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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 04:31

Le candidat du Parti Socialiste français rassure les banques

Par Pierre Mabut
13 mars 2012

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A l'approche du premier tour des élections présidentielles françaises le 22 avril, le candidat du Parti socialiste (PS), François Hollande, après une volte face par rapport à son attitude précédente d'« ennemi de la finance », ne cesse de rassurer les banques en disant être de leur côté.

Mercredi dernier, durant une visite à Londres, Hollande en avait appelé aux banques de la City de Londres pour qu'elles voient en lui un ami : « Je ne suis pas dangereux, » avait-il dit.

Ceci reprend une déclaration précédente faite le 14 février au journal britannique The Guardian et où il défendait le PS comme étant l'ami de la finance : « La gauche a été au gouvernement pendant quinze ans, nous avons libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations ; il n'y donc pas de craintes à avoir. »

La presse bourgeoise en tire les mêmes conclusions. L'International Herald Tribune a cité une dépêche de Reuters du 24 janvier : « Les banquiers, traders et gestionnaires de fonds français ne devraient pas se précipiter pour acheter un aller simple pour quitter Paris si François Hollande devient président en mars prochain. Les changements que François Hollande a proposés ne sont pas effrayants et ce qui sont effrayants parmi ceux qu'il a esquissés ne sont pas sérieux. »

Autrement dit, l'aristocratie financière sait parfaitement bien que tout ce que Hollande dit pour gagner le soutien populaire est un mensonge et une fraude. En ce qui concerne sa proposition de renégocier l'accord sur le projet de traité budgétaire européen signé par le président français sortant Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel, ce n'est pas là une mesure pour défendre la classe ouvrière mais pour promouvoir les intérêts impérialistes français par rapport à Berlin. Le caractère chauvin de la campagne de Hollande est aussi visible dans ses diatribes nationalistes contre les importations chinoises.

Quant à l'accord sur le projet de traité budgétaire européen tout comme avec ses autres vagues promesses, Hollande est en train de faire marche arrière : il se contente maintenant d'un amendement ou d'un additif appelant simplement à une « croissance économique ». Il a refusé d'organiser un référendum sur un traité fiscal modifié en le faisant passer au parlement avec le soutien de la droite, à la manière Sarkozy.

Il s'agit tout simplement d'un mirage utilisé par le PS bourgeois pour aider ses alliés au sein de la petite bourgeoisie et des partis jadis de gauche à soutenir Hollande au second tour des élections en mai. Ces derniers comprennent l'alliance Front de Gauche-Parti communiste de Jean-Luc Mélenchon, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et les Verts. Ces partis savent que Hollande vise à appauvrir la classe ouvrière comme l'a fait le parti social-démocrate PASOK en Grèce et ils le soutiennent pour cette raison.

Hollande a dernièrement comparé ses annonces faites sur la « régulation de la finance » comme étant certainement pas plus « agressives » que le discours prononcé par le président Obama devant le Congrès. « On pourrait dire qu'Obama et moi avons les mêmes conseillers, » a-t-poursuivi - en précisant qu'il n'avait pas d'objection à la politique d'Obama sur les salaires, les coupes sociales et les guerres à l'étranger.

Durant sa visite à Londres, Hollande s'est exprimé devant les étudiants du King's College en déclarant que la finance devait « permettre de créer de la richesse » mais pas aux dépens de l'« économie réelle. » Ceci reprend le thème de Sarkozy qui avait parlé en 2009 de « moraliser » le capital après la crise bancaire.

Hollande a aussi dit que la France et la Grande-Bretagne affrontaient les mêmes obligations de « redresser les comptes publics, stimuler la croissance (augmenter leur compétitivité) et améliorer la formation. »

Le signe le plus clair des intentions de Hollande de poursuivre la politique droitière de Sarkozy est peut-être son engagement ferme pris à Londres sur la coopération franco-britannique en matière nucléaire et de défense. Elisabeth Guigou, l'ancienne ministre socialiste, chargée des Affaires européennes, qui avait accompagné Hollande durant son voyage, avait clairement fait comprendre que la France resterait dans les structures intégrées de l'OTAN en respectant le traité militaire de Lancaster House conclu en novembre 2010 par Sarkozy. Elle a dit que ceci était valable « plus que jamais. »

Une présidence de Hollande poursuivrait le recours aux méthodes illégales d'agression coloniale employées par la France et la Grande-Bretagne aux côtés des Etats-Unis contre la Libye - en Syrie et ailleurs.

Pour se distancer de Sarkozy et se présenter faussement comme le candidat du « changement », Hollande a surpris tout le monde (y compris sa propre équipe de campagne) en affirmant deux jours avant sa visite de Londres qu'il projetait de taxer à 75 pour cent les revenus dépassant le million d'euros annuel.

De toute évidence, craignant une révolte de la classe ouvrière en cas de victoire, Hollande a dit qu'il était nécessaire de maintenir la « cohésion sociale » et, dans un même souffle, il a cherché à minimiser son impact sur les riches en disant que seuls 3.000 personnes seraient affectées. Dans son rapport annuel de 2010, le Crédit Suisse avait placé la France au premier rang en Europe comptant le plus de millionnaires en dollars, soit 2,6 millions.

Hollande est connu pour préparer de brutales mesures d'austérité contre les travailleurs et sa politique sera certainement encore plus brutale que ce qu'il a annoncé jusque-là. Il s'est opposé à une augmentation du salaire minimum s'il était élu.

L'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques (INSEE) a constaté en 2010 qu' : « entre 2004 et 2007 [c'est-à-dire avant la crise bancaire], les inégalités se sont creusées entre les ménages très aisés et le reste de la population ; en 2007, le seuil de pauvreté à 60 pour cent de la médiane correspond à un niveau de vie de 908 euros par mois. 13,4 pour cent de la population, soit 8 millions de personnes. » Aujourd'hui, après l'éclatement de la crise économique mondiale et les coupes continues de Sarkozy, la situation est certainement pire.

  

 (Article original paru le 7 mars 2012)

 

 

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