Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 03:13


Ignacio Ramonet (Pontevedra, 1943) analyse dans "L'explosion du journalisme" l'impact que la révolution digitale a eu sur la presse. La multiplication des voix et des sources sur le réseau ne réussit pourtant pas à enterrer le travail du journaliste professionnel qui, pour le directeur de l'édition espagnole du Monde diplomatique, est toujours indispensable.

Traduit par Thierry Pignolet

 

L'écrivain et journaliste Ignacio Ramonet dans le Parc de la Retaite à Madrid. Foto Graciela del Río
L'écrivain et journaliste Ignacio Ramonet dans le Parc de la Retaite à Madrid. Foto Graciela del Río

Ignacio Ramonet, directeur de l'édition espagnole du Monde diplomatique, publie "L'explosion du journalisme" qui analyse l'impact d'Internet sur les médias.

Comment les réseaux sociaux affectent-ils le journalisme? Sont-ils en train de le remplacer ?
Oui. Un exemple est la Syrie. Le Gouvernement ne permet pas la présence de journalistes étrangers, et toute l'information que nous recevons provient de participants aux manifestations. Mais nous nous rendons compte également de ce que ces informations qui nous parviennent ne sont pas fiables. Dans certains cas, cela se substitue aux journalistes, et dans d'autres, cela les complète.

Le fait qu'il y ait des nouvelles qui ne soient pas fiables rend le travail du journaliste indispensable.
Bien sûr. Si le journaliste est un bon professionnel, il est toujours indispensable. Mais les rédactions ne disposent pas toujours de spécialistes, et on a tendance à couvrir le thème avec ce qu'on a.

Cette tendance est-elle due à la crise économique, ou bien à la crise du modèle des médias eux-mêmes ?
Aux deux. La crise économique fait que tous les médias, et en particulier au niveau de la presse payante, n'ont pas les moyens financiers pour envoyer une équipe ou avoir des correspondants. Et pourtant, ils vont bien utiliser l'information bon marché qu'ils vont récupérer chez des témoins locaux -qui n'est pas fiable. Ils contribuent de cette manière à dégrader la situation du journalisme.

Quelle est la cause fondamentale de la crise d'identité du journalisme ?
La cause technique de ce qui est train de se passer est l'arrivée d'Internet. D'abord par le fait qu'il offre une quantité colossale d'informations et, deuxièmement, parce qu'il offre également la possibilité de voler au citoyen le temps dont il ne disposera plus par la suite pour lire un journal ou regarder un journal télévisé.

Même ainsi vous avez confiance en la survivance des médias traditionnels.
Oui, le journalisme ne va pas disparaître. Notre époque a besoin plus que jamais du journalisme, car nous vivons dans ce que j'appelle l'insécurité informationnelle, c'est-à-dire qu'aujourd'hui nous n'avons plus de sécurité dans l'information, et nous avons besoin que la presse nous sorte de cet état de non information.

La surabondance d'informations est-elle un nouveau type de censure ?
Elle peut fonctionner ainsi. D'abord, la surabondance fait que le citoyen se trouve étourdi. De plus, les informations se multiplient en chœur, tous les médias parlent de la même chose en même temps. Les citoyens reçoivent cela comme un choc et ils ne savent pas bien distinguer quel est son sens. La deuxième chose, c'est qu'en même temps que je consomme cette information, la question que je dois me poser comme citoyen est : quelle est l'information qui ne me parvient pas ? En réalité la surabondance est une apparence, il y a beaucoup de dissimulation. Par exemple, aujourd'hui on croit que les médias sont plus libres qu'avant parce qu'ils attaquent les politiciens. C'est vrai, mais cela ne veut pas dire que notre champs de liberté se soit élargi, cela veut dire que le pouvoir des politiciens a diminué. Mais le pouvoir médiatique n'attaque pas les véritables maîtres du monde d'aujourd'hui, le pouvoir financier. Et le pouvoir qui l'accompagne est le médiatique. Il est l'appareil idéologique de la mondialisation.

Pourquoi considérez-vous comme nécessaire la naissance d'un cinquième pouvoir qui surveille le journalisme?
Les médias sont l'unique pouvoir en démocratie qui n'a pas de contre-pouvoir. Une démocratie, pour pouvoir fonctionner, a besoin d'un bon journalisme.

Vous avez dit que Wikileaks a démontré qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans le journalisme. Qu'est-ce ?
Le journalisme d'investigation.

Et de quoi a besoin en plus cette profession ?
Elle a besoin d'une autonomie financière. Un média qui dépend du pouvoir de l'argent va avoir des problèmes. En deuxième lieu, le journaliste doit se rappeler des principes de base de la profession, qui est de donner de l'information -et pas nécessairement la même que celle donnée par les autres médias le même jour. On peut faire ce qu'on appelle une contre-programmation. Et, en troisième lieu, donner une information fiable, parce que la crédibilité est une dimension fondamentale. Mais tu ne peux faire cela aujourd'hui si tu te trouves dans une course contre la montre.

Mais vous envisagez le futur avec enthousiasme...
Absolument. Le journalisme est en crise, mais il l'a toujours été. Quelque chose d'extraordinairement fertile est en train de naître : le journalisme en ligne. De plus en plus de journaux vont apparaître. Le problème est qu'aucun média ne gagne de l'argent, au contraire : beaucoup en perdent. Et les nouveaux médias digitaux n'ont pas non plus un modèle performant. Dès qu'on en rencontre un qui fonctionne, on entrera définitivement dans une nouvelle ère.

C'est une étape marquée par le rôle d'internet dans des événements tels que les révoltes du monde arabe.
Cela a été capital. Facebook et Twitter ont permis que des gens qui ne connaissaient pas puissent s'organiser.

Et que pensez-vous du 15-M ?
C'est la meilleure chose qui ait pu arriver dans ce pays, ce qui montre qu'une génération destinée à être perdue refuse d'aller au sacrifice en courbant l'échine. Cette génération propose avec beaucoup d'idéalisme et d'imagination une série de solutions que, dans une certaine mesure évidemment, le Gouvernement devrait écouter -au lieu des banquiers, du FMI ou de la Banque Centrale. Le Gouvernement doit décider: ou on sacrifie une génération, ou on sacrifie l'euro. Et moi, je dis : sacrifions l'euro ou l'Union européenne – mais pas une génération. Comment va-t-on aller au sacrifice sans avoir la certitude qu'on ne va pas à la catastrophe ? Rien ne garantit que l'Espagne, demain, ne sera pas dans la situation que la Grèce va connaître dans quelques mois -c'est-à-dire la restructuration de sa dette.

Merci à Publico
Source: http://www.publico.es/televisionygente/380186/el-gobierno-debe-oir-al-15-m-en-vez-de-a-los-banqueros
Date de parution de l'article original: 05/06/2011
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=5761

 

http://www.alterinfo.net/Ignacio-Ramonet-Le-pouvoir-mediatique-est-l-appareil-ideologique-de-la-globalisation_a63711.html

 

 

sur ce site,

 

Afghanistan, programme contre programme: "Dans la tête d'Al Qaida" de France 2

PROJET TELEVISION INTERNATIONALE "ALGERIE MONDE PLUS "

MÉDIAS : LA FABRIQUE DES CLONES

Algérie: le ministre de l'Intérieur accuse l'étranger de déstabiliser le pays

Porte-parole Kadhafi: Sarkozy et Cameron sont venus se partager le gâteau

Affaire Politkovskaïa : un nouveau tournant dans l’enquête

La naissance par césarienne du conseil transitoire syrien

La solution de la directrice du FMI… nous voilà rassurés !

Le revers de l’abondance

Syrie: un officier de l’armée raconte l’histoire de sa défection

Les rois mages en Libye, guidés par quelle étoile ?

CONFERENCE YALTA: LE MINISTRE TURQUE QUITTE LA SALLE

les vraies images de Libye

Balfour...

Considérer le changement de régime en Syrie : par quels moyens et pour quelles raisons ?

Ils fournissaient des informations stratégiques à l’Otan, les deux colonels « kadhafistes » qui ont livré Tripoli aux rebelles

Israël veut rejoindre rapidement l’OTAN

11 septembre : La version officielle expliquée en 5 minutes

SARKOZY EN LIBYE: PERSONNE POUR LE DISCOURS DE SARKOZY ET CAMERON

AIEA: les pays arabes renoncent à un débat sur le nucléaire israélien

Les pays arabes ont renoncé à l'idée de soumettre un projet de résolution condamnant le programme nucléaire israélien à la session annuelle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui aura lieu la semaine prochaine à Vienne.
Selon des sources diplomatiques, les pays arabes envisageaient de mettre au vote un texte appelant l'Etat hébreu à se joindre sans délai au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Or, au dernier moment, ils ont renoncé à cette initiative.
D'après les diplomates arabes, ce revirement s'explique par le désir des pays proche-orientaux d'établir "une atmosphère de confiance" avec Israël en prévision d'une conférence internationale sur la dénucléarisation de la région. Ce forum, qui doit réunir des dizaines de pays et d'organisations internationales, est prévu pour 2012.
Les pays arabes avaient à plusieurs reprises évoqué la question des sites nucléaires israéliens lors des conférences internationales de l'AIEA. A l'heure actuelle, ces sites ne sont pas contrôlés par l'Agence, et leur état technique est inconnu. Les voisins d'Israël sont particulièrement préoccupés par le réacteur de Dimona (sud) qui, selon les spécialistes, a depuis longtemps épuisé son potentiel et doit être arrêté pour des raisons de sécurité.
Mis en exploitation au milieu du XXe siècle, ce réacteur figure parmi les ouvrages les plus secrets d'Israël. D'après certains experts, il est utilisé à des fins militaires.

 

http://www.alterinfo.net/AIEA-les-pays-arabes-renoncent-a-un-debat-sur-le-nucleaire-israelien_a63739.html

 

 

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche