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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 20:02

Article que je trouve bien peu critique envers l'ultra-libéral Cameron ! (note d'eva)

 

http://im.wk.io/images/45c38b2/david-cameron-est-presume-innocent.jpeg
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La "Big Society" de David Cameron, un thatchérisme bis ?

Publié le 10-08-11 à 13:05    Modifié à 15:54     par Le Nouvel Observateur     1 réaction

Avec son programme ultralibéral, le Premier ministre a accumulé les ratés. Le terreau des émeutes ? Par Jean-Gabriel Fredet.

 

Article paru dans l'hebdomadaire du 14/04/2011

Avec plus de 250 000 consultations sur YouTube, le clip est devenu un must. Scandée sur les arpèges des "Portes du pénitencier", " The NHS is not for sale ", une chanson dénonçant la réforme du service de santé britannique (NHS), " vendu à l'encan au privé ", a fait du jeune agent municipal Sean Donnelly une star.

Pour le Premier ministre britannique, en revanche, le succès de ce " rap de la santé " est un mauvais présage. Une nouvelle preuve de la difficulté à rénover les grands services publics du Royaume-Uni, en commençant par leur vitrine, la citadelle du NHS, qui emploie 1,3 million de fonctionnaires et gère un budget de 130 milliards de livres.

Un raté de plus aussi pour la Big Society, annoncée par la coalition libérale conservatrice il y a un an. En arrivant aux affaires en mai 2010, David Cameron et son allié Nick Clegg comptaient sur cette idée " révolutionnaire " visant à donner pleins pouvoirs à la société civile, aux consommateurs de services publics pour qu'ils prennent eux-mêmes en charge les équipements en question écoles, hôpitaux, bibliothèques... - jugés trop centralisés. Dans l'espoir qu'avec des services meilleurs et plus productifs les Britanniques affronteraient sans trop de casse la récession et un budget d'extrême rigueur. Echec.

"Aussi réformateur que Thatcher"

"Je serai sur le plan social aussi radicalement réformateur que Margaret Thatcher l'avait été sur le plan économique ", avait promis David Cameron, qui avait fait du " conservatisme compassionnel " son slogan. Trop compliqué dans le cas de la santé. Pour avoir décentralisé " radicalement " et confié à des médecins sans formation managériale la gestion d'un service public pour qu'il devienne plus performant et moins coûteux, il s'est vite heurté à la résistance de la puissante British Medical Association, rétive à assumer la responsabilité financière du coût des soins.

Conséquence : les regroupements de médecins pour ce nouvel exercice sont au point mort. Les généralistes ont défilé en masse le samedi 26 mars à la grande manif contre le " budget scélérat ", entré en application le 1er avril. Et, la semaine dernière, le gouvernement décidait de surseoir à la réforme.

Réduction des allocations familiales

Déception aussi dans l'éducation. Le grand projet prévoyait que les écoles s'associent à des entreprises partenaires pour financer leur autonomie, mais soient autogérées par les parents et libres de déterminer le contenu des enseignements.

Tony Blair et le New Labour avaient ouvert la voie avec les free schools, écoles supposées introduire de la concurrence et donc des économies, mais paradoxalement créées avec des crédits publics, des chèques étant même remis aux parents pour payer, un temps, les frais de scolarité.

Saluée comme un grand progrès par le Mumsnet, le réseau internet des mères de famille conservatrices des classes moyennes, l'initiative a bien suscité l'ouverture de quelques établissements, à Leicester, Camden ou dans le Suffolk... gérés par des associations cultuelles. Mais les mêmes supportrices ont hurlé quand, au nom de l'austérité, l'Etat a simultanément subordonné le versement des allocations familiales à des conditions de ressources.

Déficits abyssaux

Car trancher à la hache dans le maquis de l'aide sociale pour réduire une dette et un déficit abyssaux n'est pas une sinécure. Dans leur traque des " quango " - organismes para publics responsables de l'augmentation de deux millions du nombre des agents publics et de la création d'une flopée de prestations sous gouvernement travailliste -, les conservateurs ont accumulé les erreurs : précipitation, atermoiements, demi-mesures... Sans parler de l'utopie d'une prestation sociale unique.

Du coup, la réforme de la police locale prévoyant une élection du chef de la police du comté, au risque de politiser la fonction, est provisoirement suspendue. " Ce qui paraissait facile lors des focus groups, ces sondages qualitatifs, s'est révélé infaisable quand l'ACPO [Association des Hauts Responsables de la Police locale] s'y est opposé ", explique un député travailliste.

" Les intuitions de David Cameron, qui sait aussi être pragmatique, le mettent dans la bonne direction, mais le diable se niche dans les détails. Et il faudra probablement entre cinq et dix ans pour que ces réformes portent leurs fruits ", explique Phillip Blond, directeur de ResPublica, le laboratoire d'idées qui a donné au Premier ministre - " rencontré régulièrement avant les élections " - l'idée de la Big Society, pièce maîtresse de son programme.

Paupérisation

Maître de conférences en théologie, surnommé "Red Tory", "le conservateur rouge", du nom de son manifeste, Blond a convaincu Cameron que l'éclatement de la société britannique, qui se traduit par la paupérisation des classes populaires, la destruction des communautés locales, syndicales, associatives ou familiales, était le produit d'un double excès : la confiscation du capital par une élite (le péché de l'ère Thatcher) et l'orgie des dépenses publiques (orchestrée par les travaillistes).

Moitié par conviction, moitié parce qu'il avait également besoin d'un gadget pour faire accepter une austérité qui vise le retour à l'équilibre des comptes en trois ans, moyennant la suppression de 500 000 fonctionnaires, Cameron a fait sienne l'idée qu'il fallait " recapitaliser " les classes populaires.

Redonner à une société civile " revitalisée " les moyens de gérer elle-même les services d'intérêt général. Donc de passer du Big Government à la Big Society. Avec la complicité de Rohan Silva, son conseiller à la décentralisation au 10, Downing Street, chargé de la promotion du " conservatisme progressif ", et l'aide de George Osborne, son chancelier de l'Echiquier, l'organisateur de la rigueur, il tente de faire grandir l'associatif, le volontariat, le caritatif, pour rétrécir l'Etat.

Un budget-guillotine

Le " rétrécir " ou le casser ? "La législation se met en place, mais la récession a beaucoup déchiré le tissu des infrastructures civiles ", reconnaît Phillip Blond. L'opposition travailliste est plus directe : avec la récession qui s'étire, le pouvoir d'achat des Britanniques qui recule et le budget-guillotine, la Big Society - " une invention de communicant" - est accusée d'être le faux nez d'un " thatchérisme bis ".

"Encore et toujours les mêmes sales trucs, les mêmes vieilles ruses de parti", accuse la confédération des syndicats. Et le doute gagne aussi les conservateurs : Liverpool, partenaire - travailliste ! - de référence de la politique de reconquête des centres urbains par des volontaires, a jeté l'éponge quand elle a vu l'ampleur des coupes des crédits publics exigées en retour. Comme beaucoup de municipalités sans moyens, condamnées au désert culturel par la fermeture d'une bibliothèque ou d'une maison de jeunes par l'Arts Council, l'équivalent de notre ministère de la Culture.

Car, avec la récession et un secteur caritatif en crise, il est impossible de trouver le même nombre de travailleurs sociaux qualifiés, impliqués et bon marché que de fonctionnaires licenciés (il n'existe pas de statut de la fonction publique).

Avec la crise qui s'installe, la Big Society découvre sa vraie nature : " Un habillage, une marque qui entretient la curiosité de l'establishment intellectuel, adoucit l'image des "méchants" conservateurs, mais n'arrête pas la mise à sac des services publics ", commente un diplomate.

Fin d'un rêve ? Les maigres résultats d'une révolution annoncée sont en tout cas une mauvaise nouvelle pour Nick Clegg, l'homme qui avait mis dans la corbeille de son mariage avec les conservateurs ce "grand dessein mobilisateur ". Présenté aujourd'hui dans les caricatures du " Times " comme un simple valet aux ordres d'un Cameron dominateur lui demandant de faire le ménage, le leader des libdems est en chute libre dans les sondages. Le prix d'une conviction ?

 

Jean-Gabriel Fredet – Le Nouvel Observateur


Article paru dans l'hebdomadaire du 14/04/2011

 

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10/08/2011 - L’Angleterre n’a pas fini de brûler + vidéo

Les émeutes qui frappent Londres ont gagné trois autres grandes villes. Premier mort. La vague de violences a fait sa première victime hier, dans la capitale.Riposte. Le premier ministre a annoncé le déploiement de 16 000 policiers


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Published by Eva R-sistons - dans Les pays en crise
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