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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 03:06

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J'ai fait un rêve

"J'ai fait un rêve" criait au monde Martin Luther King.
Moi aussi j'ai fait un rêve.
C'était un royaume, un beau et grand royaume avec une multitude de provinces.
Un royaume imaginaire, puisqu'il s'agissait d'un rêve... Comme dans tous les rêves y avait des étrangetés, des bizarreries, des aberrations.
Et même des horreurs.
Pourtant dans ce pays onirique les gens vivaient heureux, en paix, libres, étaient enviés par le monde entier. Même les pauvres -car il y avait quand même des pauvres dans ce pays de rêve- avaient tout en abondance... Du moins ils avaient en abondance tout ce dont ils n'avaient pas besoin. Et même tout ce qui leur était nuisible. Paradoxe (comme dans tout songe absurde) : dans ce monde incroyable les crève-la-faim étaient obèses.
Les habitants de cette vaste contrée chérissaient la liberté plus que tous. Mais, curieusement, en même temps ils étaient très bêtes. Ou pour être plus exact, il leur était interdit d'être intelligents sous peine de déshonneur public, toute critique étant assimilée à une trahison envers la nation.
Partout dans cet empire les citoyens avaient le droit d'ôter la vie à quiconque entrait sur leur propriété privée sans leur autorisation. Dans ce pays inquiétant les intrus étaient des ennemis à abattre. Et cela était considéré comme un avantage fondamental, quasi divin, donné au citoyen : le droit inaliénable de descendre son prochain. Mais il y avait plus saugrenu encore : dans certaines parties de ce royaume décidément délirant, pratiquer des jeux sexuels oraux étaient des crimes passibles de prison ferme.
Jusqu'à trente ans d'enfermement.
Attention, je ne parle pas de peine théorique mais de peine REELLE, effective, concrète. Les fautifs passaient VRAIMENT un tiers de leur existence entre quatre murs parce qu'ils avaient commis le "crime" cité plus haut ! On ne plaisantait vraiment pas avec ce que la loi appelait donc des "crimes sexuels". (Mais seulement dans certains endroits du royaume, pas dans d'autres. Cela dit partout ailleurs il était autorisé de tuer, c'était l'essentiel pour les habitants de ce pays.)
Etaient coupables tous adultes consentants et majeurs s'adonnant à cette pratique. Non seulement l'amant et sa maîtresse, le jeune homme et sa fiancée, mais aussi la femme et son époux.
J'ai bien dit : étaient coupables même la femme et son mari dans le cadre du mariage officiel, légal, religieux. Mais attention, ce n'était qu'un rêve...
Si la femme et son époux étaient surpris par un fonctionnaire de police en train de s'adonner en privé, bien à l'abri dans leur chambre à ce "crime sexuel", ils étaient arrêtés, fichés comme délinquants sexuels, jugés et emprisonnés. Leurs photos étaient même consultables par n'importe qui sur le site INTERNET de la police gouvernementale de ce drôle de royaume, avec la mention "délinquant sexuel".
Oui parce que dans mon rêve ces choses ne se passaient pas au Moyen-Âge mais au XXI ième siècle : on avait le droit de visiter les sites pornographiques les plus ignobles, les plus immoraux, les plus abjects, c'était permis, mais pas de jouer à touche-pipi avec son conjoint.

Bien entendu dans les faits peu de gens étaient surpris par la police dans leur intimité, par conséquent ce genre de sentences rendues par la justice était heureusement assez rares. Mais elles existaient, par exemple lors de perquisitions aux domiciles dans le cadre d'autres affaires certains couples malchanceux étaient surpris dans cette situation embarrassante et tombaient sous le coup de la loi. Ils pouvaient également être surpris en flagrant délit par des garde-chasse en forêt, alors la promenade en amoureux se terminait en taule. Dans mon rêve ces choses complètement folles arrivaient.
En plusieurs lieux de ce royaume donc, des gens croupissaient dans des geôles pendant dix, quinze, vingt, trente ans de leur vie pour s'être rendus coupables de... "sodomie".
Oui car la pratique de la fellation conjugale, qui était strictement interdite disais-je, ne s'appelait pas "fellation" dans le langage juridique de ce royaume de fous, mais "sodomie".
Ubuesque, n'est-ce pas ?
Ne me demandez pas de vous expliquer pourquoi cette pratique orale était légalement appelée "sodomie" dans les textes de lois, ce n'était qu'un rêve après tout... D'ailleurs, que le terme juridique fût "fellation" ou "sodomie", quelle différence pour les coupables ? Ils en prenaient pour des années dans tous les cas.

Si vous uriniez sur la voie publique parce que, soit étranger ignorant les lois idiotes de ce royaume d'abrutis, soit trop ivre ou bien simplement tenaillé par une envie pressante vous ne pouviez plus vous retenir, cela vous valait une inculpation pénale du même ordre que celle précédemment citée avec, bien entendu, la photo de votre tête dans le fichier public des délinquants sexuels, ce qui premièrement impliquait une interdiction à vie d'habiter dans un lieu fréquenté par des enfants dans un périmètre de 750 mètres, ce qui secondement vous obligeait à quitter votre ville d'origine pour habiter un lieu quasiment désert. Certains urineurs imprudents de cet empire construit, dirigé, administré par des aliénés habitaient sous un pont comme des clochards, seul endroit de leur ville éloigné de plus de 750 mètres d'une école, d'une crèche, d'un parc public... 
Dans ce royaume de liberté si vous étiez né avec le nez épaté, la peau sombre et qu'en plus vous étiez pauvre, donc obèse (rappelez-vous ce que j'évoquais à ce sujet un peu plus haut) vous étiez nécessairement coupable. De temps en temps on avait même pendu ces genres de bestiaux sur la voie publique en trinquant au champagne entre gens distingués de la bonne société, tous blancs. Donc civilisés. Bref, il valait mieux être fortuné, blanc et armé pour être bien vu dans ce pays de gens obsédés par la gâchette.
Voulez-vous que je vous emmène jusqu'au bout de ce songe infiniment stupide, affolant et à tout à la fois comique ? Rassurez-vous, je vous épargnerai la litanie des délires d'un rêveur cherchant en vain à amuser la galerie.
Je cesse avec ce rêve. Et vous, cessez de rire ou de hausser les épaules face au texte grotesque que vous venez de lire car...
Car ce pays de dingues existe bel et bien.
Non ce n'est pas une blague. Tout ce que j'ai écrit est réel. Tragiquement vrai.
Et ce n'est qu'une infime partie de la sinistre réalité au quotidien sur ce territoire aux lois et moeurs démentes peuplé de pudibonds hypocrites, de brutes féroces, d'ânes incultes, d'assassins racistes, mais surtout de dangereux honnêtes gens porteurs d'armes.
Ce pays, la plupart d'entre vous l'admirent, rêvent de le visiter et même de s'y installer !

Vous avez, je crois, déjà deviné de quel paradis il s'agit. Faut-il la nommer cette terre de liberté si belle, si adulée, si effrayante ?

J'ai fait un rêve et parce que ce rêve est réel, c'est un cauchemar.

Et ce cauchemar est le pire qui soit puisque ce pays de Cocagne s'appelle...

Les Etats-Unis d'Amérique.

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Published by Eva R-sistons - dans Les pays en crise
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commentaires

eva R-sistons 29/09/2010 15:28



Quel terme choisirais-tu, ami ?


bien à toi, eva



Raphaël Zacharie de IZARRA 28/09/2010 22:11



Eva,


Quand on est gavé de biens superflus comme le sont les chômeurs ou les gens endettés en France, le terme SOUFFRANCE me semble déplacé.


Raphaël Zacharie de IZARRA



eva R-sistons 27/09/2010 19:47



C'est terrible ce fossé entre les souffrances grandissantes des gens, et leur apathie, n'est-ce pas ? Cordialement eva



Raphaël Zacharie de IZARRA 22/09/2010 09:57



LA CRISE N'EXISTE PAS



Lors de licenciement d'ouvriers dans les usines je suis toujours affligé de voir non la tristesse des intéressés à qui l'on ôte leur emploi mais leur
persistance dans la bêtise, cette bêtise atavique consistant à aimer la laideur, la misère, l'ennui d'une existence vouée à une cause inepte.

Je ne comprends pas ces esclaves-nés qui accordent tant de prix à à leurs chaînes... S'ils étaient sains d'esprit, ils devraient avoir honte d'être des ouvriers. Honte non pas de travailler
mais de demeurer toute leur vie des minus appartenant à l'espèce des consommateurs primaires. Le travail en usine, aliénant par définition, devrait être fait par des étudiants, des Nègres
soucieux de s'insérer dans la société, des laiderons, des veuves, des Dupont, des infirmes désireux de se rendre utiles. En aucun cas il ne devrait engloutir des générations entières mais
occuper passagèrement les hommes. Il devrait être une parenthèse dans un parcours professionnel : une saison, une année, voire cinq ans. Pas plus.

Le labeur en usine devrait être considéré comme infamant et nul de devrait s'y employer au point d'y laisser sa dignité.

Certes on me répondra qu'il m'est facile de parler ainsi étant donné que je suis à l'abri du besoin, moi improductif aristocrate ayant toujours mangé à sa faim sans avoir jamais été obligé
d'aller travailler à l'usine. Justement. Ma position privilégiée me permet de dire les choses sans état d'âme (qui est toujours un élément perturbateur du discours), sans pincettes il
est vrai mais aussi sans déformation affective. Je n'ai aucun intérêt personnel à défendre, ce qui est un avantage immense pour la liberté d'expression, la diffusion de la vérité.

Les ouvriers pleurent parce qu'ils sont licenciés... Moi je suis triste de les voir si stupides, je suis chagriné de constater leur état d'esprit calamiteux. Comment peut-on tenir si chèrement
à un sort qui génère des esclaves imbéciles culturellement misérables de génération en génération ?

La crise est un mot. Comme la pluie. Quand il pleut, est-ce la fin du monde pour autant ?

Oui, pour les ânes.

La crise, du moins en France, est un drame artificiel.

Cette "catastrophe" est plus dans les têtes que dans les faits.

Aller se nourrir dans les poubelles (chose que je fais moi-même sans nulle honte et à chaque fois que je le peux) est le signe pour les citoyens repus que nous sommes que la société se
porte à merveille.

Tant qu'il y aura de la nourriture quotidienne à récupérer dans les poubelles, la crise n'existera pas.

Après, c'est juste une question de choix individuel, de degré de lucidité de chacun.

Être pauvre en France est un luxe pour gens difficiles ayant des préjugés quant au contenu des poubelles.




Raphaël Zacharie de IZARRA




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