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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 02:00

Bernard Lazare et son "Histoire de l'antisémitisme"


Personne n'a mieux que Bernard Lazare (1865-1903) expliqué les causes de l'antisémitisme dans son ouvrage : L'Antisémitisme, son histoire et ses causes, P., éd. Léon Chailley, 1894.


Bernard Lazare

 

Ce journaliste, écrivain, dramaturge, défenseur acharné de la première heure de Dreyfus fut le premier utilisateur de l'exclamation "J'accuse" dans un article. L'expression a été reprise, avec quel succès, par un Emile Zola qui a oublié d'en reconnaître la paternité à l'homme de coeur qui a consacré sa trop courte vie à se lancer le premier dans le combat pour la vérité et à essayer de comprendre le destin de la tribu à laquelle il se rattachait par son père.

Avant d'entreprendre, dans le prochain texte, un grand voyage en direction des plaines asiatiques, je donne la parole à cet esprit généreux et lucide, militant anarchiste qui, après l'épreuve d'un montage mensonger et d'une crapulerie qui déchaînèrent un antisémitisme virulent dont fut victime le capitaine Alfred Dreyfus, s'engagea corps et âme dans sa défense, devint un nationaliste juif, et soutint même un temps un Theodor Herzl, qui se révéla plus antisémite, s'il se peut, que les pires antisémites non juifs, mais finit par prendre ses distances avec lui.

 

 

Une expérience particulièrement révélatrice du degré de fanatisme anti-juif de M. Herzl a été organisée dans les rues de Tel-Aviv: un journaliste lisait à des jeunes gens et à des jeunes filles arrêtés au hasard dans la rue, des phrases prononcées par cet homme, auquel les sionistes dressent un piédestal, et leur demandait d'en citer l'auteur. TOUS répondirent HITLER. Or, ces paroles particulièrement repoussantes bien dignes, en effet, du Führer allemand, avaient été prononcées par M. Theodor HERZL, le "père" d'Israël, un des fondateurs du sionisme.Puis la camera prit un petit recul et un gigantesque portrait du célèbre barbu est apparu sur la façade d'un immeuble. Seule une jeune fille courageuse, demanda avec indignation que cette vérité fût enseignée dans les écoles israéliennes. Tous les autres, incrédules, puis négateurs, refusèrent de déboulonner la statue et répondirent qu'il vaut mieux cacher la vérité! [11] "Les Juifs d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec leur patrie historique. Si les Juifs devaient y retourner un jour, ils s'apercevraient dès le lendemain qu'ils ont depuis longtemps cessé d'être un peuple", écrivait Theodor Herzl avant son revirement à cent quatre-vingts degrés. [12]


Quant à Bernard Lazare, il ne renia jamais son ouvrage sur L'antisémitisme, son histoire et ses causes et, avant de mourir, il accepta expressément qu'il fût réédité. Son aspiration à la justice, à la vérité et à la liberté étaient plus fortes que les solidarités communautaires et les idéologies, fussent-elles sionistes.

"Partout où les Juifs, cessant d'être une nation prête à défendre sa liberté et son indépendance, se sont établis, partout s'est développé l'antisémitisme ou plutôt l'antijudaïsme. (…) Si cette hostilité, cette répugnance même, ne s'étaient exercées vis-à-vis des Juifs qu'en un temps et en un pays, il serait facile de démêler les causes restreintes de ces colères; mais cette race a été, au contraire, en butte à la haine de tous les peuples au milieu desquels elle s'est établie. Il faut donc, puisque les ennemis des Juifs appartenaient aux races les plus diverses, qu'ils vivaient dans des contrées fort éloignées les unes des autres, qu'ils étaient régis par des lois différentes, gouvernés par des principes opposés, qu'ils n'avaient ni les mêmes mœurs, ni les mêmes coutumes, qu'ils étaient animés d'esprits dissemblables ne leur permettant pas de juger également de toutes choses, il faut donc que les causes générales de l'antisémitisme aient toujours résidé en Israël même et non chez ceux qui le combattirent.

(…)

Quelles vertus ou quels vices valurent au Juif cette universelle inimitié? Pourquoi fut-il tour à tour, et également, maltraité et haï par les Alexandrins et par les Romains, par les Persans et par les Arabes, par les Turcs et par les nations chrétiennes? Parce que partout, et jusqu'à nos jours, le Juif fut un être insociable.

Pourquoi était-il insociable? Parce qu'il était exclusif, et son exclusivisme était à la fois politique et religieux, ou, pour mieux dire, il tenait à son culte politico-religieux, à sa loi."

Bernard Lazare précise bien, et c'est le point capital de sa démonstration, que l'insociabilité des Juifs avait et a toujours pour origine leur obéissance à un "culte politico-religieux", à une "loi" qui leur étaient propres. Or, la "loi" politique qui régit minutieusement la vie quotidienne et sociale de cette communauté est contenue, non pas seulement dans la Thora, mais principalement dans le Talmud, comme le démontre la suite de l'ouvrage de ce penseur à l'esprit ouvert et généreux.

A l'heure où l'Etat des anciens parias est devenu à son tour un cruel bourreau qui persécute et martyrise sans pitié un peuple tout entier au nom d'une mythologie dont on peut suivre la cristallisation, un homme aussi honnête et lucide, aurait probablement été désespéré de voir ce qu'est devenue l'idéologie à laquelle il a un temps adhéré.

*

Dans le prochain texte j'analyserai les conditions de la rédaction du Talmud et la manière dont a fonctionné le gouvernement central auquel il a donné naissance. Je montrerai comment ce gouvernement central a maintenu d'une poigne de fer l'unité psychique des groupes dispersés dans le monde entier en tissant un lien permanent entre eux et en empêchant toute tentative d'assimilation aux sociétés dans lesquelles vivaient ces communautés, comment le mouvement sioniste moderne est né et a prospéré sur ce terreau et comment il s'est développé en un puissant mouvement à la fois religieux et politique qui s'est concrétisé en une ruée de colons fanatisés en direction de la Palestine.

En même temps, j'essaierai d'éclairer quelque peu l'influence de deux mille ans d'incubation talmudique sur la création d'un arrière-monde collectif qui se heurte au mystère anthropologique de la volonté obstinée de la majorité de ce groupe humain de s'éprouver, aujourd'hui comme hier et certainement comme demain, séparé du reste de l'humanité et de provoquer, par son comportement, le rejet qu'il déplore en accusant le monde entier d'antisémitisme, tout en ne pouvant s'empêcher de le provoquer.

 

 

Notes

[1] Démenti à Shlomo Sand: le génome révèle que les deux branches de la diaspora juive sont parties d'Italie
http://www.restitution.be/communique-201101041749.html

[2] Jacques Attali, : "Les juifs ont toutes les raisons d'être fiers de cette partie de leur histoire", propos recueillis par Eric Conan http://www.denistouret.fr/ideologues/index.html

[3] Frédéric Lewino, Civilisation : nous sommes tous des Arabes !
http://www.lepoint.fr/actu-science/histoire-de-l-homme-nous-sommes-tous-des-arabes-27-01-2012-1424481_59.php

[4] Hédi Doukhar, Un tournant dans la bataille de Syrie
http://hedidh.blogspot.com/2012/02/un-tournant-dans-la-bataille-de-syrie.html

[5] Jacques Attali Les Juifs, le Monde et l'Argent. p.68, livre de poche

[6] Ibid., p.69

[7] Attali, Ibid., p. 69

[8] Attali, Ibid., p. 69

[9] http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste

[10] Attali, Ibid.p.147

[11] Theodor Herzl, antisémite: Voir les vidéos :
http://soutien-palestine.blogspot.com/2010/12/theodore-herzl-le-cote-antisemite-du.html

[12] Charles Zorgbibe, Theodor Herzl l'aventurier de la terre promise, p. 55

 

 

 

Dernière parution d'Aline de Diéguez :

 

 

Nouveau sur le site  d’Aline de Diéguez 

Aux sources du chaos mondial actuel


II - Aux sources du sionisme


- 11 - "Nous sommes un peuple...",

14 mars 2012

« Aussi longtemps qu'on ne le prend pas au sérieux,

celui qui dit la vérité, peut survivre dans une démocratie »

 

 

Nicolas Gomez Dàvila "

 

 

http://www.comiteactionpalestine.org/modules/news/images/stories/palestine1900-2000.jpg

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Conférences-débats:

A l’occasion de la

Journée de la terre en Palestine,

« Résister au sionisme »

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Conférences-débats avec

Jean Bricmont,

 « Résister au sionisme : défendre la liberté d'expression »

 

le 23 mars 20h30, Athénée Municipal, Bordeaux
(Tram A et B, arrêt Hôtel de Ville)
 

Omar Mazri,

 « Révolutions et contre-révolution dans le monde arabe »

le 29 mars 20h30, salle Condorcet, Lormont
(Tram A, direction Bassens-Carbon blanc, arrêt Gravières)
 

COMITE ACTION PALESTINE
6 bis rue de Janeau, 33100 Bordeaux, 0674600236
actionpalestine@hotmail.com, www.comiteactionpalestine.org
 
La Journée de la Terre est  hautement symbolique : elle exprime à la fois la résistance au sionisme et le refus de l’usurpation de la terre qui est l’essence-même de la colonisation juive de la Palestine.

Le sionisme est un mouvement colonial et raciste qui est à l’origine  de la création de l’Etat d’Israël. Celui-ci bénéficie du soutien inconditionnel des puissances impérialistes occidentales qui considèrent cette entité comme leur agent au Proche et Moyen Orient. Depuis plus d’un siècle, les Palestiniens connaissent le prix de leur résistance au sionisme.

Le 30 mars 1976, six Palestiniens de 1948 (c'est-à-dire ceux qui ont pu rester en 1948 après la création par la force de l’Etat d’Israël) étaient abattus par l’armée d’occupation d’Israël, 96 étaient blessés et 300 autres arrêtés. Leur crime ? Avoir manifesté contre l’État sioniste qui avait confisqué et déclaré “ zone militaire ” 1700 hectares appartenant à des villages palestiniens. Depuis lors, tous les 30 mars, la « Journée de la Terre » commémore cet événement en Palestine et partout dans le monde où se trouvent les défenseurs des droits du peuple palestinien.

 

palestine-enfant-gaza-tuer-enfant-est-un-crime-alterinfo.jpg

 

Enfants palestiniens tués - et combien d'emmurés vivants ?

Et combien de naissance de malformés (armes de destruction massive deTsahal)?

La réalité de l'occupation dissimulée par les Médias collabos (eva)

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Pour protéger Israël et ses intérêts, l’impérialisme n’hésite pas à mettre à feu et à sang toute cette région et à intervenir militairement pour empêcher le développement de puissances régionales antisionistes. L’Afghanistan et l’Irak furent les premières victimes de cette politique. Aujourd’hui, les alliances sont claires. L’Arabie Saoudite et le Qatar se positionnent clairement dans le camp impérialiste en organisant la contre-révolution. Dans le contexte des mouvements populaires dans le Monde arabe, les réactions de l’Occident sont dictées par les intérêts sionistes. Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, un seul objectif pour l’Occident : empêcher la généralisation d’un mouvement de masse d’émancipation et de résistance au sionisme.


Dans les pays occidentaux, et notamment en France qui collabore activement avec Israël, toute critique et remise en question de l’entité sioniste sont systématiquement soumises à censure et à accusation d’antisémitisme. Quand il s’agit d’Israël, la liberté d’expression est bafouée, alors qu’elle est défendue en principe par toute l’intelligentsia et la classe politique dans d’autres circonstances. Le CRIF ne relâche pas ses efforts pour faire interdire des conférences et intenter des procès contre tous ceux qui osent résister au sionisme. Pourtant l’antisionisme n’est pas un crime. Il est une exigence de justice.

 

La population française ne doit pas se laisser intimider par le fascisme rampant qui gagne du terrain.

 

Il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour dénoncer à la fois l’Etat sioniste et la classe politique française qui collabore avec lui.

 

Les conférenciers traiteront de ces questions. Jean Bricmont est professeur de physique à l'Université de Louvain (Belgique) et ardent défenseur de la liberté d'expression, notamment en lien avec le sionisme. Omar Mazri est ingénieur spécialisé en hautes technologies et économiste, il a écrit de nombreux ouvrages sur l'islam, le monde arabe et les révolutions. Nous vous invitons à venir échanger avec eux.

 

http://www.alterinfo.net/Conferences-debats-A-l-occasion-de-la-Journee-de-la-terre-en-Palestine-Resister-au-sionisme_a72994.html

 

Lundi 12 Mars 2012 - 12:12 Combien de martyrs palestiniens ?

Samedi 10 Mars 2012 - 17:32 L'agression de l'occupant Israélien sur Gaza est la plus grave depuis la guerre en 2008


 

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palestine-enfant-maltraite.jpg
 

L'Antisémitisme, son histoire et ses causes

L'Antisémitisme, son histoire et ses causes

Bernard Lazare


"Je n'approuve pas l'antisémitisme, c'est une conception étroite, médiocre  et incomplète, mais j'ai tenté de l'expliquer. Il n'était pas né sans causes, j'ai cherché ces causes. Ai-je réussi à les déterminer ? C'est à ceux qui liront ces pages d'en décider.

Il m'a semblé qu'une opinion aussi universelle que l'antisémitisme, ayant fleuri dans tous les lieux et dans tous les temps, avant l'ère chrétienne et après, à Alexandrie, à Rome et à Antioche, en Arabie et en Perse, dans l'Europe du Moyen Âge et dans l'Europe moderne, en un mot, dans toutes les parties du monde où il y a eu et où il y a des Juifs, il m'a semblé qu'une telle opinion ne pouvait être le résultat d'une fantaisie et d'un caprice perpétuel, et qu'il devait y avoir à son éclosion et à sa permanence des raisons profondes et sérieuses."

Bernard Lazare (Préface de L'Antisémitisme, son histoire et ses causes)

226 pages - 15 euros

 

http://www.kontrekulture.com/achats-livres-subversifs/90-antisemitisme-histoire-causes-bernard-lazare.html

 

www.kontrekulture.com

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Découvrir ce libraire spécialiste de la contre-culture

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