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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 23:00

 

Ils vont vite regretter Ahmadinejad - En Iran, les mollahs fondamentalistes reprennent les rênes

Ils vont vite regretter Ahmadinejad

En Iran, les mollahs fondamentalistes reprennent les rênes

Jean Bonnevey
le 07/03/2012
modifié le 07/03/2012 à 17:54h
Le premier tour des élections législatives iraniennes a été largement occulté dans les médias par la présidentielle russe. Elles risquent cependant d’être d’une importance capitale et de confirmer le dicton qui affirme « qu’il vaut toujours mieux garder le diable que l’on connait ».
En effet, alors même qu’Israël accentue ses pressions sur Obama pour  obtenir un feu vert pour des actions militaires contre l’Iran, les extrémistes iraniens s’imposent au Parlement. Les ultras conservateurs, qui considèrent le président comme peu sûr religieusement et trop modéré vis-à-vis de l’étranger, ont entamé une offensive, qui devrait pousser la bête noire de l’Occident vers la sortie, après une  période de marginalisation. Un "méchant" serait donc vite remplacé par de plus affreux, car, dans le paysage politique iranien, les "réformateurs" ne comptent plus pour le moment. Le résultat du premier tour des législatives est assez clair, même si en Iran rien ne l’est jamais.
La république des mollah
C'est un revers cinglant pour Mahmoud Ahmadinejad qui, accusé d'avoir voulu s’éloigner du clan conservateur traditionnel, vient d'essuyer une déroute électorale aux législatives. Même si l'élection de nombreux candidats «indépendants» et la complexité des alliances politiques ne facilitent pas la lecture des résultats, les ultra conservateurs, proches du "Guide suprême", l'ayatollah Khamenei, apparaissent comme les grands gagnants de ce scrutin.
Ces derniers l'ont emporté haut la main dans les villes saintes chiites de Qom et Mashhad, où le poids du clergé traditionnel est important. Mais, symbole d'une crise de popularité du président dans des régions qui lui étaient restées jusqu'ici relativement fidèles, le camp d'Ahmadinejad a été battu à Ispahan et Tabriz, où il avait recueilli 90 % des voix au scrutin présidentiel de 2009. 
Vont-elles le regretter ?
Les régions rurales, où ses discours populistes et nationalistes ont longtemps séduit de nombreux laissés-pour-compte, ont voté à près de 70 % pour la hiérarchie cléricale. Même sa ville d'origine, Ghamsar, lui tourne le dos. Dans cette bourgade du nord du pays, sa sœur, Parvin Ahmadinejad, qui se présentait pour la première fois, a été battue par le clan adverse. 
Le retour en force du pouvoir clérical le plus sectaire n’est une bonne nouvelle pour personne. "Le vote massif de 30 millions d'Iraniens donne une grande gifle à la figure sale et détestable de l'Occident", a affirmé, dès le lendemain du scrutin, le quotidien gouvernemental Iran, dans une allusion aux pressions politiques, économiques et militaires des pays atlantistes -notamment d'Israël- contre le programme nucléaire controversé de Téhéran.
 "Le régime iranien a remporté son pari de favoriser une forte participation pour ce scrutin législatif", note un observateur bien informé de la scène politique iranienne. Cela fait en effet plusieurs semaines que les médias du pays jouent sur la fibre nationaliste de la population, dans le but de montrer la "force et la détermination du peuple iranien face aux sanctions et aux menaces de frappes". 
Ce sont donc les adversaires de Mahmoud Ahmadinejad qui  sont en passe de gagner. Réunis au sein du "Front uni des conservateurs", ces proches du Guide suprême iranien ont remporté une majorité de 54 % des sièges du Parlement dés le premier tour, comme le révèle le site khabaronline, réputé proche du Parlement iranien. 
Cette nouvelle coalition de conservateurs avait été modelée par les proches de l'ayatollah Khamenei juste avant l'élection, pour faire face aux proches du président sortant, accusé d'être membre d'un "courant déviationniste", cherchant à limiter le rôle politique du clergé chiite. Une sorte de nostalgique du Shah ou de Mustapha Kemal, pour certains mollahs. 
Face à ce nouveau front, les partisans d'Ahmadinejad, unis au sein du "Front de la résistance de la révolution islamique", parti lui aussi créé à l'occasion, n'ont pas fait le poids, avec seulement 4 % des sièges, toujours selon khabaronline; à prendre donc avec prudence. Ce serait alors une véritable déroute et le début de la fin pour le président, car il va devoir composer, durant cette dernière année de mandat, avec une majorité hostile, à l'écoute du Guide suprême, l'ayatollah Khamenei, représentant du Mahdi (12e imam chiite occulté, NDLR) sur terre, tenant déjà les rênes du pouvoir.
Cette nouvelle donne électorale ne devrait que renforcer sa mainmise sur le pays, donc ne rien changer à l'épineux contentieux nucléaire avec l'Occident. Quant au "mouvement vert", qui avait fait descendre des dizaines de milliers d'Iraniens dans les rues en 2009, il semble désormais au point mort, les réformateurs ne conservant que 19 sièges contre 60 dans la précédente Assemblée islamique.
La pression israélienne
Ce virage extrémiste clérical ne peut que renforcer le discours d’Israël en faveur d’une action militaire rapide et déterminante contre les ambitions nucléaires du régime de plus en plus théocratique. Jamais, la probabilité d'une intervention militaire contre l'Iran n'a été plus forte. «Le danger paraît imminent. Et la France, avec sa base aux Émirats arabes unis, risque d'être la première touchée par des représailles iraniennes», prévient un responsable français. Depuis quelques mois, tous les clignotants ont en effet viré au rouge, allumés les uns après les autres par l'impasse dans laquelle se trouve la solution diplomatique. 
Recevant le Premier ministre israélien en début de semaine à la Maison Blanche, pour parler de la question délicate du programme nucléaire iranien, le président américain a réaffirmé que l'engagement des Etats-Unis envers Israël était «solide comme un roc». Les liens «entre nos deux pays sont inaltérables», a-t-il complété. «Nous savons tous qu'il est inacceptable d'un point de vue israélien d'avoir un pays avec l'arme nucléaire qui appelle à la destruction d'Israël (...) Je me réserve toutes les options... ». 
Barack Obama a néanmoins souligné «qu'il y a encore une chance pour une résolution diplomatique de cette question». Pour lui, l'Iran n'a pas encore entrepris de mettre au point l'arme atomique. Dimanche, il avait critiqué de façon à peine voilée la multiplication des menaces israéliennes d'attaquer l'Iran. Selon des analystes israéliens, Netanyahu espérait obtenir, lors de cette rencontre, une promesse d'opération militaire américaine contre l'Iran ou, à défaut, un accord tacite pour une attaque israélienne.
Le changement de paysage politique pourrait accélérer les choses et renforcer la détermination de Tel Aviv. Car la mise à l’écart d'Ahmadinejad, si elle intervient, et la prise en main des dossiers par, l'ayatollah Khamenei ne sont de bonnes nouvelles pour personne. "Ils" ne vont pas tarder, on vous le dit, à regretter Ahmadinejad.
 

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Published by Eva R-sistons - dans Luttes d'influences
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