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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 23:35

Kirghizstan : le président déchu a vidé les coffres de l'Etat

 

Le gouvernement par intérim, qui a dû geler le système bancaire, a invité Kourmanbek Bakiev à quitter le pays

 

 

Le président kirghize Kourmanbek Bakiev (Reuters) Le président kirghize Kourmanbek Bakiev (Reuters)

 

 

Le président déchu du Kirghizstan, Kourmanbek Bakiev, et ses proches, ont vidé les coffres de l'Etat avant de s'enfuir, forçant le gouvernement par intérim, à court d'argent, à geler le système bancaire, a indiqué un haut responsable des autorités intérimaires

 

 

"Les coffres de l'Etat sont presque vides, les fonds ont été transférés. C'est pourquoi nous avons gelé le système bancaire, nous craignons que les banques, sous contrôle de Bakiev, veulent sortir les fonds du pays", a expliqué vendredi 9 avril Edil Baïssalov, le chef de cabinet de Rosa Otounbaïeva, chef du gouvernement par intérim. Celle-ci a invité le président déchu à quitter le pays.

 

 "Une organisation criminelle dirigée par Bakiev"

 Il ne reste que 986 millions de soms, soit 16 millions d'euros, a-t-il ajouté. "Nous avons découvert dans les organes de l'Etat les preuves irréfutables d'une organisation criminelle dirigée par Bakiev", a ajouté le responsable.

Edil Baïssalov a aussi insisté sur la fait que la police avait ouvert le feu sur les manifestants mercredi sur ordre du frère du président, Janych Bakiev -qui dirigeait la garde présidentielle- avec l'accord du chef de l'Etat.
"Nous avons les preuves irréfutables et des confessions détaillées d'officiers et du chef de cabinet de la garde présidentielle que Janych Bakiev a donné l'ordre de tirer et que le président Bakiev le savait", a-t-il dit.

 

 "Bakiev cherche à pousser le pays vers la guerre civile"

 Il a aussi accusé une nouvelle fois le président déchu de tenter de fomenter un soulèvement dans le sud du pays, son fief où il s'est réfugié.
"Kourmanbek Bakiev cherche à pousser le pays vers la guerre civile. Nous avons les preuves que ses proches ont tenté d'attaquer une garnison militaire à Maïli Suu (sud)", a-t-il dit, accusant les proches du président évincé de vouloir "assassiner" les responsables du gouvernement.
"Le gouvernement intérimaire estime que la situation reste très instable" au Kirghizstan", a-t-il conclu.

Kourmanbek Bakiev a déclaré vendredi qu'il refusait de démissionner tout en se disant prêt à négocier avec le nouveau gouvernement. Cette proposition a été rejetée par Rosa Otounbaïeva.

 

76 morts

De son côté, l'Union européenne a annoncé vendredi l'envoi d'un émissaire au Kirghizstan pour aider à trouver une solution, "en coopération avec les partenaires internationaux", à la crise traversée par cette ex-république soviétique .

Le chef du gouvernement intérimaire du Kirghizstan, Rosa Otounbaïeva, a accusé le président déchu, Kourmanbek Bakiev, de tenter de revenir au pouvoir après le soulèvement sanglant qui a fait 76 morts. "Dans le sud, les partisans de Bakiev essaient de le faire revenir au pouvoir", a déclaré Rosa Otounbaïeva à des journalistes, avant de rendre visite à des blessés dans un hôpital. "Aucune négociation avec Bakiev n'est prévue", a ajouté Rosa Otounbaïeva. "Quelles conditions faut-il pour qu'il démissionne alors que plus de 1.000 patriotes ont été victimes", a demandé l'ancienne ministre.

Plus tôt dans la journée, Kourmanbek Bakiev a déclaré  qu'il n'allait pas démissionner de son poste. "Je n'ai pas le projet de quitter le pays et je ne vais pas démissionner de la présidence", a-t-il affirmé au cours d'une interview. 

"Je n'ai pas donné l'ordre à mes subordonnés de tirer" sur les manifestants lors des heurts violents entre la police et des opposants mercredi à Bichkek, la capitale, a également plaidé le président déchu dans dans une maison à Djalal-Abad, ville du sud où il s'est réfugié après avoir fui Bichkek. Le bilan des violences à Bichkek depuis mercredi s'élève à 76 morts et 1.520 blessés, selon le ministère de la Santé.

Le gouvernement provisoire du Kirghizstan a annoncé que la justice n'avait pas localisé le frère du président déchu. Des poursuites ont aussi été engagées contre d'autres hauts responsables, dont Azimbek Beknazarov n'a pas cité les noms. Le ministère de la Santé kirghiz a annoncé de son côté en début d'après-midi que le dernier bilan des affrontements s'élevait à 76 morts, contre 75 précédemment.

 

 "Que le pays reprenne le chemin de la démocratie"

"Je ne pense pas que la Russie ou les Etats-Unis étaient impliqués dans ces événements", a déclaré Kourmanbek Bakiev depuis son bastion.

Les Etats-Unis ont réprouvé jeudi les moyens utilisés par les forces de l'ordre qui ont tué les manifestants , appelant une nouvelle fois au calme toutes les parties en présence. "Le président a suivi de près les événements et continue de surveiller la situation avec son équipe chargée de la sécurité nationale", a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, dans un communiqué. "Nous souhaitons que le calme soit rétabli à Bichkek et dans les autres régions concernées, de façon durable et conformément aux principes démocratiques respectueux des droits de l'homme", a-t-il ajouté.

Le porte-parole de la Maison Blanche a indiqué que les Etats-Unis déploraient "l'utilisation par certains membres des services de sécurité par certains manifestants de moyens mortels". Il a ajouté que "le désordre et les pillages qui se poursuivent continuent à inquiéter" les Etats-Unis.

"Les Etats-Unis souhaitent toujours maintenir leur relation fructueuse avec le peuple du Kirghizstan et que le pays reprenne pied sur le chemin de la démocratie", a-t-il poursuivi.

 

"Respect des principes démocratiques"

 Après les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre qui ont fait mercredi de 75 à 100 morts et un millier de blessés, selon les sources, des tirs nourris d'armes automatiques ont de nouveau retenti jeudi à la tombée de la nuit.

Un diplomate américain a rencontré jeudi Rosa Otounbaïeva, chef du gouvernement intérimaire du Kirghizstan, et a appelé au calme et au respect des "principes démocratiques" dans le pays, a annoncé le département d'Etat.

(Nouvelobs.com)

 

http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/monde/20100409.OBS2134/kirghizstan-le-president-dechu-a-vide-les-coffres-de-l-etat.html

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