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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 06:19
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publié par liliM le 04/04/2010 22H13 
 
 
 

Extrait d’informations ouvrières n°89 du 18 mars 2010

 

Sur injonction de Bruxelles, tous les gouvernements européens, les uns après les autres, mettent en œuvre des plans de brutale régression sociale.

 

François Forgue

Comme le Fonds monétaire international (FMI), le Fonds monétaire européen (FME) offrirait une discipline rigoureuse aux pays de la zone euro en difficulté. Un principe clé serait celui de la conditionnalité des prêts : l’argent ne serait versé qu’aux pays réduisant de façon draconienne leur secteur public, les retraites, les dépenses de santé et plus généralement les salaires. »
D’où vient cette suggestion, qui a le mérite de la franchise, établissant sans équivoque que la défense de l’euro et le maintien de l’Union européenne exigent la baisse des salaires, le démantèlement de tout le système des retraites et de la protection de la santé, la destruction des services publics ? Des « chroniqueurs de l’agence économique Reuters Breakingsnews », cités par Le Monde (11mars 2010).
Certes, nos chroniqueurs économiques reconnaissent que «  la création d’un Fonds monétaire européen fait face à de solides obstacles politiques
 ». C’est le moins qu’on puisse dire. Mais est-ce l’essentiel ? Que de pareils propos soient émis suffit à attester de la profondeur de la crise politique comme économique.
Cette « thérapie de choc » doit s’appliquer, précise-t-on, aux « pays en difficulté ».Mais y a-t-il aujourd’hui dans le monde, et plus particulièrement en Europe, un seul pays qui ne soit pas « en difficulté » ?
Nous sommes tous menacés par les plans de destruction élaborés dans les cabinets ministériels de tous les gouvernements d’Europe et dans les commissions de Bruxelles. L’International Herald Tribune (12mars) titre : « La générosité des retraites menace les budgets de l’Europe. »
Les millions de retraités à 700 euros par mois en France et dans les autres pays sont solennellement avertis : leurs privilèges assurés par une trop grande « générosité » doivent disparaître pour le salut de l’euro. Dans la crise qui souffle en tempête sur toute la planète, les véritables rapports de force entre les différents capitalismes apparaissent clairement. Il suffit de constater le haussement d’épaules et le rejet méprisant avec lequel ont été accueillis à Washington les plans européens de « contrôle de la spéculation  » ou la désinvolture avec laquelle Boeing a évincé EADS pour savoir qui est le plus fort.
Cette situation, loin de conduire à une sorte d’harmonie, engendre au contraire une exacerbation des conflits entres les Etats-Unis et chacune des puissances européennes, et entre ces puissances elles-mêmes. Jamais les divergences d’intérêts entre les différentes composantes de l’Union européenne ne se sont aussi clairement affirmées. Mais cela signifie avant tout que ce à quoi se réduit « l’Union », c’est l’Union contre les travailleurs et les peuples, l’utilisation contre eux des institutions réactionnaires codifiées par les traités de Maastricht et de Lisbonne. Après le référendum en Islande, les yeux sont aujourd’hui tournés vers la Grèce et vers le Portugal. Ce ne sont que les prémisses, cibles explicitement désignées pour « les plans d’austérité draconiens ».
Les travailleurs de tous les pays sont déjà durement frappés : par millions, les emplois sont détruits. Les plans « à la grecque » sont partout en préparation —ou même déjà en cours de réalisation —dans les pays où le gouvernement est composé de partis de la bourgeoisie comme dans ceux où ce sont des partis d’origine ouvrière qui exercent le pouvoir.
L’euro, qui, en subordonnant la politique économique de chaque pays aux impératifs d’institutions financières multinationales, et avant tout aux plus fortes d’entre elles, a été le meilleur conducteur de la suprématie américaine, est aujourd’hui l’instrument direct de la dislocation de l’Europe, de la mise en coupe réglée de ses peuples.
On utilise souvent le mot « guerre » pour désigner les conflits économiques ou commerciaux. De ce point de vue, il n’est en rien exagéré de dire que les institutions de l’Union européenne sont en guerre contre les peuples et les travailleurs, contre la démocratie.

Cet article a été publié le 30 mars 2010

 

Il n'est point besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. Guillaume le Taciturne


Auteur : François Forgue - Source : Parti Ouvrier Indépendant (POI)

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=11960#11960

 

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