde s'est cotisé pour qu'ils puissent notamment acheter les médicaments dont ils ont besoin. C'est très difficile», a-t-elle confié.

Bien que les histoires de suicide soient peu rapportées dans les médias grecs, elles ne sont pas rares en cette période de crise. Et le désespoir suscité par les mesures d'austérité est omniprésent.

Il y a quelques jours, une femme, ingénieure civile de profession, a retenu l'attention du public en menaçant de sauter d'un immeuble du centre-ville avec son mari.

L'agence gouvernementale pour laquelle travaillait le couple vient d'être fermée pour économiser de l'argent et les employés ont décidé d'occuper l'immeuble pour protester.

Les manifestations devant le parlement grec se font... (Photo Associated Press) - image 2.0

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Les manifestations devant le parlement grec se font de plus en plus fréquentes.

Photo Associated Press

Perikilis Athanasopoulos, qui participe à l'occupation, a expliqué sur place que le couple était déjà incapable d'assumer les frais médicaux requis pour un enfant souffrant d'une maladie rare. L'annonce de leur licenciement a plongé l'homme et la femme dans le désespoir. «Il y aura d'autres événements de ce type», a prédit M. Athanasopoulos.

Le ministère de la Santé grec a récemment signalé que le taux de suicide dans le pays, longtemps l'un des plus faibles d'Europe, avait augmenté de 40% dans la première moitié de 2011.

Klimaka, une organisation communautaire d'Athènes qui gère une ligne de soutien psychologique pour les personnes en détresse psychologique, a vu le nombre d'appels doubler depuis le début de la crise.

La coordonnatrice d'un centre d'accueil chapeauté également par l'organisation, Athanasia Tourkou, note que de plus en plus de gens utilisant ces services sont des personnes qui étaient à l'aise financièrement, découragées parce qu'elles»ne peuvent plus payer les factures».

Les difficultés manifestées dans les appels d'urgence ne sont que la pointe de l'iceberg puisque les mesures d'austérité touchent durement de vastes pans de la population.

Aristophanes Koutoungos, qui enseigne la philosophie dans une université d'Athènes, n'avait jamais envisagé qu'il serait un jour aux prises avec un manque d'argent. «Je suis censé faire partie des gens privilégiés», ironise l'homme de 64 ans.

En raison des coupes imposées aux employés de l'État, ses revenus ont été réduits du tiers. Et ils devraient encore fondre dans les mois qui viennent pour s'établir autour de 1500 euros.

Depuis plusieurs mois, il est incapable d'assumer l'ensemble de ses factures courantes et ses paiements hypothécaires. «Je paie un peu à gauche et à droite, mais je m'endette de plus en plus», relate M. Koutoungos, qui a dû se résigner à contrecoeur à vendre sa résidence pour rester à flot.

«C'est terrible à vivre... D'autant plus que nous n'avons aucun espoir de voir les choses s'améliorer dans le pays», dit le professeur.

«Il n'y a plus de classe moyenne en Grèce. Et l'écart entre riches et pauvres va aller en augmentant», déplore Mme Tourkou, qui en veut aux politiciens de continuer à encaisser des salaires confortables tout en imposant des coupes tous azimuts, y compris dans les services d'aide aux plus démunis. «Beaucoup sont totalement laissés à eux-mêmes», dit-elle.

Certains à Athènes tentent de survivre en fouillant dans les poubelles. D'autres, qui poussent des chariots de supermarché dans la rue, empilent des objets récupérés à droite et à gauche dans l'espoir d'en tirer quelques sous chez lers brocanteurs.

Un homme qui dormait sur un trottoir cette semaine, caché sous une couverture, a laissé une petite affiche à côté de lui dans l'espoir d'un miracle. «Je veux un emploi», a-t-il noté en indiquant son numéro de téléphone.

Nicolina Canjeva n'est pas rendue là, mais sa situation est pratiquement aussi précaire. L'immigrante bulgare, qui ne trouve plus d'emploi comme ménagère ou comme aide aux personnes âgées, vient tous les jours chercher de la nourriture gratuite dans un centre municipal qui offre des repas à des milliers de personnes.

«Je n'ai pas eu de travail depuis deux mois», souligne la femme de 64 ans, qui a demandé à l'interprète grecque de La Presse si elle pouvait l'aider à trouver des contrats.

Stella Agrafiotou, qui vient parfois prêter main-forte au personnel du centre municipal, est touchée aux larmes par la détérioration de la situation.

«Tous les jours, ça va de mal en pis», indique la femme de 58 ans, qui affirme avoir eu vent que des gens vivant dans la rue en sont rendus à manger des chiens errants pour survivre. Il s'agit, se sent-elle obligée de préciser en parlant de cette information invérifiable, de «Pakistanais» et non de Grecs.

Bien qu'elle pense que le pays ne peut faire autrement que de se serrer la ceinture, elle déplore l'impact des mesures d'austérité. «La classe moyenne est en train d'être passée à la hache», soutient-elle.

«Je pense que la situation va encore se détériorer. La prochaine étape est que l'on se retrouve tous à la rue», conclut Mme Agrafiotou.

 

Publié le 18 février 2012 dans http://www.cyberpresse.ca/international/europe/201202/18/01-4497378-crise-en-grece-la-mort-comme-echappatoire.php

Marc Thibodeau
La Presse

 

 

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