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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 04:48

Tefy Andriamanana - Marianne | Mercredi 4 Janvier

Un décret vient d’autoriser les vigiles affectés à la sécurité des HLM à être armés de matraques et de bombes lacrymogènes. Un nouveau pas vers la privatisation totale de la sécurité.


Ils ressemblent à des policiers, ils seront presque armés comme des policiers mais ce ne sont pas des policiers. A Paris, des vigiles privés patrouillent pour assurer la sécurité dans les cités HLM. Habillés en blousons sombres, treillis et rangers, on pourrait presque les confondre avec les gros bras de la police. Ils sont en fait employés par le GPIS, groupement d’intérêt économique dont sont membres les principaux bailleurs de la capitale dont Paris Habitat (ex OPAC). 
 
Le GPIS a été créé en 2004, ils sont 125 agents sur le terrain pour surveiller de nuit près de 73 500 logements. Son budget est de 13,6 millions d’euros dont 6 financés par la Mairie, le reste par les bailleurs.  Ils effectuent souvent des rondes avec la police nationale. Leur premier objectif : la lutte contre l’occupation des halls.
 
Et un récent décret accentue la confusion avec la police. Ils autorisent les vigiles chargés de la sécurité dans les cités HLM à s’équiper de matraques de type tonfa et de bombes lacrymogènes. Mais pas encore d’armes à feu. Les vigiles concernés ne pourront travailler que pour des groupements ad hoc créés par les bailleurs  comme le GPIS et non des sociétés privées classiques. Ils devront suivre une formation théorique et pratique et posséder une autorisation préfectorale pour 5 ans.

Mais pour l'heure, les bailleurs parisiens n'ont pas encore décidé s'ils profiteront du nouveau décret. Contacté par Marianne, Jean-Yves Mano, adjoint au Maire chargé du Logement et Président de Paris Habitat, préfère attendre la décision du conseil d'administration du GPIS. Mais, à titre personnel, il pense que « dans certains situations, ça peut être utile ».

Simili-police

 

Cette réforme vient après une polémique sur la sécurité privée dans les aéroports. Des contrôles peu fiables, avec des agents sous-payés et des sous-traitants soumis aux pressions d’ADP. Depuis 2007, la sécurité privée, malgré les polémiques, prend de plus en plus de poids par rapport aux services de l’Etat. Avec des ardents supporters. D’ailleurs, le décret sur les vigiles des HLM vient en application d’un amendement à loi Estrosi sur les bandes. Un amendement déposé par le député UMP Philippe Goujon, déjà auteur d’amendements favorables aux sociétés privées dans la Loppsi.
 
L’armement des vigiles des HLM est un revirement dans les rapports entre sécurité publique et privée. Jusque là, les patrouilles d'agents armés sur la voie publique était le privilège des policiers (nationaux et municipaux) et de la gendarmerie. Il y avait aussi le cas des pour les convoyeurs de fonds et des agents de sécurité de la RATP et de la SNCF, équipés d'armes à feu. Désormais, avec cette réforme, des vigiles ne relevant ni des services de l’Etat ni directement des collectivités arpenteront armés les quartiers HLM. 
 
L’argument invoqué pour armer ces vigiles est le risque d’agression. Des dizaines d’agents du GPIS étant blessés chaque année. Reste à savoir quelle sera la prochaine étape. Dans un contexte de baisse des effectifs de police, tout est bon pour assurer un semblant de sécurité sans risquer de perdre son triple A. 

Déclin de l'Etat

Sécurité : pas de policiers mais des vigiles pour les HLM
L’UMP a déjà proposé l’équipement systématique des policiers municipaux en armes à feu, invoquant également les risques encours. Pour l’instant, il faut l’autorisation du préfet pour que ces agents puissent porter un revolver. A Paris, il n’y a pas de police municipale à proprement parler, juste des « inspecteurs de sécurité » armés de tonfas et gaz lacrymos. Ils sont eux aussi en uniformes avec treillis et rangers.
 
Au bout de ces réformes, verra-t-on le déclin des services de l’Etat ? C'est la crainte de Jean-Yves Mano : avant toute application du décret, il demande à la préfecture de police un «engagement formel, qu'au moindre appel, il y ait un maintien du soutien logistique de la police au GPIS». 

Cette crainte du désengagement de l'Etat est d'autant plus fondée que les arrondissements les plus populaires de Paris sont les plus sous-dotés en policiers. Selon Le Monde, on compte un policier pour  531 habitants dans le 20e arrondissement contre un pour 237 dans le 7e. Idem pour le taux d’encadrement, les 18e, 19e et 20e arrondissements étant les moins bien dotés en gradés. Pour leur sécurité, les plus modestes pourront se contenter des vigiles privés. C’est à se demander si l’Etat possède toujours le « monopole de la violence physique légitime ».
http://www.marianne2.fr/Securite-pas-de-policiers-mais-des-vigiles-pour-les-HLM_a214098.html

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