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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 17:21

 

L'Europe, un protectorat américain !

Le géant de Gaulle et le nain Hollande.

4 janvier 1963 : "La réflexion de nouvel an" de Charles de Gaulle, il y a 50 ans jour pour jour


DJAMELITO
Samedi 5 Janvier 2013


L'Europe, un protectorat américain !
4 janvier 1963 : “La réflexion de nouvel an” de Charles de Gaulle, il y a 50 ans jour pour jour


charles-de-gaulle-reflexion-nouvel-an
Pour commencer cette nouvelle année 2013, j’avoue que je n’ai guère envie de commenter les vœux pathétiques que François Hollande a prononcés à la télévision le 31 décembre au soir.

Comme le nouvel occupant de l’Élysée nous y a désormais habitués, il a administré aux Français un discours d’une banalité affligeante, ponctué d’exhortations machinales, d’effets d’annonces sur des usines à gaz administratives incompréhensibles, et de promesses incantatoires qui ne convainquent personne (à commencer par le fait que… « la zone euro a été sauvegardée »).

On a d’ailleurs appris ce 4 janvier que, selon un sondage BVA, 38% des personnes interrogées ont trouvé François Hollande « pas vraiment  convaincant », et 25% « pas du tout convaincant », soit un total de 63%.

En d’autres termes, deux Français sur trois n’ont pas cru à ces vœux, prononcés d’ailleurs de façon saccadée, maladroite et à toute allure, comme un acteur novice monté inopinément sur la scène et pressé d’en finir.

M. Hollande porte tellement en lui l’ennui, la banalité et la malchance que le quotidien Libération rapporte méchamment que les équipes de tournage ont dû s’y prendre à quatre reprises pour filmer cette allocution. À la première prise de son, une porte a malencontreusement claqué dans le fond de la salle des fêtes de l’Élysée. À la deuxième prise de son, le président a  « bredouillé ». À la troisième prise de son, il s’est soudain avisé que son texte n’était pas bon et qu’il devait le « repatouiller » . Ce n’est qu’à la quatrième prise de son que l’on a eu droit au chef d’œuvre diffusé sur les ondes…


Magazine Le Point du 2 janvier 2013
Magazine Le Point du 2 janvier 2013
Tout cela, bien sûr, serait sans intérêt si le fond du discours avait été un tant soit peu à la hauteur des enjeux du moment. Il n’en a évidemment rien été. Le seul élément un peu notable sorti de ce robinet d’eau tiède a été l’annonce faite par le président de la République qu’il avait comme « seul but » [ sic ! ] pour 2013 d’« inverser la courbe du chômage d’ici un an », en ajoutant que « nous devrons y parvenir coûte que coûte ».
Outre qu’il est spécialement piteux d’avoir ce modeste objectif  comme « seul but » lorsque l’on est à la tête de la France, il est clair que cette promesse est suffisamment vague pour qu’elle ne contienne aucun engagement concret. Si ce n’est, peut-être, les prémisses d’un nouveau démantèlement des protections sociales et des salaires minima (ce qui donnerait alors à la formule  « coûte que coûte » un parfum particulièrement cynique).
Mais il y a plus grave. C’est que cette allocution télévisée a montré de façon éclatante que François Hollande n’est pas à la hauteur de la fonction éminente qu’il occupe. Une fonction à laquelle les Français ne l’ont élu que par défaut, à la suite d’un concours de circonstances et d’un verrouillage médiatique féroce.
Tout au long de cette brève émission, je n’ai pu me défaire du sentiment d’avoir devant moi un étudiant intimidé et peu sûr de lui, sachant intérieurement qu’il est incompétent sur de nombreux sujets, et prenant l’air gauche et emprunté de celui qui passe le Grand Oral d’admission à l’ENA. À aucun moment, il ne m’a donné l’impression d’être cet homme d’État courageux et lucide, ce roc inébranlable dans la tempête, cet expert de la géopolitique mondiale, et ce défenseur déterminé et sincère du peuple français, dont notre pays a tellement besoin. 
Du coup, je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec ce que pouvait dire et penser Charles de Gaulle, dans cette « réflexion de Nouvel An » qu’il fit à son ministre Alain Peyrefitte il y a 50 ans jour pour jour, le 4 janvier 1963. 
L’extrait qui suit n’est pas, il est vrai, tiré d’une allocution publique, mais d’un propos en confidence tenu par le fondateur de la France Libre à son ministre de l’information. Mais peu importe : il permet de mesurer l’abîme extraordinaire qui sépare le niveau de lucidité, de réflexion et de courage entre deux présidents de la République française à un demi-siècle d’intervalle.
L'extrait ci-dessous est tiré du tome 2 de l'ouvrage C'était de Gaulle, d'Alain Peyrefitte, paru en 1997 chez Fayard (Editions de Fallois), pages 15 et 16.EXTRAIT DE C’ÉTAIT DE GAULLE D’ALAIN PEYREFITTE (T.2 , pp. 15 -16)

Salon doré [de l'Élysée ]- 4 janvier 1963
Le Général m’offre en étrennes une réflexion de Nouvel An – l’ouverture d’une nouvelle époque pour la France et l’Europe :
« Nous avons procédé à la première décolonisation jusqu’à l’an dernier. Nous allons passer maintenant à la seconde. Après avoir donné l’indépendance à nos colonies, nous allons prendre la nôtre. L’Europe occidentale est devenue, sans même s’en apercevoir, un protectorat des Américains. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de leur domination. Mais la difficulté, dans ce cas, c’est que les colonisés ne cherchent pas vraiment à s’émanciper. Depuis la fin de la guerre, les Américains nous ont assujettis sans douleur et sans guère de résistance.
« En même temps, ils essaient de nous remplacer dans nos anciennes colonies d’Afrique et d’Asie, persuadés qu’ils sauront faire mieux que nous. Je leur souhaite bien du plaisir.
« Les capitaux américains pénètrent de plus en plus dans les entreprises françaises. Elles passent l’une après l’autre sous leur contrôle.
« Il devient urgent de secouer l’apathie générale, pour monter des mécanismes de défense. Les Américains sont en train d’acheter la biscuiterie française. Leurs progrès dans l’électronique française sont foudroyants. Qu’est-ce qui empêchera IBM de dire un jour : « Nous fermons nos usines de France, parce que l’intérêt de notre firme le commande » ?  Qu’est-ce qui empêchera que recommence ce qui s’est passé l’autre année pour Remington à Vierzon ? Les décisions se prennent de plus en plus aux États-Unis. Il y a un véritable transfert de souveraineté. C’est comme dans le monde communiste, où les pays satellites se sont habitués à ce que les décisions se prennent à Moscou. 
« Les vues du Pentagone sur la stratégie planétaire, les vues du business américain sur l’économie mondiale nous sont imposées.
« Bien des Européens y sont favorables. De même que bien des Africains étaient favorables au système colonial : les colonisés profitaient du colonialisme. Les nations d’Europe reçoivent des capitaux, certes ; mais elles ne veulent pas se rendre compte que ces capitaux, c’est la planche à dollars qui les crée ; et qu’en même temps, elles reçoivent aussi des ordres. Elles veulent être aveugles. Pourtant, à la fin des fins, la dignité des hommes se révoltera. »
Charles de Gaulle
4 janvier 1963

Avec un demi-siècle de recul, cette analyse de Charles de Gaulle est proprement fascinante, à la fois par sa justesse et par son actualité.
Car ce que le fondateur de la France Libre et de la Ve République disait le 4 janvier 1963 peut être repris, mot pour mot, le 4 janvier 2013. 
On me permettra d’ailleurs de souligner à quel point les prétendus “gaullistes” de notre époque – de l’UMP ou d’ailleurs – n’ont rien à voir avec le modèle dont ils se prévalent sans vergogne.
  • => Qui entend-on en effet, de nos jours, expliquer que « L’Europe est un protectorat des Américains » ?
  • => Qui entend-on affirmer qu’il faut  « maintenant nous débarrasser de leur domination  » ?
  • => Qui entend-on décrire que les Européens ont une mentalité de « colonisés » ?
  • => Qui entend-on analyser que « les vues du Pentagone sur la stratégie planétaire, et les vues du business américain sur l’économie mondiale nous sont imposées », et que la plupart «  des Européens sont favorables » à cette vassalisation ?
Certainement pas François Hollande, dont les propos à un demi-siècle de distance montrent qu’il est tout entier le représentant de cette mentalité de « colonisés ».
Certainement pas non plus les dirigeants des grands partis politiques de droite comme de gauche, non plus que les prétendus “gaullistes” et souverainistes, non plus que les dirigeants d’extrême-droite comme d’extrême-gauche.
=> En vérité, seule l’UPR tient de nos jours, en 2013 comme depuis sa création voici bientôt 6 ans, le discours que tenait Charles de Gaulle comme réflexion de Nouvel An 1963. 
C’est pourquoi, bien que l’UPR ne prétende nullement être un mouvement gaulliste, nos lecteurs me permettront de reprendre mot pour mot l’extrait cité précédemment de Charles de Gaulle et d’en faire la « Réflexion de Nouvel An » de l’UPR pour 2013.
Je souhaite à toutes et à tous une Bonne et Heureuse Année, et je forme des vœux ardents de redressement pour la France.
4 janvier 2013
50 ans de distance, et une effrayante différence d'intelligence, de vision géopolitique, de lucidité, de courage et de droiture séparent Charles de Gaulle et François Hollande, dont on peine à réaliser qu'il est président de la République. Un géant d'un côté, un nain de l'autre.
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50 ans de distance, et une effrayante différence d’intelligence, de vision géopolitique, de lucidité, de courage et de droiture séparent Charles de Gaulle et François Hollande, dont on peine à réaliser qu’il est président de la République. Un géant d’un côté, un nain de l’autre.
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Voir aussi :

L'Europe et le messianisme politique américain

Comment l'Islande a déjoué le plan des banksters

 

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