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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 13:53


Carte des régions de l'Espagne

 

L’Espagne, double victime de l’euro

Posted: 29 Apr 2012 11:55 PM PDT

 

Tous les jours ou presque, un flot de nouvelles dramatiques nous vient d’Espagne. Le taux de chômage y est encore supérieur à celui de la Grèce. Pire, le pays semble à peine au début d’une vague d’austérité suicidaire, selon les dires du « prix Nobel » d’économie Paul Krugman.
Acte 1 : l’euro pousse-au-crime
Nicolas Sarkozy cite parfois l’Espagne comme l’exemple d’un pays mal géré, pour sous-entendre que les politiques socialistes ne pourraient mener qu’à la catastrophe. Mais cette présentation des choses est totalement malhonnête. En 2007, l’Espagne était souvent présentée comme le pays modèle de la zone euro, qui avait su concilier forte croissance (plus de 3% par an) et gestion rigoureuse (dette inférieure à 40% du PIB, excédent budgétaire de 2005 à 2007).
En fait, on le sait aujourd’hui, l’économie espagnole vivait sous la perfusion d’une gigantesque bulle immobilière, dont l’explosion explique la crise d’aujourd’hui. Mais ce qui est intéressant avec l’Espagne, c’est que l’euro en est responsable. En effet, Madrid a fait tout ce qu’elle a pu pour limiter la bulle, en gérant son budget de la manière la plus rigoureuse de toute la zone euro et en imposant aux banques des réserves additionnelles pour limiter la croissance du crédit.
Mais le problème de l’Espagne est qu’elle avait renoncé à mener une politique monétaire indépendante et adaptée à son économie. Si Madrid avait conservé la peseta, alors, il aurait suffi de monter les taux et il n’y aurait pas eu de bulle. Mais en faisant partie de l’euro, l’Espagne s’est vue imposée des taux beaucoup trop bas, un argent beaucoup trop bon marché, qui a poussé les acteurs économiques à emprunter plus que de raison, provoquant une immense bulle immobilière.
Acte 2 : l’euro camisole
 

Dans un premier temps, la gestion budgétaire rigoureuse des gouvernements précédents a permis à Madrid d’amortir la crise en laissant filer les déficits. Problème, le pays souffrait déjà de déficits extérieurs très importants, du fait des déséquilibres accumulés pendant la bulle. Comme l’explique bien Patrick Artus dans une de ses dernières notes, dans une telle situation, un pays normal laisse sa monnaie se déprécier ou dévalue pour rééquilibrer ses comptes.

Mais le problème de l’Espagne est qu’elle se trouve dans la zone euro, donc sans possibilité de dévaluer, ni possibilité de monétiser sa dette. Le pays souffre donc d’une double peine : la première consiste à se voir imposer des taux prohibitifs par les marchés (quand la Grande-Bretagne a pu les maîtriser avec les 275 milliards de livres de monétisation de sa banque centrale) tout en ne pouvant rétablir sa compétitivité qu’en baissant les salaires, faute de pouvoir dévaluer sa monnaie.
Comme en Grèce, le gouvernement s’embarque dans une politique d’austérité sauvage dont on sait pourtant qu’elle ne mène à rien. Parce qu’à couper les budgets publics à la hache, l’économie décline, alourdissant encore le poids de la dette, diminuant les recettes fiscales, et compromettant même le rééquilibrage des finances publiques. Pourtant, ce cercle vicieux était prévisible et avait été annoncé par Paul Krugman, Joseph Stiglitz ou Nicolas Dupont-Aignan. (Note d'eva : Ou par l'UPR, http://u-p-r.fr )
Non seulement l’euro a directement provoqué la bulle espagnole. Mais aujourd’hui, la monnaie unique impose un remède qui tue le malade et provoque un massacre social inhumain. Quand comprendront-ils qu’il vaut mieux en sortir, comme ces économistes franco-allemands le recommandent.
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mauvaise météo pour l’Espagne

Il y a quelques jours, l’agence américaine Standard & Poor’s (S&P) a abaissé de deux crans, après l’avoir déjà fait en janvier, la note de solvabilité financière de l’Espagne, de A à BBB+. Motivation de cette décision : inquiétude de la récession qui complique ses objectifs budgétaires.

Quelle découverte !

Dans cette  logique, les banquiers américains hyper diplômés écrivent que la nouvelle note de l’Espagne est “négative”, ce qui signifie que Standard & Poor’s, l’un des instruments du cartel bancaire, sera encore utilisé pour matraquer les Espagnols !

Aujourd’hui, Trader Noé à qui nous avons demandé de suivre l’évolution du Titanic bancaire espagnol SANTANDER, nous écrit :

« Si on casse 4,40 €, il y a un danger : la spéculation va arriver et pousser vers 3,50 € ».

Traduction de toutes ces magouilles financières ayant pour but de faire sauter ce verrou qu’est l’Etat-nation (dixit baron de Rothschild) au moyen de la dette, surgonflée grâce à la spéculation sur les intérêts de cette même dette, spéculation nourrie essentiellement à partir de la City, et amplifiée par les dégradations successives des agences de notation,… ce sont les populations qui trinquent. Fin 2011, en Espagne, le taux de chômage atteignait 22,85 % ; à la fin du premier trimestre 2012, il y avait près de 5,7 millions de chômeurs, soit un taux de 24,44 %. Et tout cela va continuer pour le petit bonheur des spéculateurs… travaillant pour des gens mieux organisés, rêvant de NOUVEL ORDRE MONDIAL érigé sur les cendres des Etats nations

N’oublions pas que l’Espagne est la quatrième économie de la zone euro. Avec ces nouvelles, le programme budgétaire n’est plus dans les clous ! Pire, non seulement on ne va pas respecter le calendrier de la réduction de la dette, mais “nous percevons une probabilité croissante que l’Etat espagnol doive fournir un soutien budgétaire supplémentaire au secteur bancaire”, explique le document publié par Standard & Poor’s…

Le secteur bancaire espagnol s’est pris la première tempête de 2008 avec le plongeon de l’immobilier. Et maintenant vient une autre tempête, plus consistante… qui grossit et appartient à une autre « catégorie ». Les météorologues du cartel bancaire expliquent en gros qu’elle est en cours de transformation… 

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La digestion de la paëlla espagnole avariée risque d’être douloureuse pour l’Allemagne

Ce matin, Standard and Poor’s a dégradé les notes de neuf banques espagnoles, dont Santander…  que LIESI suit particulièrement et pour des raisons explicitées dans la lettre confidentielle depuis des années ou sur ce blog. Les Britanniques et la famille royale auront bien du souci à se faire en cas de dérapage incontrôlée de ladite banque…

Dans le même temps, les autorités espagnoles annoncent un recul de 0,3% du PIB du pays au premier trimestre par rapport au dernier trimestre 2011 où il avait déjà baissé de 0,3%.

Le scénario que tout le monde connaît maintenant par cœur, avec le laboratoire d’expérience grec, se met en place. Il peut être appliqué avec d’autant de facilité que les politiciens acceptent les règles du pouvoir financier apatride sans ciller.
Dans le grand casino financier planétaire, plusieurs gros intervenants de fonds spéculatifs commencent à se placer… pour un scénario espagnol à la grecque. D’aucuns ont dépassé les doutes sur la puissance allemande à contrer le choc bancaire espagnol. Ils parient sur de sérieuses difficultés à venir pour les banques allemandes.


Le FMI peine à cacher son inquiétude pour l’Europe

Les têtes pensantes du FMI commencent à seriner qu’il faut envisager un « pare-feu » bien plus consistant dans la perspective de difficultés à venir d’Europe. Il est dont important d’accroître la capacité de prêter du FMI pour éteindre d’autres incendies en provenance des économies européennes.

C. Lagarde se réjouit en passant des promesses faites par les membres du FMI d’apporter 430 milliards de dollars supplémentaires à l’institution supranationale. Objectif : constituer une puissance de feu de 925 milliards de dollars contre la crise… monétaire et de la dette des Etats ! On anticipe déjà les faiblesses des fonds de secours créés par les Européens…

Parmi les Etats qui doivent apporter des contributions importantes, on signale quelques Etats européens et le Japon (60 milliards de dollars). Or le Japon est dans une situation jugée déjà comme « une économie à problème » (voir notre article précédent).

Cela dit, les responsables des Etats (pays émergents et Canada entre autres) qui contribuent à ce pare-feu du FMI exigent que l’argent prêté aux Etats européens soit assorti de conditions et surtout d’un vote des pays non-européens. Il n’est plus question de donner un chèque en blanc ! D’aucuns doutent cependant que ces exigences soient confirmées dans le temps.

 

 

Voir aussi : 

 

  

  http://upr-djamelito.blogspot.fr/2011/10/larnaque-de-la-dette-publique.html

 

 

Quand les économistes continuent à accabler l’euro

 

 

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Published by Eva R-sistons - dans Les pays en crise
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