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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 02:17

 3926003320_6031538626.jpgEn janvier 2011, nous avions publié un Communiqué de presse qui faisait part du suicide d’un agriculteur, Jean Luc Tournaire, éleveur dans l’Aude, qui s’est suicidé la veille de son audition en gendarmerie au sujet de son refus de vacciner ses vaches contre la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO).


Alors qu’en 2009 les éleveurs espéraient que la vaccination deviendrait facultative, Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a pris la décision en fin d’année de reconduire la vaccination obligatoire. Le même Bruno Le Maire, toujours et encore ministre de l'Agriculture, qui vient de délivrer une nouvelle autorisation d’AMM à Syngenta pour le traitement des semences de colza avec le Cruiser, malgré l’opposition du Conseil d’État  (autorisation de mai 2011 par le Ministère de l’agriculture sur un avis favorable de l’ANSES d’octobre 2010).

La désinsectisation à grand renfort de pesticides a été rendue obligatoire malgré l’avis de l’AFSSA, signifiant en juillet 2007 qu’il n’existait aucune preuve scientifique de l’efficacité de cette méthode pour contrôler l’extension de la maladie. Mais pour donner l’impression d’être indispensable et pour le plus grand profit des laboratoires pharmaceutiques, l’administration exige ces traitements inutiles et coûteux qui empoisonnent l’environnement et portent grave préjudice aux éleveurs en agriculture biologique, sans oublier le risque de contamination des peaux et de l’ambiance dans les abattoirs.

La FCO est une maladie endémique non contagieuse qui n’est pas transmissible à l’Homme. Elle existe depuis des siècles en France et il est impossible de l’éradiquer car la faune sauvage est un réservoir naturel du virus et il existe 24 sérotypes différents de la maladie (donc autant de vaccins potentiels), d’autant que les cheptels des pays européens voisins n’ont pas été vaccinés. En outre, les vaccins qui ont été mis sur le marché sans Autorisation d’AMM avec une simple Autorisation Temporaire d’Utilisation ont été élaborés en toute hâte, ils contiennent des adjuvants tels que des sels de mercure et de l’aluminium, dont les effets sur la consommation humaine ne sont pas pris en compte, alors que leurs nombreux effets secondaires ont été constatés par les éleveurs. 

C’est ainsi qu’en 2011, à la suite de deux années de vaccination obligatoire et parfaitement inutile, le Ministère de l'Agriculture a dû se rendre à l’évidence et a déclaré la vaccination facultative. Cependant, bien que la vaccination contre la FCO ne soit plus obligatoire et que la plupart des poursuites contre les agriculteurs récalcitrants soient abandonnées, Monsieur Lemaire n’a pas changé sa position d’un iota, bien au contraire. 

En effet, au cours des derniers mois, les procès d’éleveurs ayant refusé de vacciner leurs animaux contre la FCO se sont multipliés dans l’hexagone. Par le truchement du ministre, l’État français engage des poursuites contre les éleveurs qui ont refusé de vacciner leur bétail durant la période d’obligation.

3731571991_dd7e134a61.jpgLa Confédération paysanne et la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) ont demandé au ministère de l’Agriculture de cesser immédiatement les poursuites « qui ne font qu’ajouter de la douleur et de l’injustice à la difficulté que traversent les paysans aujourd’hui ». Pour ces organisations « l’énorme gaspillage de deniers publics pour contraindre les paysans à des pratiques inappropriées au problème est un scandale tant sanitaire que financier » et cet entêtement peut avoir des conséquences dramatiques pour les éleveurs qui sont poursuivis comme des criminels pour avoir essayé de protéger leur cheptel et les consommateurs. Ces poursuites sont d’autant plus ridicules que les « résistants » gagnent tous leurs procès, grâce à des juges lucides et sensibles à des arguments bien justifiés.

Ainsi, le 31 mars 2011, un éleveur du sud a été convoqué au Tribunal de Lyon pour avoir contesté une amende de 320 euros pour défaut de vaccination.

Le 4 mai 2011, cinq éleveurs de brebis ou de bovins ont comparu devant le tribunal de proximité de Guebwiller pour avoir refusé de vacciner leur cheptel contre la fièvre catarrhale ovine en 2009 puis en 2010.

Enfin, le 21 juin 2011, huit éleveurs ont comparu devant le tribunal de police de Brest pour avoir refusé de vacciner contre cette maladie qui se développait sur le territoire national, entre l'automne 2008 et le printemps 2009. Le parquet a réclamé 35 euros d'amende par bête « non soignée », la défense a longuement plaidé la nullité de citation et la relaxe consécutive des huit prévenus. Le tribunal de police rendra son jugement le 17 octobre.

« Cette maladie n'est ni mortelle, ni contagieuse si le ruminant est en bonne santé », estime Thierry Machard, éleveur de brebis qui, comme tant d'autres, pense avoir favorisé « le système immunitaire » de ses bêtes, car il savait qu'il y avait d'autres moyens de traiter la maladie. Pour lui, le gouvernement français a outrepassé la consigne européenne en systématisant le vaccin : « Il faut croire que l'attitude n'était pas la bonne puisque deux ans plus tard, le vaccin est au choix de l'éleveur ».

5115649509_8ca30c9b3c.jpgConfronté à l’opposition des éleveurs, Bruno Le Maire a annoncé fin 2009 que l’État prendrait en charge tous les coûts liés à la vaccination, achats de vaccins et frais de vétérinaire soit 98 millions d’euros de fonds publics, qui auraient certainement pu être mieux utilisés en cette période de crise agricole au lieu d’aider une industrie pharmaceutique qui dévoile chaque jour un nouveau scandale.

Cependant, plus têtu qu’une mule, notre « brillant ministre » s’est tourné vers les syndicats de vétérinaires et la FNGDS (Fédération nationale des groupements de défense sanitaire), afin qu’ils l’aident dans une campagne de promotion de la vaccination auprès des éleveurs, alors que la plupart d’entre eux la refusent, dans le but avoué de maîtriser la maladie, mais sans doute celui moins avoué d'assurer le maintien d'une rente confortable aux laboratoires.

Pour cela le Ministère a pondu un « Guide Pratique » rendu public à l'automne 2010, qui est l’exemple même d’un outil de propagande plus que  d'information, comme certains de nos ministères en ont pris l’habitude. La Coordination nationale des Collectifs FCO a donc décidé de « corriger » ce texte afin de rétablir un certain nombre de réalités scientifiques. 

Une nouvelle fois, la Coordination et les organisations partenaires dénoncent la gestion aberrante de cette épizootie par l'administration et demandent aux pouvoirs publics de s'engager sur cinq points essentiels :

1- Le déclassement de la FCO de la liste des maladies réputées contagieuses (MRC) en France ;

2 - L'abandon des poursuites engagées contre les éleveurs qui ont refusé la vaccination lors des campagnes passées ;

- La mise en place de programmes de recherche sur les mécanismes de l'immunité naturelle et les protocoles « alternatifs » préventifs et curatifs ;

- L'arrêt de la désinsectisation qui empoisonne l'environnement et les abeilles ;

- L'indemnisation par l'État des dégâts sur les troupeaux occasionnés par la vaccination obligatoire.

 130884394_e0f1e3a7d7.jpgSelon la Coordination : « La santé globale du troupeau va déterminer sa réponse à la rencontre du virus. La rusticité des animaux, leur adaptation à la niche écologique où ils vivent, la qualité et l’équilibre de l’alimentation et de la digestion sont très importants. Plus les animaux sont faibles et traités (vaccins, antiparasitaires chimiques systématiques, antibiotiques) plus ils sont “améliorés” et standardisés génétiquement pour produire beaucoup et vite, plus le risque de leur forte susceptibilité est grand.

« Le moucheron ne transporte pas la maladie. Il transporte un virus à maturité et c’est la rencontre entre le potentiel pathogène du virus et la sensibilité de l’hôte cible qui provoquera ou non la maladie et déterminera la symptomatologie et la gravité éventuelle de celle-ci. »

 Ces éleveurs préconisent des cures de chlorure de magnésium, et des traitements préventifs et curatifs alternatifs qui font appel à l’homéopathie et aux huiles essentielles à propriétés anti-virales et proscrivent les cortisoniques car ils bloquent les capacités naturelles de réactions anti-infectieuses.

Pour conclure, comme le signale la Coordination nationale « la Fièvre Catarrhale Ovine et Bovine, maladie bénigne, entraîne aussi peu de pertes biologiques directes qu’elle provoque de colossales pertes économiques engendrées par une réglementation inadaptée basée sur l’interdiction des déplacements. Il est urgent de faire évoluer la réglementation internationale, sinon nous assisterons à une très rapide contamination de tout le territoire national et européen. Ainsi, nous pourrons revenir à une gestion apaisée et intelligente d’un phénomène biologique banal qui naturellement exige toujours de s’adapter plutôt que rechercher des solutions chimiques et polluantes sous tout rapport. »

C’est fâcheux pour l’industrie pharmaceutique, mais avantageux pour les exploitants et les consommateurs, n’en déplaise à Bruno Le Maire.

 

http://www.sylviesimonrevelations.com/article-fievre-catarrhale-suicide-d-agriculteur-et-condamnation-pour-refus-de-vacciner-son-betail-78666542.html

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