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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 03:06

 

http://www.camer.be/index1.php?art=8782&rub=26:23France - Afrique : Au nom de l’humanisme colonial venez parader avec nous !


Conflits et guerres actuelles

L'alternance au pouvoir en Afrique: L'ingérence continuelle de l'Occident

« Il faut soutenir les dictateurs africains sinon ils ne feraient pas d’élections. »

Jacques Chirac (confidence faite à Pierre Péan)


Professeur Chems Eddine Chitour
Dimanche 19 Décembre 2010


L'alternance au pouvoir en Afrique: L'ingérence continuelle de l'Occident
28 novembre 2010, après plus de cinq ans d’attente, les élections ont eu
lieu en Côte d’Ivoire. Le socialiste, Laurent Gbagbo, après 10 ans de règne
dont cinq ans sans élection, n’accepte pas le verdict des urnes, battu par
Alassane Ouattara sur le score sans appel de 54%, proclamé par la commission
indépendante constituée à nombre égal d’observateurs des deux camps, il se
fait proclamer vainqueur par un proche, le président du Conseil
constitutionnel. Dès l’annonce de son élection, l’ensemble des grands
commandements des forces armées avec à leur tête le général Philippe
Mangou, chef d’état-major de l’armée, ont fait allégeance au président
Laurent Gbagbo. Le Conseil de sécurité des Nations unies reconnaît Ouattara
comme vainqueur. Ban Ki-moon invite Gbagbo à favoriser une transition en
douceur.  

Une vieille règle toujours d’actualité

Une Vieille, règle africaine veut qu’« on n’accepte les élections que
si l’on est sûr de les gagner ». C’est dans les faits, vrai dans la
plupart des élections à l’africaine exception faite de l’Afrique du Sud.
Est-ce à dire que l’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie et
l’alternance? Ou est-ce les intrigues et les soutiens occultes et les
promesses aux parrains, notamment occidentaux, qui font que celui qui bafoue les
élections a, d’une façon ou d’une autre protégé ses arrières. Pourtant,
en l’occurrence Laurent Gbagbo a réussi le tour de force de se mettre à dos
la « Communauté internationale », il faut entendre par là les pays
occidentaux directement intéressés au premier rang desquels les Etats-Unis et
en Europe la France qui ont des intérêts puissants que le président Gbagbo
n’a pourtant pas perturbés. On parle aussi de nouvelles puissances, la Russie
mais surtout la Chine qui se contentent « d’observer » pour le moment. Reste
l’Union africaine et ses rodomontades plus pitoyables les unes que les autres.
Où est-elle quand les Sahraouis se sont fait tabasser? Quand Moubarek se
concocte des élections législatives à sa pointure, quand enfin elle accepte
que le Soudan sombre dans la partition et la Somalie qui n’est plus un Etat?

Les sanctions n’ont pas tardé à tomber: le président sortant doit «
reconnaître la volonté du peuple de Côte d’Ivoire et entamer une transition
pacifique » a exhorté Philip Crowley, le porte-parole de la diplomatie
américaine. Les Etats-Unis ont appelé, mardi 7 décembre, le président
ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, à « entamer la transition pacifique » du
pouvoir à Alassane Ouattara afin de sortir le pays de la crise. « Nous
espérons que le président Gbagbo fera le bon choix dans les prochains jours
», a exhorté Philip Crowley, le porte-parole de la diplomatie américaine. Le
résultat du scrutin présidentiel du 28 novembre a été «clair», et le
sortant doit « reconnaître la volonté du peuple de Côte d’Ivoire et
entamer une transition pacifique », a-t-il continué. Le président américain
Barack Obama a formellement mis en garde Laurent Gbagbo contre un « isolement
accru » et dit qu’il subirait les « conséquences de ses actes injustes »
s’il s’accrochait au pouvoir.(1)

L’Europe n’est pas en reste: les ministres des Affaires étrangères de
l’UE se sont mis d’accord lundi 12 décembre sur l’imposition de sanctions
pour certaines figures dominantes en Côte d’Ivoire, mettant la pression sur
Laurent Gbagbo afin que celui-ci renonce au pouvoir suite à une élection
présidentielle contestée. (...) « Nous appelons à une passation de pouvoir
immédiate et pacifique », a dit Catherine Ashton, haut représentant de l’UE
pour les Affaires étrangères, aux journalistes. « Nous avons décidé
d’adopter, sans délais, des mesures de restriction à l’encontre de ceux
qui font obstruction à la paix et à la réconciliation. » Son refus de
démissionner menace de compromettre un paquet d’aide internationale d’une
valeur de 3 milliards de dollars (soit 2,2 milliards d’euros). Le Fonds
monétaire international a déclaré qu’il ne participerait pas au programme
d’aide si le gouvernement de la Côte d’Ivoire n’est pas reconnu par les
Nations unies. (...) L’Union africaine a suspendu la Côte d’Ivoire. Laurent
Gbagbo a fait une ouverture en appelant à la « discussion » et rejeté
l’idée d’un conflit armé avec les partisans de son rival. La tension
actuelle fait pourtant craindre une confrontation armée dans le pays, théâtre
d’une quasi-guerre civile après le coup d’Etat manqué de septembre 2002,
qui l’a coupé en un Sud loyaliste et un Nord tenu par l’ex-rébellion des
Forces nouvelles (FN).(2)

Pourquoi cet acharnent étrange à vouloir la démocratie à tout prix en
Côte d’Ivoire et pas en Somalie ou en Egypte? Une première explication nous
est donnée par les richesses et les chasses gardées. L’étude suivante est
édifiante. Nous lisons:  

« (..) La lettre du mouvement communiste n°15 dans sa parution de janvier
2005 fait l’état des lieux de la compétition capitaliste aiguë autour de la
répartition de la rente issue de l’exploitation des ressources naturelles
ivoiriennes. Plus de mille sociétés en Côte d’Ivoire appartiennent à la
France. Le rôle de la France dans la guerre de septembre 2002 est identifié
comme celui du traditionnel maître qui ne veut pas que l’esclave
s’émancipe. (...)Troisième puissance économique de l’Afrique
sub-saharienne, derrière l’Afrique du Sud et le Nigeria, la Côte d’Ivoire
est un pôle économique d’importance au sein de l’Afrique de l’Ouest.
Notamment l’Uemoa, marché commun regroupant le Bénin, le Burkina-Faso, la
Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.
D’après l’Irin, agence de presse de l’Onu, le Burkina-Faso dépend de la
Côte d’Ivoire pour 80% de ses exportations et pour 60 à 70% de ses
importations. (...) Riche en ressources naturelles (minérales et agricoles), la
Côte d’Ivoire possède une industrie de transformation relativement réduite
mais» sans équivalent en Afrique centrale et occidentale «selon Mission
économique de l’ambassade de France, principalement dans les secteurs du
cacao, du pétrole et de la conserverie de thon. (..)»(3)

« L’Union européenne (UE) absorbe 52% de son commerce extérieur. Au sein
de l’UE, la France se confirme être le premier client du pays avec 19% de ses
exportations totales en 2003. La France est le premier pays fournisseur de la
Côte d’Ivoire, avec près du quart des importations totales représentées,
notamment par des produits alimentaires et des biens d’équipement. Ainsi,
comme bon nombre de pays capitalistes périphériques, la Côte d’Ivoire est
riche en forces productives (main d’oeuvre et ressources naturelles, aussi
bien minérales qu’agricoles) mais pauvre en industrie développée
(agriculture: 27,6% du PIB en 2003; industrie manufacturière: 12,5%). (...) A
lui seul, en 2003, le cacao a représenté 43% des exportations de la Côte
d’Ivoire (soit environ 20% de son PIB estimé par le FMI à 8000 milliards de
francs CFA, correspondant à 12,2 milliards d’euros. Le coton et le café, les
autres grandes ressources agricoles du pays, ne pèsent que 3% chacun dans les
exportations totales. Les produits transformés du bois, 4%. La Côte d’Ivoire
est aussi le premier exportateur africain de thon (2% de son commerce) et de
caoutchouc (2%). Les gisements de pétrole sont rapidement montés en puissance
parmi les marchandises d’exportation (+56,4% en volume en 2003). La production
est encore en expansion, 32.970 barils/jour en juin 2004 »(3).  

« (...) Comme dans le cacao, la concurrence des géants étrangers du secteur
y est très vive. Les intérêts français et américains s’entrechoquent. La
société Total garde une longueur d’avance, comptant pour un gros tiers du
raffinage et de la distribution totale de pétrole ivoirien. Bouygues, via sa
filiale Saur, et EDF interviennent en amont, du côté de la production.
Cependant, plusieurs firmes américaines importantes (Pioneer Oil Company et
Africa Petroleum dans l’extraction; Exxon Mobil dans la distribution)
disputent l’influence française dans ce secteur. La France apparaît comme le
premier investisseur direct étranger en Côte d’Ivoire, si on s’en tient
aux statistiques du Cepici. En tout, ce sont 147 filiales d’entreprises
françaises qui, selon le ministère des Finances, sont présentes dans le pays,
employant 36.000 salariés ivoiriens. D’après les Échos, environ 51% des
recettes fiscales de l’État ivoirien en sont issus. Parmi les sociétés
françaises, on note avant tout: • Bouygues dans le BTP, via sa filiale Saur
qui détient 47% de la Sodeci (eau) et 25% de la CIE (électricité); les
aéroports, dont les concessions ont été confiées à la Chambre de commerce
et d’industrie de Marseille et la Sofreavia. Le groupe Pinault dans la
distribution de produits; la BNP, le Crédit lyonnais, Axa et la Société
générale dans le secteur financier; France Télécom dans les
télécommunications; Castel dans le sucre et les boissons; Accor dans
l’hôtellerie. Air France, qui détient 51% d’Air Ivoire; le groupe de
négoce Touton (deuxième exportateur de fèves de cacao, avec 150.000 tonnes en
2003). D’autre part, plus de 1000 sociétés locales appartiennent à des
ressortissants français. Pour les hydrocarbures: les intérêts américains
sont représentés par les sociétés Foxtrot, Ranger Oil, Ocean Energy, et ceux
des Canadiens par CNR International. Deux unités de blending (mélanges)
opèrent en Côte d’Ivoire: la Sifal (détenue à 33% par Shell, 20% par
Mobil) et la Texaco »(3).



Pour une alternance endogène  

C’est à l’évidence, un pays qui ne s’appartient pas! On comprend
qu’il attise les convoitises.

Il y a cependant une autre explication qui fait que la configuration du pays
rend difficile une réconciliation durable. Pour Ahmed Cheniki:  

« La présence d’une multitude de tribus et de langues empêche toute
conciliation durable et tout compromis politique et géographique. La
colonisation a dramatiquement aggravé les choses en instrumentalisant des
conflits intertribaux et en multipliant les lieux de pouvoir marqués par une
certaine allégeance à l’espace colonial. Le contact tragique avec la
colonisation a engendré de nombreux conflits et des réalités syncrétiques
mettant en avant les jeux claniques et tribaux associés à des formes
européennes éparses.(...) Il n’est nullement possible de comprendre les
enjeux actuels en Côte d’Ivoire si on n’interroge pas l’histoire de
l’Afrique noire, ses contingences historiques et les relations avec la France.
Les Accords de Marcoussis et d’Accra, d’ailleurs organisés par la France,
ne pouvaient être que fragiles et circonstanciels. (...) L’Union africaine
est inoffensive et trop peu opératoire dans ce type de situations. La mission
africaine conduite par le président sud-africain est incapable de résoudre un
problème qui remonte finalement à plusieurs décennies. C’est vrai que
Houphouet Boigny, installé grâce aux Français, a tout fait pour bâtir son
pouvoir sur des équilibres précaires tout en privilégiant les relations avec
la France. Sa mort en 1993 a mis fin à des décennies de pouvoir marqué par un
compromis intertribal et une forte répression visant les diverses oppositions
politiques. Laurent Gbagbo se fait élire grâce au soutien du Parti socialiste
français. La droite a toujours considéré ce dirigeant comme un trublion, un
personnage trop peu crédible. La Côte d’Ivoire semble condamnée à des
violences continues d’autant plus que les acteurs ne sont pas disposés à
dialoguer sérieusement. (...) Les acteurs actuels, Laurent Gbagbo et Alassane
Ouattara, ont toujours connu des relations très conflictuelles. (...) Les
choses n’ont donc pas changé dans ce territoire marqué par de profondes
césures ethniques et religieuses. L’exclusion de la candidature de Ouattara,
il y a quelques années, a engendré un vent de contestation dans le Nord
musulman, représentant plus de 40% de la population alors que les chrétiens ne
dépassent pas les 30%. (...) Aujourd’hui, Gbagbo sait qu’il est très
fragile et que Sarkozy et l’UMP ne lui feront pas de cadeau. Dans le contexte
actuel, le président français aimerait se débarrasser ainsi de l’actuel
président, connu pour son hostilité à la droite française qu’il a toujours
soupçonnée de vouloir déstabiliser son pouvoir. (...) Plus de soixante mille
Français résident toujours dans ce pays. Il faut ajouter à cela le millier de
soldats et de conseillers militaires installés depuis 1960, année de
l’«indépendance». Les choses n’ont pas changé depuis Foccart».(4)

Pierre Beylou très optimiste écrit:  

« Deux présidents, deux gouvernements, une communauté internationale qui
peine à faire reconnaître la légitimité de l’élection d’Alassane
Ouattara, un pays au bord de l’explosion (...) Mais un vent nouveau se lève.
Les populations en ont de plus en plus «assez des présidents fondateurs, des
pères de la nation, des éclaireurs de pointe, des guides éclairés
omniscients et omnipotents.» Ce constat est fait par Edem Kodjo dans un petit
livre décapant (Lettre ouverte à l’Afrique cinquantenaire, Continents noirs,
Gallimard). Cet ancien Premier ministre du Togo, ex-gouverneur du FMI et ancien
secrétaire général de l’OUA, dresse un bilan sans complaisance du
demi-siècle qui s’est écoulé depuis les indépendances dans les années
soixante. «Nous, les fils aînés du monde, nous devenons les derniers de la
classe», constate-t-il (...)».(5)  

Pour Pierre Hasky, le PS peine à prendre position sur le coup de force de
Laurent Gbagbo, qui dénonce l’ingérence occidentale en Côte d’Ivoire. Les
embarras du PS avec le coup de force de Laurent Gbagbo pour se maintenir au
pouvoir en Côte d’Ivoire ne sont qu’un héritage d’une relation jamais
réellement clarifiée: celle des socialistes avec l’Afrique. (...) La crise
ivoirienne est la première à rappeler aux socialistes qu’ils n’ont pas
soldé les comptes du passé et pas encore défini leur politique sur un
continent qui a beaucoup changé. (...) Ils ont la chance que Nicolas Sarkozy
n’ait rien compris à l’Afrique et a raté le coche dès son «discours de
Dakar», en 2007.(6)

Voilà donc un pays en coupe réglée qui ne crée pas de la richesse mais qui
confie les richesses naturelles du pays aux multinationales occidentales qui,
elles, ne transforment pas sur place, d’ailleurs le nombre d’emplois est
très faible par rapport aux recettes engrangées. Par contre, le port
d’Abidjan est l’un des plus importants de la région! Les mêmes instances
qui condamnent Gbagbo aujourd’hui, salueront demain la réélection en Egypte
de Moubarak, C’est cela la vision démocratique de l’ultralibéralisme. A
l’évidence, il n’y aura pas, du fait des interférences continuelles de
l’Occident, d’alternance endogène. La boutade de Jacques Chirac est une
fois de plus d’une brûlante actualité. Les heurts sanglants entre les deux
rivaux risquant de déboucher sur une guerre civile, les Occidentaux qui ont
armé les deux camps attendent de quel côté vont souffler les vents.  

On se dirigerait , vraisemblablement, vers une solution bancale, imposée, de
partage du pouvoir à la kenyane avec le duo Kibaki-Lou Odinga ou à la Zimbabwe
avec l’inoxydable Robert Mugabe et son adversaire devenu premier ministre
Morgan Tsingaraye. « Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres
qui meurent » disait Jean Paul Sartre, en l’occurrence les dizaines de morts
actuels en Côte d’Ivoire meurent pour des personnalités assoiffés de
pouvoir et qui ne veulent pas passer la main. C’est là tout le drame de
l’Afrique. Du fait des ingérences continuelles, les potentats au pouvoir se
prennent pour des messies et à ce titre ils sont irremplaçables. Les
successions sont généralement sanglantes et se règlent soit par l’émeute
soit par le Darwinisme. A quand une Afrique où l’alternance sera inscrite
dans le marbre ?



1.
http://.nouvelobs.com/actualite/monde/20101207.OBS4292/les-usa-pressent-gbagbo-html


2.Côte d’Ivoire: l’UE se met d’accord sur des sanctions EurActiv avec
Reuters. 14.12.2010.

3. Sériba Koné, http://news.abidjan.net/article/index.asp?n=349363
Exploitation des ressources naturelles en Côte d’Ivoire: 9 décembre 2009.  

4. Ahmed Cheniki: Les Jeux troubles de la Côte d’Ivoire Le Soir
d’Algérie 6/12/2010.  

5. Pierre Beylau: L’Afrique qui pleure, l’Afrique qui rit. LePoint.fr.
08/12/2010.

6. Pierre Haski: Le PS et Gbagbo: Rue89 13/12/2010.



Pr Chems Eddine Chitour :

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


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commentaires

eva R-sistons 21/12/2010 16:26



Mes sources, Monsieur,


sont entre autres des revues défendant la santé par les plantes.


Et puis, il n'y a pas de fumée sans feu.


Enfin, déjà les semences NATURELLES sont inquiétées (Kokopelli..), le reste suivra pour ces marchands de produits chimiques de mort, c'est dans la LOGIQUE du capitalisme mortifère


eva



raveneau 21/12/2010 14:51



Un lecteur nous alerte sur "l'interdiction des plantes médicinales" suite à votre blog. Bref il confond hélas rumeur et information n'ayant rien trouvé à ce sujet sur ce blog mais découvrant
qu'il est possible d'être "informateur et journaliste" ! 


Merci de faire un blog sur ces rumeurs qui parasitent l'attention sans apporter une information crédible : les exemples ne manquent pas !


Cordialement 



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  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
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