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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 06:14
Andreï Fediachine
 
Mercredi 17 Novembre 2010

L'île Emeraude bientôt contrainte de vivre d'aumône?
A partir du 15 novembre Bruxelles entame une semaine difficile de conciles financiers : des conseils des ministres des Finances de la zone euro (16 pays), des ministres des Finances de l’UE et des consultations sur les problèmes budgétaires se tiendront durant toute la semaine. Ces ‘’ exercices médicaux ‘’ deviennent une habitude en Union Européenne, où il est désormais impossible de fermer les yeux sur les maladies à un stade avancé. L’un des membres, l’Irlande, au bord de la faillite a des chances de finir en réanimation. Le budget  de l’UE pour 2011 en suspens n’est pas aussi grave, mais il nécessite une ‘’ intervention chirurgicale ponctuelle. ‘’ Mais les deux sont des syndromes de grand désordre financier en Europe qui contraint les experts à émettre des pronostics qui laissent sans voix dans le meilleur des cas, et dans le pire…
On dit que l’année prochaine l’Ancien Monde risque la stagnation, et non pas la sortie de la crise économique et financière de 2008-2009. A défaut de toucher tout l’Ancien Monde, ce sera forcement le cas du nord celtique (l’Irlande), et des régions ibéro-apennines (le Portugal, l’Espagne et l’Italie). L’Allemagne et la France pourrait ‘’ prendre de l’avance ‘’ et renforcer ‘’ la semi-désagrégation économique ‘’ au sein de l’UE, autrement dit, la division en deux catégorie : les pays financièrement disciplinés et économiquement avancés, et les autres pays en retard. Parmi ces derniers, hormis tous ceux qui ont été cités, on retrouve pratiquement tout l’ancien ‘’ bloc socialiste. ‘’

L’UE en tant que ‘’ coopérative agricole ‘’
Tous les problèmes financiers sont liés entre eux et découlent de la crise financière. En mettant de côté tous les détails inutiles de comptabilité, on peut dire que le problème du budget de l’UE est un exemple classique de brouille entre membres d'une petite coopérative agricole. La Commission européenne et le Parlement européen (le président et la direction) voudraient augmenter le budget de 6,1%; les ‘’ grands ‘’ (l’Allemagne et la France) accepterait une augmentation légèrement inférieure; les ‘’ périphéries ‘’ (la Grande-Bretagne, la Suède, les Pays-Bas, la Lettonie, l’Estonie, la Hongrie) serait d’accord pour 2,9% maximum. De plus, le Parlement européen exhorte à lui accorder plus de voix dans l’allocation du budget, et les ‘’ anciens ‘’ de l’Europe sont contre.
Au final, il s’avère que si l’UE n’approuvait pas son budget pour 2011, elle serait contrainte de lancer le mécanisme du financement mensuel des postes. Cela signifierait abandonner ou suspendre la création d’un nouveau département des relations étrangères de l’UE (un ministère des Affaires étrangères commun), ainsi que de nombreux autres projets, y compris dans le domaine de la science, de la culture et des échanges douaniers. Dans l’ensemble, beaucoup de programmes tomberaient à l’eau.
Le montant du budget de l’UE 2011 a été proposé à hauteur de 130 milliards d’euros. En principe, le ‘’ portefeuille commun ‘’ est toujours estimé à environ 1% du PIB des pays de l’UE. En fait, depuis 2007, Bruxelles prévoit un budget de cinq ans, en le modifiant régulièrement. Actuellement pour 2007-2013. Mais la contribution de chaque donateur est particulièrement inégale. Parmi les 27 membres, seulement l’Allemagne (164 milliards d’euros), la France (140), l’Italie (116), et la Grande-Bretagne (103 milliards d’euros) apportent une contribution supérieure à 100 milliards d’euros. L’Espagne : 76 milliards. Pour cette raison, en UE, on les qualifie de G-5. Tous les autres ne dépassent pas 25 milliards d’euros.
Pratiquement personne, à l’exception de la Scandinavie, ne souhaite augmenter les dépenses en raison des mesures de restriction budgétaire austères mises en œuvre. Les Britanniques voulaient d’abord bloquer toute augmentation. Mais on les a convaincus d’accepter 2,9%, dans le cas contraire l’UE pourrait être paralysée. Et on ignore quelle sera sa progression en 2011. Mais quoi qu’il en soit, l’UE possède un budget, qu’il soit petit ou grand. Bruxelles est loin d’être pauvre. Tandis que l’Irlande…

‘’ Le patient irlandais ‘’
Les ministres des Finances des 16 pays de la zone euro devront décider comment agir avec la ‘’ seconde Grèce ‘’, l’Irlande. Dublin semble s’apprêter à connaître le même sort qu'Athènes, et s’approche du précipice financier. Le Tigre celtique, qui connaissait une envolée de la construction à partir du milieu des années 90, n'a pas réussi à retomber sur ses pattes l’année dernière : le marché de l’immobilier s’est effondré, suivi de celui du bâtiment, des crédits, etc.
En cherchant à sauver les banques, le gouvernement a octroyé 485 milliards d’euros pour les principales banques au bord de la faillite à titre de garantie. Encore 5 milliards d’euros en liquide ont été injectés dans les trois banques les plus importantes pour préserver le pays d’une brusque panne. En septembre, il est devenu clair que 50 milliards d’euros supplémentaires seront nécessaires pour sauver le secteur bancaire.
Dublin réduit déjà le budget de 14,5 milliards d’euros. En décembre, il s’apprête à le réduire encore de 15 milliards. Mais cela ne devrait pas suffire. Les Celtes ne pourront pas se racheter avec leurs propres moyens. Avec ses obligations souveraines, Dublin n’obtient plus de crédits à un taux d’intérêt inférieur à 9%. Et dans le monde financier, 10% sont considérés comme une perte totale de confiance des marchés. Voici un exemple illustrant la progression de la ‘’ maladie ‘’ irlandaise : même au point culminant de la méfiance, la Grèce obtenait des crédits à long terme à 7-8,5% d’intérêts. A titre de comparaison : l’Allemagne vend des obligations d’Etat à 2,9% d’intérêts, et la Grande-Bretagne à 3,9%.
Les Irlandais sont on ne peut plus près de la dernière étape, traversée par tous les pays au bord de la faillite : commencer par nier, puis dire que les affaires ne sont pas terribles mais que nous nous en sortirons, puis tendre ouvertement la main pour demander la ‘’ charité. ‘’ Pour l’instant le cabinet de Brian Cohen affirme que l’argent ‘’ suffira pour tenir jusqu’au printemps. ‘’ Toutefois, peu y croient.
‘’ L’île Emeraude ‘’, plonge de plus en plus dans ce qu’on appelle dans le monde anglo-saxon la ‘’ mélancolie celtique. ‘’ Généralement elle envahit les âmes irlandaises lorsque la population comprend qu’auparavant tout allait mal, mais la suite sera encore pire. Au milieu du XIXe siècle, un tel état d’âme a conduit à la plus importante émigration de l’histoire du pays : il y avait plus d’Irlandais dans le monde entier qu’en Irlande.
Les symptômes de récidive se font déjà sentir. Cela se manifeste, tout d’abord, dans le fait que toute l’Irlande dévore les articles, les interviews et les livres du célèbre économiste Morgan Kelly de l’Université de Dublin. Déjà en 2007, il avait prédit que la ‘’ bulle immobilière ‘’ allait exploser dans deux ans, et l’explosion sera impressionnante. Et ce fut le cas. Aujourd’hui, Morgan Kelly prédit des défauts de paiement sans précédent des crédits immobiliers et de construction, l’aggravation de la crise financière, l’effondrement économique, ‘’ la colère populaire ‘’ et même ‘’ un soulèvement populaire. ‘’
Cela arrivera-t-il ? Le temps nous le dira. Mais la population quitte déjà le pays, c’est un fait. Selon l’union nationale des étudiants, 1.250 diplômés quittent l’Irlande chaque mois. Au cours des cinq prochaines années, plus de 150.000 étudiants quitteront l’île.

Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti

Mercredi 17 Novembre 2010

http://fr.rian.ru/ http://fr.rian.ru/

http://www.alterinfo.net/L-ile-Emeraude-bientot-contrainte-de-vivre-d-aumone_a51803.html

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