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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 01:48

 

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EDITORIAL

 

 

Cher(e) Ami(e),

En ces temps de bouleversements politiques qui touchent toute une partie du monde arabe, de nouvelles perspectives se font jour. Deux régimes oppresseurs sont déjà tombés en Tunisie et en Egypte et le régime libyen se perd aujourd'hui dans une agonie solitaire et meurtrière. Les mobilisations populaires continuent toujours dans bien d'autres pays de la région.

Israël demeurait un îlot isolé face aux régimes autoritaires qui jusqu’ici gouvernaient la majorité des pays du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient. Et pourtant, contrairement à ce que certains ont voulu faire croire, il n’existe pas de peuples qui soient par nature allergiques à la démocratie. Demain, peut-être, de nouvelles alliances germeront du terreau fertile des aspirations à plus de liberté.

JCall a souhaité réagir avec le mot d’ordre suivant : « N’ayons pas peur ! ». Nous vous invitons à lire notre communiqué en cliquant ici
 
Le chambardement géostratégique important qu’a connu Israël ces derniers mois avec d’abord le refroidissement de ses relations avec la Turquie, puis ensuite la chute du raïs égyptien, conduit à une redéfinition de l'équilibre diplomatique qui existait jusque là. L'avènement dans l'ensemble du monde arabe de mouvements populaires réclamant davantage de libertés et de démocratie doit résolument apparaître comme un facteur d'espoir qui, peut-être, permettra la normalisation des relations entre Israël et ses voisins.

Certes, l'admiration naïve de ces révolutions en cours, serait un piège dans lequel il faut se garder de tomber. Néanmoins, cette éthique de la prudence rendue nécessaire par l'ampleur de l'évènement, ne doit pas basculer dans une sorte de frilosité face au courage admirable de ces hommes et de ces femmes qui changent le cours de leur destin.

Comme le rappelait Bernard-Henri Levy dans son bloc-notes du 15 février dernier, force est de constater que la révolte égyptienne par exemple, s’est opérée « sans que soit brûlé un drapeau israélien ni que l’on nous ressorte les slogans éculés sur l’origine « sioniste » de toutes les plaies d’Egypte ». Le Conseil suprême des forces armées a déclaré que l'Egypte s'engage à "appliquer tous les traités et pactes internationaux dont il fait partie", et notamment les accords de paix avec Israël.

Avec le temps, de nouveaux interlocuteurs émergeront, désignés par des gouvernements démocratiquement élus. Même si le processus s'avérait long avant que les régimes nés de ces révolutions ne se stabilisent, il est temps qu'Israël reprenne la main sur son destin et l'initiative du dialogue avec ses voisins. Le partage de la démocratie sera la meilleure des garanties d'une paix durable entre Israël et le monde arabe.

Dans ce contexte mouvant et parfois empreint de passion, « l’appel à la raison » lancé le 03 mai 2010 est plus que jamais d’actualité. C’est pour cela que l’initiative JCall doit continuer à faire entendre ses échos.

Ainsi, nous sommes heureux de vous annoncer que les contributions d’une dizaine de personnalités, signataires de JCall, ont été réunies dans un ouvrage intitulé « Jcall, les raisons d’un appel » (ouvrage coordonnée par David Chemla et publié aux Editions Liana Levi, collection Piccolo) que nous vous invitons à vous procurer. (Voir sur le site de Liana Levi)
 
Par la complémentarité de leurs articles, les signataires de ces textes témoignent qu’au-delà de leur diversité, un sentiment d’urgence les rassemble dans un même engagement : faire entendre la raison à tous avant qu’il ne soit trop tard !

L’un des objectifs de JCall est également de réinstaurer les conditions d’un débat sain et constructif au sujet de la politique du gouvernement israélien. Vous trouverez dans cette lettre d’information un texte de René Schwok, Professeur de Sciences politiques et de relations internationales à l’Université de Genève, sur la légitimité, voire la pertinence, de ce regard critique que chacun peut porter sur la politique israélienne.

Nous vous invitons à le lire en cliquant ici.


La mobilisation passe également par l’organisation des plusieurs évènements et rendez-vous JCall auxquels nous vous invitons à prendre part à travers toute l’Europe. Voir l'agenda ci-dessous.
 
Naturellement, cette mobilisation passe aussi par la participation de tous ceux qui se reconnaissent dans l’initiative JCall. Pour cela, le meilleur moyen est encore d’adhérer en ligne. Nous vous y invitons en cliquant ici.

Bonne lecture et à très bientôt .
Ivan Terel, avocat, responsable éditorial de JCall.


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Les Juifs de Diaspora peuvent-ils critiquer
les décisions souveraines
d'un Etat démocratique
dont ils ne sont pas citoyens ?


par René Schwok, professeur de Sciences Politiques et de Relations Internationales
à l'Université de Genève. Signataire de JCall Suisse



Je rencontre souvent des Juifs qui s'offusquent en privé de la poursuite des implantations/colonies en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et sur le Golan. Pourtant, ils ne veulent pas critiquer Israël sur la place publique. Ils considèrent que, n'étant pas des citoyens de cet Etat, ils se doivent de respecter la souveraineté de ce pays, de surcroît la seule démocratie du Moyen-Orient.

Il est nécessaire de prendre au sérieux ces interrogations et, surtout, pour une fois, d'y répondre avec précision.

Le premier doute concerne la citoyenneté. De nombreux Juifs hésitent à remettre en cause ouvertement la souveraineté de l'Etat qui reste, même en ce début 2011, la seule démocratie du Moyen-Orient. Un tel souci est plus que respectable. Il repose cependant sur une manipulation argumentative.

Le problème ne se situe pas autour de la notion de « démocratie », mais bien autour de celle de « souveraineté ». En effet, les implantations/colonies ne se situent tout simplement pas sur le territoire israélien. Elles ne font pas parties de la souveraineté de ce pays.

Ainsi, s'il faut respecter les décisions souveraines d'un Etat démocratique, la condition est que celles-ci s'exercent à l'intérieur de ses propres frontières. Mais, dans le cas de constructions en-dehors du territoire israélien de 1967, on se situe dans une zone extérieure à la souveraineté israélienne.

Le droit international public est clair 
Le doute s'est pourtant instillé sur le « caractère international » de ces trois territoires. Israël ayant annexé Jérusalem-Est et étendu son droit national au Golan, certains considèrent que ces territoires ne seraient plus internationaux. Quant à la Cisjordanie, ils la qualifient de « territoires contestés ».

De telles considérations n'ont cependant aucune pertinence en droit international public. Depuis 1967, le Conseil de sécurité des Nations Unies, la Cour internationale de justice de la Haye, ainsi que tous les gouvernements du monde, y compris celui des Etats-Unis, ne cessent de répéter que les territoires conquis par Israël lors de la Guerre des six jours ne lui appartiennent pas.

Un autre fait est aussi souvent occulté. Tous les gouvernements israéliens, y compris celui de Netanyahou, ont accepté les résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de Sécurité qui, toutes, rappellent que ces territoires ont été occupés en 1967 et qu'ils ne lui appartiennent pas.

Le dernier texte significatif en date est la « Feuille de route » adoptée en 2003. Dans celle-ci, il est écrit que l'accord final « met fin à l'occupation qui a commencé en 1967 ». Le gouvernement Sharon avait certes contesté certains points de ce document. Mais il n'avait jamais remis en cause cette phrase.

On trouve certes une poignée de juristes israéliens faucons qui considèrent que ces trois territoires n'appartiennent pas non plus aux Palestiniens ou aux Arabes. Mais ils n'ont jamais osé prétendre qu'ils faisaient parties de la souveraineté israélienne en regard du droit international public.

Ainsi, en droit international public, l'absence de la légalité d'une quelconque prétention de souveraineté israélienne sur Jérusalem-Est, la Cisjordanie et le Golan est incontestable. Ce qui autorise tout citoyen du monde, y compris les Juifs de Diaspora, à s'exprimer publiquement sur ces territoires.


Doutes sur la légitimité du droit international public
Au fond, peut-être que de nombreux Juifs de Diaspora éprouvent davantage de doutes sur la légitimité du droit international que sur sa légalité. Je les comprends bien car je les partage aussi. Le droit international est effectivement le reflet des rapports de force entre puissances internationales. De plus, il est souvent issu de majorités où dominent des Etats dictatoriaux qui n'ont aucune leçon à donner en matière de démocratie et de droits de l'homme. Les pitreries du Conseil des droits de l'homme à Genève sont à cet égard emblématiques.

Cette illégitimité partielle du droit international le disqualifie-t-il pourtant totalement ? Faut-il jeter le bébé avec l'eau du bain ? Tel est l'avis des partisans de la colonisation. En délégitimant totalement le droit international, ils espèrent pouvoir faire taire les critiques.

Ils oublient cependant que ce sont les gouvernements israéliens qui ont légitimé le droit international en ratifiant des traités de manière souveraine et démocratique.

Il est d'ailleurs cocasse d'observer ces derniers temps tous ces pourfendeurs du droit international qui n'ont à la bouche que la phrase : « il faut que l'Egypte respecte son Traité de paix avec Israël ». Quelle meilleure illustration des dangers encourus à déligitimer totalement le droit international.

Pourtant, ils marquent un but contre leur propre camp et ils n'ont pas l'air d'en avoir conscience. En effet, sans droit international, c'est toute la légitimité de l'Etat d'Israël qui est remise en cause. C'est surtout son droit à justement défendre sa souveraineté qui serait contesté.

J'entends enfin, depuis peu, un nouvel argument en faveur de la poursuite des « implantations/colonies ». Le raisonnement est le suivant : puisque des négociateurs palestiniens ont admis dans des négociations secrètes que les « grands blocs de colonies » et les quartiers juifs de Jérusalem-Est seraient, in fine, laissés à Israël, on peut construire dans ces enceintes. Les Palestiniens sont même qualifiés d'hypocrites quand ils s'offusquent que l'on bâtisse dans ces territoires précis alors qu'ils seraient prêts à les céder.

Sans rentrer dans des considérations juridiques et morales trop longues, il est évident que les partisans d'un tel raisonnement marquent un nouveau but contre leur propre camp. En effet, les Palestiniens pourraient, de leur côté, revendiquer les concessions que les diplomates israéliens étaient prêts à faire dans ces négociations avortées : que diraient ces mêmes faucons pro-israéliens si 100 000 « réfugiés » palestiniens s'installaient en Israël car Olmert et Livni y en avaient fait mention en 2008 ?

En conclusion, je comprends parfaitement les scrupules des Juifs de Diaspora à remettre en cause la souveraineté de l'Etat d'Israël car ils ne sont pas ressortissants de cet Etat, qui est de surcroît fondamentalement démocratique. Mais cet argument n'est valable qu'à l'intérieur des frontières de ce pays. Les implantations/colonies sont construites en dehors de sa souveraineté! Le droit international est incontestable à ce sujet.

Quels que puissent être les doutes partiellement compréhensibles que l'on puisse avoir par rapport au droit international, il reste qu'une totale délégitimation du droit international aboutirait surtout à la délégitimation de l'Etat d'Israël, de son droit à défendre sa souveraineté et à faire respecter ses accords internationaux, surtout avec l'Egypte.

Par conséquent, tous les citoyens du monde, y compris les Juifs de Diaspora, ont le droit de s'exprimer publiquement sur la situation régnant à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et sur le Golan. Le respect dû à la seule démocratie du Moyen-Orient s'arrête tout simplement aux limites de sa souveraineté.

René Schwok, Février 2010

 

http://www.jcall.eu/

 

 

L'opinion d'eva R-sistons 

Le Printemps d'Israël

 

 

Le Printemps arabe est une chance pour les Arabes, pour les vrais démocrates, pour ceux qui veulent que ça change, et une chance, plus généralement, pour l'humanité.

 

Il ne faut pas craindre ces événements, au contraire il faut les saluer, s'en réjouir, et ils doivent inciter Israël à se démocratiser vraiment, lui aussi, au lieu de se replier, de violer le Droit, de semer ruines, désolation, souffrances, autour de lui.

 

A quand le Printemps d'Israël ? Car s'il y a bien un Etat qui doit se remettre en question, c'est Israël. S'il veut survivre au milieu d'Etats, espérons-le, bientôt démocratiques, il doit changer radicalement sa politique, saisir cette occasion unique pour entendre raison. Au lieu de se perdre dans des politiques folles et un jour, peut-être, d'entraîner dans sa propre chute les autres.

 

 

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