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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:32

L'Europe déraille. La France s'éteint.

 

Les années trente avaient déjà montré qu'en cas de crise économique durable les élections aggravaient la situation et retardaient les solutions.

Nous voyons en temps réel la confirmation de cette triste règle.

L'Europe n'arrive pas à sortir de l'urgence. Pendant que la Banque Centrale Européenne achève son plan de sauvetage des banques et des états, avec la création de 1.000.000.000.000 d'Euros de monnaie centrale (une paille !),  la zone entière entre en récession.

Le plan de Mme Merkel et de M. Sarkozy de renforcement de la discipline budgétaire que deux pays ont déjà refusé est un peu plus fragilisé par  l'annonce d'un référendum en Irlande.  Le candidat français favori des sondages au second tour a déjà annoncé qu'il en demanderait la renégociation et qu'il ne le ratifierait pas.  Il n'est plus sûr  que les élements constitutionnels qui doivent être acceptés par le Parlement français soient votés.

L'idée allemande qui veut que la monnaie unique suppose non pas des institutions de gouvernance unique mais une austérité unique est incompatible avec l'appel aux électeurs.

Le plan de "sauvetage" de la Grèce, (on sauve le système bancaire grec, largement possédé par des banques étrangères)  qui a déjà coûté quatre années de récession et un appauvrissement dramatique du pays, est menacé par les élections grecques. Personne ne croit plus qu'il sera réellement appliqué.

Comme nous l'affirmons depuis quatre ans, la banque centrale ne peut à elle seule, sortir de la crise. Et l'Europe n'a aucune politique économique, aucune politique monétaire, aucune politique commerciale extérieure et aucune politique de change commune. La "gestion par la règle" est une ineptie. Il faut un pilote dans l'avion commun. Ou alors il faut revenir à des politiques nationales intégrées.
 
Quant à la France ! On sait qu'elle souffre d'un délire chronique de dépense publique associé à ses deux conséquences, un endettement massif et une névrose fiscale tournant à l'hystérie permanente.  Malgré tous les ouvrages qui depuis  trente cinq ans expliquent que les politiques français conduisent le pays dans le mur, malgré des institutions qui devraient  responsabiliser les dirigeants en les forçant à assumer leur démagogie donc à la maîtriser,  la campagne électorale pour les présidentielles françaises marque un dévoiement  inoui.

Désormais on cherche de façon explicite à "acheter" des cohortes d'électeurs en leur proposant quasiment de l'argent liquide et comme ces "cadeaux au peuple" ne suffisent pas  on fournit de la haine à consommer de suite, sous forme de stigmatisation fiscale ou autre de minorités.

Au delà de l'abjection morale et civique que traduit cette évolution méphitique,  on voit se profiler un n'importe quoi économique qui va rendre toute sortie de crise impossible.

Cette crise demandait dès 2008 que les grands pays se concertent pour mettre fin aux changes flottants et à l'absence de système monétaire international, afin de coordoner l'élimination du surdendettement global par une croissance concertée. Les théories dominantes et les intérêts nationaux mal compris ont interdit cette inévitable solution qui avait pourtant montré sa pertinence dans le passé. 

Sur un fond monétaire mondial stabilisé et orienté vers la croissance, l'Europe aurait pu mettre en oeuvre des plans de gouvernance raisonnables sans obliger tout le monde à une austérité intenable.  On a choisi la panique et le n'importe quoi tout en laissant la BCE arroser les banques.  Aucune confiance n'a été rétablie et la perspective de l'éclatement de la zone n'a jamais été si grande.

La France aurait pu à son tour mettre fin à sa névrose fiscale par des réformes simples mais efficaces orientées toutes vers la croissance et l'élimination des excès perpétuels de ses politiques en matière de dépense publique.

On voit qu'on en est à proposer de taxer marginalement les revenus à près de 90% rien qu'avec les deux impôts les plus faibles en matière de rendement !  On surenchérit dans le confiscatoire en espérant quoi ?

Le monde  en crise durable et sans espoir, l'Europe en voie de dislocation, la France réduit au niveau du Zimbabwe de Mugabé ou du Vénézuela de Chavez, voilà  où on en est après quatre ans de sottise et d'aveuglement général.

Qu'on ne nous dise pas que ce n'était pas prévisible !

Que la France est moche dans cette Europe zombie et ce monde sans direction !  La campagne électorale actuelle, un combat de nains démagogues entourés de clowns grotesques,  marque sa disparition comme nation qui compte. 

Quelle tristesse pour notre génération qui aura vu le suicide d'une grande nation !

Le Français né malin est en train de mourir de bêtise. 

RIP.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

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Published by Eva R-sistons - dans Les pays en crise
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