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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 13:56

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12.08.2011

L’appel à la désobéissance européenne d’Aurélien Bernier

Je ne connaissais pas vraiment le M’PEP avant d’être allé à un colloque passionnant qu’ils organisaient sur la question européenne en juin dernier. L’occasion d’acheter le dernier livre du porte-parole du mouvement, Aurélien Bernier, « Désobéissons à l’Union européenne ».

Une vraie communauté de pensée

Il faut être clair, au sujet de l’Europe, je n’ai pas trouvé l’épaisseur d’un papier à cigarette entre les idées du M’PEP et les nôtres. Naturellement, sur d’autres questions, nous pouvons diverger (encore que, beaucoup moins qu’on ne pourrait le croire), mais l’ensemble de l’analyse de l’auteur sur les carences de l’Europe qui s’est construite depuis l’Acte Unique rejoint complètement la mienne, comme peuvent l’attester les très nombreuses notes consacrées à ce sujet sur le blog.

Aurélien Bernier commence par évoquer les « non » français (à 54,7%) et hollandais (à 61,6%) du printemps 2005 pour regretter une « victoire gâchée ». Il dénonce cette Europe qui « interdit toute mesure contraire aux intérêts des transnationales et des marchés financiers ». Il souligne que les plans européens « ne relèvent en rien de la solidarité entre Etats européens, (ils) assurent d’abord et avant tout aux banques et aux investisseurs qu’ils sauveront leurs mises ».

Il affirme très pertinemment que « les déficits et la dette publics créés par l’eurolibéralisme justifient d’aller encore plus loin dans l’eurolibéralisme ». Il dénonce « l’échec de la gauche de gouvernement qui entend pratiquer l’alternance mais ne propose aucune alternative » et « un ordre juridique qui ne repose sur aucune légitimité populaire, qui prétend planifier une politique invariable, (…) qui ne laisse plus aucune place pour d’autres politiques économiques, sociales ou environnementales ».

Une forteresse ultralibérale et anti-démocratique

En 1957, Pierre Mendès-France disait de la CEE : « Le projet du marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du 20ème siècle selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes : soit elle recourt à une dictature interne (…) soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique exercera en réalité la puissance publique ».

Aujourd’hui, non seulement « toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres en entre Etats membres et les pays tiers sont interdites », mais « l’unanimité est requise pour l’adoption de mesures (…) qui constituent un pas en arrière dans le droit communautaire en ce qui concerne la libéralisation des mouvements de capitaux à destination ou en provenance de pays tiers ». En clair, le Luxembourg pourrait empêcher tout pays de restreindre les mouvements de capitaux !

Pour l’auteur, l’Acte Unique marque un tournant avec la liberté de circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux, et qui fera dire à Margaret Thatcher qu’il « ravive la finalité libérale, libre-échangiste et dérégulatrice (du traité de Rome) ». Il note que la Cour de Justice Européenne a imposé une régression du droit social, en permettant par exemple à une entreprise polonaise installée en Allemagne de verser des salaires inférieurs au salaire minimum allemand !

Développant la genèse du projet européen, il cite Jean Monnet : « au point de vue économique, il est essentiel que soit empêchée dès l’origine la reconstitution des souverainetés économiques ». Il souligne à quel point les discours dominant caricature le débat en opposant « d’un côté, les affreux nationalistes rétrogrades, forcément xénophobes, qui refusent la construction européenne, et de l’autre, les progressistes ouverts et bardés de sentiments généreux qui la soutiennent ».

Aurélien Bernier dénonce « un arsenal juridique érigé contre les peuples » et note la lente insidieuse dérive qui a fait prévaloir le droit européen sur les droits nationaux, y compris les Constitutions ! Il souligne qu’un nouveau gouvernement « ne peut pas mettre en œuvre une législation qui contreviendrait aux principes de l’Union » ! Pour lui, « il en est fini de la souveraineté pleine et entière du législateur français ». Il note qu’en Allemagne la cour de Karlsruhe a refusé cet engrenage en juin 2009.

L’auteur reprend l’exemple des OGM (que j’ai souvent traité sur le blog) pour démontrer le caractère anti-démocratique de cette Europe qui prétend imposer la volonté des technocrates à la majorité des Etats.


Source : Aurélien Bernier et le M’PEP, « Désobéissons à l’Union Européenne », 1001 Nuits, suite demain


 http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/

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