Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 02:26

 

La bombe de la dette (et la démocratie ?) espagnole prête à exploser à tout moment

Le 16 avril 2012 (Nouvelle Solidarité) – Un article de Liam Halligan dimanche dernier dans le Sunday Telegraph de Londres met en garde contre la bombe de la dette espagnole, susceptible d’exploser à n’importe quel moment.

Il avertit que « le spectre d’un autre renflouement dans la zone euro rode à l’horizon, seulement cette fois ce serait bien plus gros que la Grèce, impliquant des chiffres bien plus grands et ceci dans l’une des économie majeures ». Une restructuration de la dette grecque à coûté 110 milliards d’euros en 2010, 170 milliards en 2012, plus un abandon de dette d’un montant similaire de la part des créditeurs. « Combien faudrait-il si c’est ce qu’il a fallu pour la Grèce ? », écrit-il, pour terminer en se demandant « où cette folie s’arrêtera-t-elle ? »

Halligan est l’économiste en chef de Prosperity Capital Management, et a déjà pris position dans un article antérieur en faveur d’une réorganisation du système bancaire selon le principe du Glass-Steagall Act (loi de séparation bancaire de Franklin Roosevelt).

La dette de l’Etat espagnol est relativement faible comparativement au PIB du pays (surtout par rapport à d’autres pays européens), mais celle du secteur bancaire privé est à 300% du PIB, une situation similaire à celle qu’ont connue l’Islande et l’Irlande.

Si le gouvernement espagnol s’engage, comme le fit l’Irlande, à renflouer les banques, il est clair que, dans ces conditions, le mécanisme de sauvetage mis en place récemment par l’UE ne suffirait pas à renflouer l’Espagne.

Les banques espagnoles sont assises sur une montagne de crédits hypothécaires non remboursables, en raison d’un effondrement de 30 à 40% de la valeur du parc immobilier. En février et en mars, ces mêmes banques se sont accaparées plus de 50% des prêts à bas taux d’intérêt accordés par la Banque centrale européenne par l’intermédiaire de sa fenêtre spéciale d’escompte. La Banque centrale d’Espagne a pour sa part reconnu le 14 avril que les plus grandes banques du pays avaient emprunté 316,3 milliards d’euros en mars auprès de la BCE, presque le double par rapport aux 169,8 milliards qu’elles avaient du emprunter en février.

L’une des banques les plus touchées est Banco Santander, qui a du racheter hier pour 750 millions d’euros de ses propres obligations dans une atmosphère de krach sur les marchés espagnols. Banco Santander, la plus grande banque d’Europe, est étroitement liée à la City par l’entremise du groupe bancaire Inter-Alpha.

De plus, les bons du Trésor à dix ans se sont vendus hier à 6,12 %, un niveau qui marque l’entrée dans la zone rouge, et à partir duquel il devient impossible de payer la dette. L’Etat espagnol doit refinancer 11,9 milliards d’euros sur sa dette d’ici le 30 avril prochain (une tentative de vente de bons du trésor est prévue pour ce jeudi), et 12,8 milliards supplémentaires avant la fin juillet. Le prix des CDS (Credit Default Swaps), une assurance contre un défaut de paiement sur la dette espagnole, a atteint 500 points de base la semaine dernière, un record. Ceci signifie que pour assurer 10 millions d’euros de dette espagnole sur cinq ans, il faut payer une « prime » de 500 000 euros. A comparer au 70 000 euros que coûterait une assurance sur la même quantité de dette allemande.

Ainsi, la pression de la City pour un renflouement des banques espagnoles et leurs partenaires étrangères se fait pleinement sentir sur Madrid, alors que le niveau de chômage a atteint la barre des 24% en Mars, soit deux fois et demie la moyenne européenne.

Le premier Ministre Mariano Rajoy (élu en décembre dernier) compte couper 17% (27 milliards d’euro) supplémentaires dans le budget d’ici la fin de l’année, en mettant directement sous tutelle les gouvernements régionaux et en balayant leurs dépenses dans la santé et l’éducation. Ces deux postes représentent 60% de leur budget total.

D’ailleurs, tous les élus régionaux responsables de l’éducation ont été convoqués hier à Madrid pour se faire mettre au pas, et les responsables pour la santé sont convoqués pour aujourd’hui. Soulignons qu’en Catalogne, faute de budget, les hôpitaux ont été obligé de fermer les urgences la nuit.

Le gouvernement Rajoy a donné quinze jour aux régions pour revenir à l’équilibre budgétaire. En cas d’échec, le gouvernement envisage du supprimer les 17 communautés autonomes dont l’existence est associée à la notion de démocratie. La suppression des conseils généraux permettrait d’économiser 3 milliards d’euros mais remettra en cause la décentralisation née de la fin de la dictature franquiste.

Cette recentralisation forcée a pour les Espagnols une forte odeur de franquisme, et les mesures d’austérité annoncées ont déjà conduit fin mars à des grèves générales et de violentes protestations.

Jorge Fernandez Diaz, le ministre de l’Intérieur a profité de la violence pour annoncer mercredi dernier au parlement l’introduction d’une réforme du code pénal, visant à criminaliser tous ceux qui organisent des protestations de rues. Il a révélé que « de sérieux troubles à l’ordre publique et intentions d’organiser des manifestations violentes à travers des réseaux sociaux » seront passibles de peines similaires à l’appartenance à une organisation criminelle. Si cette réforme devait être votée, une sentence de prison de deux ans minimum sera imposée à ceux qui seront reconnus coupables d’actes de violence.

Encore plus étonnant est sa volonté d’étendre les pouvoirs de répression à la résistance passive et à l’outrage à la cour à un moment où tout le pays découvre que le roi Juan Carlos Ier, qui encore il y a un mois affirmait qu’il avait du mal à trouver son sommeil la nuit à cause du taux de chômage dramatique des jeunes, s’amusait à chasser l’éléphant au Botswana.

La nouvelle loi veut faire de l’usage de la résistance non seulement active, mais également passive, contre les forces de l’ordre un délit. Perturber le fonctionnement des services publics deviendraient également un crime. Ces mesures ont été annoncées après que le ministre de l’Intérieur du gouvernement régional de Catalogne, Felip Puig, ait appelé à la mise en place de mesures pour restreindre les « assemblées sociales ». Toutes ces mesures doivent être votées dans la session parlementaire en cours.

Les mouvements de protestation, dont les Indignados bien entendu, ont comparé ces mesures à la dictature de Franco et appelé à des manifestations le week-end prochain contre cette réforme du code pénal.

http://www.solidariteetprogres.org/La-bombe-de-la-dette-et-la-democratie-espagnole-prete-a-exploser-a-tout_08760


À lire ou voir aussi...

 

 

 

.

Spéculation : l’Espagne a déjà remboursé trois fois sa dette !

En dix ans, l’Espagne a remboursé 1 020 milliards d’euros de dette, taux d’intérêt compris. Soit trois fois le montant de ce que l’État avait emprunté en 2000. Un énorme transfert des richesses ponctionnées sur la population et les services publics au bénéfice de riches créanciers. Comme en Grèce ou au Portugal…


 

La dette de l’État espagnol est le point de mire de toute l’Europe, du fait que les marchés financiers (banques d’investissement, fonds vautours et assurances) continuent à spéculer sur cette dette avec un seul objectif : amasser de juteux bénéfices. Et cela provoque l’appauvrissement de la population dans son ensemble, car toute cette spéculation conduit à une augmentation progressive des intérêts à payer, réduisant à leur tour d’autres dépenses de l’État : éducation, prestations de retraite, vieillesse et chômage, justice, santé ou services sociaux. Toutes ces mesures d’austérité, équivalentes aux plans d’ajustement structurel menés au sud de la planète à partir des années 1980, ne font qu’augmenter les inégalités sociales, à travers l’appauvrissement chaque fois plus important des personnes, spécialement des plus vulnérables (femmes, minorités ethniques, jeunes, immigrés, personnes au chômage et à la retraite).


Cependant, et contrairement au discours dominant, ce ne sont pas les dépenses publiques qui ont augmenté la dette de l’État espagnol, mais, bien au contraire, les mesures qui ont provoqué des déficits obligeant à un endettement croissant, et dont le bénéfice pour l’ensemble de la population est plus que douteux. Par exemple, la baisse des impôts sur les successions et donations, sur la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, et la suppression de l’impôt sur le patrimoine ont bénéficié aux plus riches, dont le patrimoine, en réponse à leur cupidité, a par ailleurs été protégé par la fraude fiscale, la baisse des impôts sur les sociétés et les Sicav.


Effet boule de neige


 

Par conséquent, la logique opérante consiste à faire payer à l’ensemble de la population des avantages économiques obtenus par un petit nombre de personnes qui s’enrichissent grâce à la dette. Mais il n’est pas facile de connaître la proportion exacte du budget dédiée au remboursement. Cela est dû à une volonté politique délibérée de dissimuler ces questions à la population, rendue possible par le caractère particulier de l’endettement des États, très différent de la compréhension générale qu’on peut avoir des prêts aux particuliers ou aux entreprises. Pour ces prêts, l’argent prêté (appelé capital), tout comme les intérêts, se rembourse au fur et à mesure du délai accordé. Dans le cas d’un État, seuls les intérêts des prêts (appelés lettres, bons ou obligations d’État, selon qu’ils soient à court, moyen ou long terme) sont remboursés régulièrement jusqu’à échéance, alors que le capital doit être remboursé dans son intégralité quand le prêt se termine (arrive à échéance).


Pour cette raison, le fonctionnement habituel des États est de s’endetter à nouveau pour payer les échéances d’anciennes dettes, ce qui leur permet de dissimuler ces dépenses, du fait qu’elles s’équilibrent au niveau budgétaire : les dépenses pour paiement des échéances équivalent aux revenus pour émission de nouvelle dette. Cependant, en augmentant la dette par un déficit résultant d’une mauvaise gestion budgétaire, on augmente chaque fois plus le paiement, qui à son tour nécessite chaque fois davantage d’émissions. De plus, cette nouvelle dette peut être émise sous des conditions différentes, par exemple avec des taux d’intérêt plus élevés (ce qui s’est passé dernièrement), ce qui débouche sur le classique effet boule de neige (augmentation de la dette par l’effet conjugué de forts taux d’intérêt et de nouveaux prêts pour payer les anciens).


Nécessité d’un audit de la dette


L’étude minutieuse des budgets généraux de l’État (accessibles sur le site du ministère espagnol de l’Économie et des Finances) permet de vérifier la quantité d’argent dépensée par l’État espagnol au titre du remboursement du capital durant ces dernières années (voir tableau). Par exemple, le remboursement du capital pour l’année 2010 est comparable au budget total de l’État pour cette année. Si nous additionnons intérêts et capital remboursé dernièrement, nous voyons qu’entre 2000 et 2010 l’État espagnol a remboursé plus de 3 fois ce qu’il devait en 2000, et continue à en devoir près du double. Ce tableau permet aussi de voir comment les intérêts et le capital remboursés, tout comme la dette totale, ont poursuivi leur hausse depuis 2000 ; et avec l’actuelle spéculation sur la dette de l’État espagnol, cette tendance n’est pas près de s’inverser.



En conclusion, il paraît totalement injuste d’économiser sur les services publics comme l’éducation et la santé pour rembourser une dette dans le but d’alléger un déficit qui a bénéficié aux plus riches. Sous la pression populaire si nécessaire, l’État doit ouvrir tous les comptes publics de la dette pour que la population, en s’appuyant sur le droit national et international, puisse décider si elle doit rembourser ce qui a déjà été payé plusieurs fois, et annuler une dette frappée d’illégitimité. Ainsi, cet audit de la dette espagnole permettrait d’inverser le transfert de richesses opéré par le service de la dette non pas au bénéfice des riches créanciers, mais bien à destination du bien-être de la population dans son ensemble.


Basta!

  .

 

 

Et en France ?

 

Cheminade : les spéculateurs comptent prendre en otage le prochain président français

Aujourd’hui, c’est donc clairement la France qui entre dans le viseur.

 

http://www.solidariteetprogres.org/Cheminade-les-speculateurs-comptent-prendre-en-otage-le-prochain-president_08747

   

La dette française encore plus livrée aux marchés financiers spéculatifs...

 

Exhibant un pastiche du tableau de Manet, Le déjeuner sur l’herbe, montrant un Sarkozy et un Hollande décontractés en compagnie d’une belle dénudée, l’article affirme avec force qu’aucun candidat à l’élection présidentielle française n’a le courage d’annoncer directement aux Français le destin fatal qui les attend : une réduction brutale de leur niveau de vie et la fin de tous les acquis sociaux obtenus depuis 1945.

 

.

 

 

Comment la perte du AAA paie les retraites des fonctionnaires californiens

 

 

Vous allez adorer le détester. Depuis 2008, le fonds américain Avenue Capital affiche un rendement pour moins spectaculaire : 18,5% par an ! Mais comment fait-il donc ? En investissant sur le pétrole ? l’immobilier ? l’or ? Non, vous n’y êtes pas. Ce "hedge fund" spécule tout simplement sur la perte de nos triples A, à nous, les Européens.

 

De quoi financer les retraites des fonctionnaires californiens

 

Les traders de ce fonds achètent les titres avec une grosse décote et profitent de toute éclaircie pour la revendre, empochant de très conséquentes plus-values lorsque la décote diminue. Le pire, c’est que ce fonds a été souscrit en majorité par de modestes fonctionnaires californiens, à travers leur fonds de pension Calpers.

 

Jean-Luc Mélenchon –et maintenant François Hollande – qualifieraient sans aucun doute ce genre de produit de "fonds vautour". Et l’on est obligé de concéder, qu’en la matière, ils n’ont pas tout à fait tort. Or, lorsqu’il y a de quoi satisfaire son appétit, un vautour reste rarement seul longtemps à se repaître. Ce fonds a donc, vous vous en doutez, attiré plusieurs autres rapaces, que les Anglo-saxons préfèrent pudiquement appeler… "distressed debt" funds autrement dit spécialisé dans la dette des Etats en difficulté.

 

La somme minimum à investir ? 10 millions de dollars

 

Les performances de ce fonds de plus d’un milliards d’euros ont été si bonnes qu’elles ont convaincu Avenue Capital de recréer un nouveau produit, identique, d’un montant de 1,5 milliard d’euros. Attention, ce produit d’épargne est une niche. Il s’adresse aux investisseurs avertis. Pour mieux les en convaincre, ses gérants ont d’ailleurs établi un ticket d’entrée qui limite considérablement le nombre de ceux qui peuvent y accéder : 10 millions de dollars, soit 7,7 millions d’euros au minimum….

 

Les malheurs de l’Europe ont aussi suscité le lancement de trois autres fonds, pilotés par les gérants spécialisés Apollo Management, Centerbridge Partners and Oaktree. Chacun est en train de lever, pour l’occasion, entre 800 millions et 1,2 milliards d’euros. Deux autres fonds ont aussi été créés il y a quelques semaines à Londres : Strategic Value Partners et Anacorp Financial Partners ont levé respectivement 750 millions et 300 millions d’euros pour investir dans le "distressed".

 

Les grands gestionnaires vont aussi s’y mettre

 

Enfin, une demi-douzaine de nouveaux fonds sont encore en gestation. Et quelques grands gestionnaires ont récemment avoué vouloir consacrer une partie de leurs portefeuilles à spéculer sur ce secteur très rémunérateur. C’est le cas notamment d’Anchorage, qui gère plus de 10 milliards de dollars et devrait en consacrer environ un dixième à ce nouvel eldorado de la finance : notre dette souveraine.

 

Source

http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20120127.CHA9706/comment-la-perte-du-aaa-paie-les-retraites-des-fonctionnaires-californiens.html

 

 

Partager cet article

Published by Eva R-sistons - dans Les pays en crise
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche