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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 15:38

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La Chine riposte par une nouvelle guerre froide... Mais de quel côté devrait être le public ?

 

La chine riposte par une nouvelle guerre froide... Mais de quel côté devrait être le public ?
 

Jeu de bonneteau avec trois cartes


James Corbett Report, James Corbett, 19 avril 2011


      Maintenant que des forces terrestres ont déjà été déployées en Libye, et maintenant que les protagonistes de la machine de guerre de l'OTAN ont finalement admis que leur but ultime n'est rien moins que changer de régime, les grands médias osent enfin poser des questions sur les conséquences géostratégiques de ce troisième front de guerre zunienne [1].


      Le spectre du renversement du gouvernement iranien est revenu une fois de plus, Lieberman fait pression pour une intervention en Syrie, et même John McCain envoie à Moscou et Pékin des menaces à peine voilées, selon lesquelles cette vague de déstabilisation — une vague désormais pleinement reconnue comme une invention de la Zunie et des ONG mondialistes contrôlées — s’abattra bientôt sur leurs côtes. Le plan immuable des forces mondialistes est à présent plus clair : Renverser Assad en Syrie, isoler l'Iran, se débarrasser d'Ahmadinejad, et encercler la Chine et la Russie.


La guerre froide est en route... et l'Occident est perdant


      Je suis passé sur RT hier pour expliquer comment Pékin est l'un des véritables objectifs de l’intervention en Libye.


Pourquoi la Chine a laissé adopter la résolution libyenne par le Conseil de sécurité, sans exercer son droit de veto, est une bonne question, et je n’y répondrai pas adéquatement dans ce bref exposé. La réponse complète implique de comprendre que, dans « guerre froide, » le mot « guerre » est plus au sens figuré que littéral.

      Les Chinois ne sont pas stupides. Ils savent que la chute de l'Union soviétique n'était pas due à une confrontation militaire, mais à un grand effondrement économique. Avec le recul, cet effondrement était inévitable : L'économie soviétique était décrépite et pathétique, et un pourcentage de plus en plus grand de cette économie allait dans une guerre impossible à gagner, interminable, en Afghanistan. Fatigués par des décennies de répression et de privations, les gens ont encouragé la chute de l'empire soviétique.


      Pareillement, l'économie zuniène est depuis longtemps à deux doigts de l’effondrement, sauvée uniquement grâce à l'hégémonie du pétrodollar, qui assurait au Trésor la possibilité de vendre autant de dette que nécessaire pour maintenir l'empire en marche. Désormais, la roupieus n’a plus de monnaie de réserve que le nom, et le mal incroyable que Geithner et Bernanke se donnent pour maintenir en marche l'économie boiteuse — de l'achat de leurs propres trésoreries au bradage de cette trésorerie en options de vente, en passant par la menace de faillite si le Congrès coupe l’alimentation de la dette —, signale l'agonie d'un système financier en phase terminale. Ajoutez à cela le budget de guerre qui atteint à présent la hauteur d’un billion de roupieus par an, et l'idée que les Chinois se réjouissent de laisser la Zunie continuer à étendre son engagement militaire dans le monde entier commence à avoir un sens.


      La vérité, c’est que les Chinois ne sont pas assis les bras croisés pendant que l'OTAN bordélise l'Afrique et tente de créer des troubles qui pourraient justifier un AFRICOM plus fort. Ils ont déjà tiré leur bordée dans cette guerre froide. Seulement la semaine dernière, les pays BRIC ont fait monter la mayonnaise contre la roupieus, et, pour sa part, la banque de Développement de Chine l’a éjecté du jeu. Pour leurs alliés BRIC, les Chinois ont annoncé un nouveau fond de 10 milliards de yuans pour des prêts libellés en monnaies locales, pas en roupieus. De plus en plus d'accords commerciaux bilatéraux, de bourses du pétrole et de marchés, sont mis en place sans aucun besoin de billets verts. Et les Chinois détiennent encore plus d'un billion (mille milliards) de roupieus en obligations du Trésor zunien. S’ils s’en débarrassent, ce serait le dernier clou du cercueil de la roupieus.



Choix fallacieux : L'ennemi de ton ennemi n'est pas ton ami

      Le témoin ordinaire de ces manœuvres géopolitiques et jeux de puissances économiques — c'est-à-dire, l’immense majorité du public de toute nation non investie dans l'oligarchie militaro-financière à la solde des multinationales — pourrait se trouver perdu quant à ce qu'il faut faire, ou même penser, au sujet de ce spectacle mondial. Est-ce que les Zuniens doivent prendre parti pour le bombardement des civils libyens ? Si ce n’est pas le cas, cela voudrait-il dire qu'ils devraient, avec les Chinois (sans oublier les Russes), essayer de favoriser l'effondrement de l'empire financier zunien ? Mais, et les centaines de millions de gens dans le monde, qui seront inévitablement poussés un peu plus dans la pauvreté par la crise économique actuelle ? Et les millions de gens qui risquent de mourir parce que les prix alimentaires continuent d'augmenter à l’unisson avec le pétrole ?


      Le truc, bien sûr, c'est que cette ligne de pensée entière, l'un ou l'autre, généralement présentée comme uniques alternatives à cette situation, est un faux choix. Dans ce jeu de bonneteau, peu importe la carte que vous choisissez, vous perdrez à tout coup. Dans un conflit pipé, idem. Le côté que vous supportez n'a aucune importance : Vous souffrirez à la fin.


      Ce n'est pas juste une situation arrivée par hasard ; l'ensemble du conflit Est-Ouest, qui semble s’orienter vers une grande conflagration et une Troisième Guerre mondiale, a été conçu par des financiers internationaux qui ne s'intéressent à rien, sauf augmenter leur propre domination. Ce n'est nulle part plus évident qu’en Chine.


      « Quel que soit le prix de la Révolution chinoise, indéniablement, elle a non seulement réussi à produire une administration plus efficace et dévouée, mais elle a aussi favorisé un bon moral et des buts collectifs. En Chine, sous la gouvernance du président Mao, l'expérience sociale est l'une des plus importantes et réussies de l'histoire humaine. » David Rockefeller, New York Times, 10 août 1973


      En réalité, le « Grand Bond en Avant » de Mao fut l'un des plus grands massacres de l'histoire humaine, avec, en quatre ans seulement, de 1958 à 1962, un impensable 45 millions de Chinois « exploités, affamés ou battus à mort. » Mais dans l’œil d’un apparemment respectable Rockefeller, fine fleur de l’oligarchie financière zunienne, un zèbre qui massacre des dizaines de millions de ses propres congénères doit être canonisé « administrateur efficace et dévoué » qui « favorise une haute moralité, » alors que les civils libyens doivent être bombardés à cause du péché mortel de Kadhafi : Riposter à une insurrection liée à Al-Qaïda et sponsorisée par la Zunie, qui tente de le renverser.


      Le paradoxe apparent de cette hypocrisie disparaît quand on se rend compte que la Chine communiste (comme la Russie soviétique avant elle) est la prunelle des yeux des mondialistes, quelque chose qu'ils ont favorisé, financé et promu depuis sa création, et mis délibérément en position de devenir leader de l'économie mondiale à notre époque.


      En janvier 1969, peu après son entrée en fonction, Richard Nixon rencontra Henry Kissinger, le sous-fifre en chef de David Rockefeller, et apprit que l'établissement souhaitait la « normalisation » des relations avec la Chine. Immédiatement, Nixon abandonna la ligne dure des années de rhétorique anticommuniste, et commença à travailler à la visite historique de 1972 et à la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. L'année avant cette visite, Kissinger avait visité secrètement la Chine pour préparer la voie, et l'année suivante Rockefeller lui-même la visita en tant que président de la banque Chase Manhattan, afin de fonder la première banque correspondante de Zunie pour la banque de Chine. Time Magazine écrivit un article sur cette visite. Il constatait que Chase Manhattan était aussi devenue la première banque de Zunie à ouvrir un bureau en Russie soviétique plus tôt la même année, et releva que « les communistes, qui aiment négocier avec le peuple supérieur, sont captivés par le nom même de Rockefeller. »


      À la suite du 11/9, quand Rockefeller rendit visite au président chinois, Jiang Zemin, il qualifia les relations zuno-chinoises de « plus importantes relations bilatérales du monde, » et la presse chinoise nota que Zemin « a exprimé sa reconnaissance à Rockefeller pour ses efforts envers les relations sino-zuniennes. »


      Dans les années 90, au moment même où les accords commerciaux internationaux qui présideraient à la montée en puissance de la Chine étaient mis au point, l'administration Clinton aida une compagnie de transport chinoise en proposant de lui louer une ancienne base navale zunienne à Long Beach, en Californie, un marché que le Congrès refusa. En 1996, Clinton approuva aussi personnellement le transfert vers la Chine de puces résistantes aux rayonnements, une technologie de pointe pouvant servir à la guerre nucléaire.


      Tout au long de la décennie, pendant que le poids lourd économique chinois continuait à grossir, des financiers internationaux comme George Soros ont commencé le promouvoir comme le modèle économique à adopter dans le reste du monde (voir cet article, cette vidéo, cet article, et cette vidéo). Et dix ans et demi (au moins), après les allégements fiscaux et les autres avantages qui contribuèrent à inciter l’expédition de la production des pays industrialisés en Chine, une nouvelle étude vient de « découvrir » que la plupart des emplois de Zunie sont passés en Chine.


      La menace chinoise — juste une autre version de la trouille des rouges, des Nazis, d’Al-Qaïda ou de toutes les autres « menaces » contre l’Occident qui ont surgi au cours du siècle passé — est un ennemi nourri, financé et appuyé par l’oligarchie financière internationale, afin de créer le camp adverse dans ce jeu de bonneteau géopolitique. Comme un fait accompli, deux choix sont ensuite proposés au public : Prendre le parti de l'OTAN, du militarisme des forces impériales, ou choisir celui de l'Organisation de coopération de Shanghai.



La seule façon de gagner le jeu, c’est de ne pas jouer

      En nous éloignant du grand échiquier géopolitique, nous constatons qu’il n’y a en fait qu’un seul joueur : L’oligarchie financière mondiale joue des deux côtés. Que vous soyez du côté noir ou blanc, l’oligarchie gagnera à la fin. Devant ce genre de faux choix, la seule vraie solution c’est de ne pas choisir du tout.


      Certes, nous ne pouvons excuser le bombardement des civils libyens, et ça n’a pas de sens de prendre le parti d'une dictature communiste brutale qui met en vigueur des mesures d’enfant unique à base d’avortements forcés, et prélève des organes sur ses prisonniers. C’est pourquoi, nous ne devons nous assimiler à aucun des deux côtés. En fonction de l'endroit où nous vivons, de pour qui nous travaillons et de notre façon de dépenser nos sous, nous pouvons avoir pris le parti de l’un ou de l'autre, que ce soit financièrement ou socialement, mais cela ne signifie pas que nous devons continuer à accorder notre loyauté à l'un de ces puissants joueurs mondiaux dans ses manipulations machiavéliques de la planète.


      Bien que ce ne soit pas non plus fondamentalement satisfaisant pour des êtres humains, adaptés comme nous le sommes à l’affrontement et à la lutte pour résoudre nos problèmes, la meilleure chose que nous puissions faire, c’est en fait d'ignorer en bloc les grands joueurs, de quitter leur système et commencer à bâtir nos propres communautés autosuffisantes. Chaque jour, de notre propre volonté, nous prenons consciemment la décision d'acheter dans leurs magasins, d’avoir un compte à leurs banques, et de manger des aliments qu'ils transforment dans leurs usines. En modifiant notre mode de vie, nous pouvons nous débarrasser de tous les leviers qui leur permettent de contrôler notre existence, et, par-là même, tarir le financement de leur machine de guerre et le soutien dont elle a besoin pour fonctionner.


      Comme d'autres l'ont relevé maintes et maintes fois, chaque jardin collectif, chaque marché de producteurs, chaque panneau solaire, chaque monnaie communautaire, chaque mutuelle d’assistance de proximité, est une entorse grave aux projets de guerre mondiale et un clou dans le cercueil des ambitions des mondialistes.


      Se dégager soi-même d’un système opprimant n'est pas une tâche facile, ça ne se fera pas en une nuit, mais il semble qu’il ne reste plus beaucoup de temps avant que la lie de la Terre [2] nous manipule pour nous embringuer dans autre grande guerre. Les conséquences d'une troisième guerre mondiale, sans doute nucléaire, sont terrifiantes. Cette mafia espère provoquer ce conflit pour créer un nouveau système de gouvernance, plus centralisé, véritablement mondial, sur les cendres de l'ancien ordre mondial. Seulement voilà, pour le faire, ils ont besoin de notre soutien.


      Il ne faut pas le leur donner.



Original : www.corbettreport.com/china-firing-back-in-new-cold-war/
Traduction copyleft de Pétrus Lombard


Notes du traducteur

1) La Libye était jusqu'ici un pays autosuffisant, non aligné, en plein boum, qui accueille des travailleurs africains. La conséquence du renversement du régime libyen sera inévitablement plus d’émigrants quittant l’Afrique.


2) Ici, comme en quelques endroits de cet article, l’auteur a employé le mot élite. C’est décidément une mode chez les auteurs anglais ! Comme je cauchemarde de dévoyer le mot élite, je l’ai remplacé par oligarchie, lie de la Terre et mafia. Devenir une élite est souhaitable et devrait être un but dans la vie. Mais qui voudrait devenir la sorte d’« élite » dont il est question ici ? Comme l’anglais se présente parfois par rapport au français comme une sorte de langage télégraphique favorisant les sous-entendus, je veux croire que, dans ce contexte, James Corbett sous-entend génie du mal.

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Published by Eva R-sistons - dans Luttes d'influences
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