Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 19:21
Publié : le 29/03/2011 par voltigeur dans Écologie et environnement, Médical et alimentation
7
 
i
 Quantcast


Alerte maximum!! La situation est critique pour cette centrale, pas de solution efficace pour refroidir les réacteurs, la contamination est à haut risque, et comme nous le pensions hier, il est fort possible qu’au moins deux réacteurs aient partiellement fondu, ce qui n’augure rien de bon!


L’étanchéité des réacteurs 2 et 3 n’est plus assurée et du plutonium a été découvert dans le sol de la centrale. Une fuite massive d’éléments radioactifs entraînerait une contamination très sévère et durable de l’environnement.
Dans quel état sont les trois premiers réacteurs de la centrale de Fukushima ? Difficile de savoir précisément ce qui se passe, tant les informations lâchées au compte-gouttes par l’opérateur Tepco sont parcellaires et parfois contradictoires. « Les mesures publiées au cours du week-end dernier confirment un état très fortement dégradé des réacteurs 2 et 3, avec un endommagement des trois barrières de confinement » indiquait hier l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). En d’autres termes, les chaudières 2 (construite par General Electric et mise en service en 1973) et 3 (construite par Toshiba et mise en service en 1974) sont à deux doigts d’échapper au contrôle de l’opérateur. Une évolution tout aussi catastrophique guette le réacteur numéro 1 (General Electric, 1970) pour lequel « les données actuellement disponibles ne permettent pas de confirmer l’intégrité de la cuve et de l’enceinte et dont le combustible a été fortement dégradé ».

Deux faits paraissent donc acquis. Les coeurs des trois réacteurs sont au moins partiellement fondus et une et peut-être deux enceintes laissent échapper des produits de fission vers l’extérieur. Ces menaces ont été confirmées par la présence de flaques d’eau fortement radioactives et la découverte de traces de plutonium dans cinq points différents du site. Les niveaux de radioactivité relevés, 1.000 mSv/h près du réacteur 2 et 750 mSv/h à proximité du réacteur 3, rendent les interventions humaines centrales limitées à quelques minutes.

Malgré cette accumulation de mauvaises nouvelles, le président de l’ASN, André-Claude Lacoste, estimait hier que Tepco « continuerait de maîtriser la situation tant qu’il disposerait de moyens de refroidissement permanents ».

Dans le chaos actuel, deux bonnes nouvelles sont cependant arrivées pendant le week-end. Les trois réacteurs endommagés, toujours refroidis par des moyens de secours fragiles, sont désormais alimentés en eau douce, au lieu d’eau de mer. La situation dans les six piscines contenant du combustible usé semble également stabilisée et l’eau n’est plus en ébullition.
Tepco aveugle

Mais deux paramètres font craindre le pire. D’abord, l’alimentation électrique. Malgré le retour du courant sur le site, un système de pompage pérenne n’est toujours pas disponible et les ingénieurs ne disposent pas de la garantie d’une source froide pour alimenter les circuits hydrauliques. L’annonce de Tepco précisant que « le raccordement des circuits de refroidissement pourrait durer encore un mois » confirme à quel point la situation est précaire et imprévisible.

De surcroît, l’instrumentation fait toujours défaut, si bien que Tepco est pratiquement aveugle et ne sait toujours pas ce qui se passe dans ses réacteurs. En résumé, dix-huit jours après le tsunami, le refroidissement des réacteurs se fait toujours avec des moyens de deuxième secours et les mesures des paramètres essentiels comme la pression et la température dans les enceintes sont réalisées par des moyens de fortune. « Les informations dont nous disposons sont partielles et incomplètes », résumait hier André-Claude Lacoste.

Du coup, le scénario du pire, envisagé dès le lendemain de la catastrophe, revient à la surface. Si les enceintes et les cuves ne sont plus étanches comme c’est probablement le cas, une partie du combustible nucléaire pourrait se répandre dans le sol. Outre l’uranium 235 et 238, les pastilles de combustible partiellement usées contiennent de très nombreux produits de fission très contaminants : plutonium 239, technécium 99, zirconium 93, iode 129.. . Certains de ces radioélements ont des durées de vie très longue : 24. 000 ans pour le plutonium et 15 millions d’années pour l’iode 129.

Si la situation se dégrade, l’impact serait considérable. Dès à présent, la pollution radioactive des terres due aux rejets atmosphériques s’étend probablement à un rayon de 100 km autour du site. Si le pire se produit, il faudra créer un no man’s land autour du sarcophage de Fukushima. Un vrai Tchernobyl bis.

 

ALAIN PEREZ, Les Echos

 

http://lesmoutonsenrages.wordpress.com/2011/03/29/japon-deux-reacteurs-de-fukushima-sont-pratiquement-hors-controle/

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche