Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 23:44

Arctique vient du grec arcktos qui signifie Ourse en référence à l’étoile polaire, composante de la constellation de la Petite Ourse, qui se trouve à la verticale de l’axe du pôle Nord. L’océan glacial Arctique, « dernière frontière de notre monde intégré », est le plus petit des océans (13 millions de km2). Il est entouré de terres et est situé à l’extrême nord de la planète. Certains l’appellent la « méditerranée du nord » ou encore « méditerranée boréale ». Pendant longtemps l’arctique est resté en dehors de la dynamique mondiale, pris par les glaces. Mais aujourd’hui, son importance géopolitique est réappréciée.

C’est au pôle Nord que les effets du réchauffement climatique sont les plus perceptibles et ceux-ci ne sont pas des moindres. En conséquence, la banquise perd en extension, en épaisseur mais aussi en durée de présence dans l’année. Selon le Centre national américain de données sur la neige et la glace (National Snow and Ice Data Center - NSIDC) la banquise a atteint un record au terme de la saison d’été 2007 avec une superficie de 4,24 millions de kilomètres carrés. Depuis 1979, elle aurait perdu environ 25% de sa superficie et 42% de son épaisseur dans les cinquante dernières années (Cf. Graphique).

Ce phénomène risque de s’accélérer. En effet, la banquise, blanche, réfléchit le rayonnement solaire de façon importante mais lorsqu’elle fond, les chenaux d’eau libre sont noirs et absorbent donc la chaleur, ce qui accélère le processus de réchauffement. Les scientifiques affirment que d’ici 2040, il n’y aura plus de banquise estivale. Cela a des conséquences géopolitique, économique et stratégique.

L’Arctique, sa population, son environnement

Les premiers touchés par ce phénomène sont les populations autochtones de Russie, du Canada, des Etats-Unis et du Groenland. Elles rassemblent environ 600 000 personnes.

La plupart des aliments sont importés dans ces régions peu peuplées, leur prix est donc élevé. Pour pallier cela mais aussi par tradition la pêche sous-marine aux coquillages et la chasse aux morses et aux phoques, base de la nourriture, rythme les journées de ces populations. L’ours et le Narval sont également chassés mais font l’objet  de quotas stricts depuis quelques années.

Or, ces activités deviennent dangereuses car la banquise est de moins en moins épaisse, le nombre de mois pendant lesquelles elle devient impraticable augmente. A cela, il faut ajouter les pollutions ; chaque année deux cent à trois cent tonnes de mercure arrivent en Arctique via les courants marins et les vents faisant du pôle Nord un important réservoir des émissions mondiales de ce métal lourd. Les conséquences sur les animaux sont importantes, ils présentent de plus en plus de maladies néfastes pour l’homme qui s’en nourrit. Les poissons migrent car l’eau se refroidit et c’est ainsi toute la chaîne alimentaire qui est modifiée. Les poissons sont suivis par les oiseaux, les phoques et par les ours. La fonte de la banquise fragilise également les habitations construites sur les côtes des Etats circumpolaires.

L’Arctique économique

Le réchauffement climatique  pourrait ouvrir de nouvelles routes maritimes : le passage du Nord-Est qui contourne le continent eurasiatique et permet de passer de l’Atlantique au Pacifique en longeant les cotes de la Sibérie  (il relie Mourmansk à Vladivostok) et le passage du Nord-Ouest qui relie les mers de Béring et du Labrador. Le premier est régulièrement utilisé tandis que le deuxième ne l’est encore qu’exceptionnellement. A l’avenir, ces  passages permettront un gain de temps considérable, ils réduiraient de 40% la distance parcourue entre l’Asie du Nord-Est et l’Europe et donc, à l’avenir, une réduction du coût.

Mais pour le moment, passer par ces voies nécessite l’utilisation de bateaux à coques renforcées, ou accompagnés de brise-glaces ainsi que la formation d’équipages spécialisés ; Par ailleurs, les risques sont grands, il faut donc que les sauvetages puissent être effectués dans ces conditions difficiles, ce qui demande la mise en place de systèmes de secours maritimes et aériens conséquents. Ces voies restent donc périlleuses.

Les glaces qui fondent laissent également apparaître des possibilités d’exploitation des ressources minières que le sous-sol de l’Arctique contient. Leur extraction est longue et coûteuse mais de nombreux projets voient le jour et paraissent de plus en plus réalisables. Les ressources pétrolières mais également gazières représenteraient 25% des réserves mondiales en hydrocarbure et cela intéresse de plus en plus les pays circumpolaires, et même d’autres Etats comme ceux de l’Union Européenne.

A l’ouverture de nouvelles voies maritimes et à de nouvelles possibilités d’exploitation des ressources, il ne faut pas oublier l’apparition et l’augmentation du tourisme dans ces régions. En effet, même si celui-ci reste limité, cette zone géographique attire de plus en plus.

L’Arctique en litige

Pour toutes ces raisons, cet espace met en concurrence les intérêts des Etats circumpolaires qui sont le Canada, le Danemark (via le Groenland), les Etats-Unis (via l’Alaska), la Norvège et la Russie mais aussi ceux de la Finlande, de l’Islande et de la Suède.

L’océan glacial Arctique n’est pas encore régi par un traité spécifique mais par la convention internationale sur le droit de la mer : La Convention de Montego Bay de 1982. Les litiges sont de deux ordres : Continentaux et insulaires.

Selon cette convention, les Etats côtiers peuvent exercer leur souveraineté territoriale jusqu’à 12 milles marins. Ils disposent de droits souverains et exclusifs d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles dans le zone économique exclusive (ZEE) qui s’étend jusqu’à 200 milles marins à partir des côtes (en présence d’un plateau continental cette zone peut être étendue à 350 milles marins). Au-delà de la zone économique exclusive, le haute mer n’est pas susceptible d’appropriation nationale.

Or, le premier litige porte sur l’étendue des plateaux continentaux : La Russie estime avoir droit d’étendre sa souveraineté jusqu’au pôle nord car considère que les fonds sous-marins de la dorsale de Lomonossov sont le prolongement du plateau sibérien. (Cette dorsale divise en deux l’océan Arctique et s’étend de la Sibérie au nord du Groenland). D’ailleurs, le 2 août 2007, la Russie a planté un drapeau en titane inoxydable à la verticale du pôle Nord à 4 261 mètres sous la glace revendiquant ainsi symboliquement cette zone. Cet évènement a relancé le débat, le Danemark a estimé à son tour que le plateau continental du Groenland pouvait s’étendre de la même façon, le Canada a fait de même et enfin la Norvège à travers l’archipel de Svalbard. Les Etats ont jusqu’à mai 2009 pour déposer leur requête auprès d’une commission de Nations Unies qui devra statuer d’ici 2020.

Une autre question porte sur la définition de ce que sont, juridiquement, les nouvelles voies maritimes : le Canada et la Russie considèrent que les passages Nord-Ouest et Nord-est font partis de leurs eaux intérieures tandis que les Etats-Unis (suivi de l’Union Européenne) estiment que ces derniers constituent des détroits internationaux. Leur appliquer le régime des détroits internationaux permettrait en effet d’accorder un droit de transit sans entrave.

Au sujet des îles, la Norvège et le Canada se disputent l’île de Jan Mayen et cela est lié à la délimitation du plateau continental. Il existe aussi un différent territorial entre le Canada et le Danemark concernant l’île de Hans.

Des conflits de souveraineté liés à des conflits d’intérêts sont donc nés et les Etats oscillent entre la défense de leurs intérêts propres et la coopération dans le but de préserver cet espace si fragile.

 

Amelie Treuil : Master  Fonction Publique Internationale

http://rinews.over-blog.com/article-l-arctique-entre-defi-environnemental-et-enjeu-strategique-43963598.html


liste complète

Partager cet article

Published by Eva R-sistons - dans Les pays en crise
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche